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mad max

Australie - 1979 - 1h28
sorti en France le 13 janvier 1982
Prix spécial du jury Festival international du film fantastique Avoriaz 1980 - Licorne d'or au Festival du film fantastique Paris 1981
interdit aux moins de 12 ans
film - version originale sous-titrée en français
de

George Miller

scénario : James McCausland, George Miller
d'après l'oeuvre de : George Miller, Byron Kennedy
direction de la photographie : David Eggby
musique ou chansons : Brian May
avec : Mel Gibson (Max Rockatansky), Steve Bisley (Jim Goose), Joanne Samuel (Jessie Rockatansky, femme de Max), Hugh Keays-Byrne (Toecutter), Tim Burns (Johnny the Boy), Sheila Florance (May Swaisey), Geoff Parry (Bubba Zanetti), Roger Ward (Fifi McAffee), Lisa Aldenhoven (infirmière), David Bracks (Mudguts), Bertrand Cadart (Clunk), David Cameron (Barry, le mécanicien), Robina Chaffey (chanteuse du club Sugartown), Stephen Clark (Sarse), Mathew Constantine (Toddler), Steve Millichamp (Roup), John Ley (Charlie), George Novak (Scuttle), Jerry Day (Ziggy), Reg Evans (chef de gare), Brendan Heath (Sprog Rockatanskyn, fils de Max et Jessie), Vincent Gil (Crawford Montizano, l'aigle de la route), Lulu Pinkus (copine de Crawford), Paul Johnstone (Cundalini), Bertrand Cadart (un des aigles de la route)
séances : semaine du mercredi 9 décembre 2015
mercredi 9 jeudi 10 vendredi 11 samedi 12 dimanche 13 lundi 14 mardi 15
14:00*
séance spéciale :
* "Mad Max, la totale" - tarif préférentiel : 4 films = 10 € (sinon, tarifs habituels) - en partenariat avec Hidden circle

synopsis

Dans un futur proche, les grandes nations sont entrées en guerre pour le pétrole ; exaspérées par la situation de crise, les populations se sont révoltées, les nations essaient de maintenir un semblant d'ordre tandis que des bandes de délinquants sillonnent les routes. Max Rockatansky est un policier de la route. À bord de son interceptor, il est chargé de faire régner l'ordre et de combattre les bandes de pirates de la route ; il fait équipe avec le motard Jim Goose dit « le gorille ». Sa meilleure arme est son sang-froid, qui lui permet de faire « craquer » ses adversaires lors d'impressionnants face à face routiers. Lors d'une poursuite automobile au début du film, un voyou se nommant lui-même l'« Aigle de la Route », se tue en tentant d'échapper à Max. Son frère, le chef d'un dangereux gang de motards, décide de le venger...

notes de production

La France est le seul pays au monde où Mad Max est sorti dans une version censurée. Il a été interdit à Taiwan (1) mais, là-bas, ils ont même interdit Les Aventuriers de l’arche perdue (2). La censure ici est vraiment particulière. J’étais stupéfait quand j’ai découvert les coupes. Je suis un cinéaste de la suggestion, plus que du sanguinolent : je montre rarement le coup lui-même, la blessure. Mais dans cette version mutilée, il y a tout simplement des trous, des morceaux entiers qui manquent : six minutes au total.
George Miller
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Ta%C3%AFwan
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Aventuriers_de_l’arche_perdue

Le script original est de James McCausland et fut réadapté par Miller et Byron Kennedy. La structure narrative est basée sur le style western, Mad Max racontant l’histoire d’une société post-apocalyptique où tous les repères s’effondrent. Le film est également une histoire d’amour et de vengeance. Il est devenu le plus gros succès financier pour un film australien et a permis à la société de production New wave films de s’ouvrir au marché international. Le rôle de Max est tenu par Mel Gibson, inconnu à l’époque, qui deviendra une star internationale par la suite. C’est la première fois que le jeune acteur tenait un premier rôle dans un long-métrage. Son salaire était alors de 15 000 dollars australien.
Mad Max est le premier film d’une franchise qui se poursuit par Mad Max 2 : le défi en 1981, Mad Max : au-delà du dôme du tonnerre en 1985 et enfin Mad Max : fury road en 2015.

