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Después de Lucia
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Les idées de départ de Después de Lucia sont liées avec la vie personnelle du réalisateur, notamment par le biais de rencontres qu’il a pu faire : qu’est-ce qui se passe quand en n’acceptant pas la mort d’un être, on en oublie de faire attention à ceux qui restent ? Cela m’interroge depuis qu’enfant, j’ai vu quelqu’un qui était proche de moi ne jamais surmonter son deuil explique Michel Franco. Le désir de parler de la violence dans le monde des ados n’est pas non plus anodin : j’ai connu un adolescent qui a subi à l’école et pendant plus d’un an des violences physiques et psychologiques, jusqu’à un point particulièrement cruel.
Le réalisateur a décidé d’étudier la violence dans toutes les formes dans ce film : (...) celle que subit notre héroïne, persécutée par ses camarades. Mais aussi celle de la rue, ou encore celle à laquelle est confronté le père dans son nouveau lieu de travail. Même la façon dont Alejandra et son père communiquent – ou plutôt leur impossibilité à communiquer – révèlent une grande violence. Cependant, Michel Franco n’a pas voulu exposer les spectateurs aux pires scènes de violence : il était important pour moi que les scènes les plus brutales se déroulent hors champ de façon à ne pas les dramatiser car cela créerait seulement de la distance entre nous et l’action à l’écran.
Michel Franco savait dès l’écriture du scénario les acteurs dont il aurait besoin pour interpréter les personnages de Después de Lucia, ce qui l’aida dans la conception des rôles : j’avais l’avantage d’avoir pu écrire la plus grande partie des personnages en sachant exactement qui allait les interpréter. Le processus devient alors plus intéressant et les personnages restent justes et à la mesure des interprètes.
Michel Franco a fait le choix de tourner avec des acteurs non-professionnels, qui sont des amis de celle qui interprète Alejandra, Tessa Ia : aucun n’est acteur professionnel, mais tous ont la sensibilité nécessaire pour donner de la crédibilité à leurs rôles et de comprendre le processus de réalisation d’un film explique le réalisateur. Avec eux, il a surtout fait un travail d’écoute qui a aboutit à un jeu plus spontané : j’ai passé beaucoup de temps avec ce groupe d’enfants pendant la préparation du film et arrivé au tournage ils étaient assez confiants pour improviser, assez forts pour prendre ce risque calculé dans l’espoir de créer des scènes spontanées et crédibles.
Le premier film de Michel Franco a souvent été rapproché au travail de Michael Haneke. Después de Lucia ne fait pas exception à la règle. Mais le réalisateur mexicain accepte la filiation sans problème : je ne sais pas si c’est une influence ou si je l’ai beaucoup volé. C’est un de mes réalisateurs préférés. J’admire beaucoup ses films et j’aime particulièrement son aspect analytique et la confiance qu’il accorde aux spectateurs. Cela dit, je ne veux pas me comparer à lui, ce serait prétentieux.
Pour le cinéaste, les évènements violents qui se passent au Mexique l’ont poussé à réaliser Después de Lucia : nous vivons aujourd’hui au Mexique une sorte de guerre civile, et il n’est donc pas étonnant que j’aie fini par réaliser un tel film – cela s’est fait de manière très naturelle car je vis dans un pays lui-même très violent. Mais pour Michel Franco l’histoire de son film ne prend pas racine que dans la situation de son pays : je pense que l’histoire pourrait se passer n’importe où. Les récents événements en Norvège, aux États-Unis, partout… montrent une société gangrenée par la violence explique le réalisateur.
Le film a remporté le Grand prix au Festival de Cannes 2012 dans la sélection Un certain regard. En 2009, Michel Franco était déjà à Cannes pour présenter son premier film (Daniel & Ana) à la Quinzaine des réalisateurs. Par ailleurs, le Festival a joué un rôle dès le début de Después de Lucia puisque c’est lors d’une résidence offerte par la Cinéfondation (qui aide les jeunes cinéastes du monde entier à se professionnaliser) que le réalisateur a terminé son scénario.
Después de Lucia trouve un écho dans la réalité. Reconnu sous le terme de bullying, le harcèlement scolaire a malheureusement trouvé sa place dans les cours de récré : tout le monde parle maintenant du bullying de la même manière que l’on parle de la consommation de drogues (...) Dans toutes les écoles, des jeux apparemment inoffensifs dissimulent de gros enjeux de pouvoirs explique le réalisateur. Mais ce qui l’intéresse dans le film n’est pas une simple étude du bullying : l’analyse à grande échelle du phénomène du harcèlement scolaire ne m’intéresse pas. Je crois qu’en observant de près un cas particulier on peut mieux comprendre le cadre général.
Qu’est-ce qui se passe quand en n’acceptant pas la mort d’un être, on en oublie de faire attention à ceux qui restent ? Cela m’interroge depuis qu’enfant, j’ai vu quelqu’un qui était proche de moi ne jamais surmonter son deuil. Pour lui, cette mort était toujours présente et il a complètement négligé tout ce qui était autour de lui.
Michel Franco
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/despues-de-lucia,233285-note-98500
Michel Franco
Né en 1979 à Mexico.
http://www.toutlecine.com/star/biographie/0024/00242655-michel-franco.html
http://www.evene.fr/celebre/biographie/michel-franco-41586.php
http://www.commeaucinema.com/personne/michel-franco,150273



















































