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encore un nouveau musée à angoulême

un an après l’ouverture du musée de la bande dessinée

Les règles de conservation des œuvres sur papier obligent le musée de la bande dessinée à ne pas présenter ses planches originales plus de trois mois d’affilée, temps d’exposition après lequel elles doivent regagner les réserves pour y rester trois années dans l’obscurité. Aussi, à raison de trois « rotations » annuelles, c’est un musée entièrement nouveau tous les quatre mois, et neuf musées totalement différents en l’espace de trois ans, que le visiteur régulier et curieux pourra découvrir à Angoulême. La nouvelle rotation présente aujourd’hui 400 nouveaux documents, dont environ 170 planches et 230 albums et imprimés. Petit tour d’horizon de quelques pièces de choix.

Joseph Pinchon et Caumery (Maurice Languereau dit)
Bécassine fait de l’aéroplane, pl.35 (inv.90.32.5)
Les journaux de l’époque se font régulièrement l’écho des exploits des hardis aviateurs qui au péril de leur vie se lancent à la conquête des airs. Toujours en phase avec son temps, Bécassine cède à son tour à l’appel de l’azur. Cette page brille par sa composition toute en clarté soulignant la vertigineuse naïveté de la jeune bretonne.

Alain Saint-Ogan
Le jeu du petit candidat (inv. 79.1.56)
Le créateur de Zig et Puce publiait par ailleurs d’innombrables dessins et illustrations. A preuve cette esquisse d’un jeu de l’oie du petit candidat, dessiné dans les années d’entre-deux-guerres, où l’on reconnaît les symboles des grandes formations politiques de l’époque.

Hergé
Le Petit Vingtième, n°18, 5 mai 1932 et n°24, 16 juin 1932, (AA4315)
En présentation, des numéros du « Petit Vingtième » où parurent à partir de 1929 les aventures du Tintin, jeune reporter. Hergé publiait non seulement chaque semaine la suite des épisodes de Tintin, mais fournissait régulièrement des dessins inédits pour la couverture, qui témoignent de son goût pour les compositions claires et efficaces.

E.C Segar
Mathurin dit Popeye dans ses nouvelles aventures (inv. Fa-m-0171)
Le saviez-vous ? Popeye ne s’est toujours appelé Popeye. En effet, les éditeurs français qui importaient les bandes américaines de l’entre-deux-guerres n’hésitaient pas à franciser les noms des héros américains de « l’âge d’or ». Ainsi Popeye s’est-il d’abord prénommé Mathurin, Flash Gordon répondait au patronyme de Guy l’Eclair, Brick Bradford à celui de Luc Bradefer, etc.

Edmond-François Calvo
Rosalie, planches originales reliées (D.2008.1.911)
Normand autodidacte, Calvo publie des dessins dans la presse satirique au cours des années 1920, tout en dirigeant une fabrique de sabots, un hôtel-restaurant… Marqué par l’univers de Disney, Lorioux, Samivel et Dubout, il entame en 1938 une féconde carrière de dessinateur pour les éditeurs de presse enfantine. La postérité a retenu La Bête est morte ! (1944-1945, scénario de Dancette et Zimmerman), récit animalier racontant aux enfants la Seconde Guerre mondiale, et Rosalie (1946), prodigieux exercice de comique anthropomorphe, mais il a également dessiné Moustache et Trottinette, délicieuse série animalière, de 1952 à sa mort.

Joe Orlando
Till Death Do We Part !, pl.1
Plébiscités dans les années 50 par les lecteurs adolescents, les courts récits d’horreur de la maison spécialisée E. C. Comics jouaient volontairement sur l’outrance et suscitèrent la réprobation des adultes. Elles furent les principales victimes de l’ample mouvement d’opinion, relayé par une campagne de presse et des auditions parlementaires, qui déboucha en 1954 sur l’instauration du Comics Code, règles de bonne conduite très restrictives que les principaux éditeurs de bande dessinées US édictèrent pour eux-mêmes et s’employèrent à respecter jusque dans les années 70.
Les planches de Joe Orlando, admiré par Alan Moore, sont célèbres pour leur ambiance crépusculaire…

Les amateurs de bande dessinée française des années 60 et 70 auront de quoi se régaler. La nouvelle présentation mise en place propose en effet :
une belle planche, puissante et expressive de Jean Giraud, encore dans sa première période de Blueberry ;
une rare planche des débuts de Reiser dans Hara Kiri dans les années 60. Le trait est encore hésitant, mais comme Napoléon perçant sous Bonaparte, ce Reiser-là aiguisait les pointés acérées de l’humour rageur qui fit sa réputation dans les décennies 70 et 80 ;
une belle sélection de planches de Tardi et particulièrement la superbe page du Démon de la Tour Eiffel, deux opus des aventures d’Adèle Blanc-Sec.

La partie plus contemporaine du parcours historique fait la part belle aux jeunes auteurs français apparus depuis le début des années 90 : Nicolas de Crécy, Joann Sfar, Emmanuel Guibert, Christophe Blain, Killoffer et Fabrice Neaud.

Dans la partie « Salon » de la salle d’exposition permanente, une sélection de nos plus belles planches, choisies pour leur valeur esthétique, permet de découvrir, parmi beaucoup d’autres trésors, une rare planche du Génie des alpages de F’Murr, à coup sûr l’un des grands représentants de la BD nonsense et praticien éclairé du style « gros nez ».
L’exceptionnel travail chromatique de Max Cabanes dans son album autobiographique Colin Maillard éclate dans la planche que le Fonds national d’art contemporain a mise en dépôt dans notre musée.
Joost Swarte, sans doute le plus remarquables des héritiers du style hergéen dit de la « ligne claire » (et inventeur de l’expression) a principalement fait de la bande dessinée dans les années 70 et 80. Il s’est orienté depuis vers l’illustration, le design, l’architecture, etc. La présence d’une demi-douzaine de ses œuvres dans nos collections n’en est que plus précieuse.