motherfucker, t.1 - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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motherfucker, t.1

de Sylvain Ricard et Guillaume Martinez (Futuropolis)

À travers une histoire des années ségrégationnistes des États-Unis, le très talentueux Sylvain Ricard, rompu aux causes sociales qu’il a l’habitude d’évoquer dans ses œuvres, présente ici un très beau portrait humain dans un récit profondément humaniste.

Los Angeles, fin des années 1960. Trentenaire et noir américain, Vermont Washington vit avec sa femme et sa fille chez son père et ne gagne presque pas d’argent puisque son occupation quotidienne consiste à distribuer des journaux militants du mouvement politique dont il fait partie, les Black Panthers. Souffrant de la ségrégation que subit son peuple, il s’indigne, provoque et surtout tente de se frayer un chemin dans la vie, entre intégration sociale difficile et refus des valeurs établies, entre militantisme aveugle et volonté de faire valoir ses principes.

Prévue en deux tomes, cette histoire revient sur une prédiode sombre des États-Unis et dresse le portrait d’un jeune militant refusant obstinément les injustices dues à sa couleur de peau : il représente l’archétype même du militant des Black Panthers des années 1960. Sylvain Ricard, excellent scénariste habitué à l’évocation de causes sociales sensibles (violences conjugales, prisons) voire tabou (euthanasie, colonisation), construit intelligement son récit puisqu’il évite de stigmatiser son propos et ne tombe jamais dans la facilité de l’idéalisme ou du manichéisme. Parfaitement adapté à la gravité du propos, le dessin de Guillaume Martinez présente un noir et blanc au style réaliste dans un lavis à l’encre de Chine de toute beauté. Si ce premier tome se focalise sur les discriminations quotidiennes telles que l’inégalité devant l’emploi, le logement ou l’éducation, et fait habilement monter les tensions, on imagine déjà un second tome qui, au regard de l’Histoire, ne sera guère heureux... (AC)

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