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Garde à vue

ciné répertoire
France - 1981 - 1h24
sorti en France le 23 septembre 1981
1981 : grand prix du cinéma français Louis Lumière, prix Méliès, prix du meilleur scénario au festival de Montréal (Claude Miller, Jean Herman et Michel Audiard) - 1982 : César du meilleur scénario (Claude Miller, Jean Herman et Michel Audiard), César du meilleur acteur (Michel Serrault), César du meilleur second rôle masculin (Guy Marchand), César du meilleur montage (Albert Jurgenson)
film - film francophone
de

Claude Miller

scénario : Claude Miller, Jean Herman
d'après l'oeuvre de : John Wainwright
direction de la photographie : Bruno Nuytten
musique ou chansons : Georges Delerue
avec : Lino Ventura (inspecteur Antoine Gallien), Michel Serrault (Jérôme Martinaud, le notaire), Romy Schneider (Chantal Martinaud, femme du notaire), Guy Marchand (inspecteur Marcel Belmont), Jean-Claude Penchenat (commissaire divisionnaire), Pierre Maguelon (inspecteur Adami), Michel Such (Jean-Marie Jabelain), Didier Agostini (jeune policier), Patrick Depeyrrat (policier), Annie Miller (mère de Camille), Serge Malik (le mécanicien), Yves Pignot (policier), Mathieu Schiffman (fils Berthier), Elsa Lunghini (Camille)
séances : semaine du mercredi 19 mars 2014
mercredi 19 jeudi 20 vendredi 21 samedi 22 dimanche 23 lundi 24 mardi 25
21:00*
séance spéciale :
* ciné mardi : Michel Audiard, y'a pas que de la pomme - précédé de la projection à 18h30 de "Un singe en hiver" - tarif préférentiel : 2 films = 7 € - soirée présentée en partenariat avec Hidden circle

synopsis

Le corps d'une fillette, tuée puis violée, a été retrouvé dans les dunes. Huit jours plus tôt, dans la même région, une autre fillette avait également été tuée et violée, apparemment par la même personne. Cherbourg, six semaines plus tard, le soir de la Saint Sylvestre. L’inspecteur Antoine Gallien, secondé par son adjoint Belmont, reçoit au commissariat le notaire Martinaud, notable local. Martinaud connaissait bien l’une des fillettes, et un certain mystère plane sur sa vie privée. Le huis-clos oppressant et implacable commence…

notes de production

Bien qu’ayant travaillé comme assistant de Jean-Luc Godard (Week-end) (1) et comme directeur de production de François Truffaut (Domicile conjugal) (2), Claude Miller prend le contre-pied de la nouvelle-vague dans Garde à vue. Le film est en effet tourné entièrement en studio avec un grand soin apporté aux dialogues signés Michel Audiard et une confrontation de comédiens chevronnés.
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Week-end_%28film,_1967%29
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Domicile_conjugal

Claude Miller réengagera Michel Serrault dans son film suivant Mortelle randonnée (3), un autre polar noir dans lequel le comédien jouera cette fois-ci un détective.
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Mortelle_Randonn%C3%A9e_%28film%29

En 1981, Guy Marchand amorce un tournant dans sa carrière en enchaînant les rôles de salaud. Après avoir joué un militaire raciste dans Coup de torchon (4), il interprète ce rôle d’inspecteur violent et impulsif dans Garde à vue qui lui vaut un César. L’année suivante il interprètera un criminel dans Mortelle randonnée, sa seconde collaboration avec Claude Miller.
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Coup_de_torchon

Rendu célèbre par La Cage aux folles (5), Michel Serrault casse son image de comique dès le milieu des années 70 en serial killer dans L’Ibis rouge (6), puis en assassin de sa femme dans Pile ou face (7) et enfin en fonctionnaire ambigu et suspect dans Garde à vue. Ce n’est que le début d’une série de rôles de détraqués des Fantômes du chapelier (8) à Docteur Petiot (9).
(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Cage_aux_folles
(6) http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Ibis_rouge
(7) http://fr.wikipedia.org/wiki/Pile_ou_Face_%28film%29
(8) http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Fant%C3%B4mes_du_chapelier_%28film%29
(9) http://fr.wikipedia.org/wiki/Docteur_Petiot_%28film%29

C’est Michel Audiard qui découvre le roman de John Wainwright, Brainwash (en français A table) (10) et qui le confie aux productions Ariane films. Claude Miller est alors contacté pour en réaliser l’adaptation.
(10) http://fr.wikimediation.org/index.php?title=A_table_!

