gotlib : parodies en tous genres - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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exposition : parodies

gotlib : parodies en tous genres

Depuis ses débuts dans Vaillant jusqu’à ses dernières productions, le créateur de la Rubrique-à-Brac n’a cessé de s’exercer à la parodie, un genre dans lequel il excelle et qui est indissociable de son humour. Passeur entre l’esprit du Mad d’Harvey Kurtzman et toute l’école d’humoristes issue de Fluide glacial, il méritait, plus qu’aucun autre artiste français, de signer l’affiche de l’exposition.
Véritable performer, Gai-Luron, le chien flegmatique, interrompait régulièrement le cours de ses aventures pour contrefaire des héros célèbres. Se succédèrent ainsi Lucky Luron, Gai-Lorro, Gai-Lurzan, Gai-Lurobin des Bois, Gai-Lurcouf, Gai-Lurombre masqué, Gai-Lur’Hodja l’insaisissable et Gai-Lurchotte de la Manche – le rôle du chevalier à la triste figure lui allant évidemment comme un gant.
La Rubrique-à-Brac, elle, empruntera ses cibles à des domaines très variés, à savoir les contes, les chansons (notamment les comptines enfantines), le théâtre, le cinéma, la bande dessinée et la télévision. Le fantastique et la science-fiction sont parodiés en tant que genres, tout comme les causeries du professeur Burp parodient le genre « conférence didactique ».
Tarzan est un personnage auquel Gotlib voue un attachement particulier. Il revient sous des formes variées, notamment dans « Le petit lever du roi de la jongle », l’un des sommets de son art parodique. Gotlib l’y dépouille méthodiquement de son aura mythique et se moque plus particulièrement
de Tarzan-tel-que-le-dessinait-l’Américain-Burne-Hogarth. Ce dessinateur baroque et pompeux avait été surnommé « le Michel-Ange de la bande dessinée » en raison de sa propension à surdimensionner la musculature de son héros.
Le duo comique constitué du commissaire Bougret et de l’inspecteur Charolles se réfère aux deux plus célèbres flics de la télévision française de l’époque, le commissaire Bourrel, héros de la série Les Cinq dernières minutes, diffusée depuis 1958, et le commissaire Maigret, d’après Georges Simenon. L’un et l’autre de ces commissaires étaient secondés par un inspecteur, respectivement Dupuy et Lucas.
Avec Jacques Lob, Gotlib inventera encore Superdupont, superhéros national qui a l’allure d’un Français pour image d’Épinal, portant moustache, béret, charentaises, maillot de corps et ceinture de flanelle tricolore tenue
par une simple épingle de sûreté.
Gotlib est enfin le scénariste des deux volumes de Cinémastock (1974 et 1976), dans lesquels, avec son complice Alexis, il donne des versions résolument décalées, facétieuses et irrévérencieuses de la série télévisée Chapeau melon et bottes de cuir et des classiques littéraires La Dame aux camélias, Notre-Dame de Paris, Les Malheurs de Sophie et Hamlet.
Assez logiquement, l’œuvre dessinée gotlibienne se terminera en 1986 par un ultime album (La Bataille navale, ou… Gai-Luron en slip) en forme de retour parodique sur sa première grande série.