diamant noir - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
familles et jeune public groupes scolaires et parascolaires visiteurs en situation de handicap
FR | EN
accueil > à l'affiche au cinéma > diamant noir

diamant noir

France - 2016 - 1h55
sorti en France le 8 juin 2016
prix spécial du jury festival international du film policier Beaune 2016
film - film francophone
de

Arthur Harari

scénario : Arthur Harari, Vincent Poymiro, Agnès Feuvre
d'après l'oeuvre de : Olivier Seror, Arthur Harari
direction de la photographie : Tom Harari
musique ou chansons : Olivier Marguerit
avec : Niels Schneider (Pier), August Diehl (Gabi), Hans Peter Cloos (Joseph), Abdel Hafed Benotman (Rachid), Raphaële Godin (Luisa), Raghunath Manet (Vijay Sha Gopal), Jos Verbist (Rick), Guillaume Verdier (Kevin), Hilde Van Mieghem (Olga)
séances : semaine du mercredi 8 juin 2016
mercredi 8 jeudi 9 vendredi 10 samedi 11 dimanche 12 lundi 13 mardi 14
16:15
18:30
21:00
18:30
18:30
21:00
11:00*
14:00
16:15
18:30
21:00
11:00*
14:00
16:15
18:30
21:00
18:30
21:00
18:30
séance spéciale :
* samedi 11h00 matinale 3,50 €
* dimanche 11h00 matinale 3,50 €
séances : semaine du mercredi 15 juin 2016
mercredi 15 jeudi 16 vendredi 17 samedi 18 dimanche 19 lundi 20 mardi 21
14:00
18:30
20:45
18:30
20:45
18:30
21:00
11:00*
14:00
18:30
21:00
11:00*
14:00
18:30
20:45
18:30
20:45
20:45
séance spéciale :
* samedi 11h00 matinale 3,50 €
* dimanche 11h00 matinale 3,50 €
séances : semaine du mercredi 22 juin 2016
mercredi 22 jeudi 23 vendredi 24 samedi 25 dimanche 26 lundi 27 mardi 28
16:15
16:15
16:15*
séance spéciale :
* dimanche 16h15 dernière séance

synopsis

Pier Ulmann vivote à Paris, entre chantiers et larcins qu’il commet pour le compte de Rachid, sa seule "famille". Son histoire le rattrape le jour où son père est retrouvé mort dans la rue, après une longue déchéance. Bête noire d’une riche famille de diamantaires basée à Anvers, il ne lui laisse rien, à part l'histoire de son bannissement par les Ulmann et une soif amère de vengeance. Sur l’invitation de son cousin Gabi, Pier se rend à Anvers pour rénover les bureaux de la prestigieuse firme Ulmann. La consigne de Rachid est simple : "tu vas là-bas pour voir, et pour prendre". Mais un diamant a beaucoup de facettes…

notes de production

L’origine de cette idée de situer l’intrigue du film dans le milieu des diamantaires vient d’un producteur, Grégoire Debailly (1). Ce dernier avait lu un article dans Libération (2) sur la recrudescence des braquages en Europe. Avec l’aide d’Olivier Séror, réalisateur, puis des scénaristes Vincent Poymiro et Agnès Feuvre, Arthur Harari est ensuite parti sur l’idée d’une variation autour du thème d’Hamlet (3), l’histoire d’un jeune homme qui veut venger son père en détruisant sa famille et qui, pour cela, entre dans un milieu qu’il ne connaît pas.
(1) http://www.imdb.com/name/nm2160922/
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Lib%C3%A9ration_(journal)
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Hamlet

Comme cadre spatial du film, Arthur Harari et son équipe ont tout d’abord pensé à la ville de La Chaux-de-Fonds (4) en Suisse, où se fabriquent des montres de luxe, et qui offrait un décor cinématographique et social assez étonnant. Finalement, ils ont jeté leur dévolu sur Anvers. Le metteur en scène nous en dit plus sur ce changement :
(4) http://www.myswitzerland.com/fr-fr/la-chaux-de-fonds.html

Sur la base du premier synopsis, l’idée du quartier diamantaire d’Anvers, majoritairement juif, est arrivée. On s’est rendus compte que ce quartier n’avait jamais été le cadre d’un film de fiction, et j’ai eu la chance de rencontrer très tôt les bonnes personnes par le biais de deux amis, notamment la famille du plus grand tailleur de diamants vivant, Gabi Tolkowsky, sur laquelle celle des Ulmann est à moitié calquée. L’autre moitié vient d’un jeune négociant du milieu dont le père était un ouvrier du diamant communiste, connu comme le loup blanc dans ce quartier où ça ne courait pas vraiment les rues. Le milieu et la ville ont fait le reste, c’est un cadre romanesque et cinématographique génial.

