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el club

Chili - 2015 - 1h37
sorti en France le 18 novembre 2015
Grand prix du jury (Ours d'argent) Berlin 2015
avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
film - version originale sous-titrée en français
de

Pablo Larraín

scénario : Guillermo Calderón, Daniel Villalobos, Pablo Larraín
direction de la photographie : Sergio Armstrong
avec : Alfredo Castro (Père Vidal), Roberto Farías (Sandokan), Antonia Zegers (Mère Mónica), Jaime Vadell (Père Silva), Alejandro Goic (Père Ortega), Alejandro Sieveking (Père Ramírez), Marcelo Alonso (Père García), José Soza (Père Lazcano), Francisco Reyes (Père Alfonso)
séances : semaine du mercredi 16 décembre 2015
mercredi 16 jeudi 17 vendredi 18 samedi 19 dimanche 20 lundi 21 mardi 22
11:00*
14:00
16:15
séance spéciale :
* matinale 3,50 €
séances : semaine du mercredi 23 décembre 2015
mercredi 23 jeudi 24 vendredi 25 samedi 26 dimanche 27 lundi 28 mardi 29
16:30
11:00*
séance spéciale :
* matinale 3,50 €
séances : semaine du mercredi 30 décembre 2015
mercredi 30 jeudi 31 vendredi 1er samedi 2 dimanche 3 lundi 4 mardi 5
16:30
14:00
16:15
21:00*
séance spéciale :
* dernière séance

synopsis

Dans une ville côtière du Chili, des prêtres marginalisés par l’Eglise vivent ensemble dans une maison. L’arrivée d’un nouveau pensionnaire va perturber le semblant d’équilibre qui y règne...

notes de production

El Club semble bien éloigné de la trilogie de films que Pablo Larrain a consacré au Chili sous le régime d’Augusto Pinochet et qui s’est terminé par le triomphe de No (1). Pourtant, c’est à partir d’une image réelle que le réalisateur trouva l’idée de son film. On y voyait un prêtre chilien accusé de pédophilie se reposer à l’abri de la justice dans une charmante maison en Allemagne. Une matière sulfureuse qui poussa le cinéaste à en faire son nouveau projet.
(1) http://www.citebd.org/spip.php?film914

Pablo Larrain n’est pas pratiquant mais a été élevé dans des églises catholiques : j’aime le Christ, pas les chrétiens, précise-t-il.

El Club a été tourné à grande vitesse, alors que le cinéaste attendait qu’un de ses projets se concrétise. Plutôt que de rester les bras croisés, celui-ci écrivit une partie du film et attaqua en parallèle la pré-production, parvenant à commencer le tournage trois semaines après son premier trait de crayon. Deux semaines et demie plus tard, le tournage, à son tour, fut fini. Le financement a été trouvé en utilisant les fonds de Fabula, société de production qu’il fonda avec son frère et son père.

Pour les besoins de son histoire, Pablo Larrain est allé à la rencontre de prêtres tenus à l’écart en raison de suspicions d’abus et est parvenu, après de multiples refus, à tirer quelques témoignages. Il mêla à cela le témoignage qu’il reçut de personnes abusées sexuellement et tira de ce mélange le personnage de Sandokan. Il faut noter que le cinéaste et Roberto Farias, l’acteur qui incarne le prêtre violé dans son enfance, ont porté il y a quelques années une pièce de théâtre dans laquelle un homme confessait face au public les abus qu’il avait subi enfant.

Pablo Larrain choisit de ne pas révéler à ses acteurs le scénario d’El Club afin qu’ils soient présents de façon intense, au moment de la prise, comme il l’explique lui-même. Ils obtinrent la page de scénario de la journée juste avant le début du clap. Aucun maquillage ne fut utilisé, les acteurs devant juste se lever et enfiler leur tenue de la journée. S’appuyant sur les explications du cinéaste pour incarner la scène, ils durent parfois produire jusqu’à quinze prises pour trouver le ton juste. Après le tournage, ils ne connurent l’issue de leurs personnages qu’au cours du montage, étape au cours de laquelle le cinéaste trouva l’issue qu’il souhaitait donner à ses personnages.

