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Still the water

2つ目の窓, Futatsume no mado
Japon, France, Espagne - 2014 - 1h59
sorti en France le 1er octobre 2014
Compétition officielle Cannes 2014
film - version originale sous-titrée en français
de

Naomi Kawase

scénario : Naomi Kawase
direction de la photographie : Yutaka Yamazaki
musique ou chansons : Hasiken
avec : Nijirô Murakami (Kaito), Jun Yoshinaga (Kyoko), Miyuki Matsuda (Isa), Tetta Sugimoto (Tetsu), Makiko Watanabe (Misaki), Jun Murakami (Atsushi), Fujio Tokita (Kamejiro), Hideo Sakaki
séances : semaine du mercredi 1er octobre 2014
mercredi 1er jeudi 2 vendredi 3 samedi 4 dimanche 5 lundi 6 mardi 7
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séances : semaine du mercredi 8 octobre 2014
mercredi 8 jeudi 9 vendredi 10 samedi 11 dimanche 12 lundi 13 mardi 14
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séances : semaine du mercredi 15 octobre 2014
mercredi 15 jeudi 16 vendredi 17 samedi 18 dimanche 19 lundi 20 mardi 21
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synopsis

Sur l'île d'Amami, les habitants vivent en harmonie avec la nature, ils pensent qu'un dieu habite chaque arbre, chaque pierre et chaque plante. Un soir d'été, Kaito, découvre le corps d¹un homme flottant dans la mer, sa jeune amie Kyoko va l'aider à percer ce mystère. Ensemble, ils apprennent à devenir adulte et découvrent les cycles de la vie, de la mort et de l'amour…

notes de production

La réalisatrice Naomi Kawase dut faire face, peut avant d’entrer en production pour Still the water, à la mort de sa mère adoptive, qui l’éleva à la place de ses parents biologiques. Elle précise, dans une note d’intention, la dimension toute relative que prend la mort du personne selon le point de vue sous lequel on se place : la mort apporte à ceux qui restent de connaître la solitude et l’inquiétude. Mais cette solitude nous apprend la tendresse. Elle nous permet de mieux comprendre les blessures des autres et nous réchauffe le cœur. Plus la solitude est profonde, plus la tendresse est grande. Mais les règles de l’univers transcendent nos solitudes. C’est ainsi que, même si ma mère adoptive est morte, le soleil se lève et la lune se montre pleine. C’est cette grandeur, la grandeur de la nature que je souhaite exprimer dans ce film.

Tourné sur les îles Amami (1), entre l’île principale Honshu et les îles Okinawa, Still the water est un retour aux sources pour Naomi Kawase. Alors que celle-ci tourna certains de ses films (Suzaku (2) et Hotaru (3) notamment) dans la province de Nara, où elle grandit, elle apprit depuis que ses ancêtres étaient originaires d’Amami. Plus tard, en 2008, elle se rend sur l’île qui la marque profondément : en venant là, j’étais sans doute guidée par quelque chose car, quatre ans plus tard, en 2012, je me suis mise à préparer un film que se tournerait sur cette île, explique-t-elle. Still the water se construit donc sur plus de six ans, avec pour point de départ cette île magique.
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%8Eles_Amami
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Suzaku_%28film%29
(3) http://www.senscritique.com/film/Hotaru/402215

Still the water se construit autour de l’environnement exceptionnel fourni par l’archipel dans lequel il se déroule. La réalisatrice explique que ses habitants vénèrent encore aujourd’hui chaque arbre, pierre et tout élément de la faune et de la flore comme autant de dieux. Ces divinités les protègent et font de leur mort un passage fusionnel, vers un pays mythique qu’ils nomment Neriyakanaya. Au-delà de cette mythologie, le but du film est de mettre en avant, selon sa cinéaste, la place relative de l’homme au sein de cette nature : je souhaiterais que les spectateurs se rendent compte que nous, les hommes, ne sommes pas au centre de toutes choses ; nous ne sommes qu’une partie du cycle de la nature. J’ai voulu construire une histoire qui induise que cet immense cycle dans lequel nous sommes contenus est d’essence divine. Notre âme est complexe, vague et imprévisible. J’espère, par ce film, voir grandir la sagesse de l’homme au contact du dieu que nous appelons nature.

