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Wadjda

Arabie saoudite - 2012 - 1h37
Prix du meilleur Film art et essai, mostra de Venise 2012
accessible aux enfants à partir de 12 ans
film - version originale sous-titrée en français
de

Haifaa Al Mansour

scénario : Haifaa Al Mansour
direction de la photographie : Lutz Reitemeier
musique ou chansons : Max Richter
avec : Waad Mohammed (Wadjda), Reem Abdullah (la mère), Abdullrahman Al Gohani (Abdallah), Ahd (Mme Hussa), Sultan Al Assaf (le père), Dana Abdullilah (Salma), Rehab Ahmed (Noura), Rafa Al Sanea (Fatima)
séances : semaine du mercredi 6 mars 2013
mercredi 6 jeudi 7 vendredi 8 samedi 9 dimanche 10 lundi 11 mardi 12
20:00
18:00
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18:30
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séances : semaine du mercredi 13 mars 2013
mercredi 13 jeudi 14 vendredi 15 samedi 16 dimanche 17 lundi 18 mardi 19
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synopsis

Wadjda, douze ans, habite dans une banlieue de Riyad, capitale de l’Arabie Saoudite. Bien qu’elle grandisse dans un milieu conservateur, c’est une fille pleine de vie qui porte jeans et baskets, écoute du rock et ne rêve que d’une chose : s’acheter le beau vélo vert qui lui permettra de faire la course avec son ami Abdallah. Mais au royaume wahhabite, les bicyclettes sont réservées aux hommes car elles constituent une menace pour la vertu des jeunes filles. Wadjda se voit donc refuser par sa mère la somme nécessaire à cet achat. Déterminée à trouver l’argent par ses propres moyens, Wadjda décide alors de participer au concours de récitation coranique organisé par son école, avec pour la gagnante, la somme tant désirée...

notes de production

En Arabie Saoudite, il n’y a aucune salle de cinéma officielle, et très peu de films y ont été réalisés, comme en témoignent les propos de la cinéaste Haifaa Al Mansour : l’Arabie Saoudite est un pays sans salle de cinéma et qui proscrit le cinéma. Mais mon père nous a facilité l’accès aux films, et nous avions de nombreuses soirées familiales où nous regardions des films tous ensemble. J’aimais tellement ça, mais je ne me serais jamais imaginé finir réalisatrice, et encore moins la première femme réalisatrice en Arabie Saoudite !

Wadjda est le premier long métrage saoudien réalisé au coeur du Royaume, les précédents films saoudiens ayant été tournés dans d’autres pays, comme les Emirats Arabes Unis. L’événement est d’autant plus mémorable que c’est un film mis en scène par une femme.

Les acteurs du film sont exclusivement saoudiens, comme l’explique Haifaa Al Mansour : il était important pour moi de travailler avec un casting entièrement saoudien, de raconter cette histoire avec des voix authentiques (...) [que le film] offre une vision intérieure unique de mon pays (...) à travers ces thèmes universels que sont l’espoir et la persévérance.

Les familles saoudiennes ne voulant pas, pour la plupart, autoriser leurs filles à apparaître à l’écran, il a été très compliqué de trouver la bonne actrice pour le rôle de Wadjda. C’est dans les toutes dernières auditions que Waad Mohammed, âgée de 12 ans, s’est démarquée des autres candidates, avec son attitude rebelle et ses Converses qui marquent son identité dans le film : toutes les filles que nous avions vues avant n’avaient pas ce truc en plus. Elles étaient trop douces, pas assez effrontées. Et soudain Waad est apparue, avec ses écouteurs sur les oreilles, portant un jean et des tatouages sur les mains. Je cherchais également une fille avec une jolie voix, capable de chanter avec sa mère, de mémoriser et psalmodier le Coran. Waad a une voix très mélodique et très douce, se remémore la réalisatrice Haifaa Al Mansour. Bien qu’elle ait déjà joué dans quelques pièces de théâtre locales, Wadjda est le tout premier film de Waad Mohammed.