Pablo Larrain est très critique à l’égard du numérique, qu’il qualifie de virus uniformisant les films. A l’instar de son précédent long-métrage (No), entièrement tourné avec des caméras des années 80, le cinéaste a ici mis la main sur des objectifs et des filtres utilisés par le cinéaste russe Andreï Tarkovski (2) au début des années 60. Un éclairage en lumières naturelles apporta une plus-value au naturalisme recherché par le cinéaste.
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Andre%C3%AF_Tarkovski

Si le tournage ne se fit pas avec deux caméras, l’équipe avait préparé le terrain pour pouvoir bouger très vite d’une position à une autre. C’est par cette astuce que le tournage se vit raccourci et les coûts diminués.

Entretien avec Pablo Larrain
Y‘a-t-il beaucoup de cas de pédophilie dans l’Eglise chilienne ?
Comme partout ailleurs. Cela a été révélé il y a peu de temps. Parce que les gens, les victimes et leurs familles, se sont mis à parler, à dénoncer des prêtres. Mon film évoque ces scandales mais la vérité reste méconnue. L’Église n’exerce pas seulement cette politique de mise à l’abri, de mise à l’écart, à l’égard de prêtres gênants à cause de leurs penchants sexuels, elle déporte aussi des religieux à cause d’une maladie physique ou mentale, de leur âge, et surtout ceux qui ont perdu la foi. La perte de foi des ministres du culte est sans doute le principal danger qui menace l’Église aujourd’hui. Elle a peur d’un autre danger, externe celui-là : la presse. L’Église a plus peur des médias que de l’enfer...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/el-club,334504

Pablo Larraín
voir fiche du film No
http://www.citebd.org/spip.php?film914

Guillermo Calderón
http://www.commeaucinema.com/personne/guillermo-calderon,208171

Sergio Armstrong
voir fiche du film No
http://www.citebd.org/spip.php?film914
http://www.imdb.com/name/nm1471654/

Alfredo Castro
https://fr.wikipedia.org/wiki/Alfredo_Castro_(acteur)

Roberto Farías
http://www.imdb.com/name/nm1476460/

Antonia Zegers
https://fr.wikipedia.org/wiki/Antonia_Zegers

Jaime Vadell
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jaime_Vadell

Alejandro Goic
http://www.imdb.com/name/nm0324766/

Alejandro Sieveking
https://fr.wikipedia.org/wiki/Alejandro_Sieveking

Marcelo Alonso
https://fr.wikipedia.org/wiki/Marcelo_Alonso

José Soza
http://www.imdb.com/name/nm0816442/

Francisco Reyes
http://www.imdb.com/name/nm0721280/

extrait(s) de presse

Paris match - Le propos du film serait insupportable si le réalisateur de «Tony Manero» regardait ses personnages de haut : il n’en est rien et les rires que le film convoque parfois sont si grinçants qu’ils provoquent immédiatement le malaise
àVoir-àLire - (...) si "El club" se refuse à chercher la polémique, ce savoureux brûlot met le doigt là où cela fait mal...
Cinéma teaser - Ce serait dommage de s'arrêter à sa forme roide et à son image bleue-grise, parée d'un voile laiteux. Il y a une grande puissance derrière.
Critikat - D’une drôlerie presque paradoxale, le film semble régulièrement rebondir pour éviter de sombrer dans la gaudriole comme dans le sérieux.
Ecran large - Dur, austère et vénéneux, El Club est un remarquable réquisitoire.
La Voix du nord - Faisant confiance au pouvoir évocateur de la photo comme décolorée ou voilée de brume – parfait contrepoint à l’image numérique honnie. Empruntant à Bach et à Arvo Pärt de fièvreuses musiques sacrées. S’appuyant sur le jeu intérieur des acteurs. Tout ce qui concourt à nimber de cinéma et d’universalité cette impitoyable peinture de la mauvaise conscience collective.
Le Point - Un huis clos angoissant et brillant sur la conscience autour d'un club de retraités...
L'Humanité - Évitant une approche spectaculaire ou édifiante, Larrain insiste surtout sur la trivialité du contexte et des événements. Décapant jeu de massacre en demi-teintes grisâtres.