Arthur Harari tenait à ce que son film soit indissociable d’un aspect documentaire. Le réalisateur raconte ainsi qu’il a pu avoir accès à l’un des ateliers de taille les plus prestigieux du monde. Sur place, il a pris des notes et a enregistré des témoignages. Harari note par ailleurs que l’un des rares films de casse où il a pu trouver ce côté réaliste est Le Solitaire (5) de Michael Mann porté par James Caan.
(5) http://www.citebd.org/spip.php?film841

Arthur Harari a eu la chance de pouvoir tourner dans un des derniers (sinon le dernier) ateliers du quartier diamantaire. Il se rappelle : nous avions un rapport direct avec les patrons du lieu, sans avoir à passer par les autorités du quartier, évidemment très tièdes vis-à-vis d’un tel tournage. Cette immersion a été précieuse pour obtenir ce réalisme concret dans lequel je souhaitais tremper le romanesque formel du film.

Avec son chef opérateur qui est aussi son frère, Tom Harari, Arthur Harari voulaient que l’image du film ait quelque chose de tranché, à la fois lyrique et incarné. Côté références, les deux hommes avaient en tête plusieurs films classiques américains notamment de Vincente Minnelli (Celui par qui le scandale arrive) (6), Elia Kazan (La Fièvre dans le sang) (7), John Cassavetes (Opening night (8), Love streams (9) ou Meurtre d’un bookmaker chinois) (10), Brian De Palma (11), Sergio Leone (12) en passant par Paul Verhoeven (13) et Rainer Werner Fassbinder (14).
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Celui_par_qui_le_scandale_arrive
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Fi%C3%A8vre_dans_le_sang
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Opening_Night
(9) http://www.citebd.org/spip.php?film1408
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Meurtre_d%27un_bookmaker_chinois
(11) http://www.citebd.org/spip.php?film1330
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Sergio_Leone
(13) http://www.citebd.org/spip.php?film1685
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/Rainer_Werner_Fassbinder

Cette recherche d’un lyrisme qui fasse pénétrer le spectateur dans un monde romanesque est aussi passée par la musique. Arthur Harari voulait un thème obsédant tout en essayant de ne pas verser dans une orchestration opératique boursouflée. Il explique : j’avais une amorce de thème en tête depuis l’écriture du scénario, et je l’ai transmise (en la sifflant !) au compositeur Olivier Marguerit. Il l’a développée et a amené deux autres thèmes, et l’instrumentation qu’il a choisie, avec des choses qu’on n’entend plus si souvent comme la flûte, le violon ou la trompette, mais utilisés de manière presque dissonante, m’a enthousiasmé. Ça participe énormément à la dimension à la fois émotionnelle et mentale du film, mais aussi à son identité formelle.

Niels Schneider était à l’origine à l’opposé de ce que cherchait Arthur Harari pour le rôle de Pier. Il se souvient : pour le rôle principal, il y avait très peu d’acteurs français connus (c’est-à-dire : rassurants pour les partenaires financiers !) de 25/30 ans qui me semblaient convaincants, et potentiellement crédibles dans les différents milieux sociaux du film. Niels Schneider est une idée de ma collaboratrice au casting et à la direction d’acteurs, Cynthia Arra (15). Il était a priori à l’opposé de ce que je cherchais, mais une amie réalisatrice, Shanti Masud (16), m’a montré une séquence tournée avec lui où son intensité inquiétante m’a beaucoup surpris.
(15) http://www.imdb.com/name/nm2834025/
(16) http://www.imdb.com/name/nm1823261/

Arthur Harari a cherché à faire de Diamant noir un film noir, le réalisateur étant particulièrement passionné par le genre depuis qu’il a assisté à une rétrospective Warner bros. (17) à Beaubourg (18), en 1990. Il développe : ce que j’aime dans le film noir, c’est l’ambiguïté. Elle touche tout : l’intrigue, l’image, le jeu, les sentiments, le sens, la morale. C’est une autre métaphore qu’offre le diamant : comment la multiplicité des facettes compose une réalité à laquelle on ne peut pas assigner une définition simple. Quand on regarde un diamant taillé de près, c’est frappant : on ne sait pas comment le regarder ! Pour une pierre censée incarner la pureté et la clarté, c’est un paradoxe étrange… Concernant le film noir, si je poussais un peu plus, je dirais que l’ambiguïté va jusqu’au genre lui-même : dans son adn, il y a une impureté qui le rend particulièrement susceptible de mutations et de fusions. Il y a des passerelles permanentes avec le mélodrame, le film d’amour, ou encore avec le western, le film politique ou social, et même la comédie...
(17) https://fr.wikipedia.org/wiki/Warner_Bros.
(18) https://fr.wikipedia.org/wiki/Centre_national_d%27art_et_de_culture_Georges-Pompidou

