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Pina

Allemagne - 2011 - 1h43
Prix du meilleur documentaire européen 2011
documentaire - version originale sous-titrée en français
de Wim Wenders
scénario : Wim Wenders
direction de la photographie : Hélène Louvart, Jörg Widmer
musique ou chansons : Thom Hanreich
avec : Pina Bausch, Regina Advento, Malou Airoudo, Ruth Amarante, Jorge Puerta Armanta, Rainer Behr, Andrey Berezin, Damiano Ottavio Bigi, Ales Cucek, Clémentine Deluy

synopsis

Film dansé, porté par l’Ensemble du Tanztheater Wuppertal et l’art singulier de sa chorégraphe disparue à l’été 2009.
Ses images nous convient à un voyage au cœur d’une nouvelle dimension, d’abord sur la scène de ce légendaire Ensemble, puis hors du théâtre, avec les danseurs, dans la ville de Wuppertal et ses environs - cet endroit dont Pina Bausch a fait son port d’attache durant 35 ans et où elle a puisé sa force créatrice...


horaires

semaine du mercredi

3 août 2011

mercredi 03 jeudi 04 vendredi 05 samedi 06 dimanche 07 lundi 08 mardi 09
19:55







19:55







16:30



19:55







semaine du mercredi

10 août 2011

mercredi 10 jeudi 11 vendredi 12 samedi 13 dimanche 14 lundi 15 mardi 16




19:55







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19:55



semaine du mercredi

19 septembre 2012

mercredi 19 jeudi 20 vendredi 21 samedi 22 dimanche 23 lundi 24 mardi 25
























21:00 *



* séance spéciale :
ciné mardi : numéric’art et essai
mar 25 21:00 en partenariat avec Les Films du losange
séance en 3D relief
tarif préférentiel 2 films 7 € (avec "Lola" de Jacques Demy)

notes de production

En 1985, à l’initiative de la comédienne Solveig Donmartin, sa compagne d’alors, Wim Wenders asssista pour la premère fois à un ballet de Pina Bausch, Café Müller, à Venise. Très impressionné par le spectacle, il fit la connaissance de la chorégraphe et devint ami avec elle. Au fil de leur amitié, l’idée d’un film en commun vint le jour. Mais pour le réalisateur se posait le problème de la forme adéquate permettant de rendre compte de l’art de Pina Bausch.
En 2007, c’est après avoir vu U2-3D, le concert du groupe de rock irlandais filmé en 3D, qu’il opta pour cette technique. Début 2008, Wim Wenders et Pina Bausch travaillèrent ensemble sur ce projet, qu’il mit en production en 2009. Deux jours avant les essais de tournage en 3D à Wuppertal, le 30 juin 2009, Pina Bausch mourut. Bouleversé, le cinéaste songea à abandonner. Après réflexion, suite aux nombreux encouragements reçus, Wenders décida finalement de faire le film.
Le cinéma s’était déjà intéressé à Pina Bausch et à son travail. Dans Et vogue le navire (Federico Fellini, 1983), elle interprétait une cantatrice aveugle. Chantal Akerman lui consacra un documentaire : Un jour Pina a demandé (1983), tandis que Pedro Almodovar montra un extrait de Café Müller dans Parle avec elle (2002).
En 2010 sortit en salles un documentaire d’Anne Linsel et Rainer Hoffmann, Les Rêves dansants, sur les pas de Pina Bausch, dans lequel une quarantaine d’adolescents allemands s’appropprient l’une des créations de la chorégraphe, Kontakhof, malgré leur ignorance de la danse. (1)
Par ailleurs, Pina Bausch avait réalisé un film, La Plainte de l’impératrice (Die Klage der kaiserin, 1990).
Images et loisirs
(1) film programmé au cinéma de la Cité.
http://www.citebd.org/spip.php?page...

