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Dans la maison

France - 2012 - 1h45
Prix de la Fipresci (1) festival international du film Toronto 2012 Coquille d'or du meilleur film San Sebastian 2012
film - film francophone
de

François Ozon

scénario : François Ozon
d'après l'oeuvre de : Juan Mayorga
direction de la photographie : Jérôme Alméras
musique ou chansons : Philippe Rombi
avec : Fabrice Luchini (Germain), Ernst Umhauer (Claude), Kristin Scott Thomas (Jeanne), Emmanuelle Seigner (Esther), Denis Ménochet (Rapha père), Bastien Ughetto (Rapha fils), Jean-François Balmer (le proviseur), Yolande Moreau (les jumelles)
séances : semaine du mercredi 16 janvier 2013
mercredi 16 jeudi 17 vendredi 18 samedi 19 dimanche 20 lundi 21 mardi 22
18:30*
16:15
14:00
20:45
séance spéciale :
* Festival Télérama / Afcae du 16 au 22 janvier 2013 En échange du Pass, complété de vos noms et adresses, une carte valable pour 2 personnes durant toute la durée de la manifestation vous sera remise à la caisse du cinéma. Sur présentation de cette carte, tous les films du festival Télérama / Afcae sont au tarif de 3 euros la place (par personne). Tarif unique 3 euros pour tous grâce au Pass (valable pour 2 personnes) à découper dans le magazine Télérama des 9 et 16 janvier 2013

synopsis

Un garçon de 16 ans s'immisce dans la maison d'un élève de sa classe, et en fait le récit dans ses rédactions à son professeur de français. Ce dernier, face à cet élève doué et différent, reprend goût à l'enseignement, mais cette intrusion va déclencher une série d'événements incontrôlables...

notes de production

(1) La Fipresci (fédération internationale de la presse cinématographique) regroupe des critiques de films du monde entier, soit environ 300 membres...
http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9d%C3%A9ration_internationale_de_la_presse_cin%C3%A9matographique

Le film Dans la maison est librement adapté de la pièce espagnole de Juan Mayorga, intitulée Le Garçon du dernier rang. A ce sujet, le cinéaste François Ozon déclare : dès que j’ai lu la pièce, j’ai senti ce potentiel de pouvoir parler indirectement de mon travail, du cinéma, d’où vient l’inspiration, de ce qu’est un créateur, un spectateur.
Selon lui, cette œuvre littéraire présentait également un intérêt tout particulier dans la mesure où son auteur opérait dans son récit un basculement du point de vue prof/élève tout en alternant entre réalité et fiction. Cependant, Ozon a choisi de modifier le titre qui, d’après lui, se focalisait trop sur une seule problématique.

En choisissant d’adapter une pièce de théâtre au cinéma, François Ozon s’est retrouvé en butte à quelques difficultés : il a ainsi élagué les dialogues pour les rendre plus naturels et a fait en sorte d’ancrer son récit dans une réalité spatio-temporelle qui n’existait pas dans l’œuvre de départ. Par ailleurs, le récit, qui prend place en milieu scolaire, décrit l’enseignement comme une profession ingrate où tous les élèves seraient devenus des moutons. Pour illustrer cette idée, le réalisateur a d’abord pensé tourner son film au Royaume-Uni, où les élèves portent des uniformes, mais cela nécessitait trop de temps et entraînait bon nombre de complications, ce qui a finalement poussé le cinéaste à situer son action dans un lycée pilote, qui expérimente le retour à l’uniforme en France.

Alors que François Ozon a parfois été tenté de faire virer son film au thriller ou au drame policier, il a finalement préféré laisser la place à la normalité dans son récit. Il déclare même s’être lancé le défi de rendre passionnante cette normalité. Pour ce faire, il a construit son scénario de telle sorte que le spectateur y participe à sa façon tout en opérant un travail d’ellipse sur le montage, censé renforcer l’impression de flou entre le réel et la fiction. Il affirme : l’idée était de rendre extraordinaires ces choses banales par la manière de les raconter et de les filmer, de faire monter la tension par la mise en scène (...), de jouer sur la confusion entre le réel et la fiction.

Pour faire surgir son personnage de fiction dans la réalité du film, François Ozon a utilisé un procédé initié par Ingmar Bergman dans Les Fraises sauvages et repris par Woody Allen dans ses films. Quant au thème de la manipulation, largement exploité dans Dans la maison, il est développé à la manière de Pasolini dans Théorème.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Fraises_sauvages
http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9or%C3%A8me_(film)

Le film, qui traite de l’enseignement et de l’Éducation nationale, se penche sur un sujet qui n’est pas étranger à François Ozon, bien au contraire : ses parents étaient tous les deux professeurs, ce qui amène le cinéaste à déclarer : je connais la corvée des corrections de copies le week-end, les élèves préférés, les tensions avec la direction… Je maîtrisais le sujet, je savais comment parler des états d’âme des professeurs, de leurs déprimes, des consignes parfois aberrantes de l’Éducation nationale, comme la correction au stylo rouge parce qu’elle serait anxiogène pour l’élève.

