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Les Sentiers de la gloire

ciné répertoire
Paths of glory
Usa - 1957 - 1h28
sorti en France le 26 mars 1975
film - version originale sous-titrée en français
de

Stanley Kubrick

scénario : Stanley Kubrick, Calder Willingham, Jim Thompson
d'après l'oeuvre de : Humphrey Cobb
direction de la photographie : Georg Krause
musique ou chansons : Gerald Fried
avec : Kirk Douglas (Colonel Dax), John Stein (Capitaine Rousseau), Harold Benedict (Capitaine Nicolas), Adolphe Menjou (Général Broulard), Wayne Morris (Lieutenant Roget), Peter Capell (le Président de la Cour martiale), Timothy Carey (soldat Maurice Férol), Emile Meyer (l'Aumônier), Joe Turkel (soldat Pierre Arnaud), Richard Anderson (le Commissaire du Gouvernement), Bert Freed (le chef de section), Ralph Meeker (caporal Paris), George Macready (Général Mireau), Christiane Kubrick (la chanteuse allemande)
séances : semaine du mercredi 12 mars 2014
mercredi 12 jeudi 13 vendredi 14 samedi 15 dimanche 16 lundi 17 mardi 18
21:00*
séance spéciale :
* ciné mardi : la guerre d’il y a 100 ans - précédé de la projection à 18h30 de "La Grande illusion" - tarif préférentiel : 2 films = 7 € - soirée présentée en partenariat avec Hidden circle

synopsis

En 1916, la guerre s'est enlisée dans les tranchées. Le général Broulard, commandant de la division, fait miroiter un avancement et incite le général de brigade Mireau à lancer un de ses régiments à l'assaut d'une très solide position allemande, la Côte 110 et ce, sans renforts ni préparatifs, et avec un bombardement préalable très court, de quinze minutes. Le régiment, emmené par le colonel Dax, est repoussé par le feu ennemi et doit se replier avec de lourdes pertes. Observant la scène, le général Mireau s'aperçoit qu'une partie des hommes n'a pas quitté les tranchées et, de rage, ordonne de faire tirer au canon sur ses propres troupes pour les forcer à attaquer. Mais son ordre, transmis oralement, est refusé par l'officier responsable de l'artillerie. Devant cet échec personnel, le général Mireau décide alors de traduire le régiment en conseil de guerre pour « lâcheté ». Il souhaite qu'une centaine de ses hommes soient passés par les armes. Le colonel Dax s'insurge contre cette initiative qu'il juge révoltante. Finalement, le général Broulard décide d'un compromis : seuls trois hommes, un par compagnie, seront jugés...

notes de production

Le titre du film vient d’une citation de Thomas Gray (1) dans son roman Elegy : les sentiers de la gloire ne mènent qu’à la tombe.
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_Gray

En 1934, Humphrey Cobb employé comme rédacteur dans une agence de publicité lit dans la presse un bref entrefilet : les Français réhabilitent quatre fusillés pour désobéissance en 1915. Les veuves obtiennent chacune un franc de dommages-intérêts. L’affaire avait été dénoncée à la Chambre des députés à Paris le 24 avril 1921 par Jean Jadé, député du Finistère, ancien lieutenant d’infanterie, qui avait, au front, commandé la 18e compagnie du 336e régiment d’infanterie, régiment auquel appartenaient les quatre fusillés pour l’exemple.
Les quatre caporaux, Théophile Maupas, Louis Lefoulon, Louis Girard et Lucien Lechat (ce dernier revenant d’une dangereuse patrouille nocturne) reçurent l’ordre d’aller cisailler, en plein jour et sous le feu, les barbelés ennemis. Ils obéirent mais, incapables de traverser les 150 m du no man’s land, ils se terrèrent jusqu’à la nuit dans des trous d’obus, puis regagnèrent leurs lignes en rampant. Dès la relève, une fois leur régiment cantonné à Suippes, ils furent arrêtés pour refus d’obéissance et déférés au conseil de guerre le 16 mars 1915. Le capitaine Esquilbey, chef de bataillon, essaya vainement de les défendre. Condamnés à mort, ils furent exécutés à l’aube du 17 mars, devant tout le régiment assemblé sous la garde des dragons.
Humphrey Cobb en fait un roman intitulé Paths of glory qui devient l’un des best-sellers américains de 1935 en attendant d’être porté à l’écran par Stanley Kubrick.

