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Le Plein pays

France - 2009 - 0h58
documentaire - film francophone
de

Antoine Boutet

scénario : Antoine Boutet
direction de la photographie : Antoine Boutet
séances : semaine du mercredi 23 janvier 2013
mercredi 23 jeudi 24 vendredi 25 samedi 26 dimanche 27 lundi 28 mardi 29
21:00*
séance spéciale :
* Précédée d’une conférence (18:30, entrée libre) en présence de Patrick Leboutte, cette séance est organisée en partenariat avec le Pôle régional d’éducation à l’image et Magelis. tarif unique 3,5 €

synopsis

Un homme vit reclus depuis trente ans dans une forêt en France. Il creuse en solitaire de profondes galeries souterraines qu’il orne de gravures archaïques. Elles doivent résister à la catastrophe planétaire annoncée et éclairer, par leurs messages clairvoyants, les futurs habitants... Le film raconte cette expérience en marge de la société moderne, affectée par la misère humaine et la perte définitive d’un monde parfait.

notes de production

Le réalisateur a pris connaissance de l’existence de Jean-Marie lors d’un séjour dans la région où il travaillait pendant plusieurs mois en tant que plasticien sur des questions liées à la ruralité. Tout le monde le connaissait, ou plutôt, les gens en avaient entendu parler, ce sont deux choses différentes, explique Antoine Boutet. La manière dont on le décrivait a suffi à attiser ma curiosité. Il fallait absolument que je rencontre cet homme.

Le cinéaste était seul au départ avec un budget assez limité. Il a préféré attendre d’être certain que le film se fasse, qu’une confiance durable s’établisse entre lui et Jean-Marie, avant de solliciter des aides de financement. Il explique : c’est un film avec peu de moyens mais aussi peu de contraintes, bricolé au fur et à mesure. Mais c’est aussi une manière artisanale de faire un film, j’aime bien cette notion.

Même si Jean-Marie ne se définit pas comme un artiste, son rapport à l’Art intéresse le cinéaste : ce travail qu’il poursuit depuis plus de quarante ans sur son territoire le met dans une sorte d’isolement, et en même temps, dans une résistance par rapport au monde extérieur. Il est dans cette folie, mais l’échappatoire de son travail artistique lui permet d’évacuer un certain nombre de pulsions et de tenir tout de même, en marge de la société.

Au début de son film, Antoine Boutet ne donne pas au spectateur les clefs pour comprendre ce qu’il se passe à l’écran. Il souhaitait montrer le cheminement qu’il avait vécu : c’est cette progression que j’ai essayé de conserver dans le montage. Je ne voulais pas gommer ce premier regard frontal, assez violent, assez impressionnant.

L’endroit où Jean-Marie creuse ses tunnels se trouve dans la même région que les grottes de Lascaux et le gouffre de Padirac dont certaines des gravures sont toujours à interpréter. Pour le réalisateur, cette impulsion de creuser sans cesse d’immenses grottes lui vient de l’enfance, comme une découverte qu’il pourrait faire, un labyrinthe dont lui seul aurait le plan, un message datant de la Gaule qu’il va déchiffrer…

Après que Le Plein pays ait été projeté au Festival du film documentaire de Marseille, l’acteur principal a découvert le film chez lui avec le réalisateur Antoine Boutet. Ce dernier raconte : maintenant, il a conscience de ce que représente une projection, de l’écho de son histoire sur le public et cela perpétue l’échange que nous avons eu. À présent, il me questionne pour savoir où va passer le film, quelles sont les réactions du public...

Après le tournage du film, Jean-Marie ne descend plus. Ses forces s’amenuisent et son ouvrage s’achève : il sculpte les derniers blocs éparpillés dans sa forêt, mais son grand œuvre est à l’arrêt. Certains tunnels de ses grottes sont sous l’eau, les parois se fragilisent et menacent d’ensevelir pour toujours quarante années d’exploration !, nous raconte le réalisateur.

Entretien avec Antoine Boutet
L’origine du projet ?
En 2005, dans le sud-ouest, je préparais le portrait filmé d’un taxidermiste télépathe pour une exposition liée au monde rural, à la chasse. On m’a parlé, comme d’un secret de village, d’un homme des bois, un sculpteur et bâtisseur de grottes qui vivait dans la région. C’était comme un conte, un mélange de réalité et de fantasmes, véhiculés par les gens du coin et les rumeurs...
http://www.fidmarseille.org/dynamic/index.php?option=com_content&view=article&id=645&Itemid=95&lang=french

Antoine Boutet
A étudié les arts visuels et participé à de nombreuses expositions depuis une quinzaine d’année. Ses films récents incluent le documentaire Zone of initial dilution (primé aux : Goya environment film festival Brasil 2008 ; Iran documentary film festival 2007 ; DaKino film festival 2007 ; Tampere short film 2007 ; Écrans documentaires 2006 ; Traces de vies 2006…) et Conservation conversation ainsi que les vidéo expérimentales Utopia et Plus ou moins. Il développe actuellement un projet de long-métrage documentaire en Chine Sud eau nord déplacer, produit par Les Films du présent.
http://www.unifrance.org/annuaires/personne/345382/antoine-boutet

Patrick Leboutte
Né à Berchem-Sainte-Agathe (Bruxelles) en 1960.
Spécialiste du film documentaire, critique de cinéma et essayiste...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Leboutte
http://www.cinergie.be/webzine/patrick_leboutte_le_geste_cinematographique_2011_12_19_122026

extrait(s) de presse

Cahiers du cinéma - On n'avait pas entendu pareille langue imprécatoire depuis Antonin Artaud...
L'Humanité - Il y a un moment dans ce moyen métrage où l’on n’est plus au cinéma, plus nulle part...
Le Monde - Comment parler de ce Sisyphe, cette incarnation d'un personnage de Beckett, qui s'est mis en marge de la société et dont les faits et gestes trahissent une quête existentielle, cette sorte de Facteur Cheval que l'on voit s'obstiner à déterrer d'énormes pierres, les charrier à mains nues et les poser ailleurs ?
Télérama - Détail important : on ne comprend pas un traître mot de ce que raconte l'homme des bois...
Bref magazine - "Le Plein pays" joue sans cesse entre le dehors et le dedans, la surface et les abysses, le public et l’intime...