Comme souvent dans les films de Naomi Kawase, on retrouve dans Still the water les thèmes chers à la réalisatrice, tels que la vie et la mort, la symbiose entre l’homme et la nature, la mémoire d’un lieu, le cycle de la vie et sa transmission d’une génération à l’autre. Mais contrairement à ses réalisations précédentes, elle fut étonnée de sa sérénité sur le tournage : mon expérience du tournage de Still The water fut un peu différente, dans la mesure où j’ai rarement ressenti la nécessité de contrôler totalement les choses (...) convaincue que ce dont nous avions besoin viendrait à nous naturellement.

Kaito et Kyoko, le couple de personnages principaux du film, suivent un véritable apprentissage de vie dans Still the water, devant affronter une réalité parfois cruelle. Naomi Kawase s’explique sur ce choix narratif qui fait de son film une ode à la tolérance et au respect du legs de notre planète et de nos ancêtres : apprendre à accepter les autres, à avancer tout en gardant en mémoire nos douleurs, en continuant à voir ce monde tel qu’il peut être par moment : d’une beauté inestimable. Quand les hommes seront capables de cela, je pense que nous pourrons nous élever et vivre dans un monde que nous ne connaissons pas encore. C’est mon souhait pour le futur des personnages principaux de ce film, symboles d’une nouvelle génération, qui sont en plein apprentissage de la vie adulte.

Contrairement à la plupart de ses films qui font appel à nombre d’acteurs non professionnels, Still the water se compose d’un casting soigné, notamment pour les rôles des parents, de Papie Tortue, de Kyoko et de Kaito. Ce dernier, joué par Nijirô Murakami, est le seul qui n’avait jusque là jamais joué au théâtre ou au cinéma. Le plus important pour moi dans ce choix, c’était qu’ils aient une présence comparable à celle, incroyable, de la nature sur l’île d’Amami. Ce fut le cas, et même au-delà de mes espérances explique la réalisatrice.

Bien qu’il n’ait que peu de scènes à tourner dans le film, Fujio Tokita, qui joue Papy Tortue (Kamejiro), resta sur l’île tout le temps du tournage et fit exactement comme son personnage dans le film : il prit plaisir à pêcher. La réalisatrice raconte que il s’est intégré naturellement à la vie sur l’île, il est même arrivé que certains touristes viennent le voir pour qu’il leur indique les meilleurs endroits pour pêcher sur l’île. L’acteur est par ailleurs très connu au Japon comme comédien récurrent d’Akira Kurosawa (4) et l’un des meilleurs doubleurs du cinéma d’animation national.
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Akira_Kurosawa

Habituée à insérer dans ses fictions des images documentaires, il est fréquent que certaines scènes des films de Naomi Kawase soient improvisées. Dans Still the water, si le tournage eut lieu dans l’ordre chronologique du film, la danse d’Août, le rituel du dieu Yuta et le typhon sont des moments de la vie de l’île et non des reconstitutions pour les besoins de la production. La première scène du film, impliquant des habitants d’Amima, et la suivante, dans la salle de classe, sont également des improvisations, filmées avec les véritables protagonistes de l’île, sa population.

Alors que la saison des typhons au Japon a plutôt lieu en août (comme dans le film de Kurosawa, Rhapsodie en août) (5), l’équipe de tournage dut faire face, en plein mois d’octobre (2013), à un déferlement des forces de la nature, cette année ayant été particulièrement importante en typhons dans le sud du Japon. La réalisatrice est pourtant loin de s’en plaindre : c’était miraculeux de pouvoir saisir la violence des vagues de ce typhon, comme un cadeau du ciel. Alors toute l’équipe s’est préparée à filmer dans des conditions extrêmes, les vents violents et la pluie torrentielle. Cette tempête fut l’une des scènes les plus improvisées du film, puisqu’il devenait même difficile de communiquer entre techniciens à cause de la force du vent. Même Mère Nature se lance dans l’improvisation.
(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Rhapsodie_en_ao%C3%BBt

