bande dessinée et peinture - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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bande dessinée et peinture

[novembre 2011]

Ils sont passés de la bande dessinée à la peinture. un voyage définitif pour certains, des allers et retours pour d’autres... À l’occasion de l’exposition une autre histoire : bande dessinée, l’œuvre peint, la Cité vous propose un dossier documentaire sur le dialogue de la bande dessinée avec la peinture, et de découvrir quelques-uns parmi les auteurs qui passent de la planche à la toile et vice versa.

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jijé

- Jijé (Joseph Gillain, dit - 1914-1980)
Pilier du Journal de Spirou dans les premières années de l’après-guerre, collaborateur de Pilote à partir de 1966, Jijé s’est illustré dans l’aventure humoristique (Blondin et Cirage, Spirou), l’aventure aéronautique (Tanguy et Laverdure), l’aventure journalistique (Jean Valhardi), l’aventure dans la jungle (Blanc Casque), la flibuste (Barbe-Rouge), le western (Jerry Spring), l’humour (Blondin et Cirage)… Ce croyant fervent a également raconté la vie de Jésus en bande dessinée et des vies de grandes figures de la chrétienté (Don Bosco, Charles de Foucauld, Baden Powell…). Dessinateur généreux et versatile, il a inspiré et formé plusieurs grands noms de la BD franco-belge (Morris, Franquin, Will, Mézières, Giraud…).
Une exposition a été consacrée en 2010 à son travail de peintre à La Maison de la bande dessinée (Bruxelles). On peut encore visiter la Galerie de ses tableaux et sculptures.

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- Paul Cuvelier (1923-1978 – Belgique)
Paul Cuvelier, qui se rêvait peintre et sculpteur, a œuvré dans l’hebdomadaire Tintin dès sa création en 1946, suscitant l’admiration d’Hergé. Sa carrière de dessinateur de bande dessinée (on lui doit les aventures de Corentin Feldoë, quelques épisodes de la série Line, mais aussi Epoxy, album érotique cosigné avec Jean Van Hamme, en 1968) a été plusieurs fois interrompue par les tentatives qu’il faisait de s’établir, sans succès, comme peintre et sculpteur. Son œuvre picturale, où l’érotisme occupe une place centrale, a été redécouverte après sa mort.
On peut voir peintures et dessins ici.

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Guy Pellaert


- Guy Peellaert (1934-2008 – Belgique)
En 1966, Guy Peellaert marque l’époque avec Jodelle (scénario de Pierre Bartier), BD « pop art » publiée par Eric Losfeld. Elle sera suivie dans la même veine deux ans plus tard par Pravda la survireuse, scénarisée par le futur réalisateur Pascal Thomas. En 1969, Peellaert s’éloigne de cette esthétique et expérimente avec Carashi !, bande qui mêle dessin et photo. Il se tourne ensuite vers l’illustration (Rock Dreams, recueil d’images à l’aérographe paru en 1973 sur des textes de Nick Cohn), la peinture, le décor de théâtre, l’affiche et le clip vidéo. Ses œuvres, souvent monumentales, ont été maintes fois exposées en France et dans le monde.
le site de Guy Peellaert

- Edmond Baudoin (1942 – France)
En 1968, le jeune peintre Edmond Baudoin vient à la bande dessinée pour des raisons initialement alimentaires. Il y prend goût et édite chez Futuropolis des albums en noir et blanc qui marquent par leur spontanéité graphique et leur ton de plus en plus autobiographique. Considéré aujourd’hui comme l’un des grands noms de la bande dessinée européenne, il a également travaillé avec les scénaristes Frank et Lob, adapté ou illustré J.M.G. Le Clézio, Jean Genet et Mircea Cărtărescu et participé à plusieurs expériences mêlant danse et dessin.

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"Nous connaissions la puissance suggestive du dessin d’Edmond Baudoin dont les traits ou les lueurs noires montraient le monde tel qu’il est, c’est-à-dire purement psychique. Mais la dimension picturale nous dévoile aujourd’hui de nouvelles densités poétiques. Ces peintures sont à la fois des arrêts sur image, comme des prélèvements surnaturels d’une narration qui nous échappe, et des pensées qui contiennent toute l’histoire." (Jean-Luc Coudray, au sujet du livre Deux ou trois choses qui me sont inconnues, chez Zanpano)
le site d’Edmond Baudoin

- Philippe Druillet (1944 – France)
Découvert en 1966 par l’éditeur Eric Losfeld, révélé par Pilote en 1970 (Les Sept voyages de Lone Sloane puis Délirius (scénario de Jacques Lob), Druillet conçoit ses récits comme des suites de grandes fresques baroques aux couleurs contrastées offrant cependant la possibilité d’une lecture narrative effective. Grand amateur de science-fiction et de fantastique, marqué graphiquement par Gustave Moreau et tous les symbolistes, mais aussi par Jack Kirby, Druillet pratique également la peinture, la sculpture de pâte de verre, le décor d’opéra, l’affiche de film, la réalisation de dessins animés…
- voir les peintures et sculptures sur le site de Philippe Druillet.

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Florence Cestac

- Florence Cestac (1949 – France)
Normande de naissance, Florence Cestac est passée par les Beaux-arts de Rouen et les Arts déco de Paris avant de devenir libraire et éditrice sous l’enseigne de Futuropolis. Les difficultés de la maison d’édition à la fin des années 80 l’orientent vers la bande dessinée pour enfants et adultes, qu’elle pratique exclusivement dans le style « gros nez ». Entre observation narquoise de ses contemporains et tranches autobiographiques hilarantes, elle a produit à ce jour une vingtaine de titres. Elle expose périodiquement dans les galeries ses œuvres plastiques, consistant en détournement de tableaux amateurs et volumes en papier mâché.
la galerie de Florence Cestac.

