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taxi téhéran

تاکسی
Iran - 2015 - 1h22
sorti en France le 15 avril 2015
Ours d'or et prix Fipresci Berlin 2015
documentaire - version originale sous-titrée en français
de

Jafar Panahi

scénario : Jafar Panahi
avec : Jafar Panahi (Harayé Panahi) + les personnages filmés dans le taxi (acteurs non-professionnels qui, pour des raisons de sécurité, restent anonymes)...
séances : semaine du mercredi 10 juin 2015
mercredi 10 jeudi 11 vendredi 12 samedi 13 dimanche 14 lundi 15 mardi 16
14:00
11:00*
16:15
séance spéciale :
* samedi 13 juin à 11h00, séance suivie d’un débat animé par Amnesty international - tarif unique 3,50 €.
séances : semaine du mercredi 17 juin 2015
mercredi 17 jeudi 18 vendredi 19 samedi 20 dimanche 21 lundi 22 mardi 23
16:30
16:30
11:00
séances : semaine du mercredi 24 juin 2015
mercredi 24 jeudi 25 vendredi 26 samedi 27 dimanche 28 lundi 29 mardi 30
16:30
11:00
11:00*
14:00
16:30
séance spéciale :
* Fête du Cinéma, du dimanche 28 juin au mercredi 1er juillet inclus - http://www.fncf.org/online/pid111/la-fete-du-cinema-2015.html
séances : semaine du mercredi 20 janvier 2016
mercredi 20 jeudi 21 vendredi 22 samedi 23 dimanche 24 lundi 25 mardi 26
16:15*
20:30*
18:30*
14:00*
séance spéciale :
* Festival Télérama / Afcae du 20 au 26 janvier 2016. En échange du Pass, complété de vos noms et adresses, une carte valable pour 2 personnes durant toute la durée de la manifestation vous sera remise à la caisse du cinéma. Sur présentation de cette carte, tous les films du festival Télérama / Afcae sont au tarif de 3,50 € la place (par personne). Tarif unique 3,50 € pour tous grâce au Pass (valable pour 2 personnes) à découper dans le magazine Télérama des 13 et 20 janvier 2016
* Festival Télérama / Afcae du 20 au 26 janvier 2016. En échange du Pass, complété de vos noms et adresses, une carte valable pour 2 personnes durant toute la durée de la manifestation vous sera remise à la caisse du cinéma. Sur présentation de cette carte, tous les films du festival Télérama / Afcae sont au tarif de 3,50 € la place (par personne). Tarif unique 3,50 € pour tous grâce au Pass (valable pour 2 personnes) à découper dans le magazine Télérama des 13 et 20 janvier 2016

synopsis

Un taxi jaune roule dans les rues animées de Téhéran. Divers passagers y expriment leur point de vue et discutent avec le chauffeur, qui n'est autre que le réalisateur Jafar Panahi lui-même. Sa caméra placée sur le tableau de bord capture l'esprit de la société iranienne à travers des épisodes tantôt comiques, tantôt dramatiques...

notes de production

L’œuvre est sélectionnée en compétition dans la section principale du 65e Festival international du film de Berlin où elle est projetée en première mondiale le 6 février 2015. Le film a la particularité de ne pas avoir de générique afin de ne pas dévoiler l’identité des passagers du taxi auxquels le chauffeur ne demande jamais de régler leur course. Le film se termine par ce texte rédigé par le cinéaste : le ministère de l’Orientation islamique valide les génériques des films distribuables. À mon grand regret, ce film n’a donc pas de générique. J’exprime ma gratitude à tous ceux qui m’ont soutenu. Sans leur précieuse collaboration, ce film n’aurait pas vu le jour.

