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Les Chevaux de feu

ciné répertoire
Тіні забутих предків
Urss - 1964 - 1h37
sorti en France le 25 mars 1966
film - version originale sous-titrée en français
de

Sergueï Paradjanov

scénario : Sergueï Paradjanov, Ivan Tchendeï
d'après l'oeuvre de : Mykhailo Kotsiubynsky
direction de la photographie : Victor Bestayev
musique ou chansons : Miroslav Skorik
avec : Ivan Nikolaitchouk (Ivan), Larissa Kadotchnikova (Maritchka), Tatiana Bestaéva (Palagna), Nikolaï Grinko (Vatag), Leonid Yengibarov (Miko le muet), Spartak Bagachvili (Youra le sorcier), Nina Alissova (membre de la famille Paliytchouk), Aleksander Gaj (autre membre de la famille Paliytchouk), Neolina Gnepovskaya (membre de la famille Houteniouk), A. Raïdanov (autre membre de la famille Houteniouk), I. Dzioura (Ivan enfant), V. Glianko (Maritchka enfant)
séances : semaine du mercredi 4 février 2015
mercredi 4 jeudi 5 vendredi 6 samedi 7 dimanche 8 lundi 9 mardi 10
18:30*
séance spéciale :
* mar 10 à 18:30 : ciné mardi : "autour de Paradjanov" - tarif préférentiel : 2 films = 7 € (couplé avec "Le Scandale Paradjanov") - soirée en présence de Serge Avédikian

synopsis

L'action se situe dans un village houtsoule dans les Carpates ukrainiennes à une époque inconnue. Après la messe (la religion orthodoxe est présente tout au long du film), le père du jeune Ivan se bat avec un homme qui le tue. Le sang envahit l'écran ainsi que l'ombre de chevaux rouges en plein galop. Ivan se lie avec Maritchka, la fille de l'homme qui a tué son père. Devenus adultes, les deux amoureux décident de se marier malgré la haine des deux familles...

notes de production

Les Chevaux de feu (en ukrainien Тіні забутих предків ou en russe Тени забытых предков) est un film de fiction soviétique de Sergueï Paradjanov, réalisé en 1964
d’après le récit Les ombres des ancêtres oubliés (1) de Mykhailo Kotsiubynsky, célèbre écrivain ukrainien dont les récits avaient la particularité de décrire avec réalisme la vie typique dans l’Ukraine (2) de l’époque. Le réalisateur tient à ce que son film s’inscrive dans cette même mouvance de réalisme ethnographique, en dévoilant un récit qui s’imprègne du folklore local.
(1) http://lettresukrainiennes.blogspot.fr/2014/10/mykhaylo-kotsubynskiy-les-ombres-des_58.html
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Ukraine

Sergei Paradjanov était un cinéaste à contre-courant des canons du cinéma soviétique de l’époque. Personnage controversé en Urss (3), il y fut condamné aux travaux forcés durant 4 ans.
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Union_des_r%C3%A9publiques_socialistes_sovi%C3%A9tiques

Pour que son film soit aussi réaliste que possible, le cinéaste s’est longuement renseigné sur la population Goutzoul (4). Il les a observés, est resté en leur compagnie, a écouté leur musique, leur histoire et s’est imprégné de leur mode de vie.
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Houtsoules

Le film est découpé en douze chapitres (12 mois d’une année).Les titres des chapitres apparaissent en lettres cyrilliques rouges sur fond noir. Seul le dernier chapitre (Piéta) s’inscrit en lettres blanches latines sur fond noir :
- 1 : Les Carpates, oubliées de Dieu et des hommes, terre des Houtsoules.
- 2 : Ivan et Maritchka.
- 3 : Le pré.
- 4 : Solitude.
- 5 : Demain, le printemps.
- 6 : Le sorcier.
- 7 : L’auberge.
- 8 : La mort d’Ivan.
- 9 : La vie quotidienne.
- 10 : Noël.
- 11 : Ivan et Palagna.
- 12 : La Piéta.

À contre-courant du cinéma soviétique officiel de l’époque, Paradjanov signe ici un des chefs-d’œuvre cinématographiques du XXe siècle qui stupéfie toujours par sa modernité.