En compétition au festival Premiers plans d’Angers (19), Diamant noir a remporté le prix spécial du jury au festival du film policier de Beaune (20).
(19) https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_Premiers_Plans_d%27Angers
(20) https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_international_du_film_policier_de_Beaune

Entretien avec Arthur Harari
Il y a un aspect documentaire dans le film…
J’y tenais beaucoup. Grâce aux "bonnes personnes" dont je vous ai parlé, j’ai pu avoir accès à l’un des ateliers de taille les plus prestigieux du monde, prendre des notes, enregistrer des témoignages. Tout ça a nourri l’histoire de façon très naturelle. Le casse lui-même devait avoir une dimension réaliste, en prenant le parti d’une forme d’artisanat et non de la prouesse technologique. L’un des rares films de casse où j’ai trouvé cette dimension est Le Solitaire (5) de Michael Mann, qui transpire un magnifique réalisme sale. Le mélange de stylisation formelle et de réalisme brut est par ailleurs une des spécificités historiques du film noir, et pas qu’américain : c’est magistral dans La Bête humaine (21) de Renoir, qui est à mes yeux le plus grand film noir français. Je rêvais de suivre ces exemples excitants, et j’ai eu la chance de pouvoir tourner dans un des derniers (sinon le dernier) ateliers du quartier diamantaire situé en dehors du périmètre sécurisé. Nous avions un rapport direct avec les patrons du lieu, sans avoir à passer par les autorités du quartier, évidemment très tièdes vis-à-vis d’un tel tournage. Cette immersion a été précieuse pour obtenir ce réalisme concret dans lequel je souhaitais tremper le romanesque formel du film...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/diamant-noir,343041
(21) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_B%C3%AAte_humaine_(film)

Arthur Harari
http://www.scenarioaulongcourt.com/Arthur-HARARI

Vincent Poymiro
https://fr.wikipedia.org/wiki/Vincent_Poymiro

Agnès Feuvre
voir fiche du film Une Estonienne à Paris
http://www.citebd.org/spip.php?film961

Olivier Seror
https://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_Seror

Tom Harari
voir fiche du film Suzanne
http://www.citebd.org/spip.php?film1096
http://www.imdb.com/name/nm1601634/

Niels Schneider
voir fiche du film Le Cœur régulier
http://www.citebd.org/spip.php?film1681

August Diehl
Né le 4 janvier 1976 à Berlin.
https://fr.wikipedia.org/wiki/August_Diehl

Hans Peter Cloos
https://fr.wikipedia.org/wiki/Hans-Peter_Cloos

Abdel Hafed Benotman
voir fiche du film Fièvres
http://www.citebd.org/spip.php?film1337

Raphaële Godin
https://fr.wikipedia.org/wiki/Rapha%C3%ABle_Godin

Raghunath Manet
https://fr.wikipedia.org/wiki/Raghunath_Manet

Jos Verbist
http://www.imdb.com/name/nm0893655/

Guillaume Verdier
https://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_Verdier_(acteur)

Hilde Van Mieghem
Née à Anvers le 14 avril 1958.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Hilde_Van_Mieghem

extrait(s) de presse

Toute la culture - "Diamant noir" est un film impressionnant, fauve et apaisant, d’une grande force...
Abus de ciné - Malgré les apparences, "Diamant noir", récit d’une quête de vengeance soigneusement orchestrée, est bien un polar contemporain ancré dans le réel...
Ciclic - Tragédie familiale sanglante, le film en compétition d'Hatari, fascine et rebute. Diamant noir apparaît comme une fable surréaliste qui tourne au cauchemar...
Retro - La mécanique est froide, se révélant méthodique et implacable dans son dernier acte avec une scène de casse qui n'est pas sans évoquer "Le Solitaire" de Michael Mann, un film référence cité par le réalisateur...
Cinécure - Arthur Harari nous propose son regard sur une vengeance à la Hamlet. Niels Schneider transcende cette réflexion sur l’héritage familial...