Alors que Fabrice Luchini et François Ozon avaient déjà travaillé ensemble sur Potiche, les deux hommes se sont ici retrouvés dans un climat de confiance mutuelle. Cela a même poussé le comédien à s’investir dans son personnage au point de partir dans des numéros d’improvisation que le cinéaste ne pouvait manifestement pas toujours freiner : dans certaines séquences, [Fabrice] aimait tellement son personnage et le comprenait si intimement qu’il rajoutait des phrases, je ne pouvais plus l’arrêter, se rappelle le réalisateur, qui a tout de même empêché l’acteur de trop mettre son grain de sel.

Fabrice Luchini n’aime pas lire les scénarios, raison pour laquelle il laisse sa fille s’en charger à sa place. Cependant, pour Dans la maison, le comédien a bien voulu faire une exception ! Autre particularité, malgré ses nombreuses années d’expérience, ce n’est que récemment que l’acteur déclare avoir trouvé LA méthode de jeu idéale : depuis quelques années, j’ai trouvé une méthode extraordinaire : je suis totalement obéissant. (...) Dans mon métier je suis absolument abruti.
Sage décision, puisque François Ozon a pu exiger de son acteur un peu de modération, comme le dit Luchini lui-même : François Ozon veillait à tempérer mes leçons de littérature, elles étaient très écrites. Il était obsédé que ça ne fasse pas du Fabrice Luchini !

Pas étonnant que Denis Ménochet se soit fait remarquer par l’Américain Quentin Tarantino : selon François Ozon, l’acteur serait adepte de la Méthode ! Comme il l’explique, Denis a un côté très Actor’s studio, (...) il est arrivé avec un bagage très important sur le tournage. Cette approche a sans doute dû contraster avec celle d’Emmanuelle Seigner, qui n’a pas peur de déclarer : moi, je ne construis jamais rien, je fais ce qu’on me dit. Je ne suis pas quelqu’un qui travaille ses rôles. Je ne devrais pas dire ça mais c’est vrai. Je me laisse faire par le metteur en scène, j’attends de voir ce qu’il veut.

La comédienne Emmanuelle Seigner fait elle aussi partie du casting de Dans la maison. Pour l’occasion, François Ozon, qui avait déjà participé à un projet avec elle, a tenu à lui confier un rôle de femme naïve et sans une once de perversité, ce qui contraste avec le type de personnages que l’actrice a l’habitude d’incarner. Selon les propres dires de la comédienne : c’est rigolo de jouer quelqu’un qui n’est pas du tout vous (...). C’est sans doute l’un des rôles qui m’a le plus amusée dans toute ma carrière.

François Ozon semble apprécier les actrices anglaises : la preuve, après avoir collaboré avec Charlotte Rampling, c’est à Kristin Scott Thomas qu’il a offert un rôle dans son nouveau film. Pour l’occasion, il lui a demandé de conserver son accent anglais, alors que la comédienne sait parfaitement parler français.

Selon Kristin Scott Thomas, Dans la maison aborde également le thème du voyeurisme, de plus en plus prégnant dans notre société : [mon personnage] est dans une attitude très voyeuriste envers la famille Rapha. Son attitude est très actuelle, on a tous une grande curiosité vis-à-vis de la vie des autres, il n’y a qu’à voir le succès de la presse people, déclare l’actrice.

Alors que la plupart des cinéastes ne s’embarrassent pas des contingences techniques, François Ozon, lui, a la particularité de cadrer lui-même l’image, ce qui a dérouté Kristin Scott Thomas au premier abord ! En dehors de ça, le réalisateur dirige ses acteurs d’une main de maître, comme le confirme la comédienne : il sait le geste que vous devez faire au millimètre près. Sa précision me fait un peu penser à celle de Polanski. François a un côté très pragmatique, il est aussi très à cheval sur le texte.

Non sans humour, Kristin Scott Thomas revient sur la façon dont s’est déroulé le tournage de Dans la maison : à son arrivée, presque toutes les scènes étaient déjà tournées, il ne restait que les siennes à filmer ! Une drôle d’impression, que la comédienne commente en ces termes : il ne restait plus que mes scènes, ils m’attendaient, un peu comme le Messie ! Ce n’est pas facile de se mettre dans l’ambiance en cours de route.