Si Michel Audiard a toujours alterné policiers et comédies, il va passer toute une décennie à partir de la fin des années 70 à dialoguer des films noirs comme Le Corps de mon ennemi (11) ou Mort d’un pourri (12). Avec Garde à vue, il abandonne les mots d’auteur pour des répliques qui dénotent une analyse des personnages plus subtile et psychologique.
(11) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Corps_de_mon_ennemi
(12) http://fr.wikipedia.org/wiki/Mort_d%27un_pourri

Ce film est le troisième long métrage de Claude Miller après La Meilleure façon de marcher (13) et Dites-lui que je l’aime (14). Cette dernière œuvre ayant été un échec, le réalisateur doit attendre quatre ans avant qu’on lui confie un nouveau projet. Garde à vue sera un gros succès et lui permettra d’enchaîner sur Mortelle randonnée en 1983.
(13) http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Meilleure_Fa%C3%A7on_de_marcher
(14) http://fr.wikipedia.org/wiki/Dites-lui_que_je_l%27aime

Garde à vue marque la première collaboration des acteurs Guy Marchand et Michel Serrault. Les deux hommes se retrouveront ensuite à quatre reprises, dans Nestor Burma, détective de choc (15), Mortelle randonnée, Bonjour l’angoisse (16) et Beaumarchais, l’insolent (17).
(15) http://fr.wikipedia.org/wiki/Nestor_Burma,_d%C3%A9tective_de_choc
(16) http://fr.wikipedia.org/wiki/Bonjour_l%27angoisse
(17) http://fr.wikipedia.org/wiki/Beaumarchais,_l%27insolent

Garde à vue est l’un des trois longs métrages qui ont vu Guy Marchand et Lino Ventura se donner la réplique. Les deux hommes s’étaient côtoyés dans Boulevard du rhum (18) puis s’étaient retrouvés en 1987 au générique de La Rumba (19).
(18) http://fr.wikipedia.org/wiki/Boulevard_du_rhum
(19) http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Rumba

Quelques anecdotes
* C’est Lam Lê, crédité en tant que directeur artistique mais réellement présent à l’entière réalisation des trois story-board donnant naissance au film, qui fut directement contacté par Claude Miller qui avait besoin de coucher sur le papier ses ambitions de découpage...
http://www.courrier-picard.fr/region/garde-a-vue-dessin-par-dessin-ia167b0n236114
* Le film, très bien accueilli par la critique au moment de sa sortie, a également séduit le public puisqu’il totalise un peu plus de 2,1 millions d’entrées en salles.
* C’est le célèbre dialoguiste Michel Audiard qui a découvert le livre de John Wainwright sur lequel est basé le scénario. Il en parle alors au producteur Georges Dancigers (20) qui prend à son tour contact avec Claude Miller, alors au tout début de sa carrière de réalisateur. À ce moment-là, Miller n’a plus réalisé de longs-métrages depuis quatre ans, découragé par le cuisant échec de son second film Dites-lui que je l’aime. Mais Garde à vue le relance complètement et reste le second meilleur score au Box-office français de sa carrière derrière L’Effrontée (21).
* Au départ, c’est Yves Montand qui devait donner la réplique à Michel Serrault.
* La future chanteuse Elsa Lunghini apparaît ici pour la première fois au cinéma, dans le rôle de Camille, la jeune fille dont Jérôme Martinaud tombe sous le charme, déclenchant ainsi la jalousie de son épouse.
* Ici, Michel Audiard, réputé pour ses dialogues comiques et son sens de la formule détonnant, abandonne quelque peu sa verve habituelle pour privilégier une approche plus profonde et plus subtile des personnages. Ce qui lui vaudra le seul et unique César venu récompenser sa pléthorique filmographie.
http://fr.wikiquote.org/wiki/Garde_%C3%A0_vue
* Réminiscence fortuite, certaines scènes de la garde à vue rappellent Quai des Orfèvres (22)... y compris l’homonymie du nom Martinaud (interprété par Bernard Blier).
* Un remake américain a été réalisé en 2000 par Stephen Hopkins sous le titre Suspicion (23), avec Gene Hackman, Morgan Freeman et Monica Bellucci, reprenant les rôles respectifs de Michel Serrault, Lino Ventura et Romy Schneider.
Malgré ce casting impressionnant, ce film ne présente aucun intérêt.
(20) http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Dancigers
(21) http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Effront%C3%A9e
(22) http://fr.wikipedia.org/wiki/Quai_des_Orf%C3%A8vres_%28film%29
(23) http://fr.wikipedia.org/wiki/Suspicion_%28film,_2000%29