George Miller était un médecin travaillant dans une salle d’urgences à Sydney, en Australie, où il voit beaucoup de blessures et de décès, comme décrits dans le film. Il est également témoin de nombreux accidents de voiture qui augmentent dans le Queensland (3) rural et croise notamment un adolescent qui a perdu trois amis dans un accident. Lors d’une résidence dans un hôpital de Sydney, Miller rencontre le cinéaste amateur Byron Kennedy dans une école de cinéma estival en 1971. Le duo produit un court-métrage intitulé Violence at the cinema, part 1 (4), projeté dans de nombreux festivals de cinéma et qui remporte plusieurs prix. Quelques années plus tard, Miller et Kennedy produisent Mad Max avec le concours du scénariste James McCausland, qui apparaît dans le long-métrage comme l’homme barbu en tablier en face du restaurant.
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Queensland
(4) http://www.imdb.com/title/tt0067953/

Miller croit que les spectateurs trouveront l’histoire plus crédible si elle est définie dans un sombre avenir dystopique. McCausland a fortement intégré dans l’écriture ses observations sur les effets du choc pétrolier de 1973 (5) sur les automobilistes australiens.
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Premier_choc_p%C3%A9trolier

Kennedy et Miller ont exposé le point de vue du film à Graham Burke, de Roadshow, qui a été enthousiaste. Les producteurs ont estimé qu’ils ne seraient pas en mesure de lever des fonds auprès des organismes gouvernementaux parce que les producteurs australiens faisaient des films d’art et les sociétés et commissions semblaient les approuver sans réserve, selon Kennedy. Ils conçoivent une présentation de 40 pages, distribuée à un certain nombre de personnes susceptibles de fournir de l’argent. Kennedy et Miller contribuent également à l’aspect financier en faisant un travail de trois mois en radio d’urgence, le premier conduisant la voiture tandis que le second soignait. Selon Miller, le budget final était entre 350 000 et 400 000 $.

George Miller a volontairement choisi des acteurs peu connus afin qu’ils ne portent pas de collaborations passées avec eux. Mel Gibson, qui n’avait eu qu’un seul rôle au cinéma dans Summer city (6), est allé aux auditions avec son ami et camarade de classe, Steve Bisley, qui décroche le rôle de Jim Goose. Gibson s’y était rendu en mauvaise forme, car la veille il s’est retrouvé impliqué dans une querelle d’ivrognes entre trois hommes lors d’une fête, ce qui lui a valu un nez enflé, une fracture de la mâchoire et diverses contusions. Selon ses propres mots, Gibson ressemblait à une citrouille noire et bleue durant cette audition. Gibson ne s’attendait pas à obtenir le rôle-titre. Cependant, le directeur de casting a aimé son look et a demandé à Gibson de revenir deux semaines plus tard, en lui disant que nous avons besoin de monstres. Lorsque le jeune acteur revient, les cinéastes ne le reconnaissent pas car ses blessures étaient presque complètement guéries, ce qui ne l’a pas empêché d’obtenir le rôle. Une partie du casting avait tourné dans un autre long-métrage, Stone (7).
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Summer_City
(7) http://www.horreur-web.com/stone.html

En raison du faible budget, seuls Gibson et Bisley ont obtenu des vestes et des pantalons en cuir véritable, alors que les autres acteurs qui incarnaient les policiers portaient des tenues en revêtement en cuir synthétique. À l’origine, le tournage devait se dérouler en dix semaines (six semaines pour la première équipe et quatre semaines pour les cascades et les séquences de poursuite), mais Rosie Bailey, qui était à l’origine choisie pour le rôle de l’épouse de Max, s’est blessée dans un accident de moto quatre jours avant le tournage, ce qui entraîne un arrêt de la production, afin de la remplacer par Joanne Samuel, entraînant ainsi un retard de deux semaines.