Le film présente un portrait de Téhéran (1), la capitale iranienne, filmé depuis un taxi conduit par Panahi, et dont les passagers sont des personnalités sociales et politiques iraniennes ainsi qu’une femme transportant un poisson rouge dans un sac en plastique, rappelant celui de son film Le Ballon blanc (2). Comme ses deux films précédents, Ceci n’est pas un film (3) et Pardé (4), le film a été produit malgré l’interdiction de réaliser des films pour une période de vingt ans.
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/T%C3%A9h%C3%A9ran
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Ballon_blanc
(3) http://www.citebd.org/spip.php?film719
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Pard%C3%A9

Après Ceci n’est pas un film (3) et Pardé (4), je sentais qu’il fallait à tout prix sortir ma caméra du confinement de la maison. J’ouvrais les fenêtres, je regardais la ville de Téhéran et cherchais une alternative. Placer ma caméra dans n’importe quelle rue provoquerait immédiatement un danger pour l’équipe et l’arrêt du film.
Je continuais de regarder le ciel. Les nuages formaient de belles figures. Je me suis dit qu’on m’avait interdit de faire des films mais pas des photos. J’ai alors pris ma première photo. J’ai passé un an la tête dans les nuages à photographier le ciel. Ensuite, j’ai fait le tour de tous les laboratoires
qui avaient les moyens techniques pour procéder à l’agrandissement d’une sélection de mes images, mais tous ont trouvés des excuses pour refuser. Un jour, découragé, j’ai pris un taxi pour rentrer. Deux passagers discutaient à haute voix, alors que je réfléchissais à quoi faire d’autre. Pas de films, pas de photos, peut-être il ne me restait plus qu’à devenir chauffeur de taxi et écouter les histoires de passagers. L’étincelle jaillit : si mes premiers films se passaient tous dans la ville, je pourrais désormais essayer de faire rentrer la ville dans mon taxi.
Jour après jour, je prenais donc des taxis où j’écoutais les histoires des passagers. Certains me reconnaissaient, d’autres pas. Ils parlaient de leurs problèmes et difficultés quotidiens. Et puis, j’ai pris mon téléphone portable et j’ai commencé à filmer. Tout de suite, l’ambiance a changé et l’un des passagers m’a dit : "merci d’éteindre ton gadget pour qu’on puisse au moins ici parler à notre aise". J’ai compris que je ne pouvais pas faire un documentaire sans mettre en danger les passagers. Mon film devait prendre la forme d’une docu-fiction. J’ai écrit un scénario et j’ai ensuite réfléchi à la manière de le porter à l’écran. J’ai pensé d’abord à utiliser des petites caméras GoPro (5), mais leur objectif fixe réduit les possibilités de mise en scène et de montage. Finalement, j’ai opté pour la caméra Black Magic (6) qui se tient d’une main et peut se dissimuler aisément dans une boîte à mouchoirs en papier sans attirer l’attention. Ceci me donnait la possibilité de préserver toute la dimension documentaire de l’action à l’extérieur de la voiture, tout en ne dévoilant jamais le tournage et en garantissant sa sécurité à l’équipe. La mise en place de trois caméras dans un espace exigu laissait peu de place pour l’équipe : je devais donc gérer tout seul, le cadre, le son, le jeu des acteurs, mais aussi mon propre jeu et la conduite de la voiture ! Je n’ai utilisé aucun dispositif particulier pour éclairer les scènes afin de ne pas trop attirer l’attention et compromettre le tournage. Nous avons seulement construit un grand toit ouvrant pour équilibrer la lumière.
Le tournage a démarré le 27 septembre 2014 pour une durée de quinze jours. Les acteurs sont tous des non-professionnels, des connaissances ou les connaissances de connaissances. La petite Hana, l’avocate Nasrin Sotoudeh et le vendeur de dvd Omid jouent leur propre rôle dans la vie. L’étudiant cinéphile est mon neveu. L’institutrice, la femme d’un ami. Le voleur, l’ami d’un ami. Le blessé vient lui de province.
Je montais les images chaque soir à la maison. Ainsi, à la fin du tournage j’avais déjà un premier montage. Je faisais un back up à la fin de chaque jour de tournage et je le mettais en sécurité dans des endroits différents. J’ai fait aussi plusieurs back ups de mon premier montage que j’ai cachés dans plusieurs villes différentes. C’est à ce moment- là que j’ai eu enfin la certitude d’avoir mon film sans courir le danger que l’on puisse mettre la main dessus. Soulagé, j’ai pu ensuite terminer le montage. Le film a couté au total 100 millions de tomans (environ 32.000 euros). Toute l’équipe a accepté un salaire réduit et beaucoup de mes acteurs ont refusé d’être payés.
Chaque année les représentants de la Berlinale (7) viennent en Iran visionner les nouveaux films. C’est Anke Leweke, membre du comité de sélection, qui a vu le mien. Deux semaines plus tard, elle me confirmait que celui-ci était invité en compétition officielle...
Jafar Panahi
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/taxi-teheran-drame,336147-note-123706
(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/GoPro
(6) https://www.blackmagicdesign.com/fr/products/blackmagicpocketcinemacamera
(7) http://fr.wikipedia.org/wiki/Berlinale

Malgré sa condamnation en 2010, qui lui interdit de réaliser des films durant vingt ans (et de quitter le pays), Jafar Panahi réalise avec Taxi Téhéran, son troisième film après son procès.

