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sangre de mi sangre

France - 2014 - 1h18
sorti en France le 22 avril 2015
documentaire - version originale sous-titrée en français
de

Jérémie Reichenbach

direction de la photographie : Jérémie Reichenbach
musique ou chansons : Frank Williams, Benoit Daniel, Olivier Bodin
séances : semaine du mercredi 13 janvier 2016
mercredi 13 jeudi 14 vendredi 15 samedi 16 dimanche 17 lundi 18 mardi 19
20:30*
séance spéciale :
* Cinédoc en partenariat avec Créadoc, en présence de Jérémie Reichenbach - tarif préférentiel 3,50 €

synopsis

Tato vit entouré de sa mère, sa grand-mère, ses oncles et Dieu. À vingt ans, il découvre la vie et commence à travailler à l’abattoir avec les hommes de la famille. Sans patron et géré par les ouvriers, l’abattoir résonne des cris des bêtes et des discussions enflammées des hommes, pas forcément d’accord sur la conduite du lieu ou la répartition des bénéfices. On bosse, on mange, on s’engueule, on chante, on s’aime. Les enfants grandissent et deviennent peu à peu des hommes. Histoire de famille, de travail, de luttes, histoire de la vie drôle et touchante, bruyante et tonitruante...

notes de production

C’est dans la continuité d’un projet étudiant où il avait filmé des ouvriers nettoyeurs du métro en grève, que Jérémie Reichenbach a réalisé Sangre de mi sangre. Il explique : dix ans et quelques films plus tard, lors d’un tournage à Buenos Aires, j’apprends l’existence d’un abattoir autogéré, récupéré par les ouvriers après une longue lutte. C’est là que naît le projet du film Sangre de mi sangre, en écho à cette première expérience.

Jérémie Reichenbach était angoissé à l’idée de filmer un abattoir, lieu peu hospitalier. Mais après avoir découvert l’intérieur de l’abattoir et la routine de travail, le réalisateur a été impressionné par la poésie du lieu.
Les membres de l’abattoir travaillent en famille. En effet, suite à l’autorisation de reprendre l’affaire, les 18 ouvriers engagèrent leurs frères, fils, neveux etc.
Le tournage de Sangre de mi sangre s’est déroulé sur quatre années, ce qui a permis au réalisateur de nouer des liens étroits avec les ouvriers de l’abattoir.

D’abord pour des raisons économiques, puis pour des raisons pratiques, Jérémie Reichenbach a tourné seul Sangre de mi sangre. Il explique : cela me permet d’être en immersion totale, de vivre et de partager énormément avec ceux et celles que je filme. Mais cela a aussi ses limites, le plus dur est de ne pouvoir parler à personne sur le moment de ses doutes sur le film en train de se faire. Souvent, en début de tournage, la personne qu’on filme pense qu’on attend d’elle qu’elle joue un rôle et elle en fait trop.

Malgré le fait que Sangre de mi sangre soit un documentaire, Jérémie Reichenbach a souhaité s’éloigner d’une image réaliste. Il explique : pour l’image, on a essayé de réduire l’effet vidéo pour donner une texture plus granuleuse au film. En terme de couleur, on a augmenté les contrastes et donné une teinte générale un peu sombre. C’est une étape très importante pour moi car je voulais donner une esthétique affirmée au film et m’éloigner du naturalisme.

Le travail du son a été essentiel durant la post-production. Toujours dans l’optique de s’éloigner du réel, le réalisateur a préféré insister sur les ambiances extérieures à l’abattoir plutôt que sur ce qu’il se passait à l’intérieur.

Tourner un documentaire dans un abattoir n’est pas chose aisée. Non pas techniquement, mais surtout moralement. Pour se faire une idée, revoir ou découvrir Le Sang des bêtes de Georges Franju. Un choc à l’époque.
Gilles Marchal
https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Sang_des_b%C3%AAtes

Entretien avec Jérémie Reichenbach
Pouvez-vous nous raconter comment est née l’idée de faire ce film ?
Ce film est pour moi dans la continuité de mes précédents qui abordent la question du groupe et de la communauté, de la place et du rôle de l’individu à l’intérieur de celle-ci.
Je m’intéressais depuis un certain temps aux mouvements des entreprises récupérées en Argentine et j’ai participé au tournage du film d’un ami à Buenos Aires. C’est dans ce cadre que j’ai appris l’existence de cet abattoir autogéré. J’ai tout de suite eu le sentiment qu’à travers la représentation filmique de ce lieu et de ceux qui y travaillent, pouvait se créer une forte dualité entre l’image d’un métier qui dérange (boucher dans un abattoir) et celle d’un système d’organisation du travail, l’autogestion, qui ferait plutôt rêver car il porte en lui une sorte d’idéal révolutionnaire…
http://blog.cinemadureel.org/2014/03/25/sangre-de-mi-sangre-de-jeremie-reichenbach/

Jérémie Reichenbach
http://www.africultures.com/php/?nav=personne&no=8433

extrait(s) de presse

Critikat - Partager, telle est la clé de voûte de ce film splendide, tant la caméra fait corps avec les personnes qu’elle regarde, nous plonge au sein d’une communauté généreuse, où tout est affaire de lien et de transmission.
Positif - Un film plein d'humanité, qui évoque le meilleur Ken Loach.
Libération - La dignité, le courage, l’amour sont les valeurs de cette famille de la classe ouvrière où s’immerge le documentaire, loin de tout misérabilisme.
Première - L’alternance entre moments de calme au domicile de Tato, visites pieuses à l’église et journées ubuesques à l’usine livre alors un résultat étonnamment harmonieux, où l’appartenance du personnage à différents groupes sociaux finit par constituer un sujet à part entière et par offrir à cette réalité quotidienne des airs de douce fiction.
Le Monde - Le documentariste Jérémie Reichenbach, qui a mis quatre ans à réaliser ce film, passe sans cesse du cercle intime à la sphère professionnelle, brossant le tableau d'une vie dont le primat va à la collectivité.
Studio ciné live - La caméra de Reinchenbach sait en tout cas parfaitement se faire oublier pour laisser s'exprimer la vérité d'un clan aimant, donnant à "Sangre de mi sangre" la chaleur d'une jolie tranche de vie.
Utopia - C’est un documentaire drôle, touchant, stimulant, tourné aux antipodes, quelque part à 600 km au Sud de Buenos Aires, dans une région de l’Argentine où les indiens mapuches sont encore nombreux et cultivent leur langue et leur culture.
Il était une fois le cinéma - Si l’on ne devait garder qu’une image de ce film splendide, ce serait ces deux moutons d’un blanc immaculé, tremblant au moment d’être capturés dans un coin de l’abattoir. Il est évident qu’ils connaissent leur sort, et on ne peut en vouloir à l’homme de les attraper par une patte pour les saigner, car il ne s’agit que d’une histoire de sang, pour se nourrir, pour tenter de survivre à l’horreur du monde qui va. - See more at: http://www.iletaitunefoislecinema.com/critique/6638/sangre-de-mi-sangre#sthash.MnKwlPtV.dpuf