berberian sound studio - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
familles et jeune public groupes scolaires et parascolaires visiteurs en situation de handicap
FR | EN
accueil > à l'affiche au cinéma > berberian sound studio

berberian sound studio

Gb - 2012 - 1h32
Prix spécial ex-æquo du jury, prix de la critique festival du film fantastique Gérardmer 2013
film - version originale sous-titrée en français
de

Peter Strickland

scénario : Peter Strickland
direction de la photographie : Nicholas D. Knowland
musique ou chansons : Broadcast, James Cargill, Trish Keenan
avec : Toby Jones (Gilderoy), Tonia Sotiropoulou (Elena), Cosimo Fusco (Francesco), Susanna Cappellaro (Veronica), Suzy Kendall (mère de Gilderoy), Hilda Peter (candidate), Antonio Mancino (Santini), Eugenia Caruso (Claudia)
séances : semaine du mercredi 12 juin 2013
mercredi 12 jeudi 13 vendredi 14 samedi 15 dimanche 16 lundi 17 mardi 18
16:00
20:00
20:00
20:00
20:00
18:15
20:00
20:00

synopsis

1976 : Berberian sound studio est l'un des studios de postproduction les moins chers et les plus miteux d'Italie. Seuls les films d'horreur les plus sordides y font appel pour le montage et le mixage de leur bande sonore. Gilderoy, un ingénieur du son naïf et introverti tout droit débarqué d'Angleterre, est chargé d'orchestrer le mixage du dernier film de Santini, le maestro de l'horreur. Laissant derrière lui l'atmosphère bon enfant du documentaire britannique, Gilderoy se retrouve plongé dans l'univers inconnu des films d'exploitation, pris dans un milieu hostile, entre actrices grinçantes, techniciens capricieux et bureaucrates récalcitrants. À mesure que les actrices se succèdent pour enregistrer une litanie de hurlements stridents, et que d'innocents légumes périssent sous les coups répétés de couteaux et de machettes destinés aux bruitages, Gilderoy doit affronter ses propres démons afin de ne pas sombrer…

notes de production

Le lieu de l’action est un studio de montage et de mixage des bandes sonores de films d’horreur, situé en Italie. La décoratrice Jennifer Kernke a reconstitué le studio et s’est chargée de trouver les accessoires des années 1970 : pour l’auditorium et le studio, nous voulions créer une sorte de garage fait de bric et de broc, et donner l’impression que l’on pénètre dans l’antre d’un bidouilleur de génie, indique-t-elle.

Dans le film, la musique occupe une place centrale. Peter Strickland est par ailleurs fasciné par les sons et musiques expérimentales, et a mis cette passion à profit dans son long métrage. Le terme berberian contenu dans le nom du studio - et, ipso facto, dans le titre du film, Berberian sound studio - est un clin d’œil à la chanteuse américaine Cathy Berberian (1), mariée à l’un des pionniers de la musique électro-acoustique. Le cinéaste a lui-même fait partie d’un groupe d’électro-acoustique : The Sonic catering band.
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Cathy_Berberian

Le film est britannique, mais la trame se déroule en Italie, le casting inclut donc des acteurs de nationalités différentes, et une partie des dialogues est en italien. Le protagoniste est incarné par le comédien anglais Toby Jones. Trois des acteurs sont italiens : Antonio Mancino, Cosimo Fusco et Salvatore Li Causi. Tonia Sotiropoulou, qui interprète la secrétaire, est quant à elle de nationalité grecque.

Pour le réalisateur, Berberian sound studio n’est pas à proprement parler un film d’horreur, dans le sens où il s’agit plutôt d’un jeu autour du genre en tant que tel : l’horreur constitue le point de départ du scénario, mais Berberian sound studio n’est pas un film d’horreur en soi. Je dirais que le principe était de rebondir sur le genre, d’établir dès le départ qu’il n’y aurait ni sang, ni meurtres, mais tout en conservant un côté effrayant. Ce qu’il y a de bien avec ce genre, c’est qu’il a une histoire, des règles et des codes qui lui sont propres, et qu’on ne peut pas manipuler à loisir, déclare Peter Strickland.

Avec ce film d’horreur sombre et très stylisé, le cinéaste Peter Strickland ne se cache pas d’avoir voulu réaliser un film hommage au genre italien du giallo, terme désignant des films criminels glauques et sanglants.

