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les trois visages de la peur

I Tre volti della paura
Italie, France - 1963 - 1h32
sorti en France le 17 novembre 1965
film - version originale sous-titrée en français
de

Mario Bava

scénario : Mario Bava, Alberto Bevilacqua, Marcello Fondato
direction de la photographie : Ubaldo Terzano
musique ou chansons : Roberto Nicolosi
avec : Boris Karloff (le présentateur / Gorca), Michèle Mercier (Rosy), Jacqueline Pierreux (Helen Corey), Suzy Andersen (Sdenka), Mark Damon (Vladimire d'Urfe), Glauco Onorato (Gregor), Rika Dialina (la femme), Milly (la bonne)
séances : semaine du mercredi 20 novembre 2013
mercredi 20 jeudi 21 vendredi 22 samedi 23 dimanche 24 lundi 25 mardi 26
20:00*
séance spéciale :
* Lisathèque jeu 21 à 20h00 séance au Lisa, 303 av. de Navarre présentée par Hidden circle tarif unique 2 € séance organisée en partenariat avec Hidden circle, la Nef, le Lisa et la revue Métaluna dans le cadre du festival "Le Rayon fantastique"

synopsis

Le film est composé de trois sketches qui, chacun, mettent en scène une situation horrifique. Après un prologue présenté par Boris Karloff, démarre la première partie "Le téléphone" (avec Michèle Mercier). C'est un giallo triangulaire. Le second épisode "Les Wurdalaks" puise dans l'imagerie russe (on trouve Massimo Righi et Boris Karloff). Enfin "La goutte d'eau", le plus terrifiant des trois, fait appel à une horreur plus viscérale. Le film se clôt sur une postface de Boris Karloff.

notes de production

Les Trois visages de la peur va donc raconter trois histoires sans aucun véritable lien les unes avec les autres. Il n’y a pas non plus de vague intrigue reliant chacun des segments du film. Cela va d’ailleurs faciliter la tâche des distributeurs qui, en fonction des pays, vont prendre le parti de modifier l’ordre original. Par exemple, aux Etats unis, l’Aip (1) va modifier complètement l’ordre en enfilant La Goutte d’eau, Le Téléphone et Les Wurdalaks sans oublier de changer le montage du sketch mettant en scène Michèle Mercier ou encore de supprimer totalement l’ironique épilogue final. En France, le distributeur sera moins facétieux et les trois histoires vont conserver leur ordre original mais la toute dernière séquence avec Boris Karloff sera tout de même volontairement oubliée. Reste que c’est dans ce montage original que horreur et qualité vont crescendo.
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/American_International_Pictures

Le Téléphone (Il telefono)
avec Michèle Mercier (Rosy), Lydia Alfonsi (Mary)
Rosy passe une nuit particulièrement éprouvante, harcelée au téléphone par un inconnu lui annonçant sa propre mort...
Le Téléphone n’est pas une adaptation de Maupassant comme le laisse suggérer le générique du film. En fait, l’histoire serait inspirée de F.G. Snyder et se focalise sur un nombre pour le moins restreint de personnages. La première partie de l’histoire va surtout mettre en scène Michèle Mercier. Seule dans son intérieur confortable, la peur va s’insinuer par le seul biais du téléphone. Un mystérieux interlocuteur semble connaître ses faits et gestes tout en lui promettant de venir l’assassiner. Les plus jeunes trouveront ici l’évidente source des premières minutes de Scream (2). Les plus anciens se souviendront plutôt de Terreur sur la ligne (3) où, dans les années 1980, une jeune femme était, elle aussi, persécutée par téléphone interposé. Plus giallo que film d’horreur, ce premier segment rappelle La Fille qui en savait trop (4). L’étrange ambiance du récit tout comme les décors de l’appartement du personnage de Leticia Roman sont très proches. Fait peu banal pour l’époque, cette courte histoire évoque à demi mot une relation amoureuse entre deux femmes. Le récit s’avère, lui, des plus simplistes même s’il réserve quelques malicieuses surprises dans son dénouement.
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Scream_%28film%29
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Terreur_sur_la_ligne_%28film,_1979%29
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Fille_qui_en_savait_trop