D’autres romanciers se sont inspirés de cette histoire tragique : Jean Amila en 1982 avec Le Boucher des Hurlus (Série noire n° 1881) que Jean-Denis Robert a porté à l’écran sous le titre Sortez des rangs, et Didier Daeninckx avec Le Der des ders (1985).

Projeté à Munich le 18 septembre 1957 (aux Usa le 25 décembre 1957), le film ne sortira en France que le 26 mars 1975 (et n’a été programmé à la télévision qu’en 1991).
Contrairement à ce qui a longtemps été dit (ou écrit), il n’y a pas eu de censure directe du gouvernement français à ce sujet. Ce sont les Artistes associés (2), producteurs du film, qui prirent la décision de non sortie pour ne pas froisser les associations d’anciens combattants français. Le fait que la France soit, à ce moment-là, en train de pacifier l’Algérie (3) n’était peut-être pas non plus tout à fait étranger à cette situation.
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/United_Artists
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d%27Alg%C3%A9rie

Ce film s’inspire de plusieurs faits réels. Pendant la Première Guerre mondiale, environ 2 500 soldats français ont été condamnés à mort par les conseils de guerre, dont un peu plus de 600 furent réellement fusillés pour l’exemple par l’armée pour des motifs divers (abandon de poste, mutilations volontaires, refus d’obéissance, etc.), les autres ayant vu leur peine commuée en travaux forcés.

Stanley Kubrick s’appuie principalement sur l’affaire des caporaux de Souain (4) où le général Réveilhac (5) aurait fait tirer sur son propre régiment (le 336e régiment d’infanterie) dont les hommes refusaient de sortir des tranchées lors d’un assaut impossible contre une colline occupée par les Allemands, avant de faire exécuter quatre caporaux le 17 mars 1915. Ces soldats (trois originaires de la Manche : Théophile Maupas, Louis Lefoulon, Louis Girard ; un d’Ille-et-Vilaine : Lucien Lechat) seront réhabilités en 1934 grâce à l’action de la femme de Théophile Maupas, l’institutrice Blanche Maupas (6). Un monument, est d’ailleurs toujours visible à Sartilly (7) commémorant leur réhabilitation. Pendant la guerre de 1914-1918, la justice militaire était devenue une justice d’exception depuis des décrets d’août et septembre 1914 : le sursis, le recours en révision, les circonstances atténuantes et le droit de grâce étaient supprimés.
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Souain-Perthes-l%C3%A8s-Hurlus
(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9raud_R%C3%A9veilhac
(6) http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_des_caporaux_de_Souain
(7) http://fr.wikipedia.org/wiki/Sartilly

L’épisode du soldat sur une civière qu’on ranime pour le fusiller s’inspire lui d’un autre cas, celui du sous-lieutenant Jean-Julien-Marius Chapelant (8) exécuté le 11 octobre 1914 après une parodie de procès. Gravement blessé aux jambes depuis plusieurs jours, incapable de tenir debout, épuisé moralement et physiquement, le sous-lieutenant Chapelant avait alors été ficelé sur son brancard et celui-ci posé le long d’un arbre pour qu’on puisse le fusiller. Inhumé dans une fosse commune au bois des Loges dans la Somme toujours non identifiée à ce jour du 11 novembre 2012, ne figure que son nom au cimetière d’Ampuis où il est né, sa tombe a été honorée par l’Union des mutilés et anciens combattants qui y ont apposé une plaque de marbre portant l’inscription suivante : les anciens combattants à leur frère d’armes Jean Julien Marius Chapelant, martyr des cours martiales. Il a été déclaré et reconnu Mort pour la France par le ministre délégué aux anciens combattants Kader Arif le 31 octobre 2012 et reconnu officiellement à l’occasion des cérémonies du 11 novembre.
(8) http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Julien_Chapelant