Même si, dans le film, le personnage de l’adolescent est censé n’avoir que 16 ans, François Ozon a jeté son dévolu sur Ernst Umhauer, un acteur de 21 ans, car selon lui, les comédiens plus jeunes n’avaient pas la maturité suffisante pour jouer le rôle.
Le jeune Ernst Umhauer, qui déclare avoir été immergé dans un tournage très speed, s’est également adonné à l’exercice de la voix off, (toujours sous l’œil attentif de François Ozon), puisqu’il est à la fois l’acteur et le narrateur de l’histoire.

Entretien avec François Ozon
En quoi a consisté le travail d’adaptation ?
La pièce est un maelstrom continu de dialogues où tout s’enchevêtre en permanence sans actes, ni scènes véritablement délimitées. les lieux ne sont ni spécifiés, ni différenciés, on est à la fois dans la classe, la galerie d’art, la maison, dans le parc... Mon travail premier a donc consisté à créer une structure temporelle et spatiale, à incarner le récit dans l’espace et des lieux.
Dans un premier temps, j’ai pensé situer le film en Angleterre car la première image qui m’est venue était celle d’élèves en uniforme, réalité et tradition qui n’existent plus vraiment en France...

http://www.francois-ozon.com/fr/entretiens-dans-la-maison/335-entretien-avec-francois-ozon

François Ozon
Né à Paris le 15 novembre 1967.
Intègre en 1990 le département réalisation de la Fémis dont il sort diplômé trois ans plus tard...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Ozon

Juan Mayorga
Né le 6 avril 1965 à Madrid.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Juan_Mayorga

Jérôme Alméras
http://www.commeaucinema.com/personne/jerome-almeras,42930

Philippe Rombi
Né le 3 avril 1968 à Pau.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Rombi

Fabrice Luchini
Né Robert Luchini le 1er novembre 1951 à Paris.
Remarqué par Philippe Labro en 1969 alors qu’il est animateur d’une boîte de nuit à Angoulême...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fabrice_Luchini

Ernst Umhauer
Né le 2 décembre 1989[1] à Cherbourg.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ernst_Umhauer

Kristin Scott Thomas
Née le 24 mai 1960 à Redruth (Gb).
A fait des apparitions dans plusieurs grands films connus comme Quatre mariages et un enterrement et Mission impossible...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Kristin_Scott_Thomas

Emmanuelle Seigner
Née le 22 juin 1966 à Paris.
Devient mannequin à l’âge de 14 ans et abandonne ensuite cette profession pour le cinéma...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Emmanuelle_Seigner

Denis Ménochet
Né en 1976 à Enghien-les-Bains.
Il fend du bois à l’ouverture d’Inglourious basterds de Quentin Tarantino et est le compagnon de Diane Kruger dans Pieds nus sur les limaces. Un acteur promis à un bel avenir donc...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Denis_M%C3%A9nochet

Jean-François Balmer
Né le 18 avril 1946 à Valangin (Suisse).
Décroche son premier rôle avec Yves Boisset dans R.a.s. (1973). Familier du petit écran avec l’excellente série Boulevard du palais (personnages inspirés du roman Les Orpailleurs de Thierry Jonquet)...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Fran%C3%A7ois_Balmer
http://fr.wikipedia.org/wiki/Boulevard_du_Palais_(s%C3%A9rie_t%C3%A9l%C3%A9vis%C3%A9e)

Yolande Moreau
voir fiche dulm Camille redouble
http://www.citebd.org/spip.php?page=cinema&id_film=964#film

extrait(s) de presse

Le Monde - Ozon réussit l'exploit de démonter le jouet de la fiction sans en briser le moteur - l'émotion.
Les Inrocks - Un pastiche de thriller drôle et enlevé...
Télérama - Je manipule, tu manipules, François Ozon manipule... Tous les cinéastes manipulent, bien sûr, mais lui plus que les autres...
Ecran large - Le cinéaste livre un film à la réjouissante perversité où il est difficile de savoir qui est le bourreau et la victime...
Le Point - Avec une parfaite élégance de mise en scène, Ozon met en place un piège savant qui se referme, implacable, sur ses personnages et sur un spectateur fasciné...
Fiches du cinéma - Le dernier Ozon est sophistiqué, élégant et intelligent...
Positif - Fabrice Luchini, dont on sait depuis longtemps combien il peut être sobre à l'écran, n'a pas besoin d'en faire des tonnes pour incarner le prof désabusé par la nullité des copies à corriger...
La Croix - "Dans la maison"... peut être vu comme un exercice de style aussi maîtrisé que jubilatoire...