Les Wurdalaks (I Wurdalak)
avec Boris Karloff (Gorca), Mark Damon (Vladimir D’Urfe), Susy Andersen (Sdenka), Massimo Righi (Pietro), Glauco Onorato (Giorgio), Rika Dialina (Maria)
Un vampire prend les traits d’une femme pour hanter la campagne slave...
Avec Les Wurdalaks, le décor ainsi que l’époque change complètement. Cette fois, on nous propose une adaptation de "La Famille du Vourdalak" (5) d’Aleksei Tolstoi (6). Dans le passé, en Russie, un jeune aristocrate en voyage découvre le cadavre d’un homme mutilé. Il l’amène à la maison la plus proche où il va découvrir une famille qui vit dans la peur du "Wurdalak". Histoire de vampires, ce segment va s’ancrer dans un folklore rural assez éloigné des histoires conventionnelles du genre. Avec le recul, on pourra s’amuser à tisser des liens avec un film qui n’a pourtant strictement rien à voir. En effet, la paranoïa galopante (qui est un "Wurdalak" ?) ainsi que certaines situations font un peu penser fortuitement à The Thing (7) de John Carpenter. Les Wurdalaks donne l’occasion à Mario Bava de déployer tout son art dans une histoire gothique magnifiquement mise en image...
(5) http://vampirique.canalblog.com/archives/2011/03/30/20772358.html
(6) http://fr.wikipedia.org/wiki/Alexis_Nikola%C3%AFevitch_Tolsto%C3%AF
(7) http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Thing_%28film,_1982%29

La Goutte d’eau (La goccia d’acqua)
avec Jacqueline Pierreux (Helen Chester), Milly Monti (la domestique), Herriet Medin (miss Perkins), Gustavo De Nardo (inspecteur de police)
Miss Chester n’aurait peut-être pas dû voler la bague de l’une de ses patientes récemment décédée...
La troisième et dernière histoire, La Goutte d’eau, est une adaptation d’Ivan Chekhov (8). Sans conteste le plus réussi des segments, c’est aussi celui qui fonctionne le mieux au niveau de la peur. Encore une fois, on trouvera un lien avec La Fille qui en savait trop, réalisé un an auparavant, où une courte scène inquiétante nous montrait une vieille femme morte sur son lit. Cette fois, le centre du récit va justement s’articuler autour d’une vieille femme morte d’une crise cardiaque et reposant sur son lit. Appelée en urgence, son infirmière se voit confier la mission d’apprêter le corps de la vieille femme en lui mettant une robe plus appropriée. L’ambiance mortifère de l’histoire est une nouvelle fois mise en valeur par la mise en scène très inspirée de Mario Bava. S’alourdissant au fur et à mesure que le récit se déroule, l’étouffante atmosphère se clôt par un dénouement stressant et ambiguë...
(8) http://fr.wikipedia.org/wiki/Anton_Tchekhov

Les sketches de Les Trois visages de la peur ont en commun un splendide et singulier travail sur les éclairages et les décors, qui semble un trait récurent de l’œuvre de Mario Bava. Ainsi, les décors, même dans Le Téléphone qui est censé se dérouler dans un cadre réaliste, sont composés d’éléments de provenance diverses, de meubles, de bibelots et d’ornements de toutes époques, assemblés en dépit de la logique. C’est particulièrement évident dans l’appartement de la comtesse de La Goutte d’eau, où toutes les époques de l’histoire de l’Art semble se mêler d’une manière artificielle. Comme dans le magasin d’antiquités de Six femmes pour l’assassin, le château néo-gothique de Baron vampire (1972) et le palais de Lisa et le Diable, on a l’impression de se retrouver dans un lieu étrange, entre un musée délirant et les coulisses d’un invraisemblable théâtre encombrées d’accessoires baroques. L’aspect fantastique de cet environnement est encore mis en valeur par le travail chromatique irréaliste de Bava, que ce soit dans le choix des couleurs des objets eux-mêmes (le fameux téléphone rouge de Le téléphone) ou les hallucinants éclairages verts, bleus, rouges et pourpres qui affirment encore l’aspect factice de l’univers dans lequel se déroule ces récits. Le final, qui n’apparaît hélas pas sur toutes les copies, nous révèle, par un travelling arrière, Karloff , ricanant, en train de chevaucher un faux-cheval de cinéma, agité par des techniciens, tandis que des accessoiristes font passer des branches devant l’objectif de la caméra dans une ronde étonnante. Cette mise en abyme, aussi humoristique que troublante, va dans le sens de ce goût du factice, de l’invention exubérante et invraisemblable qui caractérise le style de Bava dans ses meilleurs œuvres. Il n’est alors pas étonnant que ses films grouillent de "faux" personnages : mannequins, armures et poupées créent l’illusion de présences abstraites, artificielles et inquiétantes.
Les Trois visages de la peur est donc un très bon film de Bava, proposant trois sketchs de qualité (dont un chef-d’œuvre) qui permettent à la fois d’appréhender l’aspect très polymorphe de son œuvre et l’unité stylistique qui la sous-tend. Il s’agit donc d’une très bonne introduction au travail de ce réalisateur. Les Trois visages de la peur sera d’ailleurs un de ses plus gros succès publics.

