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Mange tes morts, tu ne diras point

France - 2014 - 1h34
sorti en France le 17 septembre 2014
Quinzaine des réalisateurs Cannes 2014 - Prix Jean Vigo 2014
film - film francophone
de

Jean-Charles Hue

scénario : Jean-Charles Hue, Salvatore Lista
direction de la photographie : Jonathan Ricquebourg
musique ou chansons : Vincent-Marie Bouvot
avec : Jason François (Jason Dorkel), Michaël Dauber (Mickaël Dorkel), Frédéric Dorkel (Fred Dorkel), Moïse Dorkel (Moïse Dorkel), Philippe Martin (Tintin), Christian Milia-Darmezin (Boniface), Joseph Dorkel , Sagamore Stévenin
séances : semaine du mercredi 12 novembre 2014
mercredi 12 jeudi 13 vendredi 14 samedi 15 dimanche 16 lundi 17 mardi 18
18:30
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synopsis

Jason Dorkel, 18 ans, appartient à la communauté des gens du voyage. Il s’apprête à célébrer son baptême chrétien alors que son demi-frère Fred revient après plusieurs années de prison. Ensemble, accompagnés de leur dernier frère, Mickael, un garçon impulsif et violent, les trois Dorkel partent en virée dans le monde des "gadjos", à la recherche d’une cargaison de cuivre...

notes de production

Le prix Jean-Vigo
Récompense cinématographique française décernée depuis 1951, créée par Claude Aveline, en hommage au réalisateur Jean Vigo.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_Jean-Vigo

Comme pour l’un de ses précédents films, La Bm du seigneur (1), le réalisateur Jean-Charles Hue a fait appel à des gens du voyage pour interpréter tous les rôles. C’est sa deuxième collaboration avec la famille Dorkel, et notamment Frédéric Dorkel (tête d’affiche de La Bm du Seigneur). Il est important pour le cinéaste de solliciter des acteurs non professionnels, car ce qui l’intéresse c’est que la fiction et la réalité se mélangent, dit-il. On remarque d’ailleurs que les personnages ont le même nom que leur interprète.
(1) http://www.citebd.org/spip.php?film557

Faire appel à des acteurs non professionnels peut compliquer les conditions de tournage, comme ce fut le cas pour Mange tes morts. Le réalisateur raconte : le film a bien failli s’arrêter plusieurs fois car ce ne sont pas des acteurs dociles, entre bagarres et courses poursuites. Avant chaque scène, je prends un moment pour leur expliquer quelle est l’importance de la scène, qui doit prendre la parole, qui doit être plus en retrait et je leur lis les répliques, qu’ils réinventent le plus souvent. (…) Pour eux, le plus important c’est d’être crédibles, que les situations soient cohérentes psychologiquement et que les cascades ne leur fassent pas honte, eux qui sont nés avec un volant entre les mains. Par exemple, lorsque le jeune Jason devait s’énerver contre son frère parce qu’il a tué un gadjo, il résistait : je ne vais pas m’énerver et crier contre ma famille pour un gadjo [celui qui n’appartient pas à la communauté des gens du voyage] !

L’expression mange tes morts est une insulte, qui signifie qu’on envoie l’autre renier ses ancêtres. Le cinéaste explique : si les gitans vivent beaucoup au jour le jour, il n’en reste pas moins que leur attachement aux parents, aux ancêtres est fondamental et qu’il s’agit d’un socle pour la communauté. Celui qui mange sa parole ou la mémoire des anciens n’est plus un homme.
Cet attachement aux racines est central dans le film pour Jean-Charles Hue, c’est pourquoi il tenait le mettre en avant avec ce titre.