Virage au noir
Corneau, Miller, Tvernier, Heynemann, Delon, deville, le cinéma français a choisi le Noir pour dominante, et tout laisse à penser qu’il sera encore ainsi pendant un certain temps : Jacques Bral s’apprête à tourner Morgue pleine (24) de Manchette, en rêvant au Sans espoir de retour (25) de Goodis, Jean-Jacques Béneix travaille sur La Lune dans le caniveau (26) du même Goodis, Edouard Niermans pense à adapter le Spécial purée de José Varéla (27), Jean Pourtalé court après La Fille de nulle part (27) de Fredric Brown... et Delon vient d’acheter les droits de son troisième Manchette, La Position du tireur couché (28)...
Il semble bien que ce choix opéré aujourd’hui par les cinéastes réponde à une volonté de retrouver certaines des vertus d’un cinéma spectacle particulièrement méprisé par les intellectuels...
Pascal Mérigeau in La Revue du cinéma image et son n° 365 (octobre 1981)
(24) http://fr.wikipedia.org/wiki/Polar_(film)
(25) finalement réalisé par Samuel Fuller (avec Jacques Bral au scénario) http://fr.wikipedia.org/wiki/Sans_espoir_de_retour
(26) http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Lune_dans_le_caniveau
(27) projet inabouti
(28) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Choc

Peu importe que Maître Martinaud (Gérard Depardieu portait déjà le même nom dans Dites-lui que je l’aime, et les deux personnages ont effectivement une parenté psychologique, voire psychanalytique, en tout cas surtout d’ordre affectif) soit coupable ou innocent.Le film ne peut passionner que par la progressive mais inexorable mise à nu de l’intimité et des secrets (conjugaux et sexuels) de cet individu tout en façaden cependant que peu à peu se dessine la fragilité d’un système censé établir la vérité et tout aussi bien capable des plus graves erreurs, à partir de preuves pourtant tangibles. Les deux protagonistes ne cessent ainsi de se renvoyer la balle, à qui confondra le mieux l’autre. C’est un petit jeu fort plaisant, et surtout brillamment réussi...
Gilles Colpart in La Revue du cinéma image et son n° 365 (octobre 1981)

Les premiers critiques ont évoqué Simenon et Clouzot, c’était fatal et ce n’est pas faux. Il y a dans le commissariat un distributeur de boissons fraîches qui crache des bouteilles de Coca cola, mais quand l’inspecteur Adami est enfermé en tête à tête avec le notaire (Gallien interroge alors Mme Martinaud dans un autre bureau) son casse-croûte sent le saucisson à l’ail, et c’est une carafe de rouge qu’il a posée sur son plateau.
Huis-clos, province, atmosphère, l’odeur de l’imperméable trempé qui sèche dans un coin, il pleut comme sur Concarneau, et le chien que peut-être Maître Martinaud promenait quand il a découvert le corps de la deuxième victime, c’était sans doute un chien jaune...
Jean-Pierre Jeancolas in Positif n° 248 (novembre 1981)

Le face-à-face (et ses détours)
Comment créer de la tension dans un face-à-face entre deux personnages ? Dans un film qui repose essentiellement sur une confrontation dialoguée entre deux personnages, le problème est d’éviter la lassitude qui peut se dégager dans la succession des champs-contrechamps.
L’extrait analysé de Garde à vue, de Claude Miller, met en évidence différents procédés de mise en scène à même de relancer l’intérêt d’une confrontation et d’en souligner l’intensité. Le film se concentre en effet presque exclusivement sur un face-à-face entre deux personnages, l’inspecteur Gallien (Lino Ventura), et le suspect qu’il interroge, maître Martinaud (Michel Serrault). Claude Miller parvient à donner de la densité à cette confrontation en jouant paradoxalement, dans la mise en scène, sur la stratégie d’évitement des deux personnages.
http://www2.cndp.fr/tice/teledoc/actuel/..%5C%5Cplans/plans_garde.htm

