université d’été 2008 : vive la crise ? - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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université d’été 2008 : vive la crise ?

Après La bande dessinée, bien ou mal culturel ? en 2006, puis Quoi de neuf dans la bande dessinée ? au début de l’été 2007, la forme interrogative de la troisième édition de l’Université d’été de la bande dessinée revêtait une importance tout aussi primordiale.

Depuis plusieurs années la production de bandes dessinées en France suit une courbe ascendante vertigineuse - pas moins de 5 000 titres édités en 2008 !
Une situation dont certains se félicitent, y voyant la confirmation de la bonne santé d’un secteur de l’édition, alors que d’autres s’en alarment, y détectant les prémices d’une crise – quand ils ne déclarent pas que celle-ci est déjà survenue ! La Cité internationale de la bande dessinée et de l’image a voulu entendre et confronter ces points de vue différents pour que, d’un débat préparé posé et intelligent, émergent des réponses. D’où le titre, plus paradoxal que provocateur, « Vive la crise ? », sous lequel étaient placés les travaux.

Tandis que Fabrice Piault (Livres Hebdo) dressait un historique et un état des lieux de l’évolution du marché hexagonal de la bande dessinée, Didier Pasamonik (actuabd.com) contestait la notion de crise, jugée anxiogène.
Comment édite-t-on la bande dessinée en temps de surproduction ? Comment la vend-on dans un tel contexte ? Est-on à la veille de l’abandon de la « loi Lang » qui garantit la variété de l’édition ?
Ce sont quelques-unes des questions qui sous-tendaient les interventions de Jean-Louis Gauthey (éditions Cornélius), de Louis Delas (éditions Casterman, représentant du groupe BD du SNE), de Grégoire Seguin (éditions Delcourt), ou de Sergio Honorez (éditions Dupuis), et qui furent au cœur des témoignages d’Éric Garnier (Virgin Mégastore), de Frédéric Salbans (Harmonia Mundi )ou encore de Vincent Poeydomenge (libraire, membre du réseau Canal BD).

Si le regard qui porté sur la situation de la bande dessinée durant ces trois jours de rencontres était avant tout français, il n’est pas demeuré confiné aux frontières de l’hexagone. La bande dessinée n’échappant pas à la globalisation, il ne saurait être question de se pencher sur la situation de la bande dessinée aujourd’hui sans évaluer et décrire la place toujours plus grandissante qu’y occupent les productions américaines et asiatiques.
Une place qui doit sans doute à l’évolution de la notion de « bande dessinée populaire », que Jean-Pierre Mercier (Cité internationale de la bande dessinée et de l’image) et Xavier Guilbert (du9.org) examinèrent avec minutie.
Les mangas particulièrement ont bénéficié de deux études aux conclusions inattendues. Celle proposée par Jean-Marie Bouissou (directeur du CERI) analysait les raisons qui ont conduit les bandes dessinées japonaises à s’imposer dans le monde entier ; celle de Stéphane Beaujean (Chronic’art), précise et documentée, portait sur la place du manga sur le marché de la bande dessinée français.
Ces deux interventions laissaient entendre que le spectre d’une crise plane au-dessus de la production nippone, celle-là même qui sera souvent désignée durant cette université comme la cause possible d’une crise dans notre pays !

Pour faire la synthèse nul autre que Benoît Peeters ne pouvait mieux s’acquitter d’une tâche aussi complexe, tandis que Mathieu Sapin, témoin graphique, suivait, crayon en main, les communications et les échanges.
L’intégralité des conférences et des débats de l’université d’été est parue en janvier 2009 dans le livre L’état de la Bande dessinée, vive la crise ? coédité par la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image – Les Impressions nouvelles ; illustrations Mathieu Sapin, Charles Berberian, Philippe Dupuy et Lewis Trondheim.

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