Bien que Naomi Kawase n’ait pas de chouchou parmi les acteurs qu’elle emploie dans ses films, on retrouve dans Still the water deux comédiens qui avaient auparavant joué pour elle : Jun Murakami jouait le jeune moine de Nanayomachi (6) alors que la belle Makiko Watanabe interprétait Wakako dans La Forêt de Mogari (7).
(6) http://www.senscritique.com/film/Nanayomachi/362342
(7) http://fr.wikipedia.org/wiki/La_For%C3%AAt_de_Mogari

Entretien avec Naomi Kawase
Bien que "Still the water" soit une œuvre de fiction, le film apporte également un éclairage sur la vie spirituelle et les rites des habitants de l’île d’Amami. Pourquoi avoir choisi de tourner votre film sur cette île ?
C’est là qu’ont vécu mes ancêtres mais je l’ai longtemps ignoré. Ce n’est que depuis une dizaine d’années que je sais et j’ai mis du temps à y aller. C’est en 2008 que, pour la première fois, j’ai débarqué sur l’île d’Amami et j’ai tout suite su que je voulais y tourner un film. De ce point de vue, on peut dire que ce film a mis 6 ans à se faire. Et pendant tout ce temps, j’ai gardé cette île au plus près de moi. J’ai tourné tous mes autres films à Nara, mais la mort de ma mère adoptive, mon seul lien à cette ville, est venue bouleverser tout cela. C’est à cette époque que j’ai décidé de préparer le tournage de Still the water sur l’île d’Amami...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/still-the-water-drame,307869-note-116815

Naomi Kawase
Née 河瀬 直美, Kawase Naomi le 30 mai 1969 à Nara.
Sa première fiction obtint en 1997 la Caméra d’or à Cannes...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Naomi_Kawase

Yutaka Yamazaki
http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=71655.html

Hasiken
http://www.nautiljon.com/people/hasiken.html

Jun Yoshinaga
http://www.nautiljon.com/people/yoshinaga+jun.html

Miyuki Matsuda
http://www.nautiljon.com/people/matsuda+miyuki.html

Tetta Sugimoto
http://www.nautiljon.com/people/sugimoto+tetta.html

Makiko Watanabe
http://fr.wikipedia.org/wiki/Makiko_Watanabe

Jun Murakami
voir fiche du film The Land of hope
http://www.citebd.org/spip.php?film1052

extrait(s) de presse

Première - La cinéaste embrasse les existences de ses personnages avec une infinie douceur, filme la mort comme un voyage magnifique et dénoue les histoires de familles, les filiations trouées et le passage à l’âge adulte...
Télérama - C'est à la fois mélancolique et vivifiant. Simple et émouvant...
Film de culte - "Still the water" est un film de mer, une mer qui est vivante, traversée par les morts qui y trouveront le repos...
Utopia - Le film est à son image, tout comme elle il nous baigne dans des flots de tendresse, nous submerge peu à peu d'une vague de sérénité dont on sort ébahi, heureux…
Le Monde - On ne sait si Naomi Kawase est une lectrice d'Albert Camus, mais on retrouve dans ce film admirable quelques-uns des thèmes chers à l'auteur du "Mythe de Sisyphe"...
Le Huffington post - Ode à la nature, "Still the water" est aussi une exploration de la relation humaine et de la famille...
àVoir-àLire - Tant que des cinéastes de la trempe de Naomi Kawase verront leurs films projetés sur grand écran, on peut être assuré de l’avenir et de la force du 7e art.
Filmosphère - C’est beau à en pleurer, c’est souvent bouleversant, c’est surtout toujours très poétique et chaque image possède du sens dans cette quête de spiritualité. Le cinéma de Naomi Kawase ne tire pas vers l’épure, il s’enrichit et gagne une densité étonnante...