Mais le scénario n’est que secondaire. Ce qui fait la force de ce film, ce sont ses mouvements de caméra déjantés, tordus en tous sens, s’enchaînant avec une rapidité folle. Ce travail sur l’image est à mettre au crédit du chef opérateur du film, Youriï Illienko. Il faut signaler aussi que le réalisateur, dans la scène du meurtre du père, n’hésite pas à ensanglanter l’objectif de la caméra. S’ajoute à cette image toute en mouvement une bande son du même acabit : solos de cors des Carpates (5), flûtes, trompes traditionnelles, etc. Enfin, tout le film est baigné d’une lumière extraordinaire. On peut voir dans cette façon de faire sentir la présence de la caméra, des éclairages ou de la bande-son une manière de dire qu’il s’agit d’un conte dont effectivement le scénario est secondaire (de même on peut lire au générique que ce film nous introduit dans un monde de légende encore vivante). Tandis que la puissance de l’image, de même que dans les œuvres postérieures de Paradjanov, emporte le spectateur.
(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Carpates

Les autorités soviétiques virent d’un très mauvais œil ce chef-d’œuvre avant-gardiste et empêchèrent pendant longtemps Paradjanov d’exercer son métier.

Au moment de la diffusion du film en France, fin mars 1966, Les Lettres françaises (6) publiait un long témoignage de Sergueï Paradjanov sur son travail aux studios Dovjenko (7) de Kiev (8). On en retiendra quelques extraits essentiels...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Chevaux_de_feu
(6) http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Lettres_fran%C3%A7aises
(7) http://fr.wikipedia.org/wiki/Studio_Dovjenko
(8) http://fr.wikipedia.org/wiki/Kiev

Sergueï Paradjanov
Né Sergueï Iossifovitch Paradjanov (Սարգիս Հովսեպի Պարաջանյան Sarkis Paradjanian) le 9 janvier 1924 à Tbilissi (Géorgie), décédé le 20 juillet 1990 à Erevan (Arménie).
Découvert dans les festivals internationaux avec Les Chevaux de feu, Paradjanov sera pour l’Occident le premier symbole officiel de l’oppression des artistes soviétiques (Tarkovski en sera un autre)...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sergue%C3%AF_Paradjanov

Mykhailo Kotsiubynsky
Né Mykhailo Mykhailovych Kotsiubynsky (Михайло Михайлович Коцюбинський) le 17 septembre 1864 à Vinnytsia, décédé le 25 avril 1913 à Kiev.
Un des plus talentueux écrivains impressionnistes et modernistes ukrainiens...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mykhailo_Kotsiubynsky

Miroslav Skorik
Né le 13 juillet 19381 à Lviv.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Myroslav_Skoryk

Larissa Kadotchnikova
Née Larisa Valentinovna Kadochnikova le 30 août 1937 à Moscou.
http://www.imdb.com/name/nm0434389/

Nikolaï Grinko
Né Nikolaï Grigorievitch Grinko (Микола Григорович Гринько, Mykola Hryhorovytch Hrynko) le 30 avril 1920 à Kherson (Ukraine), décédé le 10 avril 1989 à Kiev.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nikola%C3%AF_Grinko

Leonid Yengibarov
Né Leonid Georgievich Yengibarov (Լեոնիդ Ենգիբարյան), le 15 mars 1935 à Moscou où il est décédé le 25 juillet 1972.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Leonid_Yengibarov
http://www.imdb.com/name/nm0257391/

Spartak Bagachvili
Né le 7 août 1914 à Tbilissi (Géorgie), où il est décédé le 1er février 1977.
http://www.imdb.com/name/nm0046528/

extrait(s) de presse

Critikat - Une œuvre à (re)découvrir.
Dvd classik - Paradjanov prend le drame des deux amants totalement à cœur car il l'a lui même vécu.
Ciné club de Caen - La fantasmagorie ciselée en esthète par Paradjanov est d'une beauté étrange et précieuse, due en partie à son authenticité plastique aussi bien que musicale.
Les Inrocks - "Les Chevaux de feu" est un conte rude et ancien comme nos enfants n’aimeraient pas en entendre.
Universalis - "Les Chevaux de feu" n'est ni un documentaire, ni la mise en scène d'une légende folklorique mais un hymne aux forces obscures, en porte-à-faux avec l'ordre rationnel prôné en Urss...
àVoir-àLire - Paradjanov invente une esthétique de sacralisation carnavalesque basée sur le collage et nous fait entrer de plain pied dans dans un monde de légende vivante.
Libération - Ce film «soviétique» parlé dans un dialecte ukrainien eut l’heur d’attirer la grogne de Moscou qui estima ce parti pris linguistique comme une manifestation du nationalisme ukrainien...
Ciné passion - A partir de cette histoire simple et banale Parajanov nous offre un torrent d'images d'une stupéfiante beauté, le film ne s'arrête jamais sur aucune d'elles pour consentir au spectateur le temps de s'en émerveiller...