Répulsion - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
familles et jeune public groupes scolaires et parascolaires visiteurs en situation de handicap
FR | EN
accueil > à l'affiche au cinéma > Répulsion

Répulsion

ciné répertoire
Repulsion
Gb - 1965 - 1h44
sorti en France le 7 janvier 1966
Ours d'argent Berlin 1965
interdit aux moins de 16 ans
film - version originale sous-titrée en français
de

Roman Polański

scénario : Roman Polański, Gérard Brach, David Stone
direction de la photographie : Gilbert Taylor
musique ou chansons : Chico Hamilton
avec : Catherine Deneuve (Carole Ledoux), Yvonne Furneaux (Hélène Ledoux), John Fraser (Colin), Ian Hendry (Michael), Helen Fraser (Bridget), Patrick Wymark (le propriétaire), Valerie Taylor (Mrs Denise), Monica Merlin (Madame Rendesham), Renée Houston (Mrs Balch), James Villiers (John)
séances : semaine du mercredi 2 octobre 2013
mercredi 2 jeudi 3 vendredi 4 samedi 5 dimanche 6 lundi 7 mardi 8
18:30*
séance spéciale :
* mardi fantastique : "La Peur au féminin" séance organisée en partenariat avec Hidden circle. tarif spécial 2 films = 7 € voir fiche du film "Magic magic"

synopsis

Carol, jeune manucure belge, habite un appartement à Londres avec sa sœur Helen. Elle est renfermée et a des comportements bizarres. Elle n'aime pas Michael, l'amant de sa sœur, et sa présence dans la chambre voisine l'empêche de dormir la nuit. Le jeune Colin tente de la séduire mais elle repousse toutes ses avances. Helen part en voyage en Italie avec Michael, malgré les protestations de Carol qui ne veut pas rester seule...

notes de production

Décidément aucun producteur à Paris ne voulait de Si Katelbach arrive (plus tard Cul-de-sac) (1). On n’avait vraiment plus de fric, vraiment besoin de faire quelque chose. C’est alors que j’ai rencontré à Munich, à l’occasion d’une semaine du cinéma polonais, Gene Gutowski (2). Il était d’origine polonaise avec un passeport étatsunien, vivait à Londres, avait produit ou coproduit des feuilletons pour la tv Us, un film avec Carroll Baker (3)...
Le Couteau dans l’eau (4) venait de sortir en Angleterre avec de très bonnes critiques et un certain succès commercial. Gutowski m’a proposé une sorte d’association producteur-réalisateur, et m’a fait venir à Londres où l’activité cinématographique était beaucoup plus intense qu’à Paris. Après avoir fait le tour - sans succès - des grandes compagnies étatsunienes, on a rencontré Michaël Klinger et Tony Tenser. Ils faisaient fortune dans la production et la distribution de films semi-pornos, l’astuce consistant à avoir créé un "club" privé (avec des cotisations élevées), le "Compton cinema club" où les films étaient projetés en échappant à la loi britannique sur la censure. Klinger et Tenser, pris d’une soudaine envie de respectabilité, voulaient se lancer dans autre chose, produire un film, mais dans un genre quand même pas trop éloigné de ce qu’ils connaissaient. Il n’était pas question de faire Si Katelbach arrive avec eux, il leur fallait un film d’horreur...

Polanski par Polanski (ed Chêne, 1986)
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Cul-de-sac_%28film%29
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Gene_Gutowski
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Carroll_Baker
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Couteau_dans_l%27eau

Il s’agit du premier film de Polański tourné en langue anglaise.
Compton group avait engagé Roman Polański pour faire un film d’horreur. En réalité, il réalisa un drame psychologique centré sur une schizophrène que la répugnance envers la sexualité entraîne au meurtre.
(1) société anglaise spécialisée dans le porno soft qui souhaitait se refaire une virginité en produisant un film horrifique à budget réduit.
http://www.revue-eclipses.com/repulsion/revoir/elle-et-lhuis-clos-13-90.html

Après avoir tourné un sketch des Plus belles escroqueries du monde (5) à Amsterdam (1963), Roman Polanski avait séjourné à Paris et pensait travailler en France, un pays dont il possédait parfaitement l’usage de la langue. Une rencontre à Munich avec Gene Gutowski, au début de l’année 1964, allait orienter différemment sa carrière. C’est ainsi que fut décidé un séjour à Londres pour le tournage de Répulsion. Le choix de Catherine Deneuve traduit un attachement sentimental à la France. Le scénario donne à l’actrice un nom de fiction qui est celui du conservateur de la cinémathèque belge (6)
(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Plus_Belles_Escroqueries_du_monde
(6) http://fr.wikipedia.org/wiki/Mus%C3%A9e_du_cin%C3%A9ma_de_Bruxelles
Jacques Ledoux faisait partie du jury à Cannes en 1965 où Répulsion était présenté hors compétition.

