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Voyage en sol majeur

France - 2006 - 0h54
Programmation Acid Cannes 2006 - prix des jeunes et prix Marcorelles au festival Cinéma du Réel 2006
documentaire - film francophone
de

Georgi Lazarevski

scénario : Georgi Lazarevski
direction de la photographie : Georgi Lazarevski
musique ou chansons : Mendelsshon, Dvrorak, Bach
séances : semaine du mercredi 8 janvier 2014
mercredi 8 jeudi 9 vendredi 10 samedi 11 dimanche 12 lundi 13 mardi 14
20:30*
séance spéciale :
* mar 8 à 20h30, précédé de la présentation du projet "actualités cinématographiques #2" (10’)), doc réalisé à Angoulême par Camille Fougère - dans le cadre de la soirée "actualités cinématographiques" organisée en partenariat avec Les Yeux d'Izo - tarif préférentiel : 2 films = 7 € (voir fiche du film "Harold et Maude".

synopsis

Aimé a quatre-vingt onze ans et s’est enfin décidé à entreprendre le grand voyage au Maroc qu’il projette depuis quarante ans. Son petit-fils, réalisateur et photographe, l’accompagne. Un voyage tendre et amer, plein d’occasions gâchées et de bonheurs fugitifs. Comme la vie...

Interview Georgi Lazarevski par smashyourtv

notes de production

Les actualités cinématographiques
Projet de réalisation et de diffusion d’une série de courts métrages documentaires (de 10 minutes chacun) conçus et projetés dans la région Poitou-Charentes, en avant-programme des séances de cinéma des salles.
http://lesyeuxdizo.org/Les-actualites-cinematographiques

actualités cinématographiques #2 : ce que veut Jeanne
France, 10 min.
documentaire de Camille Fougère
A 91 ans Jeanne résiste. Elle résiste au naufrage présumé de la vieillesse, à l’isolement, à la dépendance. L’entêtement qui la caractérise est une force qui garantit son autonomie, jour après jour, pour continuer à vivre selon ses choix.
Mais l’hiver arrivant, elle se pose la question d’arrêter ses activités, pour se ménager. C’est pourtant cet engagement au quotidien qui la fait exister...
www.actualitescinematographiques.org<http://www.actualitescinematographiques.org
suivi d’une discussion autour du film en présence de Camille Fougère

Les pérégrinations de Georgi Lazarevski et d’Aimé sur le sol marocain sont donc la trame du film. Des premiers kilomètres en voiture jusqu’aux marches dans le désert, les plans égrènent pas petites touches le destin du grand-père. Jadis musicien, il déplore la vente de son violon ainsi que le fait de n’avoir jamais joué seul. S’il a aujourd’hui perdu quelque peu de son oreille (surdité propice à de savoureuses situations), il observe avec une extrême minutie ce qui l’entoure comme l’aurait fait le gardien de phare qu’il n’est jamais devenu.

Délicatement, Aimé distille çà et là quelques choses qu’il a retenues de ses expériences et recouvre l’appétit (de vivre) au contact des Marocains touchés par sa vitalité d’esprit. "Partir", "oser", "ordonné", "soliste", "paradis"… Les chapitres écrits par le petit-fils se succèdent pour dépeindre le portrait d’un homme au crépuscule de son existence qui se redécouvre et s’accomplit dans le cadre marocain que lui offre son petit-fils. Si je croyais au paradis, dit-il, j’aimerais que ce soit une palmeraie.

Aimé confie également ne pas tellement avoir envie de parler d’amour. Lorsque les mots faillissent, le documentaire convoque des photos d’archives accompagnées de musique pour s’y substituer. La grand-mère qui trône seule sur son fauteuil au centre de l’image les commente. C’est sa manière d’agir sur le film et de le densifier en réinterprétant ainsi ces mélodies audiovisuelles (elle écoute par ailleurs Bach ou Mendelssohn en direct) : c’est l’élan, la spontanéité, la sûreté de soi, la jeunesse… Conquérir le monde, c’est ça le début du concerto. (…) Il est prêt à conquérir le monde ce type-là !. Le plan suivant est une photo du grand-père qui surplombe l’océan depuis le pont du bateau qui le mène au Maroc.
http://cinemadocumentaire.wordpress.com/2011/05/05/voyage-en-sol-majeur-georgi-lazarevski/

Au départ, je n’étais pas partante. Je n’avais pas envie d’accompagner le réalisateur et son grand-père au Maroc, j’avais envie de faire comme la grand-mère, rester dans un fauteuil à écouter de la musique : je me disais bien qu’il avait l’air sympathique ce grand-père mais qu’est ce qui pourrait bien surgir de ce voyage ? Et puis, finalement, très vite, j’ai compris que le film allait nous raconter autre chose. Bien sûr, on allait traverser la Méditerranée, le désert et les oasis, mais une autre histoire en même temps allait nous être contée. Et c’est à ce moment-là que le plaisir a commencé à poindre, un des plus grands plaisirs que nous offre le cinéma : quand en nous racontant une histoire toute simple, un film nous emmène aux confins de ce qui nous habite intimement, de ce qui est indicible et pourtant toujours là, en chacun de nous, propre à la condition humaine. Ce film, peu à peu, avec une écriture d’une grande liberté (il a été produit en toute indépendance sans télévision et, au départ même, sans producteur) nous invite à un voyage intérieur, à un voyage initiatique vers la fin de la vie, à une réflexion sur la vieillesse et la mort tout à fait inédite. Ce vieil homme, tout sourire et humour, léger et gracieux, nous parle à 93 ans de sa vie passée et de sa mort proche, avec lucidité et sans apitoiement. Il nous convainc de surcroît qu’à cet âge avancé tout peut encore arriver. De son côté, la grand-mère, toujours assise dans son fauteuil, mais dans une mise en scène à chaque fois inventive, nous raconte la musique comme peu sauraient le faire et nous parle de son histoire d’amour avec le grand-père. Le désaccord qu’elle évoque, parfois sans délicatesse, et qui pourrait être douloureux à entendre, devient harmonieux par le geste du cinéaste et les résonances multiples qu’il orchestre. On est bien loin du regard amer, de ces mises au point morbides et des larmoiements, on est loin d’un regard pontifiant ou béat sur la vie et la mort. Le film invente, grâce à sa mise en scène et son montage particulièrement affirmés mais sensibles, ludiques mais rigoureux, une manière tout à fait jouissive de regarder en arrière tout en allant de l’avant.
Mariana Otero

Georgi Lazarevski
Né en 1968. D’origine belgo-macédonienne, il a étudié à l’Ecole Louis Lumière avant de poursuivre une carrière de photographe indépendant, notamment pour Amnesty International. Il a rejoint la maison de photographes Signatures dès sa création en 2007.
Georgi Lazarevski a été, avec Catherine Pujol et Pierre Milon, l’un des directeurs de la photographie du film Entre les murs de Laurent Cantet (palme d’Or Cannes 2008).
http://www.signatures-photographies.com/kaaWeb/accueilWeb/book/spip.php?page=photographes&id_rubrique=258

extrait(s) de presse

Bladi - C'est incroyable comment Georgi Lazarevski a su filmer son grand-père de façon à ce que l'on sente les émotions qui traversent le vieil homme...