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wake in fright

ciné répertoire
Outback
Australie, Usa - 1971 - 1h54
sorti en France le 21 juillet 1971
Sélection officielle Cannes 1971
interdit aux moins de 12 ans
film - version originale sous-titrée en français
de

Ted Kotcheff

scénario : Evan Jones
d'après l'oeuvre de : Kenneth Cook
direction de la photographie : Brian West
musique ou chansons : John Scott
avec : Donald Pleasence (Doc Tydon), Gary Bond (John Grant), Chips Rafferty (Jock Crawford), Sylvia Kay (Janette Hynes), Jack Thompson (Dick), Peter Whittle (Joe), Al Thomas (Tim Hynes), John Meillon (Charlie), John Armstrong (Atkins)
séances : semaine du mercredi 14 octobre 2015
mercredi 14 jeudi 15 vendredi 16 samedi 17 dimanche 18 lundi 19 mardi 20
18:30*
séance spéciale :
* Ciné mardi : "coup de chapeau à Ted Kotcheff" - couplé avec "Rambo" - tarif préférentiel : 2 films = 7 € - en partenariat avec Hidden circle

synopsis

Cela fait un an que John Grant est l'instituteur de la classe unique de Timboonda, une petite ville perdue au fin fond de l'Australie. Il voit arriver les vacances d'hiver comme une libération et, dès les portes de l'école fermées, fait ses valises pour regagner Sydney. Mais avant de retrouver la civilisation, il doit faire une halte d'une nuit à Bundanyabba avant de pouvoir prendre son avion. Le soir venu, il se promène en ville et se retrouve entraîné dans un bar par le shérif qui, très accueillant, lui offre pinte sur pinte. Bien éméché, Grant se retrouve dans une arrière-salle où les habitants s'adonnent avec passion à un jeu d'argent consistant à parier sur pile ou face. John Grant parie quelques sous et se met à gagner en quelques minutes plus que son salaire d'instituteur... jusqu'à ce qu'un mauvais lancé lui fasse perdre d'un coup tout ce qu'il a en poche. Il se réveille le lendemain avec une gueule de bois carabinée, ayant loupé son avion, sans argent - les banques étant fermées. Coincé à Bundanyabba, il peut cependant compter sur la générosité de ses habitants pour l'abreuver encore et encore de bière en attendant de trouver une solution...

notes de production

Réveil dans la terreur ou Savane (Wake in fright ou Outback) est un film américano-australien réalisé par Ted Kotcheff d’après le livre Cinq matins de trop (1) de Kenneth Cook.
(1) http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/12855
Le roman de Kenneth Cook est publié en 1961. Il sera au programme de l’éducation nationale australienne quelques années plus tard.

Le film est présenté au Festival de Cannes 1971 et sort dans les salles la même année. Au Royaume-Uni, il sort sous le nom de Outback. Il est publié en vidéo en France sous le titre d’exploitation Savane en 1983. Le film est porté disparu pendant des années avant que des négatifs ne soient redécouverts à Pittsburgh en 2002. Il est de nouveau projeté au festival de Cannes en 2009. Le film bénéficie d’une ressortie en France le 3 décembre 2014.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_de_Cannes_1971

En 1971, deux films venus d’Australie se retrouvent ensemble à Cannes : Walkabout (2) de Nicolas Roeg et Wake in fright de Ted Kotcheff. Deux films qui se déroulent dans l’arrière-pays australien mais aux tons résolument différents. Si Nicolas Roeg nous invite à une errance poétique et mystique dans le bush (3), Kotcheff nous plonge dans un cauchemar éveillé. L’outback (4) australien n’a jamais été aussi dégénéré, primitif, violent et fou que dans ce film hors norme qui relègue la plupart des survival (5) texans au rang de sympathiques bluettes. Pourtant ici, pas de déferlement sanglant, de tueur dégénéré, rien que des hommes qui boivent et boivent encore...
http://www.dvdclassik.com/critique/reveil-dans-la-terreur-kotcheff
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Walkabout_%28film%29
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Bush_%28paysage%29#En_Australie
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Outback
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Survival_horror