Finalement, le tournage a duré six semaines entre novembre et décembre 1977 et six semaines supplémentaires pour la seconde équipe. L’équipe s’est retrouvée deux mois plus tard, passant deux semaines à tourner des scènes et refaire la mise en scène des cascades en mai 1978. Le tournage s’est déroulé dans et autour de Melbourne (8). Beaucoup de séquences de poursuites en voiture ont été filmées près de la ville de Little river, au nord de Geelong (9). Le film a été tourné avec une lentille format large anamorphique (10), ce qui en fait le premier film australien à l’utiliser.
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Melbourne
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Geelong
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Format_large_anamorphos%C3%A9

La postproduction a été réalisée à Melbourne, le montage s’est fait dans un petit salon sur une machine de montage construite par le père de Kennedy, ingénieur, qui l’a fabriquée pour eux. Tony Patterson monta le film pendant quatre mois, mais a dû quitter le projet en raison de son implication au montage de Dimboola (11). Miller a repris le montage avec Cliff Hayes (12), travaillant ensemble durant trois mois. Kennedy et Miller ont fait le montage définitif.
(11) https://en.wikipedia.org/wiki/Dimboola_%28film%29
(12) http://www.imdb.com/name/nm0370954/

Miller voulait un type de partition musicale à la manière de Bernard Herrmann (13) en gothique et embaucha Brian May après avoir entendu son travail sur Patrick (14).
(13) http://www.citebd.org/spip.php?film1411
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_%28film,_1978%29

La musique du film est composée par Brian May. Dans le film, on peut entendre plusieurs chansons, absentes de la bande originale commercialisée, comme Rocker d’Ac/dc (15) ou Rollin’ into the night d’Akira Kushida (16).
(15) https://fr.wikipedia.org/wiki/AC/DC
(16) https://fr.wikipedia.org/wiki/Akira_Kushida

Le pays est indéterminé : on sait juste qu’ils parlent anglais, roulent à gauche et que la police porte le nom de Mfp (Main force patrol). George Miller a donc choisi de placer l’action n’importe où, c’est-à-dire ici et demain ; le cadre général n’est pas connu, il ne sera présenté que dans Mad Max II et le pays identifié à la fin de Mad Max III (cependant, un cadavre de kangourou est brièvement visible dans le deuxième opus et les plaques d’immatriculation sont celles de l’État de la Nouvelle-Galles du Sud) (17), le film apparaît de fait comme une évolution de la situation actuelle des pays développés.
(17) https://fr.wikipedia.org/wiki/Nouvelle-Galles_du_Sud

La première image est celle du Hall of justice, ce qui introduit le thème de la justice et d’une société organisée. Mais dès la première scène, le spectateur comprend que tout se délabre : les bâtiments sont en ruine, la radio de la police est occupée en permanence par une opératrice donnant des recommandations naïves et des consignes décalées par rapport à la réalité, tandis que la principale occupation des policiers consiste à se rincer l’œil avec la lunette de leur arme de service.
Dans Mad Max, la violence de la société reflète la violence de l’État, les représentants de l’État étant aussi fous que les criminels, la seule différence est qu’ils ont une plaque de cuivre au revers du blouson.

Le film s’inspire sur plusieurs aspects de Point limite zéro (18), à tel point qu’on peut le considérer comme un hommage à l’œuvre de Sarafian. La scène d’introduction notamment, où les deux policiers cherchent en vain à intercepter le Nightrider, est reprise presque plan pour plan d’une scène centrale de Point limite zéro. Il n’est aussi pas sans ressemblances avec le livre Route 666 (19) de Roger Zelazny, pionnier du post-apocalyptique.
(18) https://fr.wikipedia.org/wiki/Point_limite_z%C3%A9ro
(19) https://fr.wikipedia.org/wiki/Route_666