http://www.tentacules.net/index.php?id=4198

Souvent coupée, la dernière scène des Les Trois visages de la peur est un véritable pied de nez de Mario Bava. Après trois histoires horrifiques, il brise littéralement l’ambiance de peur avec une conclusion très ironique...
http://www.devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=1583

Les multiples minutages de ce film s’expliquent par les divers remontages dont il fut victime. Chaque pays proposa à ses spectateurs les trois sketches dans un ordre qui lui était propre. C’est ainsi qu’en France le montage italien d’origine fut totalement bouleversé. Le hasard voulut que le distributeur (Rank) gardât la meilleure histoire pour la fin. Quant à la pirouette finale dans laquelle Bava désacralisait l’art cinématographique de l’épouvante en montrant l’envers du décor et Boris Karloff sur son cheval à bascule, il disparut de pratiquement toutes les copies exploitées à travers le monde. La France crut également bon de faire disparaitre du générique le nom de l’auteur de Il Telefono, pourtant écrivain de prédilection d’Hitchcock mais inconnu dans l’hexagone. C’est ainsi que F. G. Snyder céda sa place à un anachronique Guy de Maupassant !
Pascal Martinet in Mario Bava (Edilig, janvier 1984)

Le film est sorti aux Etats unis sous le titre Black sabbath (9) ce qui a incité le groupe Earth a changer de nom et à faire carrière dans le heavy metal.
(9) http://fr.wikipedia.org/wiki/Black_Sabbath
D’après Quentin Tarantino et Roger Avary, ce film est la source d’inspiration principale du film Pulp fiction (10).
(10) http://fr.wikipedia.org/wiki/Pulp_Fiction
Le titre Les Wurdalaks a inspiré Christian Vander (11) pour le nom d’une de ses premières formations.
(11) http://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Vander

Mario Bava
voir fiche du film La Baie sanglante
http://www.citebd.org/spip.php?film380

Alberto Bevilacqua
Né à Parme le 27 juin 1934, décédé à Rome le 9 septembre 2013.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Alberto_Bevilacqua

Marcello Fondato
http://cinema.nouvelobs.com/personnalites/73996-marcello-fondato/filmographie

Ubaldo Terzano
http://dvdtoile.com/Filmographie.php?id=103201

Roberto Nicolosi
http://www.notrecinema.com/communaute/stars/stars.php3?staridx=18929

Boris Karloff
voir fiche du film Frankenstein [1931]
http://www.citebd.org/spip.php?film725

Michèle Mercier
Née Jocelyne Yvonne Renée Mercier le 1er janvier 1939 à Nice.
Principalement connue pour son rôle dans les films de la série Angélique...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mich%C3%A8le_Mercier

Jacqueline Pierreux
Née à Rouen le 15 janvier 1923, décédée à Salins le 10 mars 2005.
Elle est la mère de Jean-Pierre Léaud...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacqueline_Pierreux

Suzy Andersen
http://www.notrecinema.com/communaute/stars/stars.php3?staridx=15499

Mark Damon
Né Alan Harris le 22 avril 1933 à Chicago.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mark_Damon

Glauco Onorato
http://www.notrecinema.com/communaute/stars/stars.php3?staridx=81029

Rika Dialina
http://www.notrecinema.com/communaute/stars/stars.php3?staridx=212445

Milly
voir fiche du film Le Conformiste
http://www.citebd.org/spip.php?film1667

extrait(s) de presse

Devil dead - "Les Trois visages de la peur" fait incontestablement partie des meilleurs films pour découvrir Mario Bava !
Télérama - Le vampirisme est ici indissociable de l'amour...
Cinéma fantastique - Vous ne fermerez peut être plus l’œil une fois la nuit tombée mais cinématographiquement, vous ne le regretterez pas.
Paris cinéma - "Un film fantastique au sens strict, jouant sur les ambiguïtés entre normal et paranormal, rationnel et irrationnel"...
Tortilla films - "Les Trois visages de la peur" mérite de figurer parmi les plus belles réussites du genre...
Il était une fois le cinéma - "Les trois visages de la peur", malgré son enfermement, est une bouffée d’oxygène grâce à un style débridé, fantasmagorique. La maîtrise technique, le talent et l’habileté de Mario Bava font le reste.
àVoir-àLire - Un must du cinéma horrifique italien des années 60...
Terreur vision - "Les Trois visages de la peur" selon Bava, s'intéresse tout autant aux victimes confrontées au sentiment de terreur, qu'aux monstres multifacette qui la véhiculent, aux apparences parfois trompeuses...