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roman graphique / biographie

les amants d’herouville, une histoire vraie

Yann Le Quellec & Romain Ronzeau (Delcourt/Mirages)

Michel Magne (1930-1984) était un musicien touche-à-tout. En partant d’une formation classique, il évolua vers la musique concrète en passant par le jazz et la variété, et expérimenta les premières musiques électroniques. Il fut également un compositeur prolixe de musique de films en collaborant entre autres avec Georges Lautner, Costa-Gavras, Vadim ou Jean Yanne. Parmi ses 73 BO, on compte UN SINGE EN HIVER, LES TONTONS FLINGUEURS, FANTÔMAS, les ANGELIQUE, COMPARTIMENT TUEURS, etc.
Une bande-dessinée revient sur la vie (mouvementée) et l’œuvre (pléthorique) de Michel Magne avec en trame principale son histoire d’amour avec la jeune Marie-Claude Calvet et le projet inouï du studio résidence du château d’Hérouville.
En 1962, Magne fait l’acquisition de ce relais de poste du XVIIIème siècle en région parisienne. Un incendie ravage une partir du château en 1969, dans lequel Magne perd tous ses enregistrements. D’une oeuvre déjà immense, il ne reste rien. Il se lance alors dans un projet innovant de studio résidence : un studio d’enregistrement au décor idyllique et à la bonne table où les artistes pourraient séjourner. Il y fera venir la fine fleur du rock international de l’époque : T-Rex , David Bowie, Eddy Mitchell, Elton John, Iggy Pop, Pink Floyd, Magma, The Grateful Dead…
Le récit s’organise autour de l’histoire mythique de ce studio, avec des flash-backs sur la vie et la carrière de Michel Magne. L’alternance entre un dessin très dynamique aux découpages et couleurs pop et l’écrit « historique » ménage des transitions entre tourbillon créatif et périodes sombres. Le dessin est enrichi de collages de photos personnelles, de journaux ou de références au travail de plasticien de Michel Magne, proche de l’art optique. A travers ce studio à la gestion financière hasardeuse, les auteurs nous font revivre des années 70 libres, insouciantes et hédonistes sans omettre des comportements déplacés liés au contexte de l’époque. De même pour Michel Magne : si la BD rend hommage au génie créatif et festif du personnage, elle n’élude pas ses côtés sombres. Les Amants d’Hérouville, c’est l’évocation d’une parenthèse enchantée de création et de joie avant que les gestionnaires ne sifflent la fin de la récré. (BI)

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