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De guerre lasse

France - 2013 - 1h34
sorti en France le 7 mai 2014
avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
film - film francophone
de

Olivier Panchot

scénario : Olivier Panchot
direction de la photographie : Thomas Hardmeier
musique ou chansons : Eric Neveux
avec : Jalil Lespert (Alex), Tchéky Karyo (Armand), Hiam Abbass (Raïssa), Mhamed Arezki (Rachid), Sabrina Ouazani (Katia), Jean-Marie Winling (Titoune), Olivier Rabourdin (Marchiani), Abraham Belaga (Fabrice), Dimitri Storoge (Mateo), Faycal Safi (Ahmed), Jean-Michel Correia (Barouhane)
séances : semaine du mercredi 30 juillet 2014
mercredi 30 jeudi 31 vendredi 1er samedi 2 dimanche 3 lundi 4 mardi 5
16:30
20:45
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synopsis

Alex, fils d’un caïd pied-noir marseillais, s’est engagé dans la Légion pour échapper à un règlement de compte avec la mafia Corse… 4 ans plus tard, Alex déserte et revient sur Marseille pour retrouver Katia, son amour de jeunesse. Mais en ville les rapports de force ont changé : son père s’est retiré des affaires, laissant les Corses et les gangs des Quartiers Nord se partager le contrôle de la ville. La détermination d’Alex va bouleverser cet équilibre fragile au risque de mettre sa famille en danger...

notes de production

Olivier Panchot confie qu’il souhaitait changer radicalement d’ambiance après avoir tourné dans Paris pour les besoins de son précédent long-métrage Sans moi (1). L’action de De guerre lasse se déroule ainsi à Marseille, qu’il considère comme une ville de Far-West. L’inspiration lui est par ailleurs également venue des films américains. Le film est à mon avis plus un western urbain qu’un polar. En écrivant le scénario, je me disais : Alex, c’est un Clint Eastwood borderline qui retourne régler ses comptes dans la grande ville de l’Ouest français, explique-t-il.
(1) http://www.critikat.com/actualite-cine/critique/sans-moi.html

Le thème de la famille repris dans De guerre lasse était un leitmotiv déjà présent dans un précédent documentaire d’Olivier Panchot, retraçant le parcours de sa famille. La fiction lui permet d’explorer plus en profondeur le sujet : j’avais envie d’explorer dans une fiction la manière dont un secret de famille pouvait s’insinuer dans les esprits et fragiliser, voire fausser les rapports familiaux.

La majorité du film a été tourné à Marseille, ville où se déroule l’intrigue. Une ville qu’Olivier Panchot connait bien pour y avoir passé plusieurs moments dans son enfance. Le réalisateur voulait filmer une métropole contrastée entre une histoire ancienne et un développement qui amène à des perturbations. Un bon décor, ce n’est pas quelque chose de joli qui passe bien à l’image - c’est un lieu qui raconte une histoire, déclare-t-il.

Le format Scope (2) a été utilisé pour pouvoir être plus proche des personnages tout en laissant de la place à leur environnement dans le champ. De même, l’intégralité des lumières est naturelle. Olivier Panchot ajoute : on a aussi légèrement désaturé les couleurs pour éviter le cliché de la ville du sud, baignée d’une lumière chaude façon carte postale. Au contraire, je voulais une lumière blanche, hivernale, froide comme l’acier.
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/CinemaScope

La bande-originale du film est à mi-chemin entre la musique classique et la musique électronique. Le choix de mise en scène du son et de la musique a été décidé de façon à ce que le spectateur entende les émotions du personnage, à la manière d’un élément perturbateur qui est comme révélateur de la dimension tragique du récit qu’elle suggère.

Tchéky Karyo nous parle de la comparaison qui peut être faite entre son personnage dans De guerre lasse et celui qu’il tenait dans Les Lyonnais (3) d’Olivier Marchal : il y a au moins un lien, le mensonge. Mais ce mensonge dans De Guerre lasse est différent : il ne ment pas par trahison, ni pour se protéger, il ment pour protéger les siens contre les siens. Il ment en pensant éviter le pire. Le déchirement qui le mine, c’est la violence de la pègre avec laquelle il devra tenter de composer, et la peine de devoir prendre les armes de nouveau… C’est aussi et surtout le refus de sa famille vis-à-vis du monde algérien, refus d’une famille ancrée dans leur attitude de rejet vis à vis de Raïssa qu’il aime...
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Lyonnais

Jalil Lespert explique pourquoi il a voulu participer à ce film : il y avait une dimension quasi shakespearienne dans le parcours de ces familles bouleversées par un secret qui m’a beaucoup touché. Par ailleurs, le rôle qui m’était proposé était un enjeu presque physique pour moi : j’ai pris un vrai plaisir à m’impliquer dans les scènes d’action, en étant le plus crédible possible, et à aller chercher l’émotion qui parcourt tout le film. Et j’ai aussi été séduit par la personnalité d’Olivier Panchot car il mûrissait ce projet depuis des années et qu’il savait exactement où il voulait aller. J’avais donc envie de lui faire totalement confiance.