Pina, non content d’être un des premiers films européen en 3D, se veut le premier film d’auteur en 3D. Il a donc fallu apprivoiser cette technologie inconnue, ce que raconte le producteur Gian-Piero Ringel : avec Pina, nous explorons un terrain totalement vierge, que ce soit du point de vue technique ou du point de vue du genre. Trouver des experts pour la conception technique et la réalisation a déjà été une gageure, car ils sont très peu nombreux (...) Nombreux sont les réalisateurs qui hésitent encore à travailler en 3D, parce qu’il n’y a pas encore de précédents qui aient rencontré le succès. Nous voulions être des pionniers de cet élargissement du langage cinématographique à la troisième dimension.

Le tournage de Pina s’est fait en deux temps. D’abord, fin octobre 2009, des chorégraphies sur scène de l’artiste (sur des oeuvres musicales célèbres comme Le Sacre du printemps de Stravinski) ont été filmées en public à la fin de la tournée mondiale de la troupe. La 3D et le direct posant de grandes difficultés (il n’était pas possible d’interrompre les prises à la demande), la préparation en amont dut être intensive.

Lors de la deuxième période de tournage, mi-avril 2010, l’équipe a filmé Kontakthof, une des pièces de jeunesse de Pina Bausch, cette fois sans public. Wenders a filmé ce classique dans trois différentes distributions conçues par Pina Bausch l’une avec les danseurs habituels de la chorégraphe, une autre avec des hommes et des femmes de 65 ans et plus, et la troisième avec des adolescents. Ça n’est qu’après que la production a quitté l’espace limité du théâtre : les solides danseuses et danseurs ont été mis en scène dans des lieux publics, dans des paysages industriels, dans les grands espaces naturels du Bergisches Land et dans le monorail suspendu de Wuppertal. Sur le plan technique, ce deuxième tournage a été rendu possible grâce à un système de steadycam compact en 3D conçu spécialement pour le film.

La réalisation de Pina a nécessité le savoir d’un expert en 3D, le stéréographe Alain Derobe, qui a mis au point un système spécial de caméras 3D montées sur grues. Car pour rendre la profondeur de l’espace, il était indispensable de rester près des danseurs et de les suivre : normalement, pour un film de danse, on placerait les caméras devant la scène, loin de ce qui s’y déroule, dit Alain Derobe. Pour Pina, nous avons mis les caméras au milieu des danseurs. La caméra doit littéralement danser avec eux. C’est pourquoi tous les membres de l’équipe ont dû se familiariser avec les chorégraphies. Chacun devait savoir exactement vers où les danseurs allaient se diriger, afin que la caméra puisse les suivre.

Le stéréographe Alain Derobe a été secondé par le superviseur 3D Francois Garnier, qui voit lui aussi dans la danse-théâtre en 3D un véritable défi : nous ne pouvons pas interrompre un danseur par un découpage trop rapide, il faut donc tourner des plans sensiblement plus longs. Le défi consiste donc à rester toujours le plus près possible avec la caméra, bien que le danseur ou la danseuse se déplace.
Malgré les difficultés, Garnier est convaincu par l’utilisation de la 3D : comme la danse est par essence un mouvement dans l’espace, il n’y pas de meilleur procédé que la technologie 3D pour la représenter. La 3D offre plus d’espace, plus d’action, plus de mouvement. L’impression de sensation physique est bien plus fort que toute réflexion intellectuelle. Avec la 3D, le cinéma atteint un niveau supérieur.