Les Sentiers de la gloire n’est pas un film contre la France, mais un film contre la guerre.
Dans ce cas, pourquoi Kubrick a-t-il choisi de situer l’action dans le camp français ? Laissons-lui la parole : la situation, historique par ailleurs, se produit dans l’armée française pendant la Première guerre mondiale (9). Mais elle pouvait s’être passée dans n’importe quelle armée du monde. En fait, j’avais même songé à la faire se dérouler dans une armée imaginaire. J’avais déjà réalisé, avant Le Baiser du tueur (10), un drame de guerre Fear and desire (11).Le résultat a été catastrophique, sans doute, parce que j’avais dénationalisé l’armée en cause. Comment, en effet, intéresser fortement le spectateur si, au départ, on lui dit que cela se déroule dans une armée inventée de toute pièce ? Ce qui m’a intéressé ici, c’était la possibilité dans l’évolution psychologique des personnages. Le film ne délivre aucun message. Ce n’est, en aucun cas, un film ni pour, ni contre l’armée. Au maximum, c’est un film contre la guerre, qui peut placer des hommes dans de telles situations de conscience.
Stanley Kubrick in Cahiers du cinéma n° 73 (juillet 1957)
(9) https://www.google.fr/#q=premi%C3%A8re+guerre+mondiale
(10) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Baiser_du_tueur
(11) http://fr.wikipedia.org/wiki/Fear_and_Desire

C’est un film de guerre mais surtout un film contre l’armée. Il dénonce des rapports sociaux profondément viciés, et la résistance désespérée que leur offrira un homme, le colonel Dax. L’opposition, à la différence du film de guerre classique, ne passe donc pas entre deux camps mais entre les officiers et les soldats d’un même camp, les uns jouant leur promotion, les autres leur vie (on ne voit jamais les Allemands). Ce thème sera repris en 1970 par Francesco Rosi dans Les Hommes contre (12). Le film britannique Pour l’exemple (13) traite du même sujet (dans l’armée britannique, cette fois)
(12) http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Hommes_contre
(13) http://fr.wikipedia.org/wiki/Pour_l%27exemple_%28film%29

Petites anecdotes
* Le film a été en partie tourné au nouveau château de Schleissheim (14), près de Munich. Les nombreux soldats français visibles dans le film sont en réalité des officiers du Commissariat de police de Munich.
* Le film a utilisé des acteurs américains et des figurants allemands ; comportements et mimiques sont très peu français. Le Présentez… armes ! est allemand.
* Le numéro du régiment d’infanterie 701e n’a pas existé (maximum 418e).
* Le déroulement du procès devant la cour martiale est d’inspiration anglo-saxonne, plutôt que française. Il n’y a jamais d’objection en France pendant un procès.
* Les casques des poilus mélangent ceux de 1915 et ceux de 1926 et les fusils du travelling de la tranchée ne sont pas tous d’époque.
* La chanson interprétée par la jeune Allemande (femme de Stanley Kubrick) à la fin du film est Der treue Husar (le fidèle hussard), adaptée en France par Francis Lemarque sous le titre Marjolaine.
* Pour des raisons commerciales, Stanley Kubrick envisagea tout d’abord de conclure Les Sentiers de la gloire par un happy-end. Il garda finalement la fin pessimiste du roman initial.
* Après L’Ultime razzia (15), il s’agit de la seconde collaboration scénaristique entre Stanley Kubrick et le romancier Jim Thompson. Ils furent aidé par Calder Willingham.
* A noter que le producteur James B. Harris (16) apparaît brièvement dans le rôle d’un soldat, lors de l’attaque de la colline.
* Bryna productions, qui produit le film, n’est autre que la société de Kirk Douglas.
(14) http://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Schleissheim
(15) http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Ultime_Razzia
(16) http://fr.wikipedia.org/wiki/James_B._Harris