En parlant avec Olivier Panchot, je me suis rendu compte qu’on avait les mêmes références, comme James Gray, pour les rapports familiaux. Pour autant, le film ne bascule jamais dans le pastiche : la forme est d’une grande sobriété, tout en étant d’une belle ampleur romanesque. J’ai le sentiment qu’on est pris au piège dans cette famille pour laquelle on éprouve une véritable empathie : c’est une dimension qui est propre à Olivier et qui dépasse toutes sortes de références, explique Jalil Lespert.

Entretien avec Olivier Panchot
Comment est né ce projet ?
Mon premier film était un huis clos entre deux personnages dans un appartement parisien. J’avais envie de changer radicalement de registre. Je voulais faire un film d’action, au sens propre, à savoir un film où les personnages se définissent par leurs actes. Un film fait de bruit et de fureur, une tragédie familiale rugueuse. J’avais également envie d’explorer d’autres horizons. Paris est une ville fermée et centrée sur elle-même à l’intérieur de son périph, tandis que Marseille est une ville ouverte, dont les contours sont incertains. Paris est bourgeoise et policée, Marseille est populaire et indisciplinée. Rivale indomptable de la capitale, Marseille possède cette fierté et cette force brutale : tout semble y être possible - c’est une ville de Far-West. C’est aussi une ville frontière, cosmopolite, ayant pour berceau la Méditerranée, mère de la tragédie ! Naturellement, cette cité phocéenne m’a semblé être le théâtre idéal de cette histoire...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/de-guerre-lasse-drame,283335-note-116181

Olivier Panchot
http://www.imdb.com/name/nm0659182/

Thomas Hardmeier
http://www.imdb.com/name/nm0362473/

Eric Neveux
voir fiche du film L’Attentat
http://www.citebd.org/spip.php?film1050

Jalil Lespert
voir fiche du film Landes
http://www.citebd.org/spip.php?film1083

Tchéky Karyo
voir fiche du film Des morceaux de moi
http://www.citebd.org/spip.php?film982

Hiam Abbass
voir fiche du film Héritage
http://www.citebd.org/spip.php?film956

Mhamed Arezki
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mhamed_Arezki

Sabrina Ouazani
voir fiche du film Le Passé
http://www.citebd.org/spip.php?film1041

Jean-Marie Winling
voir fiche du film Alyah

Olivier Rabourdin
voir fiche du film Augustine
http://www.citebd.org/spip.php?film881

Abraham Belaga
voir fiche du film Une bouteille à la mer
http://www.citebd.org/spip.php?film757
http://fr.wikipedia.org/wiki/Abraham_Belaga

Dimitri Storoge
http://fr.wikipedia.org/wiki/Dimitri_Storoge

Faycal Safi
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/312486-faycal-safi.html

Jean-Michel Correia
http://www.imdb.com/name/nm3853313/

extrait(s) de presse

àVoir-àLire - Davantage une tragédie familiale qu’un polar de genre, "De guerre lasse" suscite l’intérêt par sa capacité à entremêler destins tragiques et grande Histoire dans un grand bain de sang qui n’épargne ni les corps, ni les âmes.
Paris match - Film pleinement ancré dans cette ville cosmopolite et chargée de mythologie qu’est Marseille, "De Guerre lasse" est une vraie réussite du genre, une pépite que l’on peut conseiller à son voisin de palier sans avoir peur de se tromper.
Positif - On est charmé par la sensualité de Sabrina Ouazani, trop longtemps cantonnée aux emplois de bonne copine, et on retrouve avec plaisir Tcheky Karyo, en parrain à la retraite contraint de reprendre les armes une dernière fois. Un remarquable travail sur le son souligne l'ambition de ce film qui ose allier réalisme et formalisme.
Le Monde - La vraie bonne surprise de ce film, c'est Jalil Lespert en soldat perdu (...) qui parvient à donner à "De guerre lasse" une profondeur inattendue.
Télérama - Le polar français n'a pas fini de se réinventer. La preuve avec ce film noir sur fond de Canebière qui ne craint pas de jouer avec les archétypes.
Le Nouvel obs - Le réalisateur, caméra au poing, réussit à trouver des solutions sonores pour ressusciter les traumas d’Alex, à happer la dureté de la ville, à faire éclater la violence par bribes sèches et à ménager un suspense fait de faux-semblants. Autant de choix qui hissent le film vers la tragédie grecque.
Filmosphère - La référence au cinéma de James Gray n’est pas loin. Le drame reste à taille humaine.
Zibeline - Ce film, tourné comme un western urbain, n’est pas qu’un polar ; c’est aussi une tragédie avec secrets de famille, thématique importante pour le réalisateur