À la fin du film, au total 14 véhicules furent détruits pour les scènes de poursuites et de crash, incluant la voiture personnelle du réalisateur, sa Mazda Bongo (20) (le petit van bleu détruit après avoir été heurté par the Big Hopper).
(20) https://fr.wikipedia.org/wiki/Mazda_Bongo

George Miller a beaucoup de problèmes avec son film, jugé trop violent et influent pour les jeunes. Voulant éviter le classement X, la censure accepte de projeter le film en échange de quelques coupes, mais Miller décrète que, mis à part des plans choquants de quelques secondes, ce n’est pas le film qui est violent mais le climat général, la brutalité ambiante.

Malgré cela, le film doit attendre 1982, soit trois ans après sa sortie en Australie, pour être distribué en France dans des salles traditionnelles, obtenant une interdiction aux moins de 18 ans lors de son examen par la Commission de Classification des œuvres cinématographiques (21), mais est amputé de six minutes. En 1990, le palier d’interdictions des longs-métrages réévaluée sur le territoire français, Mad Max écope d’une interdiction aux moins de 16 ans. Toutefois, en avril 2015, à la demande du distributeur, Warner bros. (22), le film a été montré une nouvelle fois à l’assemblée plénière de la Commission de Classification du Cnc, la huitième en trente-cinq ans, qui émet dorénavant une interdiction aux moins de 12 ans avec comme motif : interdiction aux mineurs de moins de douze ans. La Commission a, en effet, estimé que le climat oppressant ainsi que les scènes violentes, bien que souvent hors champ, sont susceptibles de heurter la sensibilité du jeune public. En revanche, la stylisation de la violence, l’atmosphère non réaliste du film et le traitement des personnages ne justifient plus, aujourd’hui, le maintien de l’interdiction aux mineurs de moins de seize ans et obtient un nouveau visa le 16 avril 2015 avec cette nouvelle classification, avec le label Art et essai (23).
(21) https://fr.wikipedia.org/wiki/Commission_de_classification_des_%C5%93uvres_cin%C3%A9matographiques
(22) https://fr.wikipedia.org/wiki/Warner_Bros.
(23) https://fr.wikipedia.org/wiki/Art_et_Essai

Bien qu’ayant une sortie limitée en Amérique du Nord, où il récolta plus de huit millions $ de recettes, Mad Max fait mieux à l’étranger, engrangeant près de 100 millions $. Comme le long-métrage avait été financé de manière indépendante, ce fut un véritable succès commercial. Pendant vingt ans, Mad Max a détenu un record dans le Livre Guinness des records (24) comme étant le film à petit budget le plus rentable du cinéma avant d’être dépassé en 1999 par Le Projet Blair witch (25).
(24) https://fr.wikipedia.org/wiki/Livre_Guinness_des_records
(25) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Projet_Blair_Witch

- dans Bellflower d’Evan Glodell, les protagonistes se disent fans de Mad Max. On peut voir Woodrow, joué par Evan Glodell, dormir avec la jaquette du dvd de Mad Max sur le torse.
http://www.citebd.org/spip.php?film814
- le manga Ken le survivant est fortement inspiré de l’univers de Mad Max, dans son ambiance et ses costumes.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ken_le_Survivant
- le défi imposé aux prisonniers dans Saw (être obligé de se scier la cheville pour pouvoir se libérer d’une menotte) est le même que celui imposé par Max à son dernier ennemi dans la scène finale.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Saw

A l’exception d’un plan de deux secondes, tous les effets violents ont été réalisés au montage. Je cherche à créer un spectacle qui ait la force d’impact d’un accident de voiture. Nous vivons dans le culte de la vitesse. J’ai vu, dans l’hôpital où j’exerçais, des dizaines de victimes d’accidents graves. Cette violence fait partie de notre quotidien. Je crois qu’un film comme Mad Max a une fonction importante : il nous permet de faire face à nos angoisses et peut-être de nous en défaire.
George Miller