La censure cinématographique en France
Alors que le retour de la censure du cinéma est un thème régulièrement relancé à propos de quelques films récents (Scream et ses effets pernicieux sur le comportement des jeunes, Baise-moi et sa pornographie d’auteur), il est bon de rappeler, à propos des Sentiers de la gloire et plus largement de la période des années 1950 et 1960, combien les interdictions de sorties en France ont été nombreuses et la liberté d’expression limitée. Un bref retour sur le contexte moral de cette époque permet de comprendre le sort réservé au film de Kubrick.
Grosso modo, la censure s’exerce après-guerre à l’encontre de trois types de films. Dans le premier cas, il s’agit des films pouvant heurter les sensibilités par leur audace, leur licence, leur sensualité ou leur vice. Plusieurs films subissent ainsi les foudres des esprits bien-pensants : Un caprice de Caroline chérie (Jean Devaivre, 1952), Le Blé en herbe (Claude Autant-Lara, 1953), Et Dieu créa la femme (Roger Vadim, 1957), La Femme mariée (Jean-Luc Godard, 1964), sans toutefois être interdits de sortie (le film de Godard, néanmoins, échappe à ce sort au prix de quelques coupures et doit changer son titre en Une femme mariée). On le voit, la personnalité, jugée provocante, de nouvelles actrices au comportement libéré et aux corps révélés (Martine Carol, Brigitte Bardot) suffit alors à justifier le tollé des plus puritains.
Dans d’autres cas, il s’agit de films qui s’attaquent de manière diffamatoire à la religion : Viridiana de Luis Buñuel (1961) est interdit, comme La Religieuse de Jacques Rivette (1965), ce dernier déclenchant d’ailleurs une polémique violente et longue (près d’un an et demi) au terme de laquelle le film reçoit finalement son visa d’exploitation.
Enfin, certains films sont jugés offensants à l’égard de la France et de ses institutions. Dans le cadre hautement tabou de la colonisation et de la guerre d’Algérie, ces films, nombreux depuis ceux de René Vautier (Afrique 50, 1950) ou d’Alain Resnais (Les Statues meurent aussi, 1953) jusqu’à La Bataille d’Alger de Gillo Pontecorvo (1970), sont condamnés par des groupes de pression parce qu’ils portent atteinte à l’honneur national. Les Sentiers de la gloire se situent quelque part dans ce dernier groupe de films : il ne fait pas bon fustiger l’attitude inhumaine d’officiers français au moment même où ceux-ci accomplissent leur douloureux devoir dans les djebels et casbahs d’Algérie.
Ainsi, en 1966, 114 longs métrages demeurent officiellement interdits en France, et cela depuis la fin de la guerre. Mais Les Sentiers de la gloire, on verra pourquoi, ne figure pas dans la liste.
Qui censure en France alors ? Officiellement, le ministre chargé du cinéma ou la présidence du Conseil (sous la IVe République), après avis consultatif de la Commission de contrôle des films, ou le ministre de l’Information (sous la Ve République). Mais le poids des censures officieuses est souvent prépondérant. Les associations familiales et la Centrale catholique qui évalue le degré de visibilité des films, notamment, font la pluie et le beau temps. De frileux élus locaux, maires en tête, parachèvent le jugement porté par ces ligues morales en usant de leur droit d’interdire la projection de films dans les communes dont ils ont la responsabilité.
Or il existe une forme de censure plus douce et plus efficace : l’autocensure. C’est de celle-ci que souffrent Les Sentiers de la gloire en 1958-59. En effet le film de Kubrick n’a jamais été soumis à la censure officielle française. Mais, montré en Belgique, il subit bien vite les attaques de militaires et d’anciens combattants choqués par la vision de l’armée française que propose le réalisateur. En outre, la diplomatie française déclenche une violente offensive à destination des Artistes associés, distributeurs du film en Europe. Malgré le succès du film à Bruxelles (il y obtient le prix du Chevalier de La Barre), le Quai d’Orsay demande à Washington de suggérer aux distributeurs de renoncer à une exploitation des Sentiers de la gloire en Belgique. Autocensuré, le film n’a donc plus aucune chance de sortir en France. Il faut attendre 1975 pour que, les passions étant apaisées et la censure assouplie, le film de Kubrick puisse enfin être projeté...
http://www2.cndp.fr/tice/teledoc/dossiers/dossier_sentiers.htm

Lorsqu’on cherche à cacher les turpitudes de certains chefs, lorsque quarante ans après on n’ose plus parler d’événements scandaleux certes, mais véridiques, lorsqu’on n’a plus le courage de regarder la vérité en face, on peut se demander vers quels abîmes on nous conduits.
Albert Ravé in l’Ecole libératrice