Un chef d’œuvre perdu puis... retrouvé !
La recherche du négatif et du son de Wake in fright débute en 1996...
Dirk Bogarde (6) devait interpréter John Grant, l’instituteur, et Joseph Losey devait réaliser le film, avec Robert Helpmann (7) dans le rôle de Doc Tydon...
Mais en 1969, quatre mois avant le début du tournage, les choses avaient changé. James Mason (8) s’était finalement vu offrir le rôle de Doc Tydon, décision à laquelle Helpmann s’opposa vivement...
J’avais lu dans les magazines que Métrocolor Londres avait en dépôt 30 000 bobines de film sans propriétaires. J’envoyais un fax à Mick Barham, directeur de Métrocolor : par quelque étrange signe du destin, n’auriez vous-pas, dans ces 30 000 bobines, ne détiendriez-vous pas un film intitulé Outback (Wake in fright) ? Barham me dit au téléphone que le film n’était malheureusement pas sur ses listes. Il ajouta néanmoins : je détiens néanmoins 19 films australiens. J’aimerais bien retrouver les propriétaires. Est-ce que ça vous intéresse ? Ce n’était pas franchement la réponse que j’espérais...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/wake-in-fright-reveil-dans-la-terreur,151626-note-120725
(6) http://www.citebd.org/spip.php?film1453
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Helpmann
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/James_Mason
Jusqu’au jour où, en 2004, le producteur australien Anthony Buckley le retrouva dans un entrepôt de Pittsburgh dans une caisse sur laquelle était inscrit for destruction...

Les scènes de chasse aux kangourous dans Réveil dans la terreur ne sont pas fictives mais bien réelles. L’équipe technique, qui filma des chasseurs professionnels, fut choquée à plusieurs reprises, devant tant de cruauté et de violence. George Willoughby (9), le producteur, s’est même évanoui devant ce carnage. Après consultation auprès d’organismes pour la protection des animaux en Australie et au Royaume-Uni, la production décida de ne pas couper les scènes afin de montrer aux spectateurs le mal fait à cet animal en voie de disparition.
(9) http://www.imdb.com/name/nm0932579/

On comprend que le gouvernement australien ait été, à l’époque plus que réservé sur le film. Un carton final nous apprend même que la chasse des kangourous a été strictement réglementée suite à sa projection. Mais était-ce bien là ce qu’il fallait voir dans Wake in fright ? Dans ce film absolument barbare, le massacre des kangourous n’est-il pas la métaphore d’un gigantesque terrain de permissivité et de transgression ? Comme Ptit Quinquin (10) cette année - grande série sur l’outback du Pas-de-Calais - Wake in fright est un film qui marche sur la tête. C’est d’ailleurs de cette façon, nous indique le personnage de Doc dans une scène fameuse, qu’il faut boire la bière à Bundanyabba : la tête à l’envers.
http://alphaville60.overblog.com/2014/12/tete-a-l-envers-wake-in-fright-de-ted-kotcheff.html
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/P’tit_Quinquin_%28mini-s%C3%A9rie%29

Vous ne trouverez pas la ville de Bundanyabba sur une carte de l’Australie. La majorité du film Réveil dans la terreur a été tournée dans la ville de Broken hill (11), une des plus isolée des terres centrales d’Australie.
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Broken_Hill

Une réplique de John Grant à propos du clair de lune (comme de la neige sur la figure poussiéreuse du désert) est tirée d’un poème persan (du recueil Les Rubaïyat (12) d’Omar Khayyam).
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Rubaiyat

Le film utilise beaucoup de figurants résidant à Broken Hill et les enfants de la salle de classe du début du film proviennent des fermes des alentours

En juillet 1971, United artists (13) acquiert les droits Monde du film qui sera exploité avec de nombreuses coupes par rapport à la version australienne, notamment par rapport à la nudité mais aussi la violence de certains dialogues.
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/United_Artists

Le film sortira à Paris le 21 Juillet 1971 dans sa version tronquée et restera 5 mois à l’affiche dans une salle unique. Le film disparaitra ensuite de la circulation pendant plus de 40 ans.

Outback s’impose par la force de son sujet... A noter, en médecin déchu et alcoolique, l’étonnante composition de Donald Pleasance.
Jean A. Gili in Cinéma 71 n° 158 (juillet - août 1971)

