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merci patron !

France - 2015 - 1h24
sorti en France le 24 février 2016
documentaire - film francophone
de

François Ruffin

scénario : François Ruffin
séances : semaine du mercredi 11 mai 2016
mercredi 11 jeudi 12 vendredi 13 samedi 14 dimanche 15 lundi 16 mardi 17
20:30*
séance spéciale :
* ciné mardi : "le travail c'est la santé" - couplé avec "Les Temps modernes" - tarif préférentiel 2 films = 7 € - séance animée avec Hidden circle et un membre de l'équipe de "Fakir"
séances : semaine du mercredi 18 mai 2016
mercredi 18 jeudi 19 vendredi 20 samedi 21 dimanche 22 lundi 23 mardi 24
16:30
16:00
16:00*
11:00*
séance spéciale :
* dimanche 16h00 dernière séance
* dimanche 11h00 matinale 3,50 €

synopsis

Pour Jocelyne et Serge Klur, rien ne va plus : leur usine fabriquait des costumes Kenzo (Groupe LVMH), à Poix-du-Nord, près de Valenciennes, mais elle a été délocalisée en Pologne. Voilà le couple au chômage, criblé de dettes, risquant désormais de perdre sa maison. C'est alors que François Ruffin, fondateur du journal Fakir, frappe à leur porte. Il est confiant : il va les sauver. Entouré d'un inspecteur des impôts belge, d'une bonne soeur rouge, de la déléguée CGT, et d'ex-vendeurs à la Samaritaine, il ira porter le cas Klur à l'assemblée générale de LVMH, bien décidé à toucher le coeur de son PDG, Bernard Arnault. Mais ces David frondeurs pourront-ils l'emporter contre un Goliath milliardaire ? Du suspense, de l'émotion, et de la franche rigolade. Nos pieds nickelés picards réussiront-ils à duper le premier groupe de luxe au monde, et l'homme le plus riche de France ?

notes de production

Pour témoigner de ces drames sociaux, François Ruffin a fait le choix de l’humour. Un choix à mettre en parallèle avec les questions suivantes : comment, lorsque l’on traite au quotidien ces drames sociaux, se remobiliser et remobiliser les autres ? Comment continuer à être habité par un sentiment de révolte alors que ces fermetures sont devenues l’ordinaire ? Pour le cinéaste, l’humour représente une voie à explorer pour justement casser ce côté banalisation des drames sociaux et pousser à l’action.

François Ruffin a pris soin d’éviter les commentateurs récurrents des documentaires sociologiques et politiques qui sont les figures classiques de ce type de film. Ainsi, il a cherché à faire un documentaire anti‑pédagogique : le film de gauche militant, c’est quand même parfois un prof de sociologie à côté d’un professeur d’économie et d’un spécialiste en anthropologie. J’en ai rencontré plusieurs en préparant Merci patron. Mais j’ai fait le choix de ne pas garder leurs interventions, privilégiant ainsi le fait de raconter une histoire qui ouvre sur de nombreux débats et questions sans jamais les fermer. Celles des inégalités, de la mondialisation…

Merci patron !, entre farce et tragédie, se construit sur une véritable dramaturgie et repose sur une construction en actes. Le travail de montage fut par ailleurs colossal avec plus de 150 heures de rushes où il fallait préserver la tension du récit et savoir quels temps forts garder. Le réalisateur François Ruffin se souvient : il a fallu déterminer les nœuds de l’histoire, travailler le rythme afin de rester dans une forme de suspense haletant. Je voulais aussi laisser la place à l’autre, à ce qu’il amène en termes de témoignages ou de culture populaire. Michael Moore (1), que j’admire, omet parfois de suivre un personnage ayant une réelle profondeur dramaturgique et qui va orienter le récit. En jouant ici le médiateur, je voulais surtout faire émerger au premier plan des personnages qui allaient écrire l’histoire. Même si Bernard Arnault a grandement contribué au scénario.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Moore

Contrairement à ce que l’on pourrait penser étant donné leur situation de forte pauvreté, il n’a pas été difficile pour François Ruffin de convaincre le couple Klur de jouer le jeu, comme il en témoigne : la première fois que je rentre chez eux, on tourne déjà. Pour une raison qui est presque une mauvaise raison. Ils sont tellement dans la merde qu’ils n’ont plus rien à perdre. Ils ont confiance en Marie-Hélène Bourlard qui, par ailleurs, a confiance en moi. Comme le début d’une chaîne de solidarité. Une fraternité qui se met en place dans l’action et non pas dans la théorie.

