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art spiegelman

Né le 15 février 1948 à Stockholm, alors que ses parents, juifs polonais rescapés des camps, sont sur le chemin de l’exil qui les conduira vers leur nouvelle patrie, les États-Unis, Art Spiegelman est une figure majeure de la bande dessinée mondiale. L’histoire tragique de sa famille marque toute son œuvre.
Après quelques travaux de jeunesse, déjà dévolus à cette bande dessinée qui le fascine et le nourrit depuis son enfance, le parcours professionnel de Spiegelman s’amorce véritablement au début des années 70, lorsque paraissent ses premiers strips dans diverses revues underground et psychédéliques américaines comme Zap Comics. Il vit alors intensément l’essor de la contre-culture aux États-Unis, côtoie quelques figures majeures de la bande dessinée comme Robert Crumb, et voit finalement paraître son premier recueil, Breakdowns, en 1978.
Art Spiegelman © Nicolas Guérin 2011Devenu, dès cette époque, une figure emblématique de la bande dessinée américaine alternative, Art Spiegelman crée en 1980, avec son épouse française Françoise Mouly, une revue devenue mythique, RAW. Il y publie notamment toute l’avant-garde de l’illustration et de la bande dessinée américaine, comme Gary Panter ou Charles Burns, ainsi que de nombreux auteurs européens d’envergure majeure (Loustal, Mattotti, Swarte, Masse, Mariscal, Tardi, etc.) qu’il fait ainsi découvrir aux lecteurs d’outre-Atlantique.
Mais c’est surtout là, dans les pages de RAW, qu’il fait paraître pour la première fois le grand projet qui l’occupe depuis des années : Maus - A Survivor’s Tale (devenu en français Maus, Un survivant raconte), extraordinaire récit où le dessinateur, sous les dehors d’un récit animalier, entremêle la chronique autobiographique (notamment le compte-rendu saisissant de sa relation difficile avec son père) et le récit tragique de la déportation des juifs de Pologne. Rapidement publié en album, et immédiatement identifié comme une œuvre phare de la bande dessinée, le livre sera traduit partout dans le monde (c’est Flammarion qui en assure la traduction en langue française, en deux volumes publiés respectivement en 1987 et 1992) et vaudra notamment à son auteur le prestigieux Prix Pulitzer [1].
Dans les années 90, Art Spiegelman collabore au non moins prestigieux magazine The New Yorker, et signe plusieurs œuvres dans des registres variés : The Wild Party, d’après un poème de Joseph Mancure March, Open Me… I’m A Dog, un livre pour enfants et Crime Does Not Pay, un « comics opéra » dont il réalise livret et décors. Très marqué par les événements tragiques du 11 septembre 2001 à New York et aux États-Unis, auxquels il assiste si l’on peut dire aux premières loges, il réagit en faisant paraître en 2004 In The Shadow of No Towers (en français À l’ombre des tours mortes, publié par Casterman).
Plus récemment, en 2008, les lecteurs ont pu découvrir une nouvelle édition de son premier livre Breakdowns, assorti de quelques récits inédits (l’édition française de l’ouvrage paraît chez Casterman). L’année suivante, en 2009, paraît chez le même éditeur Be A Nose, une surprenante compilation de ses carnets de croquis.
En 2011, pour le vingt-cinquième anniversaire de Maus, Art Spiegelman livre MetaMaus, Un nouveau regard sur Maus, un classique des temps modernes, livre-somme sur l’élaboration de son chef-d’œuvre, accompagné d’un DVD rassemblant quantité de documents. L’édition française paraîtra chez Flammarion en janvier 2012.

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[1Rarement attribué à des cartoonists : avant lui seuls l’avaient obtenu Rube Goldberg (1948), Jeff McNelly (Shoe, 1972, 1978 et 1985), Garry Trudeau (Doonesbury, 1975), Mike Peeters (Grimmy, 1981), Jules Feiffer (Feiffer, 1986), Berke Breathed (1987). Même si certains l’ont obtenu pour leurs « editorial cartoons », ils ont tous par ailleurs pratiqué la bande dessinée. Mais c’est la première fois - jamais rééditée depuis - qu’un cartoonist reçoit ce prix (pour l’occasion qualifié de « spécial ») pour un livre de bande dessinée.