... Ted Kotcheff construit son film à partir de séquences privilégiées, véritables petits documentaires sociaux, dont il étire la longueur jusqu’à l’insoutenable. Comme par exemple cette interminable séquence du jeu pile ou face, abrutissant défoulement du samedi soir, l’une des plus stupides formes d’aliénation à l’argent. La bêtise de ce jeu (pour classes populaires) s’accommode d’un ésotérisme effarant que Ted Kotcheff décrit avec la plus grande minutie. Nous somme dans le temple de l’imbécilité, de la cupidité et de la Bière. Avec un B majuscule, puisqu’elle est le personnage central du film. La Bière s’offre, se répand, coule, imprègne, imbibe. A Bundanyabba, on ne refuse jamais une invitation à boire de la Bière. L’Australien moyen considérerait ce refus comme un affront plus grand que le fait de trousser sa femme ou d’injurier son copain. La Bière noue ou dénoue les amitiés. C’est elle qui introduit l’instituteur dans la salle de jeu ou dans le cercle des chasseurs de kangourous. Par la Bière, les esprits s’échauffent, les disputes éclatent, les réconciliations surgissent. Elle préside aux avances d’une nymphomane ou aux fantaisies sexuelles d’un médecin alcoolique (magistralement incarné par Donald Pleasance)...
Outback démystifie tous les dépliants touristiques qu’on peut trouver sur l’Australie. Mieux vaut aller passer ses vacances ailleurs. Même si on aime la bière.
Raymond Lefèvre in La Revue du cinéma n° 254 (novembre 1971)

Peut-être le scénario évoque-t-il un invraisemblable cauchemar, mais l’atmosphère du film, le jeu des acteurs donnent au récit un poids de vérité accablant... Tout se passe dans une chaleur épaisse qui semble engluer les cerveaux, réveiller les instincts les plus primitifs...
Jacqueline Lajeunesse in La Saison cinématographique 1971

Wake in fright est désormais présenté dans sa version intégrale restaurée en haute définition (14).
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/Haute_d%C3%A9finition

Ted Kotcheff
Né le 7 avril 1931 à Toronto.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ted_Kotcheff
http://www.imdb.com/name/nm0467646/bio?ref_=nm_ov_bio_sm

Evan Jones
Né le 1er avril 1976, à College station (Texas).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Evan_Jones

Kenneth Cook
Né le 5 mai 1929 à Lakemba (Nouvelle-Galles du sud), décédé le 18 avril 1987.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Kenneth_Cook

Brian West
http://www.imdb.com/name/nm0921956/

John Scott
Né le 1er novembre 1930 à Bishopston (Gb).
https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Scott_%28compositeur%29

Donald Pleasence
Né le 5 octobre 1919 à Worksop (Gb), décédé le 2 février 1995 à Saint-Paul-de-Vence.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Donald_Pleasence

Gary Bond
Né Gary James Bond le 7 février 1940 à Liss (Gb), décédé le 12 octobre 1995 à Londres.
http://www.imdb.com/name/nm0093937/

Chips Rafferty
Né le 26 mars 1909 à Broken hill (Australie), décédé le 27 1971 à Sydney.
http://www.imdb.com/name/nm0706256/

Sylvia Kay
http://www.imdb.com/name/nm0443191/

Jack Thompson
Né John Hadley Payne le 31 août 1940 à Sydney.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jack_Thompson_%28acteur%29

Peter Whittle
http://www.imdb.com/name/nm0926571/

Al Thomas
http://www.imdb.com/name/nm0858446/

John Meillon
Né le 1er mai 1934 à Mosman (Nouvelle-Galles du sud) où il est décédé le 11 août 1989.
https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Meillon

extrait(s) de presse

Les Inrocks - Un film culte resté quarante ans invisible. “Wake in fright” est un choc.
Le Monde - Le film de Kotcheff porte les caractéristiques de la décennie durant laquelle il a été réalisé, quand les cinéastes, de Werner Herzog à Francis Ford Coppola, concevaient leur travail comme un moyen d'explorer le monde et de s'y perdre...
àVoir-àLire - Du cinéma australien, Wake in fright possède une atmosphère caractéristique : des grands espaces inondés par une lumière écrasante, et une sorte d’aridité vaporeuse semblable aux premiers films de Peter Weir, "La Dernière vague" en tête...
Il a osé - "Wake in fright" est une oeuvre définitivement à part qui, immédiatement, parvient à nous plonger dans une ambiance poisseuse, étouffante et putride que l'on ne quittera jamais...
Libération - Virée suffocante dans le bush dégénéré...
Utopia - C'est plus qu'un film, c'est une véritable plongée dans un univers aux antipodes du nôtre...
Arte - On est devant un film vraiment dérangeant, presque une anomalie y compris au début des années 70 où les cinéastes du monde entier n’avaient pas peur de réaliser des films sauvages...
Mondociné - Pas forcément facile à appréhender, "Wake in fright" est un grand film qui résonne encore bien longtemps après sa découverte. Dérangeant comme pas deux, ce sommet du cinéma australien navigue entre le film social, le drame et le film de genre. Et qu’est-ce qu’il navigue bien ! Sa force est de ne jamais juger l’horreur qu’il montre...