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recherche : de l’influence des mangas sur l’apprentissage du japonais

Dr Shiro Noda, Professeur à l’Université catholique de Kyoto (Japon)

Sans aller jusqu’à dire, comme Osamu Tezuka, que « nous vivons aujourd’hui une époque où la bande dessinée est comme l’air qu’on respire » nul ne conteste l’influence des mangas dans le monde. Explique-t-elle le fait que l’enseignement de la langue japonaise continue à connaître une popularité élevée en France alors que l’enseignement des langues étrangères recule un peu partout, au profit de l’anglais et du chinois ? C’est en tout cas l’intuition de M. Shiro Noda, universitaire japonais venu tout droit de Kyoto en France et à la Cité pour en vérifier le bien fondé.

Professeur de français à l’Université catholique Notre-Dame de Kyoto, le Dr Shiro Noda enseigne aussi les civilisations comparées. En tant que spécialiste des relations internationales, notamment de la France et de l’Union européenne, il n’a pas la prétention d’avoir une connaissance spécialisée des mangas. C’est l’annonce, en 2009, de l’arrêt du projet de construction d’un "Centre national pour les arts visuels" (destiné au manga principalement) à Tokyo, qui va conduire Shiro Noda à s’y intéresser.
Pour celui qui a vécu plus de vingt-cinq ans hors du Japon, dans des pays francophones principalement, où il a pu mesurer le rayonnement des mangas, leur poids économique et culturel, l’arrêt brutal de ce projet à la hauteur de l’importance prise par la culture japonaise dans le monde est une erreur. Shiro Noda décide alors de mener une enquête pour démontrer à ses compatriotes combien le manga compte en dehors de leur pays.
Ancien enseignant de japonais à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO) à Paris, il se rend en France pour y rencontrer des spécialistes et assembler les pièces de ce dossier. C’est durant ce séjour au début du mois de février qu’après avoir interviewé des étudiants de japonais de l’Inalco - qui confirment qu’ils ont choisi d’apprendre cette langue pour approfondir la connaissance d’une culture découverte dans les manga et les anime- et avoir poursuivi son enquête dans des mangas cafés parisiens, que le professeur Shiro Noda s’est rendu à la Cité pour y rencontrer l’équipe scientifique et explorer le centre de ressources documentaires. Une visite au terme de laquelle Shiro Noda est reparti au Japon renforcé dans ses convictions.
Depuis qu’il a entrepris son étude Shiro Noda caresse l’idée de proposer à une chaine de télévision japonaise, si possible publique, une émission sur le manga et l’apprentissage du japonais dans les établissements universitaires en France. Si ce projet aboutit, il souhaite pouvoir compter sur une collaboration très active de la Cité dans sa réalisation.