Comme il se doit d’un réalisateur travaillant sur un film en 3D, Wim Wenders s’est plongé de près dans le film de James Cameron, Avatar, qui est devenu, une référence dans la technologie. Il parle de ce film : je l’ai regardé plusieurs fois et j’ai vite remarqué que les avatars animés par ordinateur avaient des mouvements d’une extrême élégance – la même élégance que je voulais pour nos danseurs. Mais les vrais humains qui se baladent dans Avatar, ils sont à peine regardables. Tous les défauts que nous avions relevés dans nos propres essais, on les retrouve dans Avatar. Dès qu’ils bougent, on voit trois ou quatre bras. Les mouvements ne sont pas coulés ni fluides. On ne s’en rend pas trop compte parce que le montage de Cameron est très rapide, mais dès qu’un de ses acteurs fait plus que quelques pas, c’est franchement moche. Ils avaient les mêmes problèmes que nous, sauf qu’en général ils pouvaient les camoufler plus facilement parce que leurs arrière- plans étaient générés par ordinateur. Alors que nous, nous voulions et devions tourner des images 100 % réelles. Il fallait que nos danseurs se déplacent de façon élégante et fluide ! Pour cela, nous avons d’abord dû trouver le moyen de ruser avec la technique de façon à retrouver un rendu naturel des mouvements.

Avant même le tournage, le réalisateur Wim Wenders s’est défendu de rechercher la performance avec l’utilisation de la technologie 3D : même si nous avons absolument besoin de la troisième dimension, nous ferons en même temps tout notre possible pour que le spectateur, justement, oublie cette conquête de l’espace. L’effet relief ne doit pas attirer l’attention sur lui-même, mais se rendre aussi invisible qu’il se peut, afin de mettre d’autant mieux en évidence l’art de Pina.

La chorégraphe Pina Bausch arrive à la tête de la danse au sein des théâtres de Wuppertal lors de la saison 1973-1974. Immédiatement, les réactions fusent par rapport à ce mélange de théâtre et de danse qu’elle a élaboré. Sur scène, ce ne sont pas que des danseurs que l’on observe puis que les interprètes parlent, chantent, parfois rient ou pleurent. Mais après la polémique, son travail est reconnu et finit par s’imposer. Et s’exporter même, la danse-théâtre devenant un genre en soi qui saura influencer des chorégraphes du monde entier, allant jusqu’à se ressentir dans le ballet classique et le théâtre.

Pendant plus de 36 ans, Pina Bausch a imprimé sa marque à Wuppertal. Elle a créé une œuvre qui pose un regard intègre sur la réalité et nous donne en même temps le courage d’assumer nos souhaits et nos désirs. Son Ensemble, riche de personnalités fortes et singulières qui ont eu le temps de bien comprendre la chorégraphe, tentera de garder ce cap à l’avenir.

La force de l’œuvre de Pina Bausch vient du fait qu’elle a toujours pris pour thème central un besoin universel : le besoin d’amour, de chaleur humaine et de protection. Elle élabora une méthode de travail ouverte qui pouvait intégrer les influences culturelles les plus diverses. Au gré d’excursions poétiques sans cesse renouvelées, elle a cherché ce qui nous rapproche de notre besoin d’amour et ce qui nous en éloigne. Ses pièces dansées se veulent un théâtre du monde, qui ne prétend pas faire la leçon au spectateur, mais qui met en œuvre des expériences : des expériences heureuses ou tristes, douces ou conflictuelles, et souvent aussi étranges ou grotesques. Ce sont des scènes mouvantes et émouvantes de paysages intérieurs, qui explorent avec la plus grande précision ce qu’il en est des sentiments humains, sans jamais abandonner l’espoir que le besoin d’amour puisse être satisfait. L’espoir est l’une des clés de cette oeuvre tout autant que la proximité avec le réel, car les pièces se rapportent toujours à quelque chose que tout spectateur connaît et dont il peut faire l’expérience dans sa propre vie.