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Alex Barbier

- Alex Barbier (1950 – France)
Ancien étudiant des Beaux-arts de Nantes, il fait une brève incursion dans l’enseignement artistique avant de publier ses premières planches dans Charlie Mensuel en 1974. Après une éclipse à partir 1982 où il se consacre à la peinture, il revient à la bande dessinée en 1994. Marqué par Francis Bacon et le système narratif de William S. Burroughs, il travaille en couleur directe et produit des pages aux tons contrastés, où la déviance, la violence et la sexualité occupent une place centrale.
- à lire : entretien avec le dernier fauve du XXe siècle

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Lorenzo Mattotti

- Lorenzo Mattotti (1954 – Italie)
Né en Lombardie, Lorenzo Mattotti vit à Paris. Formé en architecture, il produit tout d’abord des bandes dessinées marquées par l’underground américain et les maîtres du noir et blanc Hugo Pratt et Alberto Breccia. Sa participation en 1980 au groupe Valvoline ravive une passion pour la couleur. Exécutés à l’huile et aux pastels, Feux (1986) et Murmures (1989) lui ont valu une reconnaissance internationale. Illustrateur renommé (il a travaillé pour The New Yorker, Vanity Fair, Le Monde…) c’est également un peintre dont la production a fait l’objet d’une quarantaine d’expositions dans des galeries privées.
le site de Mattotti

- Loustal (Jacques de Loustal, dit) (1956 – France)
Il étudie l’architecture mais dessine pour des revues amateurs et place bientôt des illustrations dans les magazines. Sa rencontre avec le scénariste Philippe Paringaux va déboucher sur la publication d’une demi-douzaine de titres de tonalité littéraire où des personnages au bout du rouleau tentent d’échapper à leur destin. Il a également travaillé avec Jerome Charyn et adapté Jean-Luc Coatalem. Marqué par le jazz et les voyages, il mène aussi une prolifique carrière d’illustrateur et de peintre, notable pour la luminosité de sa palette.


Visite de "Clair Obscur" avec Jacques de loustal
le site de Loustal

- Thierry Van Hasselt (1969 – Belgique)
Passionné par les expérimentations techniques (il a successivement travaillé au crayon, à l’aquarelle, à la peinture à l’huile, sur rhodoïd…) et les rencontres (avec la chorégraphe Karines Ponties et la romancière Mylène Sauzon), Thierry Van Hasselt pratique comme une évidence l’interdisciplinarité. Ses participations comme graphiste à des spectacles de danse (Holeulone, Brutalis) aboutissent à la publication d’ouvrages inclassables, mais travaillés par la question de la narration. Il est aussi l’un des responsables du collectif Fremok.

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Thierry Van Hasselt

- Jochen Gerner (1970 – France)
Illustrateur pour la presse et l’édition jeunesse, il a pratiqué l’autobiographie (Courts-circuits géographiques), l’expérimentation formelle (il est l’un des membres les plus actifs de L’Ouvroir de Bande dessinée Potentielle) à base de listes (Contre la bande dessinée), de recouvrement (TNT en Amérique) et d’analyse diagrammatique (Objectif secret). Toujours teintés d’humour, ses travaux se reconnaissent à leur élégant minimalisme graphique. Ce Lorrain qui a un pied dans le monde de la bande dessinée et une autre dans l’art contemporain dit aimer les frontières. Pour les franchir.
le site de Jochen Gerner

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Jochen Gerner

- Ludovic Debeurme (1971 – France)
Fort d’une douzaine d’ouvrages publiés sur le même nombre d’années, Ludovic Debeurme est l’un des artistes marquants de la nouvelle génération des auteurs de bande dessinée française. Explorateur d’un monde onirique, autobiographe d’une narquoise candeur, il touche par un sens du bizarre qui le rapproche d’Edward Gorey et de Roland Topor. Marqué par la psychanalyse et l’expression des fantasmes, il traite ces thèmes dans un graphisme épuré et un goût profond des jeux de l’enfance.


La leçon de dessin par Ludovic Debeurme

- Olivier Bramanti (1971 – France)
D’une enfance passée en complicité avec son frère-jumeau Jean-Philippe, Olivier Bramanti a gardé le goût du dessin, transmis par leur père. Diplômé des Beaux-arts d’Angoulême, Olivier Bramanti a d’abord publié aux éditions Amok, deux albums, Le Pont de l’ange et Le Chemin des merles, fruits d’une indignation devant les atrocités commises au cours des conflits en ex-Yougoslavie, portés par une forte exigence esthétique. Il a publié d’autres titres évoquant le colonialisme (Qui a connu le feu), l’extrême-droite (Jeanne) en poussant toujours plus loin la recherche visuelle. Il travaille actuellement, avec son père et son frère, à un monumental projet autour de l’histoire des USA.
le site d’Olivier Bramanti

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pour compléter

- les galeries pour acheter les œuvres des auteurs.

- histoire de l’art & bande dessinée, dossier pédagogique réalisé par l’iufm Midi-Pyrénées en 2011.

- peintres et peinture dans la bande dessinée, dossier réalisé par le crdp Poitou-Charentes en 2011.

- loin de la planche : dossier sur neuviemeart2.0

- la figuration narrative, dossier pédagogique du Centre Pompidou en 2008.

- le pop art

+ d'info sur l’exposition Une autre histoire : bande dessinée, l’œuvre peint à la Cité, du 16 décembre 2011 au 11 mars 2012.