maruta 454 - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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maruta 454

de Song Yang, Paul-Yanic Laquerre et Pastor (Xiao Pan)

L’histoire des relations entre la Chine et le Japon est jalonnée d’épisodes sombres qui expliquent l’animosité séculaire qui perdure entre les deux nations. L’annexion de la Mandchourie dans les années 1930 a permis à l’armée d’occupation japonaise d’expérimenter un armement bactériologique sur des cobayes humains - les marutas - raflés en masse dans la campagne chinoise et internés dans des camps dont peu revinrent. Le manhua Maruta 454 est l’histoire de l’un de ces rescapés.

Le Japon n’a jamais reconnu ce véritable crime de guerre, dont seule une douzaine de survivants sur les quelque 20 000 victimes de ces atrocités perpétrées par les scientifiques nippons, ont pu témoigner. Ziyang Wang, "maruta" matricule 454, fait partie des rescapés. C’est à partir du témoignage de ce jeune potier arraché à la quiétude de son village et à l’amour des siens, que l’historien québécois Paul-Yanic Laquerre a écrit ce manhua dessiné par le studio chinois de Song Yang (Wild animals, Chroniques de Pékin). Une plongée dans l’horreur à la suite de ces hommes plus qu’ordinaires qui, devant la fin inéluctable qui leur était promise ont couru le risque de fuir leurs bourreaux. Une fuite éperdue, sans retour possible à la vie d’avant, à la faveur de la nuit sombre, cauchemardesque d’où la menace sourde en permanence. Après des semaines d’errance dans les forêts et les montagnes hostiles de Mandchourie, Ziyang Wang rejoindra la résistance chinoise en lutte contre l’occupant. Tout le récit baigne dans une semi-pénombre dans lequel le dessin charbonneux de Pastor contribue au sentiment d’oppression qui émane de ces pages. Les décors sont réduits à leur plus simple expression, le dessinateur se concentrant sur les personnages, leurs peurs, leurs doutes, leur désespoir à peine contrebalancé par la haine et le désir de vengeance. Ce manhua qui recèle de belles réussites, comme ces séquences oniriques dans lesquelles le personnage de Ziyang Wang semble communier avec sa jeune épouse qu’il ne reverra jamais, sera prochainement diffusé en Chine où l’histoire des camps d’expérimentation japonais sont familiers des Chinois, qui les visitent, enfants, lors de voyages scolaires. La publication au Japon semble elle peu envisageable. (JphM)

acheter le livre de Song Yang, Paul-Yanic Laquerre et Pastor : Maruta 454. Xiao Pan, 210p./21€.