Afin de tourner sans se faire remarquer, l’équipe a placé trois caméras dissimulées dans le taxi. N’ayant pas de place pour d’autres membres de l’équipe technique, Jafar Panahi a dû, tout seul, gérer le cadre, le son, le jeu des acteurs et son propre jeu, tout en conduisant son taxi.
Ne pouvait pas aménager d’éclairage dans le taxi, l’équipe technique du film a construit un grand toit ouvrant pour apporter plus ou moins de lumière à la scène.
Etant interdit de tournage dans le pays, Jafar Panahi a dû faire très attention à l’intérieur et hors de son taxi. Il précise : je montais les images chaque soir à la maison. Ainsi, à la fin du tournage j’avais déjà un premier montage. Je faisais un back up à la fin de chaque jour de tournage et je le mettais en sécurité dans des endroits différents.

C’est après avoir reçu une remarque d’un passager que Jafar Panahi filmait avec son téléphone sur les risques encourus par une telle pratique que le réalisateur décida de créer un docu-fiction avec des acteurs amateurs, pour ne mettre en danger aucune personne anonyme. Il explique : les acteurs sont tous des non-professionnels, des connaissances ou les connaissances de connaissances. La petite Hana, l’avocate Nasrin Sotoudeh et le vendeur de dvd Omid jouent leur propre rôle dans la vie. L’étudiant cinéphile est mon neveu. L’institutrice, la femme d’un ami. Le voleur, l’ami d’un ami. Le blessé vient lui de province.

Entretien avec Nasrin Sotoudeh (avocate)
En tant que militante des droits de l’homme, comment en êtes-vous venue à jouer dans le film de Jafar Panahi ?
En octobre dernier, nous avons eu la visite surprise de Jafar Panahi à la maison. Il nous a parlé de son projet. C’était un honneur pour moi de jouer dans ce film, mais avec mon texte écrit dans un scénario, je ne m’en sentais pas capable. Il m’a dit : "ce n’est pas un problème, sois toi-même". Et voilà comment j’apparais dans le rôle d’une militante des droits de l’homme qui prend un taxi pour rendre visite à la famille d’une célèbre détenue Ghoncheh Ghavani - alors encore enfermée à la fameuse prison d’Evin (8) au moment du tournage. Ghonche Ghavani a été arrêtée pour avoir essayé - en tant que femme - d’entrer dans un stade pour assister à un match de volley-ball masculin. A l’écran, je parle des injustices auxquelles nous sommes confrontés...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/taxi-teheran-drame,336147-note-123707
(8) http://fr.wikipedia.org/wiki/Evin_%28prison%29

Jafar Panahi
voir fiche du film Ceci n’est pas un film
http://www.citebd.org/spip.php?film719

extrait(s) de presse

Paris match - Bref, tout ceci est du cinéma, du grand, du beau, du fort.
Film de culte - Une caméra, une voiture, une poignée d’acteurs... pas besoin de plus pour signer ce qui restera comme l’un des meilleurs films de l’année.
àVoir-àLire - On sort en fait de "Taxi Téhéran" comme d’un enchantement plein d’humanité.
Critikat - Grâce à une forme limpide, ce sont surtout le brio et une certaine joie de filmer retrouvés par Panahi qui permettent au film de livrer toute la sève de son dispositif.
Culturopoing - "Taxi Téhéran" est l'oeuvre d'un d’immense maestro en pleine possession de ses moyens, envers et contre tout. C'est un film généreux, débordant d’une joie sincère de faire du cinéma.
Elle - Un film réquisitoire d’un courage inouï contre la dictature et en faveur de la liberté d’expression. Un Ours d’or à Berlin plus que mérité.
Fiches du cinéma - Une ode à la liberté et un chant d'amour au cinéma.
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