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Blancanieves

Espagne - 2012 - 1h44
Prix spécial du jury, prix d'interprétation féminine San Sebastian 2012 compétition officielle festival du cinéma européen Les Arcs 2012
film - film muet
de

Pablo Berger

scénario : Pablo Berger
direction de la photographie : Kiko De la Rica
musique ou chansons : Alphonso Vilallonga
avec : Maribel Verdú (Encarna), Ángela Molina (Doña Concha), Daniel Gimenez-Cacho (Antonio Villalta), Macarena García (Carmen), Inma Cuesta (Carmen de Triana), Ramón Barea (Don Martín), Oriol Vila (Joven Arrogante), Carlos Lasarte
séances : semaine du mercredi 23 janvier 2013
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séances : semaine du mercredi 30 janvier 2013
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séances : semaine du mercredi 6 février 2013
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synopsis

Sud de l'Espagne, dans les années 20. Carmen est une belle jeune fille dont l'enfance a été hantée par une belle-mère acariâtre. Fuyant un passé dont elle n'a plus mémoire, Carmen va faire une rencontre insolite : une troupe ambulante de nains Toreros qui va l'adopter et lui donner le surnom de «Blancanieves ». C'est le début d'une aventure qui va conduire Carmen/Blancanieves vers elle-même, vers son passé, et surtout vers un destin à nul autre semblable... Un mélodrame gothique transposé dans l'Espagne flamboyante des années 20 et librement inspiré du célèbre conte des Frères Grimm.

notes de production

Blancanieves se veut un conte dans le conte : on y retrouve des éléments du Petit Chaperon rouge, de Dickens, d’Oliver Twist… mais d’un certain côté, j’ai voulu lui conférer réalisme et émotion.
Pablo Berger

Il était une fois un aspirant-cinéaste de Bilbao qui dévorait les films depuis sa plus tendre enfance. Arrivé à l’université, il se lia d’amitié avec un autre étudiant tout aussi assoiffé d’images : Alex de la Iglesia. Les deux amis échangèrent des bédés, firent ensemble la fête et fondèrent un ciné-club. Quelques années plus tard, Pablo Berger réalisait un court métrage avec son camarade comme directeur artistique et ce film, intitulé Mamá, eut du succès dans tant de festivals que Pablo put aller étudier aux États-Unis. Là-bas, il devint professeur de cinéma, puis s’en retourna dans son pays natal à la fin des années 90 pour réaliser Torremolinos 73, qui rend compte de sa vision particulière du cinéma érotique espagnol. Le film fit un tabac auprès du public comme de la critique, et il inspira un remake chinois.

Cependant, le jeune cinéaste qui avait été subjugé à l’âge de 16 ans par Freaks de Tod Browning, avait une obsession : tourner un film muet en noir et blanc en guise de travail de fin d’études pour l’Académie de cinéma de New York (parce que, comme il le répétait à l’envi : une image vaut plus que mille mots), mais avec un budget et des ambitions dirigées vers le grand public.

Pablo Berger s’est battu contre l’inertie des mécanismes de la production en Espagne et a trouvé des financements supplémentaires en France (Noodles Production), mais après des années de dur labeur, son oeuvre peut enfin sortir dans les cinémas espagnols, distribuée par Wanda, et donner lieu à beaucoup de séances-spectacles avec orchestre et chant, comme cela se faisait avant l’arrivée du cinéma parlant.

Le réalisateur a réussi à accomplir son miracle. Son film, Blancanieves, a le potentiel pour se construire un succès progressif, mais solide et exponentiel, non seulement pour son impact visuel et sa puissance expressive, mais aussi parce que c’est une oeuvre qui s’est nourrie de cinéma (et du meilleur) et qui saute de clins d’oeil à Browning en moments grand-guignolesques à la Bette Davis/Joan Crawford, sans manquer de rendre hommage à Gloria Swanson et à Erich Von Stroheim, ainsi qu’aux plans à la Murnau, ou dans le style d’Abel Gance, de Dreyer...

Le Blanche neige de Berger, contrairement aux deux dernières adaptations américaines en date du conte des frères Grimm, situe la célèbre intrigue dans l’Espagne sombre des années 1920. Blanche-Neige est ici Carmen, fille d’une chanteuse morte en couches et d’un toréador devenu paralytique dans une corrida. Hélas, l’infirmière (incarnée par une Maribel Verdú sublime qui inspire simultanément rire et dégoût) en charge de son père finit par arriver à l’épouser, et mène la vie dure à l’enfant. À la mort de son père, Carmen, devenue jeune fille, fuit l’emprise néfaste de sa marâtre et se réfugie dans une caravane où vivent des nains toreros qui tournent de village en village avec leur spectacle.

C’est résolument un grand spectacle que nous offre Pablo Berger à travers ce film mis en scène dans le style hollywoodien d’antan (avec ses énormes décors et ses costumes exubérants), mais autour d’une iconographie nettement ibérique (la même que celle que reprend souvent Alex De la Iglesia). Et c’est aussi un conte riche en autres contes : au-delà de celui qui donne son nom au titre du film, on trouve aussi ici des éléments de Cendrillon, Oliver Twist et Alice au pays des merveilles.