Lors de sa première distribution en France, le film a été classé X (26) et fut amputé de ses scènes les plus violentes. Il a fallu attendre janvier 1983 pour que la censure soit levée suite au succès de Mad Max 2 permettant ainsi au public de le découvrir en intégralité.
(26) https://fr.wikipedia.org/wiki/Classement_X

Le célèbre bolide noir qui a fait la réputation de Mad Max est une Ford XB Falcon Coupe GT351 de 1973 (27) modifiée pour les besoins du film. Rarissime, ce modèle n’a été vendu qu’en Australie de décembre 1973 à août 1976. La voiture utilisée dans le film est actuellement exposé au Cars of the stars motor museum (28) à Cumbria (29) en Angleterre.
(27) http://www.caradisiac.com/Les-monstres-routiers-partie-9-L-Interceptor-de-Mad-Max-10773.htm
(28) https://en.wikipedia.org/wiki/Cars_of_the_Stars_Motor_Museum
(29) https://fr.wikipedia.org/wiki/Cumbria

Lors de sa sortie américaine, le film a dû être entièrement doublé, les distributeurs estimant que l’accent australien pouvaient nuire à la compréhension du public.

Mad Max a remporté le Prix Spécial du Jury du Festival international du film fantastique d’Avoriaz en 1980.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_international_du_film_fantastique_d’Avoriaz_1980

Mad Max est un premier film à petit budget, réalisé par une équipe de débutants venue du documentaire et de la télévision. Conçu dans la lignée des films d’anticipation de la New world (30) (notamment Death race 2000) (31), il amalgame divers genres : road movie (32), western, policier, film d’horreur, bike movie. Réduit à sa plus simple expression, le script est prétexte à orchestrer une série d’affrontements entre policiers et gangs de motocyclistes. Miller et son producteur Byron Kennedy (cf leur interview dans le n° spécial Cannes 79 de Cinema papers) ont travaillé dans une optique d’efficacité maximale, avec un désir évident de d’accrocher le public juvénile. Très physique, le film s’abstient volontairement de tout message politique ou moral et pratique une approche à l’estomac : nombreuses cascades (brillamment exécutées), caméra très mobile, montage heurté, changements d’angles constants. Malgré un punch indéniable, la première partie du film souffre de l’absence de ligne directrice et d’un parti-pris de violence et de laideur frôlant la gratuité. Plus linéaire et plus compact, resserré autour d’un seul personnage, le dernier tiers, soutenu par une partition très expressive et ample de Brian May, accède par contre à un certain lyrisme. Ce n’est pas une révélation, mais c’est assez pour que l’on attende les prochaines réalisations de Miller avec intérêt.
Olivier Eyquem in Positif n° 220-221 (juillet-août 1979)
(30) https://fr.wikipedia.org/wiki/New_World_Pictures
(31) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Course_%C3%A0_la_mort_de_l%27an_2000
(32) https://fr.wikipedia.org/wiki/Road_movie

(...) Miller construit avec peu de touches et de moyens un univers complet, proche de celui des romanciers Fritz Leiser ou Roger Zelazny (33). Les rapports de violence sont établis par les personnages (visages très typés, presque caricaturaux, costumes identiques de cuir poussiéreux) et par la mise en scène : il orchestre autour de la moto et de la voiture un montage de plans où sont rassemblés tous les angles destinés à accentuer l’autonomie des parties de l’engin et leur caractère menaçant ; l’espace du scope écrase les verticales et agrandit l’horizontalité de la route qui en vient à constituer un lien hypnotique. Les ellipses et les précisions, imprévues les unes comme les autres renforcent la surprise, les derniers, les effets de choc, proprement jamais vus et terrifiants.
Alain Garsault in Positif n° 230 (mai 1980)
(33) https://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Zelazny