Apprenant que son film venait d’être couronné par la critique bege, Stanley Kubrick a rédigé et envoyé le télégramme suivant : je suis très fier et très honoré d’avoir reçu votre distinction pour Les Sentiers de la gloire - stop - Je regrette sincèrement à la suite de circonstances indépendantes de ma volonté de ne pouvoir venir en Belgique pour recevoir moi-même le rand prix - stop - J’espère que cette distinction attirera à nouveau l’attention de la presse française (17) sur mon film et qu’elle aidera à créer une atmosphère de sympathie pour la sortie éventuelle des Sentiers de la gloire en France - Sincèrement à vous.
Stanley Kubrick
(17) Les adhérents du Ciné-club du Canard enchaîné envahirent un train entier pour se rendre à Bruxelles dans les journées des 9 et 10 janvier 1960, invités par le ciné-club de Schaerbeck.
Raymond Lefèvre in La Revue du cinéma image et son n° 295 (avril 1975)

Le soldat est fascinant parce que toutes les circonstances qui l’entourent sont chargées d’une sorte d’hystérie. Malgré toute son horreur la guerre est le drame à l’état pur car elle est une des rares situations ou des hommes peuvent se lever et parler pour des principes qu’ils pensent leurs. Le criminel et le soldat ont au moins cette vertu d’être pour ou contre quelque chose dans un monde ou tant de gens ont appris a accepter une grise nullité, a affecter une gamme mensongère déposée afin qu’on les juge normaux...Il est difficile de dire qui est pris dans la plus vaste conspiration : le criminel, le soldat...ou bien nous.
Stanley Kubrick in New-York times magazine (12 octobre 1958)

Le pamphlet antimilitariste des Sentiers de la gloire garde aujourd’hui toute sa puissance ; le décalage consistant à transposer des préoccupations américaines très actuelles à l’époque du film (post-Corée, post-maccarthysme) (18) dans la France de 1976 est à l’origine d’un savoureux paradoxe : le film mit dix-huit ans à être distribué en France (par bon sens commercial, et non par interdiction de la censure, comme il est partout écrit), alors qu’il reste, aux Usa, le succès critique le plus consensuel jamais rencontré par Kubrick...
Kubrick s’intéresse aux réactions du spectateur avec la même attention qu’un Hitchcock : pour l’un comme pour l’autre, l’insuccès est moins une question de perte commerciale que le signe désagréable de n’avoir pas réussi à rencontrer son public...
Yann Tobin in Positif spécial Kubrick n° 464 (octobre 1999)
(18) http://fr.wikipedia.org/wiki/Maccarthysme

Rares, très rares même, sont les journalistes qui ont fréquenté Stanley Kubrick. Michel Ciment - historien, critique et âme de la revue Positif - a eu le privilège de rencontrer le réalisateur à de multiples reprises. Il en a tiré un livre indispensable, sobrement intitulé Kubrick , aujourd’hui réédité. L’occasion de battre en brèche quelques poncifs tenaces concernant l’homme et le cinéaste. La preuve par 10...
http://evene.lefigaro.fr/cinema/actualite/idees-recues-stanley-kubrick-interview-michel-ciment-expo-3169.php
Entretien avec Michel Ciment
Quand avez-vous rencontré Stanley Kubrick pour la première fois ?
Mon premier contact avec Stanley Kubrick, c’était il y a trente ans, au moment de la sortie de 2001, l’Odyssée de l’espace. J’avais rédigé, sur son œuvre, une étude générale dans « Positif » qu’il avait fait traduire en français. J’ai d’abord eu un rendez-vous téléphonique avec lui. Je l’interrogeais sur ses films, il me posait des questions sur Napoléon ­ il voulait connaître le point de vue des historiens français. Le problème avec Kubrick a toujours été de ne pas se laisser interviewer par lui, ne pas se laisser pomper...
http://www.kubrick.fr/michelciment.htm

Stanley Kubrick
Né le 26 juillet 1928 à New York, décédé le 7 mars 1999 dans son manoir de Childwickbury (Gb).
13 longs métrages en 46 ans de carrière l’imposent comme un cinéaste majeur du XXème siècle...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Stanley_Kubrick