Haifaa Al Mansour est la première femme cinéaste d’Arabie Saoudite. Son travail, dans son pays, suscite à la fois l’admiration et la controverse, puisqu’elle évoque souvent des sujets tabous. Elle tente notamment d’incarner la voix des femmes saoudiennes, dont les conditions de vie sont habituellement passées sous silence. Cependant, elle précise bien qu’avec Wadjda, elle n’a jamais cherché à être dans la caricature, qu’il s’agisse des personnages de femmes ou d’hommes : les femmes et les hommes sont dans le même bateau, tous soumis à la pression de la société pour se comporter d’une certaine façon, forcés à agir avec les conséquences du système à chaque décision prise.

Reem Abdullah, qui interprète la mère de Wadjda, est une comédienne très célèbre en Arabie Saoudite. Wadjda est tout de même son premier film au cinéma, sa carrière ayant été exclusivement télévisuelle jusqu’alors.

Haifaa Al Mansour raconte que le tournage n’a pas toujours été facile pour elle, parce que c’est une femme : chaque étape était difficile et c’était une véritable aventure. Je devais parfois courir et me cacher dans le van de la production quand nous tournions à proximité de lieux plus conservateurs, où les gens auraient désapprouvé la présence d’une femme réalisatrice. Et qui plus est qui se mélangeait professionnellement avec des hommes sur le plateau. (...) On a parfois rencontré des passants qui manifestaient leur mécontentement de voir ce que l’on faisait, mais rien de trop violent, explique-t-elle.

La réalisatrice de Wadjda confie que lorsqu’elle était enfant, son père, leur prodiguant, à elle et à ses frères, une éducation très libérale, leur avait offert un vélo, qu’elle avait choisi de couleur verte, tout comme celui que convoite l’héroïne du film.

Entretien avec Haifaa Al Mansour
Comment en vient-on au cinéma lorsqu’on grandit dans un pays comme l’Arabie saoudite qui ne compte que très peu de salles ?
Je viens d’une petite ville où il n’y avait certes aucune salle mais beaucoup de vidéo-clubs. Je suis issue d’une famille de 12 enfants. Mon père [le poète saoudien Abdul Rahman Mansour, NDLR] avait pour habitude de nous montrer des films afin de nous calmer quand nous ne tenions pas en place. La plupart du temps, il nous projetait des grosses productions avec Jackie Chan, Bruce Lee, beaucoup de films américains, égyptiens et de Bollywood. Tous ces films m’ont ouvert le monde. Ils m’ont permis de découvrir des choses et des endroits différents. Émotionnellement, ils étaient une invitation au voyage. Je me souviens de la première fois où j’ai vu Blanche neige de Disney, c’était le plus jour de ma vie, j’étais comme hypnotisée...
http://www.france24.com/fr/20130204-wadjda-film-arabie-saoudite-condition-femmes-haifaa-al-mansour-cinema-islam

Haifaa Al Mansour
Née le 10 août 1974.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Haifaa_al-Mansour

Lutz Reitemeier
http://de.wikipedia.org/wiki/Lutz_Reitemeier

Max Richter
http://fr.wikipedia.org/wiki/Max_Richter

extrait(s) de presse

Le Figaro - Ce premier film, réalisé par une femme, Haifaa Al Mansour, est une petite merveille d'intelligence.
Le Parisien - "Wadjda" est un film simple, clair, délicat, toujours juste et finement percutant.
Les Inrocks - "Wadjda" est un excellent film. Pour l'Arabie Saoudite, mais plus encore pour la cause féminine et pour le cinéma, ce coup d'essai est un coup de maître.
L'Humanité - Un film de femme qui est aussi un chef-d'oeuvre. Impérativement à voir.
Le Journal du dimanche - "Wadjda" rayonne telle une pépite qui vaut bien plus qu'un puits de pétrole.
Le Nouvel obs - L'image que [Haifaa Al Mansour] donne des femmes de son pays est aussi insolite qu'effrayante.
Fiches du cinéma - Haifaa Al Mansour aborde le thème difficile de la situation des femmes en Arabie Saoudite et signe un premier long métrage talentueux et courageux, servi par une jeune actrice pétillante.
Télérama - "Wadjda" rappelle les premiers films iraniens d'Abbas Kiarostami. (...) Le film est sensible et intense.