Lorsqu’une poignée de critiques et/ou de cinéphiles aventureux découvrit Mad Max au Marché du film (34), section Australie, à Cannes en 1979, les réactions furent partagées, mais tous avaient, à coup sûr, reçu un choc, finalement assez rare dans un festival, quel qu’il soit. Il ne s’agit évidemment pas d’un choc intérieur, mais d’un déclic qui se produit grâce à l’engrenage simultané d’un certain nombre d’éléments de base portés consciemment à un paroxysme dilatoire : déclic qui, bien entendu, ne s’enclenche pas automatiquement, venant d’une matière filmique brute qui engendre naturellement une vive résistance chez certains. On ne fait pas impunément du cinéma électrochoc.
Ces précautions oratoires se doublent d’un avertissement d’ordre moral : disons d’emblée que l’impact du film de George Miller, jeune réalisateur australien inconnu jusqu’alors, repose sur un mécanisme de fascination visuelle sans recul extrêmement ambigu, et qui explicite sans doute la décision initiale de la censure d’interdire le film pour ultra-violence, ce qui n’est tout de même pasz faux. Le fait que, par l’extraordinaire sens dynamique insufflé par une mise en scène violant continuellement l’espace filmique, le film fonctionne à plein rendement, entraîne une adhésion pratiquement passive du spectateur mis ko dès les premiers plans. Le miracle de Mad Max - vainqueur sans peine du dernier et médiocrissime Festival du film fantastique de Paris (35) - est que, contrairement aux débiles et lassantes équipées sauvages de motos et de bagnoles que le (mauvais) cinéma américain nous assène à longueur d’années, comme dans Cannonball, il transcende un scénario ultra-stéréotypé par un pur jeu de mise en scène et de technicité (les effarantes cascades qui reculent les limites du genre) qui annihile pratiquement le reste : là se situent et sa force, et ses limites...
En dehors de toutes considérations d’ordre moral ou philosophique, Mad Max est avant tout un super-hit mondial (de l’Australie au Japon, et aux Usa, où il a été doublé... en américain, à cause de l’accent original), et une fabuleuse réussite commerciale : rien d’étonnant donc à ce qu’on nous promette pour bientôt un Mad Max II, vu par l’œil maëlstromien de George Miller, et, paraît-il, encore plus époustouflant que le premier, reste à voir si cette seconde partie marquera l’essor ou la mort d’un nouveau metteur en scène partisan du cinéma pratiqué comme stimulus de notre subconscient toujours assoiffé de fantasmes inavouables, comme on sait...
Max Tessier in La revue du cinéma n°368 (janvier 1982)
(34) https://fr.wikipedia.org/wiki/March%C3%A9_du_film_de_Cannes
(35) https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_international_du_film_fantastique_et_de_science-fiction_de_Paris
https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27%C3%89quip%C3%A9e_du_Cannonball

(...) Le film se veut le contraire d’un panégyrique de la violence au cinéma, et effectivement l’habileté technique avec laquelle il en analyse tous les mécanismes pourrait donner lieu à une réflexion critique ; malheureusement son côté tape-à-l’œil et racoleur fait croire qu’il sera pris complètement au premier degré par le public auquel il s’adresse malgré tout en priorité, à savoir les amateurs de films d’aventure et d’action.
Ce qui rend Mad Max parfaitement haïssable, au bout du compte, malgré d’évidentes qualités comme la perfection des cascades, la précision de la mise en scène et du montage, et certaines trouvailles tout à fait intéressantes comme, par exemple, la voix anonyme de la radio-police qui tient toujours un commentaire légèrement décalé sur l’action.
Comme cela lui arrive souvent, le cinéma australien n’épargne ni les moyens, ni le professionnalisme, alors que le jeu n’en vaut guère la chandelle.
Jacqueline Nacache ni Cinéma 82 n° 277 (janvier 1982)

George Miller
Né George Miliotis le 3 mars 1945 à Chinchilla (Queensland).
https://fr.wikipedia.org/wiki/George_Miller_%28r%C3%A9alisateur_australien%29

