le parcours de l’exposition - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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cent pour cent

le parcours de l’exposition

De natures différentes, les hommages et interprétations proposés par les auteurs participant à Cent pour cent appelaient des regroupements, des rassemblements par affinités. Le parcours de l’exposition se divise en douze séquences, pour cent dix paires de planches et duos d’auteurs de vingt-quatre nationalités.

description du parcours

regards croisés
Afin de cerner d’entrée de jeu l’objet même de l’exposition, la première section présente des paires de binômes, les choix s’étant à plusieurs reprises portés sur un même auteur, preuve s’il en est besoin de l’importance l’œuvre de celui-ci dans l’histoire de la bande dessinée. Les hommages rendus par deux dessinateurs différents à l’un ou l’autre de ces maîtres accusent autant de similitudes que de variétés, relectures à l’aune de la propre sensibilité de chacun. A chaque fois, l’imitation (ou la transformation) engendre quelque chose de nouveau. Moebius est ainsi revisité par Jean-Claude Götting et Miguelanxo Prado, Alberto Breccia par Lorenzo Mattotti et Federico Del Barrio, Herriman par Miguel Angel Martin et Jean-Christophe Menu…
(18 paires)

décalages
Si elles se montrent apparemment très fidèles à la planche choisie, certaines interprétations opèrent des transformations, parfois infimes, parfois importantes, exagérant un détail, modifiant un cadrage ou l’organisation de quelques cases et introduisant ainsi un sentiment de décalage avec l’œuvre de référence : Park So-rim fidèle à Pascal Rabaté, lui-même fidèle à e.o. plauen, Charles Burns à Chester Gould, Jessica Abel à Milton Caniff, Hunt Emerson à Bazooka…
(15 paires)

théâtres de papier
Pour certains auteurs, la bande dessinée a incontestablement valeur de spectacle, la scène de théâtre ayant été choisie aussi bien par Morvandiau pour évoquer Yves Got que par Ruben Pellejero pour saluer Alex Raymond ou par Frédéric Bézian pour magnifier Jean-Claude Forest. Un point de vue éclairant sur le dessinateur en metteur en scène.
(3 paires)

compagnonnages
Cette section rassemble des œuvres dont les auteurs sont des proches : ils ont pour certains partagé le même atelier ou travaillé ensemble sur un projet et leur proximité dans la plupart des cas dépasse les seules affinités intellectuelles ou artistiques. Etienne Lécroart envie une idée de Lewis Trondheim, celui-ci regarde par-dessus l’épaule de David B., Ruppert et Mulot examinent à la loupe une planche de Killoffer, lequel salue le regretté Aristophane. C’est également José Muñoz qui évoque Hugo Pratt.
(5 paires)

d’un continent à l’autre
Re-dessiner peut aussi conduire à déployer autrement la cartographie de la bande dessinée contemporaine et à explorer de manière originale une partie de ses enjeux. Les grands sauts d’un continent à l’autre abolissent les écarts culturels et paraissent se jouer de l’éloignement géographique, voire temporel. Le Coréen Kim Dong Hwa propose une variation érotique d’après l’œuvre de l’Américain Vaughn Bodé, depuis le Japon Hideji Oda adresse un clin d’œil complice à Fabrice Neaud et Kazuichi Hanawa transpose une planche célèbre de Moebius…
(8 paires)

à suivre
La force suggestive de la planche sélectionnée est une invitation, pour certains auteurs, à lui donner une suite, en imaginer les prolongements, immédiats ou plus lointains dans le temps. François Schuiten et Vink emboîtent tous deux le pas à Paul Cuvelier, Florence Cestac prolonge une page d’Elzie Crisler Segar, Tom Tirabosco imagine l’avenir d’un personnage de Dupuy et Berberian, André Juillard poursuit une fantaisie de Jeff Jones, Yoon Sun Park continue l’œuvre de Bud Fisher, Max celle d’Edmond-François Calvo…
(13 paires)

leçons de dessin
On touche ici à l’un des fondements de l’exposition : le témoignage de l’influence d’une œuvre sur la constitution d’une autre et ce que recouvre l’héritage graphique. Certains auteurs se sont donc attachés à déceler et mettre en évidence ce qui, dans la planche choisie, leur paraissait être l’essence, la force et l’intelligence de l’acte de dessiner et qui a contribué à forger leur relation avec la bande dessinée : Edmond Baudoin explore le trait de Guido Buzzelli, Ibn Al Rabin le minimalisme de Copi, Daniel Goossens l’humour d’Hergé, Alex Robinson la composition de Will Eisner, Gilbert Shelton les codes graphiques chez Mort Walker, François Avril la modernité de Bilal, Scott McCloud théorise sur Ernie Bushmiller…
(11 paires)

je me souviens
Observer un dessin, s’y perdre pour s’y retrouver, le choisir pour sa force évocatrice et la nostalgie qu’il engendre sont autant de sentiments qui ont invité Martin Veyron à contempler Benjamin Rabier, Jean-Claude Denis à lire Nicolas Devil, Mauro Entrialgo à commenter Guido Crepax, Emmanuel Guibert à s’abimer dans la planche de Mark Beyer dont il ne savait rien jusqu’alors…
(5 paires)

histoire
Les bandes dessinées racontent des histoires. La bande dessinée raconte l’Histoire. La bande dessinée ne fait pas trop d’histoires pour refaire l’Histoire. Alors Mathieu Sapin se fait biographe de Wallace Wood, Aleksandar Zograf loue l’avant-garde de Cliff Sterrett, Posy Simmonds profite d’un strip de Reg Smythe pour se pencher sur le sexisme de la bande dessinée, Ben Katchor imagine des savants du futur perplexes devant une page de Cham…
(8 paires)

tentation du tableau
À l’art du multiple et de la répétition, qui caractérise la bande dessinée, certains auteurs ont préféré celui de l’image unique et parfois l’abstraction à la figuration. Fascinés par un détail, une sensation qu’ils extirpent de son continuum originel et figent comme sujet de leurs compositions, allant parfois jusqu’à adopter la démarche du peintre. C’est ainsi que Dino Battaglia inspire de grandes images à Jens Harder et Sergio Toppi, André Franquin pousse Frank Pé au monumental, Winsor McCay inspire à Peter Kuper une composition audacieuse…
(7 paires)

un regard moderne
Non sans rappeler le palimpseste, ce parchemin dont on gratte la première inscription et qui laisse lire, par transparence, l’ancien sous le nouveau, les planches de certains auteurs reprennent la trace, l’écho, l’empreinte d’une autre planche pour la déconstruire, la reconstruire, la critiquer. L’avant-garde se mesure aux parangons du classicisme, les postmodernes prennent le relai des modernes. Jochen Gerner oppose ainsi un minimalisme radical au classicisme de Frank Bellamy, François Ayroles applique le sien à Marcel Gotlib, Matti Hagelberg confronte sa carte à gratter au maniérisme de Burne Hogarth, Gunnar Lundkvist s’invite chez Sydney Jordan…
(7 paires)

rires et sourires
Attention, il y a du détournement dans l’air, de la parodie à tous les étages, sérieux s’abstenir ! N’empêche qu’il en faut de l’audace pour oser s’aventurer sur le terrain des grands humoristes. Michel Rabagliati revisite l’humour d’André Franquin, Peggy Adam celui de Raymond Macherot, Kang Do ha s’émeut avec Albert Uderzo, Joost Swarte réactualise H.M. Bateman, Riad Sattouf joue avec le nom de Pierre La Police, Kan Takahama transpose l’ironie de Jules Feiffer…
(10 paires)