musée : l’exposition permanente renouvelée - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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musée : l’exposition permanente renouvelée

tout un nouveau musée à découvrir cet été

Après la parenthèse exceptionnelle qu’a constitué, de fin janvier à début mai 2012, la présentation du Musée privé d’Art Spigelman, le musée de la bande dessinée reprend le cours normal de ses présentations saisonnières, comme toujours riches de trésors et de surprises. Pour l’été 2012, les fans avertis comme les simples curieux ont de quoi se réjouir, s’informer et s’émerveiller.

La Cité internationale de la bande dessinée et de l’image vous invite à découvrir tout au long de l’été la sélection des planches originales et des imprimés que le musée de la bande dessinée a sélectionné pour vous.
Comme le savent bien les habitués, le musée de la bande dessinée change en effet trois fois par an l’ensemble des pièces présentées dans sa salle d’exposition permanente, afin de respecter les règles de conservation qui s’appliquent aux documents papier. Ceux-ci doivent être présentés dans des conditions strictes de température, d’humidité et d’éclairage. Au bout de quatre mois, ils retournent dans les réserves du musée, où ils doivent demeurer au moins trois ans. Ce qui explique le renouvellement régulier des œuvres offertes à la délectation du public. Ainsi le musée de la bande dessinée n’est-il jamais ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre, pour le plaisir sans cesse renouvelé de ses visiteurs…
Le parcours historique permet par exemple de découvrir un carnet inédit de Cham (Amédée Charles Henri de Noé, 1818-1879), fils d’un pair de France. Saisi dès sa jeunesse de la passion du dessin, Cham a été l’un des précurseurs français de la bande dessinée, avant de devenir un caricaturiste extrêmement populaire dans la seconde partie du XIXème siècle. Nubis, voyage dans la lune raconte sur un ton pince-sans-rire l’histoire d’un imprudent voyageur qui s’envole vers la Lune dans un aérostat et fait la rencontre de Luniens dont il comprendra à ses dépens les mœurs étranges. Jamais repris ni publié, ce document unique a été acquis par le Musée lors d’une succession familiale.
Les amateurs des classiques français d’avant-guerre, peuvent admirer, à côté de recueils imprimés et de numéros de la revue L’Épatant, les planches de trois des plus importants dessinateurs de ce trio de mauvais sujets que furent Les Pieds Nickelés : Perré reprit la série en 1934, après la mort de Forton, et Pellos modernisa la série en 1948 et la dessina jusqu’en 1981. Quant à Forton, le créateur de Filochard, Croquignol et Ribouldingue, nous vous offrons de découvrir une planche originale de son autre grande série, Bibi Fricotin, créée en 1924.
Les tintinophiles peuvent cet été admirer quelques rares éditions des albums du reporter inventé par Hergé en 1929, et de tout aussi rares numéros du Petit Vingtième, supplément hebdomadaire pour la jeunesse du quotidien belge Le Vingtième Siècle. Comme nul ne l’ignore désormais, c’est dans Le Petit Vingtième que Tintin fit ses premiers pas.
Les grands précurseurs de la bande dessinée américaine sont également présents : Winsor McCay, le créateur de Little Nemo in Slumberland, avec une superbe planche imprimée datant de plus d’un siècle et Frank B. Opper, pionnier moins connu des comics américains, dont les séries And Her Name Was Maud (sur une mule aux coups de sabots ravageurs) et Happy Hooligan (un vagabond innocent sempiternellement coiffé d’une boite de conserve) volontiers grinçantes sont d’une étonnante modernité graphique.
En cours d’achat par le musée, l’intégrale reliée des planches originales des Aventures de Rosalie d’Edmond-François Calvo, grand maître français de la bande dessinée des années 30 à 50, sera également visible. Surtout connu pour La Bête est morte !, Calvo est considéré comme l’un des plus grands graphistes de la bande dessinée mondiale. Salué par Art Spiegelman ou Robert Crumb, il a été la première influence d’Albert Uderzo, qui ne manque jamais de lui rendre hommage.
Cette présentation estivale comprend également des planches d’auteurs récemment disparus : le dessinateur belge Eddy Paape pour une planche de la série d’aventure Valhardi, parue dans Spirou dans les années 1950 et une superbe planche de Blueberry du regretté Jean Giraud, alias Mœbius, qui fit les beaux jours de Pilote dans les années 1960 et de Métal Hurlant dans les décennies suivantes.
De son côté, la bibliothèque de la bande dessinée a sorti plusieurs trésors de ses réserves : de rares numéros de la revue argentine Hora Cero pour laquelle Hugo Pratt, le père de Corto Maltese, a dessiné dans les années 1950 des couvertures où s’exprime sa passion de toujours pour l’histoire des uniformes militaires.
Maître français de la bande dessinée policière par ailleurs hanté par la Première Guerre mondiale, Jacques Tardi est présent dans cette exposition grâce à de rares documents : une planche en couleur directe parue dans l’un des premiers numéros de Métal Hurlant, au milieu des années 1970 et surtout une carnet préparatoire à la réalisation du deuxième tome des Aventures d’Adèle Blanc-Sec, qui permet de pénétrer dans le processus de création d’une œuvre : il s’agit découpage grossièrement dessiné de l’ensemble de l’histoire, agrémenté de commentaires manuscrits de l’auteur et de signes (flèches, points d’interrogations…) qui fonctionnent comme autant de recommandations que le dessinateur s’adresse à lui-même.
Dans le même ordre d’idée, la section dite de « l’atelier », où l’on expose les différentes étapes de la réalisation d’une bande dessinée, contient un lot de pièces rares, à savoir une partie du scénario du Fil qui chante, tapé à la machine par le scénariste René Goscinny, dont ce fut la dernière contribution à la série Lucky Luke, et un courrier manuscrit du dessinateur Morris au même Goscinny. Cette lettre datée d’avril 1975, qui concerne également Le Fil qui chante, montre que les échanges entre le scénariste et son dessinateur étaient précis, documentés et empreint d’une souriante cordialité. Ces documents font partie du don que la veuve de René Goscinny fit au musée au début des années 1990.
Les fans de bande dessinée contemporaine trouvent également leur bonheur dans cette sélection : l’Américain Chris Ware (auteur réputé de Jimmy Corrigan), les français Killoffer, Emmanuel Guibert et Lewis Trondheim (avec un carnet déposé contenant une partie de l’histoire Ile Bourbon, 1730) sont exposés, ainsi qu’une planche récemment acquise d’Un homme est mort d’Étienne Davodeau sur scénario de Kris.
S’il est vrai que la présentation du musée s’organise principalement autour d’un axe « franco-américain », les curieux auront de quoi assouvir leur soif d’exotisme dessiné en découvrant des pages des britanniques Hunt EmersonFrank Bellamy, Sydney Jordan, de l’Allemand Rolf Kauka, du Chinois Weixiao Ming, de l’argentin Copi, de l’espagnol Jesus Blasco
De quoi voyager en images, sans quitter les salles du musée !