James McCausland
http://www.imdb.com/name/nm0565537/

Byron Kennedy
Né le 18 août 1949 à Melbourne et décédé le 17 juillet 1983 à Warragamba Dam (Australie).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Byron_Kennedy

David Eggby
http://www.imdb.com/name/nm0250867/

Brian May
Né le 28 juillet 1934 à Adelaïde et décédé à Melbourne le 25 avril 1997.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Brian_May_%28compositeur_australien%29

Mel Gibson
Né le 3 janvier 1956 à Peekskill (État de New York).
C’est avec Mad Max et L’Arme fatale qu’il devient mondialement connu...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mel_Gibson

Steve Bisley
Né le 26 décembre 1951 à Lake Munmorah (Nouvelle-Galles du sud).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Steve_Bisley

Joanne Samuel
http://www.imdb.com/name/nm0760394/

Hugh Keays-Byrne
Né le 18 mai 1947 à Srinagar (Inde).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Hugh_Keays-Byrne

Tim Burns
https://fr.wikipedia.org/wiki/Tim_Burns

Sheila Florance
http://www.imdb.com/name/nm0282630/

Geoff Parry
http://www.imdb.com/name/nm0663649/

Roger Ward
http://www.imdb.com/name/nm0911818/

Lisa Aldenhoven
http://www.imdb.com/name/nm0017505/

David Bracks
http://www.imdb.com/name/nm0102847/

Bertrand Cadart
http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/marie-christine-morosi/bertrand-cadart-le-diable-francais-de-tasmanie-03-03-2014-1797221_221.php

David Cameron
http://www.imdb.com/name/nm0131537/

Robina Chaffey
http://www.imdb.com/name/nm0149552/

Stephen Clark
http://www.imdb.com/name/nm0164518/

extrait(s) de presse

àVoir-àLire - Résolument moderne dans sa réalisation, cette épatante petite production australienne conserve un authentique impact grâce à une caméra coup de poing et à un jusqu'au-boutisme jubilatoire.
Télérama - Rockatansky, Max. Il semble que le vrai patronyme de Max le dingue, le nom qu’il portera jusqu’à ce que l’état-civil soit englouti (comme beaucoup d’autres institutions) par la guerre nucléaire et le réchauffement climatique, ne doive pas grand-chose à l’immigration d’Europe centrale en Australie. Il viendrait plutôt d’un médecin de Bohême, Carl Von Rokitansky, dont le réalisateur George Miller, alors jeune interne, apprit une fameuse (et sanguinolente) méthode d’ablation des organes pendant une autopsie. Le nom prédestinait donc au « gore »…
Critikat - L’occasion de redécouvrir ce film à la fois culte et méprisé, premier volet d’une des meilleures trilogies d’anticipation, mais aussi de voir à quel point George Miller, cinéaste rare (sept films), avait déjà tracé les grandes lignes thématiques de son œuvre.
Doc ciné - "Mad Max" est une dystopie remarquable car modeste, violente, tout en posant les bonnes questions : à quoi bon continuer à faire semblant de résister quand on sait que tout est fichu ? Pourquoi se mettre en danger pour sauver une humanité qui n’en a plus pour longtemps ? Et surtout : pourquoi lutter contre des gens qui semblent être au-dessus des lois, alors que nos gouvernants sont aux abonnés absents ?
Filmosphère - "Mad Max" est à la fois une introduction magistrale à un univers de plus en plus proche du notre, d’où son statut de film visionnaire, et un one-shot de génie...
La Critiquerie - Sans s’en rendre compte, George Miller vient de créer "Mad Max", un héros universel dont les codes sont communs à toutes les cultures. Au Japon, "Mad Max" est considéré comme un film de samouraï tandis qu’aux Etats-Unis il est classé dans la catégorie western. Une légende est née...
Citizen poulpe - Plus de trente ans après sa sortie, "Mad Max" impressionne encore par son efficacité et son aspect brut et authentique. Un film qui ne ressemblait alors à aucun autre, et qui reste une référence en matière de cinéma post-apocalyptique.