C’est Polański qui insista pour avoir Gilbert Taylor comme chef opérateur. Son travail dans Docteur Folamour (6) et A Hard day’s night (7) l’avait impressionné.
(6) Docteur Folamour ou comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe (1964) de Stanley Kubrick
http://fr.wikipedia.org/wiki/Docteur_Folamour
(7) Quatre garçons dans le vent (1964) de Richard Lester avec les Beatles
http://fr.wikipedia.org/wiki/A_Hard_Day%27s_Night_%28film%29

Les fissures que Carole aperçoit dans le mur devaient s’ouvrir avec un levier. Il fallait les reboucher et les repeindre après chaque prise.
Le pont que traverse Catherine Deneuve est le pont de Hammersmith.
Les séquences de tournage ont eu lieu de juin à août 1964.
L’une des préoccupations essentielles de Roman Polanski était d’évoquer la puissance des odeurs dans le réalisme de la mise en scène. L’idée du lapin en décomposition fut, à cet égard, l’une des meilleures trouvailles du film.

Roman Polanski a reconnu avoir écrit cette histoire avec Gérard Brach uniquement pour pouvoir financer son film suivant, plus personnel : Cul-de-sac (1966).
Répulsion ouvre une trilogie thématique mettant en scène une histoire horrifique se déroulant en grande partie au sein d’un appartement. Il sera suivi par Rosemary’s baby (8) et Le Locataire (9).
(8) http://fr.wikipedia.org/wiki/Rosemary%27s_Baby_%28film%29
(9) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Locataire_%28film%29

A ceux qui crieront à l’invraisemblance du sujet, je rappellerai non seulement les archives de la Salpêtrière (10), mais certaines allusions éparses dans le film classique de Christensen, La Sorcellerie à travers les âges (11) ; et surtout, le dernier chapitre du beau livre de Maurice Heine, Confessions et et observations psycho-sexuelles (12). Présenté hors compétition au festival de Cannes (13), Répulsion, déjà interdit définitivement dans la libérale Suède (!), menacé de l’être en Italie, ne pouvait que diviser les amateurs. Son esthétique en coup de poing, encore que totalement orchestrée n’est pas de celles auxquelles vont en général mes suffrages : de Polanski, j’avais aimé beaucoup Les Mammifères (14), pas du tout Le Couteau dans l’eau. Je suis donc très dégagé pour dire que ce film, sur lequel il faudra revenir, consacre l’irruption du cauchemar sexuel sur l’écran d’une manière bien plus satisfaisante que The Haunting (15) de Robert Wise, où les implications quasi métaphysiques de la terreur étaient présentées séparément de leur explication psycho-sociale. Ici, autour d’un seul personnage se déploie et progresse une acrobatique nuée qui finit par tout obscurcir dans ses spirales : on se croirait au rebord de la terrasse qui, dans Vathek (16), communique directement avec le fuligineux palais d’Iblis (17). L’influence certaine de Bunuel, celle probable des Abysses, sont emportées dans la description d’un vertige qui finit par modifier jusqu’à l’univers matériel : le spectateur est entraîné bon gré mal gré dans ce viol monstrueux et solitaire d’une conscience par elle-même, conscience dont la somnambulique Catherine Deneuve offre l’incarnation pas si inattendue qu’on le croirait.
Gérard Legrand in Positif (n° 71, sept 1965)
(10) http://www.geneaservice.com/archives/salpetriere.php
(11) http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Sorcellerie_%C3%A0_travers_les_%C3%A2ges
(12) http://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Heine
(13) Et pendant ce temps-là, le jury présidé par Olivia de Havilland décernait le grand prix au film de Richard Lester Le Knack... et comment l’avoir, le prix spécial du jury à Kwaïdan de Masaki Kobayashi, un double prix d’interprétation à L’Obsédé de William Wyler et le prix du scénario à La Colline des hommes perdus de Sydney Lumet et à La 317ème section de Pierre Schœndoerffer.
(14) http://www.cinemotions.com/Les-Mammiferes-tt16110
(15) http://www.citebd.org/spip.php?film622
(16) http://fr.wikipedia.org/wiki/Vathek
(17) http://fr.wikipedia.org/wiki/Iblis

Carol au pays de l’ogre
Avec Répulsion, c’est bien d’un film ambitieux dont il s’agit. Certes, Polanski a d’abord voulu donner à son travail le maximum d’efficacité. Son but avoué, a-t-il lui même déclaré, était bien de faire peur. Cependant, au-delà de tous les effets, Polanski restitue le problème dans un contexte qui l’éclaire, le justifie dans une certaine mesure, qui multiplie ainsi les centres d’intérêt...
Le film achevé, son souvenir perpétue ce malaise et l’amplifie par le recul acquis. Les données réalistes se précisent, l’angoisse s’estompe dans certaines images chocs. Nous refaisons, comme on dit, la part des choses. Le beau regard indécis de Catherine Deneuve, sa démarche incertaine et gracieuse, la courbe de ses épaules ou le rythme de sa chevelure, ne sont pas parmi les moindres charmes que Répulsion, alors, nous aura prodigués.
Frédéric Vitoux in Midi/minuit fantastique ° 14 (juin 1966)