Les spectacles de Pina Bausch ont eu un véritable effet sur Wim Wenders qui le raconte avec émotion : au bout de quelques instants j’avais déjà une boule dans la gorge et après quelques minutes d’un incroyable étonnement, j’ai simplement laissé libre cours à mes sentiments et je me suis mis à chialer sans retenue. Cela ne m’était encore jamais arrivé…

L’amitié de Wim Wenders et Pina Bausch avait vingt ans, et leur envie de travailler ensemble sur un film dansé était presque aussi ancienne. Mais les limites du cinéma empêcha le cinéaste d’obtenir l’impression qu’il désirait et le projet fit long feu. Il devint même sujet de plaisanteries entre les deux artistes. C’est l’arrivée de la technologie 3D numérique qui a apporté au réalisateur le langage esthétique capable rendre à l’écran la plasticité singulière de la danse-théâtre de la chorégraphe. Et c’est en voyant le concert filmé en 3D numérique U2 3D du groupe irlandais U2 (dont le leader Bono est aussi un ami de Wenders, le réalisateur réalisant même The Million dollar hotel d’après un scénario du chanteur) qu’il s’aperçoit du potentiel de cette technologie.

Wim Wenders n’est pas le seul grand réalisateur que l’on pourrait classifier d’auteur intéressé par la 3D. C’est aussi le cas de son compatriote Werner Herzog qui, lui aussi, va passer de la fiction au documentaire avec Cave of forgotten dreams (même si Wenders a tourné de nombreux documentaires, c’est la fiction qui l’a fait connaître). Mais si le premier était intéressé par les corps et le mouvement, le second semble plus fasciné par la représentation de la matière puisqu’il utilise cette technologie pour un film sur les peintures rupestres de la Grotte Chauvet, en Ardèche.

Ce n’est pas la première fois que le cinéaste allemand se penche ainsi sur une œuvre qu’il admire. Wim Wenders l’avait fait avec Nicholas Ray dans le poignant film terminal Nick’s movie, à nouveau avec Tokyo-ga sur Ozu, ou pour son film à succès sur le Buena vista social club

Entretien avec Wim Wenders
Comment évaluez-vous votre part de création dans ce fi lm, étant entendu que vous vous êtes délibérément effacé derrière Pina Bausch ?
Pour faire un film sur le regard (tellement spécial) de quelqu’un d’autre, il faut mettre ses propres yeux « au service » de l’autre, d’autant plus que le film est expérimental et que je ne pouvais me fonder sur aucune expérience antérieure...
http://humanite.fr/06_04_2011-wende...

Wim Wenders
Né le 14 août 1945 à Düsseldorf (Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie).
N’est pas seulement le cinéaste reconnu que l’on connaît, il est également photographe...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Wim_Wenders

Hélène Louvart
http://www.toutlecine.com/star/0008...
http://www.cinemotions.com/modules/...

Jörg Widmer
http://www.toutlecine.com/star/0005...

Pina Bausch
Née Philippina Bausch le 27 juillet 1940 à Solingen (Rhénanie-du-Nord-Westphalie) et décédée le 30 juin 2009 à Wuppertal.
Commence sa formation de danse à 14 ans...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pina_Bausch

extrait(s) de presse

La Croix - Le film constitue tout d'abord une trace inestimable du travail de la chorégraphe allemande, montré au cinéma comme il ne l'a jamais été...
Le Figaro - Pas d'histoire, pas d'explications, juste la danse torrentielle...
Les Inrocks - Peut-être la meilleure réalisation du cinéaste depuis "Les Ailes du désir"...
Positif - Le film de Wenders, s'il est peut-être le plus beau que nous ait donné la 3D depuis l'engouement de ces trois dernières années, est aussi celui qui trace le plus fermement les limites du procédé...
Le Monde - "Pina" est une histoire de famille, comme "Tokyo-ga" (1985) un hommage au cinéaste japonais Ozu...
Libération - Voici un film qui parle de danse, sans pointe et sans ballerine, qui rend compte de l’œuvre d’un auteur. C’est déjà beaucoup.
Paris match - Physiquement, on est au milieu des danseurs. Emotionnellement, on comprend soudain ce que « danse contemporaine » veut dire...
Excessif - Portrait morbide aux images sublimes...
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