Blancanieves est un délicieux cocktail de références, de genres (du film d’horreur gothique à la comédie grotesque en passant par le mélodrame exalté) et d’émotions (des larmes au fou rire en passant par la passion débridée), une potion grâce à laquelle un magicien basque cinéphile et cinévore parvient à ensorceler le spectateur pendant près de deux heures, sans manquer de lui offrir un final tout à fait inattendu qui démontre une fois de plus de son goût du risque et des images pures, sans mots. Et voilà comment se termine l’histoire de ce Blanche Neige stimulant, et bel et bien unique.
Cineuropa

C’est en 2004, après avoir fait le tour des festivals pour présenter Torremolinos 73, que Pablo Berger a entamé l’écriture du scénario de Blancanieves. Il a commencé par écrire trois histoires, puis les a fait lire à sa femme. Ensemble, ils ont sélectionné l’histoire de cette jeune fille rencontrant une troupe de nains toreros.

Film muet et tourné en noir et blanc, Blancanieves s’inspire du cinéma de la fin des années 20, notamment d’Eldorado de Marcel L’Herbier et Les Rapaces d’Erich Von Stroheim. Pablo Berger a privilégié le super 16 pour garder le grain à l’image (qui est effacé par les caméras plus modernes).
Blancanieves est une réinterprétation de Blanche-Neige, mais d’autres personnages de conte sont également présents dans le film. Ainsi, le père de Carmencita, joué par Sofía Oria, lui raconte l’histoire du Petit Chaperon Rouge et le personnage de Don Carlos, sous les traits de Josep Maria Pou, n’est pas sans rappeler Stromboli, celui qui tyrannise Pinocchio.

Le parallèle entre Blancanieves et The Artist de Michel Hazanavicius est inévitable. Les deux films sont tournés en noir et blanc et sont muets. Mais la comparaison ne s’arrête pas là, car la bande originale des deux films a été enregistrée en Belgique, par le même orchestre.

C’est le Français Jérôme Vidal qui assure la production de Blancanieves. On lui doit également la découverte d’un autre artiste espagnol, Javier Bardem (par le biais de Les Lundis au soleil), qui a déjà conquis Hollywood en incarnant le tueur à gages de No country for old men et l’adversaire de 007 dans Skyfall.

C’est Alfonso de Vilallonga qui assure la bande originale de Blancanieves. Comme le film est muet, son travail s’est révélé de longue haleine pour couvrir la totalité du long métrage. Chaque morceau devait appuyer l’action et les émotions des personnages.
Maribel Verdú et Daniel Gimenez-Cacho ont déjà joué ensemble en 2007 dans La Zona, propriété privée, un drame mexicain de Rodrigo Pla.

Depuis toujours, les contes inspirent les cinéastes. Celui de la princesse Blanche-Neige, jalousée par sa belle-mère, ne fait pas exception à la règle. Rien qu’en 2012, deux réalisateurs ont adapté cette histoire, Rupert Sanders (Blanche-Neige et le chasseur avec Kristen Stewart) et Tarsem Singh (Blanche Neige avec Julia Roberts).
Blancanieves fait partie de la pré-sélection du Meilleur film en langue étrangère aux Oscars 2013.

Entretien avec Pablo Berger
Certains éléments du film ne sont pas fidèles au conte de Blanche Neige tel qu’on le connaît...
Le film s’engage dans sa direction propre : il évoque mes obsessions, thématiques et visuelles. Mon objectif en tant que narrateur est de surprendre le spectateur, et c’est la seule règle que je suive. Jean-Claude Carrière, qui a écrit des scénarios pour Buñuel, Milos Forman et bien d’autres, dit lui-même que si en écrivant on se rend compte qu’une scène est trop logique et que le spectateur va deviner la suite, il faut changer de voie... tout en restant vraisemblable...
http://cineuropa.org/it.aspx?t=interview&l=fr&did=226459

Pablo Berger
Né à Bilbao en 1963.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pablo_Berger

Kiko De la Rica
http://www.unifrance.org/annuaires/personne/351888/kiko-de-la-rica
http://www.imdb.fr/name/nm0209364/

Alphonso Vilallonga
http://www.imdb.fr/name/nm0897350/

Maribel Verdú
Née le 9 octobre 1970 à Madrid.
Révélée par Fernando Trueba et vue dans Le Labyrinthe de Pan...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Maribel_Verd%C3%BA

Ángela Molina
Née Ángela Molina Tejedor le 5 octobre 1955 à Madrid.
Atteint la notoriété avec Cet obscur objet du désir (1977) de Luis Buñuel...
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%81ngela_Molina
http://www.imdb.fr/name/nm0596807/

Daniel Gimenez-Cacho
Né le 15 mai 1961 à Madrid.
http://www.imdb.fr/name/nm0319843/

Macarena García
http://www.imdb.com/name/nm3475396/

extrait(s) de presse

Film de culte - Berger se révèle un contemporain de Todd Browning...
Vodkaster - Ici, on est plus proche du noir et blanc d'"Elephant man", ou de l'utilisation qu'en fait Burton dans "Ed Wood"...
Wordpress - Oubliée la Blanche-Neige nunuche de Disney ! Cette version, vraiment originale, est sublime !