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pourquoi dalí par baudoin

par Jeanne Alechinsky

La directrice de l’ouvrage explique le choix, par le Centre Pompidou, de confier à Edmond Baudoin le soin de dessiner la biographie de Dalí.

Les Éditions du Centre Pompidou, où je travaille depuis six ans, publient principalement les catalogues des expositions du musée. C’est leur rôle et nous le faisons avec exigence et sérieux. Mais, en les regardant d’un autre œil, je m’aperçus qu’une bonne partie du public qui venait vibrer dans les salles de nos musées devait se sentir bien décontenancé et bien seul parfois face aux textes pas toujours accessibles de nos ouvrages imposants. Où retrouver cette vibration, ces émotions ressenties pendant l’exposition ?
Où retrouver l’intimité ? Certainement pas entre les lignes des historiens d’art qui, si elles ont le mérite de servir grandement les avancées scientifiques, n’ont pas pour vocation de s’attacher à l’émotion. Je me suis alors tournée du côté de l’intime et de l’émotion et, juste là, il y avait la bande dessinée. J’ai toujours été intéressée par cette facilité d’accès que la bande dessinée donne avec le sentiment, cette empathie que l’on ressent avec les personnages qui évoluent sous nos yeux. J’aime aussi quand elle nous laisse utiliser notre imagination, activer nos réseaux de sensibilité et nous permet de voyager comme ça, en nous, par le trait, sans emprisonner.
La grande exposition « Dalí » approchait au Musée national d’art moderne (21 novembre 2012 - 25 mars 2013), et avec elle sa somme d’écrits et de réflexions issues de recherches en tout genre. L’idée d’un titre dans lequel le monde d’un grand artiste serait réactivé, offert à voir à travers les yeux d’un autre créateur s’est alors imposée. La rencontre de deux univers pour laisser vivre le regard d’un humain sur un autre humain, avec pour lien entre eux le procédé artistique. Forte de cette proposition, je suis allée trouver José-Louis Bocquet, éditeur chez Dupuis, sous les conseils avisés de Jean-Christophe Delpierre, et nous nous sommes parfaitement entendus
sur la pertinence d’une coédition de nos deux maisons pour un tel titre. Ensuite, vint le fameux moment de trouver l’autre, celui qui pourrait donner vie à cette réactivation. Edmond Baudoin nous est apparu comme l’auteur idéal, tant dans son rapport à l’autobiographie que dans la force immense de son dessin. Il nous fallait un auteur avec un univers solide, un guerrier du trait qui ne se laisserait pas engloutir par l’atmosphère Dalínienne.
L’année qui suivit, nous avons travaillé, lu, vu, recherché, écrit, fouillé, réécrit pour arriver à rester exigeants historiquement tout en laissant à Edmond la possibilité de nous livrer ses impressions sensibles du peintre. Étudier pour mieux comprendre l’humain qu’était Dalí. Nous avons été particulièrement attentifs à son enfance, ses écrits, ses pensées intimes, ses peurs entre les performances, sa solitude, bref, à tout ce qui s’écrivait en creux dans sa carrière extravagante. Dalí par Baudoin s’augmente d’une biographie de Salvador Dalí issue de notre travail précis de recherches, ainsi que d’une bibliographie pour ceux qui souhaiterait aller plus loin.

Edmond Baudoin pendant le vernissage de l'exposition (photo : Jeanne Alechinsky)