sur la piste du marsupilami
film d’Alain Chabat (Pathé)
Après les Schtroumpfs récemment transportés à New-York, le cinéma s’empare d’une autre icône de l’âge d’or du journal Spirou, devenue un prolifique spin-off : le Marsupilami.
L’animal fabuleux adjoint en 1952 par André Franquin aux intrépides Spirou et Fantasio - puis héros de sa propre série dessinée par Batem depuis 1987 - avait depuis longtemps envahi les chambres d’enfants sous formes de poster, figurine en latex, porte-clés et autres produits dérivés. Mais les adaptations en dessin animé (deux séries diffusées sur petit écran) avaient divisé les fidèles lecteurs, dont l’inquiétude s’éveillait parfois à l’annonce de ce premier long-métrage : à l’instar des petits lutins bleus, la star de Marsu productions affichait des allures de peluche artistiquement suspectes... Heureux soulagement, Alain Chabat - un temps dessinateur puis scénariste de bandes dessinées, avant l’avènement des Nuls - a su conserver de son adaptation d’Astérix (Mission Cléopâtre) la juste prise de distance entre la restitution globale d’une narration particulière, et les emprunts plus graphiques à un univers visuel bariolé. Délaissant ainsi la stricte retranscription de tel ou tel album, le réalisateur et acteur incarne ici un reporter raté en quête de scoop pour sauver sa carrière.
Arrivé en Palombie (pays fictif d’Amerique latine), il va vivre en compagnie d’un guide touristique surprenant (Jamel Debbouze bien employé), une aventure mouvementée et souvent très drôle, jusqu’à rencontrer l’animal mythique qu’on « croyait qu’il n’existait pas et finalement qui n’existe ». Résolument familial, le film, sur une trame des plus classiques, n’en délivre pas moins une salve de gags assez cocasses dont les moins politiquement corrects renouent avec un "esprit canal" ailleurs perdu de longue date, dont Franquin et son célèbre gaffeur furent parmi les inspirateurs. On regrettera en revanche, outre une interminable exposition, d’autres plaisanteries lourdement potaches ou un peu trop référencées, et surtout des rebondissements inutiles dont une ennuyeuse chorégraphie et une laborieuse prophétie. Mais le visible amusement des comédiens à l’unisson (dont Lambert Wilson en hilarant dictateur d’opérette) achève d’emporter la sympathie et les francs éclats de rire en conclusion de cet authentique plaisir d’enfant gâté, dont paraît également l’adaptation dessinée dans le dernier album de la série. (GCo)
le livre d’Alain Chabat et Batem : Sur la Piste du Marsupilami. Marsu Prod. / 11,90€.

































