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j’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd

France - 2015 - 1h45
sorti en France le 20 janvier 2016
documentaire - film francophone
de

Laetitia Carton

scénario : Laetitia Carton, Vincent Carrias
direction de la photographie : Gertrude Baillot, Laetitia Carton, Pascale Marin
musique ou chansons : Camille Dalmais
avec : Stéphane (professeur sourd de langue des signes), Sandrine (citoyenne sourde oraliste), Levent Beskardes (comédien et poète sourd), Josiane (sourde racontant sa jeunesse perturbée)
séances : semaine du mercredi 30 mars 2016
mercredi 30 jeudi 31 vendredi 1er samedi 2 dimanche 3 lundi 4 mardi 5
11:00*
18:30
20:30*
séance spéciale :
* dimanche 11h00 matinale 3,50 €
* mardi 20h30 dernière séance

synopsis

Ce film est adressé à mon ami Vincent, mort il y a dix ans. Vincent était sourd. Il m’avait initiée à la langue des signes. Je lui donne aujourd'hui des nouvelles de son pays, ce monde inconnu et fascinant, celui d'un peuple qui lutte pour défendre sa culture et son identité...

notes de production

À l’origine, ce fut un projet entre la réalisatrice Laetitia Carton et son ami défunt Vincent Carrias : elle écrit alors le scénario en hommage à de ce dernier qui lui avait fait découvrir son monde et la langue des signes avant sa mort, comme si elle lui donne des nouvelles de son pays, ce monde inconnu et fascinant, celui d’un peuple qui lutte pour défendre sa culture et son identité. Le titre du film vient des paroles d’une chanson Quand j’aime une fois j’aime pour toujours - figurant dans l’album Tu m’aimes-tu (1) - de l’auteur-compositeur-interprète et cinéaste québécois Richard Desjardins alors qu’à l’origine, il s’intitulait Avec les yeux d’un sourd.
(1) http://memoirequichante.com/2012/03/30/richard-desjardins-tu-maimes-tu/

Alors qu’elle possède plus de deux cent heures de films originaux depuis dix ans, elle rencontre le monteur Rodolphe Molla, qui a dernièrement travaillé sur le montage du film Révolution Zendj (2) de Tariq Teguia, l’aide à constituer des images avec beaucoup de difficultés étant donné qu’ils possède également des scènes chorales en langue des signes.
(2) http://www.critikat.com/actualite-cine/critique/revolution-zendj.html

La bande originale est signée Camille, la chanteuse préférée de la réalisatrice qui savait qu’elle était elle aussi fascinée par la langue des signes, qu’elle utilise quelquefois sur scène : elle l’a contactée, et cette dernière a tout de suite accepté de participer au film. Je savais que Camille apporterait cette émotion que je recherchais. D’ailleurs, elle s’y révèle à la fin du film et y travaille et chante une chanson aux côtés de la réalisatrice et du comédien sourd Levent Beskardes - qui également poète - interprétant en langue des signes en compagnie d’autres personnes sourdes et entendantes.

Pour le film, la compositrice reprend la chanson Winter child (3) de l’album Music hole (4) durant la mise en scène du chansigne (5) (chant en langue des signes).
(3) http://musique.ados.fr/Camille/Winter-S-Child-t195587.html
(4) http://www.lesinrocks.com/musique/critique-album/music-hole/
(5) http://blog.laparoleauxsourds.fr/tag/chansigne/

L’avant-première a lieu, la nuit du 19 août 2015, en plein air de la 27ème édition des États généraux du film documentaire à Lussas (6).
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tats_g%C3%A9n%C3%A9raux_du_film_documentaire

Vincent, auquel s’adresse Laetitia Carton dans J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd, aurait dû être le co-réalisateur du film avant sa disparition en 2004. L’idée du documentaire a germé dans l’esprit de la réalisatrice Laetitia Carton après une discussion de trois heures avec son ami sur un quai de métro. Les premières images ont été tournées en 2007 ; après une pause de quelques années et plusieurs films, la réalisatrice a finalement pu mener à bien son projet.

J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd suit le parcours de différents groupes de personnes sourdes : une famille malentendante, une école située à Ramonville (7) ayant tout le personnel nécessaire pour s’occuper d’enfants sourds, un chorégraphe etc. Dans le documentaire, le langage des signes apparaît d’ailleurs comme une chorégraphie, une forme artistique.
(7) http://www.mairie-ramonville.fr/Un-projet-europeen-pour-les-eleves

Laetitia Carton travaille repuis neuf ans sur ce documentaire et en revendique la dimension fondamentalement politique. Pour elle, l’apprentissage de la langue des signes est nécessaire à l’épanouissement des sourds : je vois le résultat : les adultes sourds qui ont reçu une éducation bilingue depuis l’enfance ne sont pas handicapés [...]. Ils sont centrés, clairs dans leur éducation, épanouis, déclare-t-elle. La réalisatrice milite ainsi pour la création d’écoles bilingues.

Laetitia Carton a pour le moment réalisé deux documentaires rendant hommage à deux personnes qui lui sont chères, exprimant son goût pour l’autobiographie. Dans J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd, la cinéaste s’adresse à son ami Vincent décédé il y a dix ans et dans Edmond, un portrait de Baudoin (8), elle mettait en lumière le dessinateur qui a été l’un des premiers à introduire l’autobiographie dans la bande dessinée.
(8) http://www.citebd.org/spip.php?film1612

Dans son documentaire, Laetitia Carton n’emploie jamais le mot malentendant car il est synonyme de handicap. La cinéaste tient à montrer que les personnes sourdes n’ont en fait rien de différent. Ces dernières vivent une vie comme les autres, sauf qu’elles ont leur propre langage.

Laetitia Carton
voir fiche du film Edmond, un portrait de Baudoin
http://www.citebd.org/spip.php?film1612
http://www.unifrance.org/annuaires/personne/316305/laetitia-carton

Gertrude Baillot
http://www.imdb.com/name/nm1188550/

Pascale Marin
http://www.unifrance.org/annuaires/personne/304448/pascale-marin

Camille Dalmais
voir fiche du film Elle s’en va
http://www.citebd.org/spip.php?film1135

Levent Beskardes
Né le 11 août 1949 à Eskişehir (Turquie).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Levent_Beskardes

extrait(s) de presse

Libération - Par-delà ses traits sensibles et son attention à l’expressivité des corps tandis qu’ils «signent», l’attrait du film tient aussi aux termes singuliers par lesquels il interroge une idée du communautarisme : non comme un repli, mais plutôt la voie d’une inclusion plus harmonieuse à une société obstinément aveugle aux caractères particuliers qui la nourrissent...
àVoir-àLire - L’épître à un mort, belle et politique, au doux rythme des signes dans un royaume décidément méconnu, celui des Sourds, que l’on apprend à découvrir avec enchantement.
Culturopoing - La porte du pays des sourds n’est pas si difficile à pousser et, derrière, se cache des trésors d’humanité, une culture, une identité, une langue bien plus riche que l’on ne pense, des gens qui ne demandent qu’à communiquer avec les entendants. Mais, finalement, on se demande bien, du sourd et de l’entendant, qui a le plus de mal à entendre l’autre.
Le Nouvel obs - Le film, qui montre des parents accompagnant leurs enfants dans une des rares écoles réservées aux sourds, leur offre de s’exprimer, de retracer leur parcours, de décrire leur vie, et c’est captivant. Même pour ceux qui savent ou croient tout savoir de la surdité...
Télérama - La grande beauté du film vient de sa relativisation du terme «handicap» - une étiquette attribuée par la majorité à la minorité...