Le tournage de Merci patron ! s’est fait en autoproduction et l’équipe s’est ensuite tournée vers la société Mille et une productions à qui l’on doit Le Cauchemar de Darwin (2) et Les Chèvres de ma mère (3). Nous aurions pu continuer l’aventure sans aucune aide mais il me semblait important de réintégrer un circuit « normal » de cinéma. Compte tenu de ce que j’avais comme film, je ne voulais pas que celui-ci reste dans un mode « ghetto ». Je connais ce « ghetto », j’en suis et ce n’est pas volontairement que j’y travaille. Mais je crois que c’est le lot d’un journaliste social et politisé. Mais très vite j’ai su et j’ai voulu que Merci patron ! soit montré et vu par un maximum de spectateurs, se souvient François Ruffin.
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Cauchemar_de_Darwin
(3) http://www.commeaucinema.com/film/les-chevres-de-ma-mere,311184

Entretien avec François Ruffin
Dans quel contexte et pour quelles raisons est né "Merci patron" ?
En tant que journaliste pour différents supports, cela fait plus de seize ans que je couvre les fermetures d’usines. Vivant à Amiens, j’ai vu de nombreuses entreprises cesser leur activité, des gens occuper leurs locaux syndicaux, rencontrer des personnes désespérées songeant à ouvrir leur bouteille de gaz. En abordant régulièrement ce sujet, j’ai été amené à croiser la route de Bernard Arnault (4) et à dénoncer ses agissements. Il me restait encore pas mal de choses à dire mais j’avais envie de changer de support et de registre. J’avais déjà abordé le cinéma, réalisé deux trois choses pour le net et donc l’idée de faire un film s’est concrétisée...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/merci-patron,346761
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Arnault

François Ruffin est à la base un journaliste français qui a fondé le journal Fakir (5) pour lequel il est rédacteur en chef. Il s’est fait davantage connaitre en publiant Les Petits soldats du journalisme (6), puis en travaillant comme reporter pour Là-bas si j’y suis (France Inter) avec Daniel Mermet (7). Merci patron ! est son premier film.
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Fakir_%28journal%29
(6) http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article228
(7) http://www.citebd.org/spip.php?film1586

François Ruffin
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Ruffin

extrait(s) de presse

Le Monde - François Ruffin signe le chef-d’œuvre du genre. L’histoire semble simplette, elle va rapidement donner le vertige.
Le Nouvel obs - "Merci patron !" est une fête de l’esprit en même temps que le triomphe de la fraternité sur l’argent roi.
L'Humanité - Une comédie efficace qui, au-delà de son aspect farcesque, traite des conséquences réelles de la désindustrialisation du Nord.
Télérama - Jubilatoire, ce pastiche de thriller sur fond de lutte des classes réussit la gageure de ­réenchanter l'action dans une époque aquoiboniste. Moqueur sans condescendance, joyeusement combatif, le film est un parfait dosage d'humour et de constat social.
Première - Le réalisateur expose ses personnages au danger, mais prouve que le documentaire social, bien réel, peut s’assumer comme une savoureuse comédie de caractères.
àVoir-àLire - Un documentaire politique à l’humour débridé largement inspiré de la bonhomie de Michael Moore. L’approche de François Ruffin fait mouche.
La Croix - Un documentaire social qui réussit avec beaucoup d’humour et peu de moyens à piéger Bernard Arnault, l’homme le plus riche de France.
Positif - Entre caméra cachée, provocation potache, journal "extime" et documentaire embarqué; "Merci Patron !" fait mouche.