Lorsque nous avions tourné Répulsion en Angleterre, Roman était très peu connu. Le fait d’être les deux seuls Français, avec Gérard Brach, le scénariste du film, nous avait rapprochés - bien qu’il soit polonais. Roman parle parfaitement le français, mieux que l’anglais. J’étais jeune à l’époque, c’était juste après Les Parapluies de Cherbourg.
Catherine Deneuve in Les Cahiers du cinéma (1999)

Quand m’est venue l’idée de Répulsion, j’ai songé à elle. Sa personnalité, sa beauté, et sa façon de jouer me plaisaient. Disons-le, j’étais déjà un de ses admirateurs. Travailler avec elle fut une rencontre dont je me souviens avec nostalgie. Elle s’est mise entre mes mains, attendant chaque jour mes suggestions, me regardant comme un élève regarde un professeur en qui il a confiance. Notre seul différend eut lieu au cours d’une scène déshabillée. Elle portait, sous une chemise de nuit transparente, une culotte que je voulais qu’elle retire par souci de vérité. Elle était très gênée car c’était la première fois que cette femme pudique se dévoilait (9). Ce n’est pas à moi de dire si Répulsion fut un tournant de sa carrière, mais on l’a dit.
Roman Polanski in Femme (1991)
(9) Catherine Deneuve refusant de tourner nue sous sa chemise de nuit, Roman Polanski accepta de lui faire mettre un justaucorps de danse.

Roman Polanski
voir fiche du film The Ghost writer
http://www.citebd.org/spip.php?film532

Gérard Brach
Né le 23 juillet 1927 à Montrouge, décédé le 9 septembre 2006 à Paris.
Scénariste majeur du cinéma français par sa faculté à s’adapter à tout type d’univers...
http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9rard_Brach

Gilbert Taylor
Parfois crédité Gil Taylor, né le 12 avril 1914 à Bushey Heath (Hertfordshire), décédé le 23 août 2013 à Newport (Île de Wight).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gilbert_Taylor

Chico Hamilton
Né à Los Angeles le 21 septembre 1921.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Chico_Hamilton

Catherine Deneuve
voir fiche du film Les Bien-aimés
http://www.citebd.org/spip.php?film752

Yvonne Furneaux
Née Yvonne Élisabeth Scatcherd le 11 mai 1926 à Roubaix.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Yvonne_Furneaux

John Fraser
Né le 18 mars 1931 à Glasgow.
http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Fraser_%28acteur%29

Ian Hendry
Né le 13 janvier 1931 à Ipswich (Suffolk) et décédé le 24 décembre 1984 à Londres.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ian_Hendry.

Helen Fraser
http://www.programme-tv.net/biographie/3876-fraser-helen/cv/
http://www.notrecinema.com/communaute/stars/stars.php3?staridx=76237

Patrick Wymark
Né le 11 juillet 1926 à Cleethorpes (Lincolnshire), décédé le 20 octobre 1970 à Melbourne.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Wymark
http://www.scifi-universe.com/encyclopedie/personnalite/8348-patrick-wymark.htm
http://www.notrecinema.com/communaute/stars/stars.php3?staridx=17060

Renée Houston
http://www.scifi-universe.com/encyclopedie/personnalite/15671-renee-houston.htm
http://www.notrecinema.com/communaute/stars/stars.php3?staridx=79529

extrait(s) de presse

Critikat - Impossible de ne pas rapprocher ce film de "Psychose" d’Hitchcock...
Ciné cub de Caen - Polanski ne se permet ainsi aucune distraction, aucun effet gratuit dans sa mise en scène travaillant avec maîtrise la bande sonore...
Il était une fois le cinéma - L’œuvre de Polanski est ciselée dans le marbre...
Scifi universe - "Répulsion" est un captivant thriller psychologique à fortes tendances horrifiques...
Tcm cinéma - " Répulsion" est considérée à bien des égards comme matrice dans la filmographie du cinéaste...
Terreur vision - S'il épouse avec "Répulsion" certaines formes du cinéma Hitchcockien, Roman Polanski s'en démarque aussi en proposant un thriller psychologique, certes, mais flirtant -à la demande de ses producteurs- avec l'horreur...
Laterna magica - C’est l’impression d’une normalité dans le comportement de Carole qui rend le personnage si déstabilisant...
Cinémarium - "Répulsion" joue sur la dualité de ses univers...