Jean-Charles Hue était passionné par les westerns lorsqu’il était plus jeune. Sa rencontre avec les gens du voyage a donné corps aux questionnements de ses héros, comme ceux présents dans La Horde sauvage (2). De plus, l’ambiance particulière du monde des gitans s’apparente pour le réalisateur à celle de polars dans la lignée du Cercle rouge (3) de Jean-Pierre Melville.
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Horde_sauvage_%28film,_1969%29
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Cercle_rouge

Entretien avec Jean-Charles Hue
Comment avez-vous rencontré la famille que vous filmez ?
Il y a 18 ans, alors que j’étudiais à l’école d’Arts de Cergy- Pontoise, je m’arrêtais souvent voir les voyageurs que je croisais sur le bord de la route, jusqu’à ce que deux d’entre eux, en apprenant que ma mère s’appelait Dorkel, me parle de la famille Dorkel en banlieue parisienne. J’ai fait la rencontre de Violette et de ses enfants, Fred, Jo, Maurice et Sandra qui m’ont directement emmené à une rencontre évangélique qui se déroulait à côté dans un cabanon. Un pasteur parlait du Seigneur entre transe et illumination. Et tous les gitans se retournaient vers moi, le "gadjo" [désigne celui qui n’appartient pas à la communauté des gens du voyage]. Lorsqu’ils ont compris que nous étions parents, ils ont cru que j’étais un orphelin à la recherche d’une famille d’adoption. Ils m’ont emmené à l’Assemblée évangélique de Gien. Là-bas, j’ai vu des choses incroyables : un grand terrain vague, 40 000 gitans et le long coup d’une girafe qui passait au dessus d’une mer de caravanes, c’était l’un des animaux du cirque Bouglione qui prêtait son chapiteau à l’église évangélique...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/mange-tes-morts-drame,319358

Jean-Charles Hue
voir fiche du film La Bm du seigneur
http://www.citebd.org/spip.php?film557
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Charles_Hue

Salvatore Lista
http://www.unifrance.org/annuaires/personne/323475/salvatore-lista
http://www.imdb.com/name/nm1550375/

Jonathan Ricquebourg
http://www.unifrance.org/annuaires/personne/386674/jonathan-ricquebourg
http://www.imdb.com/name/nm5490381/

Vincent-Marie Bouvot
Né le 4 août 1963 à Boulogne-Billancourt,
http://fr.wikipedia.org/wiki/Vincent-Marie_Bouvot

Christian Milia-Darmezin
http://www.imdb.com/name/nm1185720/

Sagamore Stévenin
Né le 9 mai 1974 à Paris.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sagamore_St%C3%A9venin

extrait(s) de presse

àVoir-àLire - Une méditation poignante, crépusculaire et sauvage, sur l’irréductible besoin d’échapper aux images conventionnelles et aux discours normés. Assurément, une révélation.
Critikat - Western d’ethnographe au carrefour des légendes ancestrales et des figures d’aujourd’hui, "Mange tes morts" fait (...) du mythe son larcin secret, et du réel un produit de contrebande camouflé sous le manteau de la fiction.
Gala - (Jean-Charles Hue) y a une capa­cité à capter l’at­ten­tion dans sa mise en scène qui décoiffe. Il signe un film rock’n’­roll, pied au plan­cher, (...)
Le Jdd - Aux confins du thriller noir et de la plongée poético-ethnographique, le film soulève un tas de questions sur l'époque et sur notre liberté d'y habiter quand le nomadisme n'est plus possible.
Le Monde - Gonflé à bloc par (...) l'amour débridé qu'il voue à ses personnages d'irréductibles, Jean-Charles Hue fait du cinéma à l'ancienne en somme (...) mais les doigts dans la prise, branché sur les pulsations du monde d'aujourd'hui.
Les Inrocks - "Mange tes morts" est peut-être un western, un film d’action, de gangsters, mais pour cow-boys pas solitaires, hommes de doute, crime désorganisé.
Libération - Fantasmagorie à 300 km/h à la lisière du film noir et du western dans le monde des gens du voyage.
Positif - Jean-Charles Hue sait filmer les corps et la nuit, il sait faire résonner les mots sans sombrer dans le folklore. Mais faisant glisser son film de manière appuyée du côté du western et du polar, il frôle l'excès de cinéma.