Calder Willingham
Né le 23 décembre 1922 à Atlanta (Géorgie), décédé le 21 février 1995 à Laconia (New Hampshire).
voir fiche du film Les Vikings
http://www.citebd.org/spip.php?film1157

Jim Thompson
Né le 27 septembre 1906 à Anadarko (Oklahoma), décédé le 7 avril 1977 à Los Angeles.
Auteur prolifique de romans noirs (plusieurs adaptés au cinéma) dont un des premiers ouvrages relate la misère des petits exploitants de cinéma de campagne américains...
voir fiche du film The Killer inside me
http://www.citebd.org/spip.php?film444

Humphrey Cobb
Né à Sienne (Italie) le 5 septembre 1899, décédé le 25 avril 1944 à New-York.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Humphrey_Cobb

Georg Krause
Né le 15 avril 1901 à Berlin, décédé le 3 janvier 1986 à Garmisch-Partenkirchen (Bavière).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Georg_Krause

Gerald Fried
Né le 13 février 1928 à New York.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gerald_Fried

Kirk Douglas
Né Issur Danielovitch Demsky le 9 décembre 1916 à Amsterdam (Usa).
voir fiche du film Les Vikings
http://www.citebd.org/spip.php?film1157

Harold Benedict
http://www.imdb.com/name/nm0070773/

Adolphe Menjou
Né Adolphe Jean Menjou à Pittsburgh le 18 février 1890, décédé à Los Angeles le 29 octobre 1963.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Adolphe_Menjou

Wayne Morris
Né Bert DeWayne Morris le 17 février 1914 à Los Angeles, décédé le 14 septembre 1959 à Oakland (Californie).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Wayne_Morris_(acteur_am%C3%A9ricain)

Peter Capell
http://www.imdb.com/name/nm0135044/

Timothy Carey
Né Timothy Agoglia Carey le 11 mars 1929 à New York, décédé le 11 mai 1994 à Los Angeles.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Timothy_Carey

Emile Meyer
Né le 18 août 1910 à La Nouvelle-Orléans et décédé à Covington (Kentucky) le 19 mars 1987.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Emile_Meyer

Joe Turkel
Né le 15 juillet 1927 à New York.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Joe_Turkel

Richard Anderson
Né le 8 août 1926 à Long Branch (New Jersey).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Anderson

Bert Freed
Né le 3 novembre 1919 à New York et décédé le 2 août 1994 à Sechelt (Colombie-Britannique).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bert_Freed

Ralph Meeker
Né le 21 novembre 1920 à Minneapolis et décédé le 5 août 1988 à Woodland Hills.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ralph_Meeker

George Macready
Né Webb Parmalee Hollenbeck à Providence le 29 août 1899, décédé le 2 juillet 1973 à Los Angeles.
http://fr.wikipedia.org/wiki/George_Macready

Christiane Kubrick
Née Christiane Susanne Harlan le 10 mai 1932 à Brunswick (Allemagne).
Nièce du réalisateur allemand Veit Harlan, elle rencontre son futur mari pendant le tournage du film Les Sentiers de la gloire...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Christiane_Kubrick

extrait(s) de presse

Critikat - La fascination de Kubrick pour la capacité de l'individu ou de ses institutions à causer, par leurs errements, la ruine des leurs pouvait difficilement trouver meilleure cible que l'armée...
La Cinémathèque française - Ce réquisitoire sans concession se veut davantage une dénonciation de la barbarie humaine...
Télérama - L'injustice est d'une absurdité criante, mais Kubrick la filme avec une fureur froide.
Dvd classik - Kubrick traitera de l’aliénation durant toute sa carrière, le premier jalon se trouve ici...
Cinemarium - Non sans humour, Kubrick use d’une vision particulièrement cynique pour décrire l’absurdité de la guerre et plus particulièrement des hommes qui la décident...
Il était une fois le cinéma - Une œuvre moderne, humaine et profondément pacifiste...
Krinein - Le regard que Stanley Kubrick pose sur les hommes reste virulent et sans compromis, à l'image de sa filmographie, artillerie lourde obsédée par la guerre...
Cinézik - Tous les éléments du futur langage musical Kubrickien se trouvent déjà en germe dans le film…