La garde à vue
Mesure de privation de liberté prise par un officier de police judiciaire pour maintenir à la disposition des enquêteurs le suspect d’un crime ou d’un délit. Cette mesure doit constituer l’unique moyen de parvenir à certains objectifs comme empêcher que la personne ne modifie les preuves, ne fuie ou ne consulte ses complices...
http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/F14837.xhtml

Claude Miller
Né le 20 février 1942 à Paris où il est décédé le 5 avril 2012.
Président du réseau de salles Europa cinémas, son dernier film Thérèse Desqueyroux fût présenté en clôture du festival de Cannes 2012...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Miller

Jean Herman
Alias Jean Vautrin, né le 17 mai 1933 à Pagny-sur-Moselle.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Vautrin

Michel Audiard
voir fiche du film Un singe en hiver
http://www.citebd.org/spip.php?film1223

John Wainwright
Né le 25 février 1921 à Leeds, décédé en septembre 1995.
http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Wainwright

Lam Lé
http://www.commeaucinema.com/personne/lam-le,51373

Bruno Nuytten
Né le 28 août 1945 à Melun.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bruno_Nuytten

Georges Delerue
voir fiche du film Sanglantes confessions
http://www.citebd.org/spip.php?film634

Lino Ventura
Né Angiolino Giuseppe Pasquale Ventura) le 14 juillet 1919 à Parme (Italie), décédé le 22 octobre 1987 à Saint-Cloud.
D’abord lutteur professionnel (il fut champion d’Europe poids moyens en 1950) il devient par hasard acteur aux côtés de Jean Gabin dans Touchez pas au grisbi...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Lino_Ventura

Michel Serrault
Né le 24 janvier 1928 à Brunoy (Essonne), décédé le 29 juillet 2007 à Équemauville (Calvados).
Débute au cinéma par un petit rôle dans Les Diaboliques (1955) d’Henri-Georges Clouzot...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Serrault

Romy Schneider
voir fiche du film Max et les ferrailleurs
http://www.citebd.org/spip.php?film798

Guy Marchand
Né Guy Émile Marchand le 22 mai 1937 à Paris.
Propulsé sur le grand écran, au côté de Lino Ventura et Brigitte Bardot, dans Boulevard du rhum de Robert Enrico...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Guy_Marchand

Jean-Claude Penchenat
Né à Nice le 31 décembre 1937.
Cofondateur du Théâtre du Soleil avec Ariane Mnouchkine et créateur du Théâtre du Campagnol...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Claude_Penchenat

Pierre Maguelon
Né Maurice Couzinié le 3 septembre 1933 à Labruguière (Tarn), décédé le 10 juillet 2010 à Perpignan.
Devient populaire en 1974 grâce à la série télévisée Les Brigades du Tigre...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Maguelon

Michel Such
Né à le 15 août 1944 à Alger.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Such

Didier Agostini
http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne-30763/filmographie/
http://www.imdb.com/name/nm0013208/

Patrick Depeyrrat
http://www.imdb.com/name/nm0220087/
http://www.unifrance.org/annuaires/personne/123512/patrick-depeyrrat

Annie Miller
http://www.unifrance.org/annuaires/personne/11822/annie-miller

Yves Pignot
http://fr.wikipedia.org/wiki/Yves_Pignot

Elsa Lunghini
Née le 20 mai 1973 à Paris.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Elsa_Lunghini

extrait(s) de presse

Blog not ! - C’est peu dire que Michel Serrault est éblouissant dans Garde à vue. Aucun superlatif ne peut décrire son jeu sinon celui qui rendrait le verbe, les accents et les silences qu’Audiard lui met dans la bouche...
Télérama - Chaque cadrage de Miller, chaque mot d'Audiard tombe comme un couperet...
La Plume et l'image - Ce film est un formidable suspense qui tient en haleine le spectateur par la qualité des dialogues d'Audiard particulièrement ciselés pour l'occasion...
Au dessus du cinéma - Le film est parfaitement porté par un percutant duo d’acteurs, par les dialogues virils et sombres d’Audiard et l’efficace réalisation de Miller. Un beau huis-clos.
àVoir-àLire - Un diamant noir à revoir sans modération !
Ecran large - "Garde à vue", c'est un polar noir parfait que l'on aime voir et revoir pour la prestation de ses acteurs et de son réalisateur en état de grâce. Un film à voir absolument. Ue leçon de cinéma et même une certaine leçon de vie.