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printemps tunisien

Tunisie, France - 2013 - 1h30
Compétition festival du film francophone Angoulême 2014
téléfilm - film francophone
de

Raja Amari

scénario : Omar Ladgham
avec : Bilel Briki, Bahram Aloui, Hicham Yaacoubi, Anissa Daoued
séances : semaine du mercredi 20 août 2014
mercredi 20 jeudi 21 vendredi 22 samedi 23 dimanche 24 lundi 25 mardi 26
19:30*
11:00
11:00
séance spéciale :
* ven 22 à 19h30 (salle Nemo, cinéma de la Cité) - sam 23 et lun 25 à 11h00 (salle Bunuel, espace Franquin)

synopsis

Qu'a-t-il bien pu arriver à Fathi ? Sur le balcon de son appartement de Tunis, Noura a un pincement au cœur. Des heures qu'elle essaye de joindre son amant, sans succès. Encore une fois, elle téléphone... dans le vide. Où est-il passé, alors que l'Etat vacille face aux manifestants ? A-t-il été raflé par la police dont tout le monde craint la brutalité ? Tunisie, quelques semaines avant la chute de Ben Ali. Trois garçons et une fille vivent et survivent dans une société de plus en plus étouffante et inégalitaire, après des décennies de dictature. Nos quatre héros vont, petit à petit, devenir "les petites mains" de ce qu’on va bientôt appeler la "Révolution de jasmin". Aucun n’en sortira indemne. Chacun en paiera le prix...

notes de production

Sans doute avons-nous besoin de la poésie, plus que jamais. Afin de recouvrer notre sensibilité et notre conscience de notre humanité menacée et de notre capacité à poursuivre un des plus beaux rêves de l’humanité, celui de la liberté.
Raoul Peck in Africultures
http://www.africultures.com/php/?nav=article&no=9909

Le cinéma tunisien (سينما تونسية)
Le cinéma existe en Tunisie depuis son apparition à l’échelle mondiale. Dès 1896, les frères Lumière tournent des vues animées dans les rues de Tunis. En 1897 ont lieu les premières projections cinématographiques à Tunis, organisées par Albert Samama-Chikli et le photographe français Soler...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cin%C3%A9ma_tunisien

Sur le plateau, on parle un peu français et beaucoup tunisien. Le projet a été initié de l’autre côté de la Méditerranée par la boîte de production Telfrance (Plus belle la vie) (1) mais a vite été rejoint par la productrice tunisienne Dora Bouchoucha (2), connue pour ses documentaires engagés et aujourd’hui dans le collimateur des fondamentalistes. Au départ, j’avais des a priori, confesse-t-elle. J’avais vu beaucoup de documentaires intéressants sur le "Printemps arabe", mais très peu de fictions. Il leur manquait la distance suffisante. Avec Omar Ladgham, qui vit en France, on a évité cet écueil.
Un temps, Abdellatif Kéchiche devait prendre la tête du téléfilm. Le montage titanesque de La Vie d’Adèle (3) l’a contraint à passer la main à Raja Amari, une jeune et discrète réalisatrice tunisienne, formée à la Fémis (4), et dont le premier long métrage Le Satin rouge (5) avait séduit la critique. Pour moi, Une jeunesse tunisienne n’est pas un film sur la révolution, mais un point de vue sur des personnages traversés par la révolution, précise-t-elle. Il rappelle cependant ce qu’était réellement la dictature. C’est très important, car on a tendance à l’oublier, alors que les problèmes s’accumulent.
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Plus_belle_la_vie
(2) http://www.africultures.com/php/?nav=personne&no=15832
(3) http://www.citebd.org/spip.php?film1101
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/La_F%C3%A9mis
(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Satin_rouge
De fait, depuis les assassinats des opposants Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, imputés aux milieux salafistes, la Tunisie traverse une grave crise politique. Un dialogue national entre les partis politiques s’est ouvert, afin de désigner un nouveau Premier ministre, de fixer une date pour les élections et de finaliser la constitution. Mais l’initiative a viré au fiasco. On éprouve une grande désillusion, raconte le comédien Bilel Briki (Fathi), 22 ans et déjà de longues années de galère derrière lui. Ceux qui sont partis vers l’Europe sont morts en mer. Ceux qui sont restés sont encore plus chômeurs qu’avant...
Certains commencent à regretter la stabilité de l’ancien régime, d’autres embrassent les thèses des extrémistes religieux. Avant tout était interdit, maintenant tout est péché ! s’exclame la réalisatrice, reprenant un dicton populaire.
Pas étonnant, dans ce contexte, que le tournage ait parfois été mouvementé : autorisations délivrées par la police, soudainement retirées ; changements de plan de dernière minute, dûs aux troubles sporadiques ; tension lors du tournage de certaines scènes en plein air, comme celle reconstituant l’immolation du vendeur ambulant Mohamed Bouazizi, qui avait déclenché la révolution en décembre 2010. Tout cela réveille des colères, des frustrations explique Raja Amari, qui a aussi dû composer avec les scènes d’amour, finalement moins explicites que dans le scénario...
Ces derniers mois, la liberté d’expression a plusieurs fois été attaquée. Des groupes de salafistes s’en sont pris à des artistes, accusés de porter atteinte au sacré. La police a également multiplié les procès contre les milieux culturels, pour attentat à la pudeur, outrage ou consommation de cannabis - un prétexte de plus en plus utilisé pour envoyer les voix dissidentes en prison. J’ai la certitude que toutes ces affaires sont orchestrées par le gouvernement en place, affirme l’avocat Ghazi Mrabet, qui défend beaucoup d’artistes, dont le rappeur Weld El-15, condamné à 21 mois de prison ferme. Il s’agit de faire taire tout espoir de changement.
Sur le plateau d’ Une jeunesse tunisienne, pas de parano mais la conscience qu’exercer son art et porter sa voix est devenu essentiel dans un pays de plus en plus lassé des à-coups post-révolutionnaires. En fait, nous sommes en train de nous rendre compte que nous ne sommes pas descendus dans la rue pour les mêmes raisons, dit la charismatique comédienne Anissa Daoud, qui interprète le rôle de Noura. La situation est bien plus complexe qu’on nous l’a racontée et j’ai le sentiment que le téléfilm en rend compte. Quant au véritable changement, je ne sais pas quand il aura lieu. Il faut d’abord que les politiques laissent la place aux jeunes, aux femmes, qu’ils adoptent un fonctionnement véritablement démocratique. Ça prendra du temps. Peut-être faudra-t-il qu’on accepte d’être une génération sacrifiée...
http://television.telerama.fr/television/reportage-a-tunis-ou-arte-rejoue-la-revolution,105602.php

Raja Amari
Née (رجاء عماري) le 4 avril 1971 à Tunis.
http://www.africultures.com/php/?nav=personne&no=3588
http://fr.wikipedia.org/wiki/Raja_Amari

extrait(s) de presse

Libération - L’idée de fictionnaliser la révolution est née très vite après la chute de Ben Ali, environ trois mois plus tard...
Anadolu agency - Raja Laameri se rapproche des productions dramatiques turques basées sur les sentiments et les émotions.
All africa - "Les problèmes ne sont pas encore résolus et la colère est toujours là"...