Selon l’acteur principal, Toby Jones, le film pose la question du rapport qu’entretient le spectateur de cinéma à la violence à laquelle il est confronté dans les films qu’il regarde : Gilderoy regarde l’écran, il n’a pas le choix, et il se retrouve non seulement impliqué, mais presque absorbé par ces films, qui finissent par le dévorer. Je pense que Peter [Strickland] s’interroge sur la façon dont ce que nous regardons et notre façon de le regarder peut nous corrompre, et sur la manière dont la violence entame graduellement notre seuil de tolérance.

Berberian sound studio traitant de l’univers du son, Peter Strickland a invité des artistes expérimentaux à apparaître dans son film : le film n’aurait rimé à rien si nous ne nous étions pas entourés de gens qui évoluent vraiment dans cet univers. Tout tourne tellement autour du son, je pense qu’il était important que certains personnages utilisent ce matériau pour des expositions ou des créations musicales dans la vraie vie. Mettre ces personnes méconnues à l’honneur semblait tout indiqué, révèle-t-il. Parmi ces artistes, on peut citer Pal Toth (2) ou Jean-Michel Van Schouwburg.
(2) http://www.festival-larochelle.org/realisateur-pal-toth

Berberian sound studio est le second long métrage de Peter Strickland. Il a reçu l’Ours d’Argent, à Berlin, en 2009, pour son premier film, le thriller Katalin Varga (3).
(3) http://www.citebd.org/spip.php?page=cinemarecherche&id_film=294&alpha=11&a=2013&m=6#film

Le tournage de Berberian sound studio a débuté au mois de mars 2011, et s’est déroulé dans les Three mill studios, à Londres. Une première pour le réalisateur, Peter Strickland, qui avait tourné la totalité de son premier film en extérieurs.

Peter Strickland
Né en 1973 à Reading.
voir la fiche du film Katalin Varga
http://www.citebd.org/spip.php?page=cinemarecherche&id_film=294&alpha=11&a=2013&m=6#film

Nicholas D. Knowland
http://www.cinemotions.com/Nicholas-D-Knowland-nm215321

Trish Keenan
http://www.purepeople.com/article/trish-keenan-la-chanteuse-de-l-ovni-broadcast-est-morte_a71898/1

Toby Jones
Né le 7 septembre 1967.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Toby_Jones

Tonia Sotiropoulou
http://www.premiere.fr/Star/Tonia-Sotiropoulou-3310136
http://www.programme-tv.net/news/cinema/32284-tonia-sotiropoulou-nouvelle-james-bond-girl/

Cosimo Fusco
Né le 23 septembre 1962 à Matera.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cosimo_Fusco

Susanna Cappellaro
http://www.cinemotions.com/Susanna-Cappellaro-nm1460908

Suzy Kendall
Née Frieda Harrison le 1er janvier 1944 à Belper.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Suzy_Kendall

Hilda Peter
http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=248844.html

extrait(s) de presse

Charlie hebdo - Esthétiquement, "Berberian Sound Studio" est une merveille, souvent intelligente (...), et les aficionados d'Argento (...) auront de quoi s'occuper.
Critikat - Exercice de style dont la rudesse en découragera plus d'un, le film est pourtant une déclaration d'amour au cinéma d'une grande et belle intensité.
Le Figaro - A sa manière, pertinente et impertinente, Peter Stricklande rend hommage au giallo, film de genre erotico-horrifique qui connut son heure de gloire dans les années 60.
Le Monde - On peut voir le film de Peter Strickland (...) comme un hommage cinéphile, un film de terreur, une comédie étrange et une relecture des clichés cinématographiques pas très éloignée de ce qui a rendu Brian De Palma célèbre.
Les Inrocks - C'est très beau. La force du geste de Strickland est de dénuder la magie du ["giallo"] pour mieux le ré-enchanter. (...) Ces (...) déviations originales culminent dans l'idée rondement exécutée de faire de "Berberian sound studio" un "giallo" sans meurtre.
Positif - Chez Strickland, le cinéma écoute pour mieux voir. il fusionne le sexe et l'horreur dans un giallo invisible à l'oeil nu.
Paris match - Insolite, virtuose, et vertigineusement hermétique, ce drôle d'objet cinématographique est à regarder de toutes ses oreilles.
àVoir-àLire - Que les fans soient bien prévenus, les seules victimes ici sont des fruits et des légumes que les bruiteurs écrasent pour signifier des morts violentes que l'on ne voit jamais à l'écran. Peter Strickland a donc eu le mérite d'inventer le premier film d'horreur végétarien.