La Croatie s’anime ! - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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La Croatie s’anime !

Croatie - 2012 - 1h13
accessible aux enfants à partir de 12 ans
film d'animation - version originale sous-titrée en français
de

collectif

séances : semaine du mercredi 24 octobre 2012
mercredi 24 jeudi 25 vendredi 26 samedi 27 dimanche 28 lundi 29 mardi 30
21:00*
séance spéciale :
* ciné mardi : fête du cinéma d’animation mar 30 21:00 tarif unique 3,5 €

synopsis

Le programme de 9 courts métrages d’animation "La Croatie s’anime" a spécialement été conçu par l’Agence du court métrage et l’Association française du cinéma d’animation (Afca) pour permettre au grand public de découvrir la vitalité et la créativité de jeunes cinéastes croates et jusqu’à présent peu diffusés dans l’hexagone...

notes de production

Chaque année, la Fête de l’Animation est l’occasion de mettre en avant une cinématographie et des invités. En 2012, la Croatie est à l’honneur.

L’histoire du cinéma d’animation croate a planté durablement ses racines dans l’Age d’or de l’Ecole du film d’animation de Zagreb, à la fin des années 50. Une influence qui perdurera, telle une persistance rétinienne, durant les années de troubles politiques et économiques des années 80-90. Aujourd’hui, la nouvelle vague de l’animation croate se caractérise par la création de nombreux studios d’animation privés - en marge de l’institution d’Etat qu’est Zagreb Film Studio - qui favorisent l’éclosion de nouveaux auteurs, de nouvelles techniques.

La nouvelle vague croate
L’histoire de l’animation croate peut être décomposée en trois périodes :
1. le renommé Âge d’or de l’Ecole de cinéma d’animation de Zagreb dans les années 1958-1980 ;
2. les vicissitudes artistiques, économiques et politiques d’un inter-règne qui eut lieu à la fin des années 80 et durant les années 90 ;
3. les voies qui s’ouvrent aux nouveaux studios et aux animateurs croates de tout âge.
Ici, je parlerais surtout du développement de la production croate de films d’animation hors celle du studio d’Etat Zagreb film studio, qui reste la plus grande institution croate, presque entièrement dédiée à la production et à la distribution de courts métrages animés.
A mon sens, la nouvelle vague d’auteurs croates travaille encore sous une influence anti-Disney, une approche minimaliste développée par les maîtres de l’Ecole de Zagreb, mais de façon réappropriée (dans une grande variété de techniques, en opposition au dessin animé classique de Zagreb Film), avec des partis pris à la réalisation comme à la production.
Dimitris Kerkinos, chargé de la programmation de films des Balkans à la 51e édition du Festival international du film de Thessalonique (2010) a écrit dans le texte publié à cette occasion : Animation croate – de l’Ecole de Zagreb à ce jour : « La crise politique yougoslave des années 80 a engendré une situation financière désastreuse et une chute spectaculaire de la production pour l’Ecole (de Zagreb). De plus, l’usage exclusif de la technique classique de dessin animé sur cellulo et l’émigration de nombreux artistes a entraîné le déclin de l’Ecole. Mais malgré ce déclin, une nouvelle génération de cineastes
croates a emergé à la fin des années 90, préservant le savoir-faire et le désir d’originalité artistique. Beaucoup de ces animateurs avaient déjà realisé des films importants ; parmi eux, Daniel Šuljić, Nicole Hewitt, Goran Trbuljak, Darko Bakliža, Dušan Gačić, Davor Međurečan, Marko Meštrović, Simon Bogojević Narath et Tomislav Gregl.
Tout en gardant moult caractéristiques de la période classique de l’Ecole de Zagreb, dont les références picturales, les gags visuels et les allégories, cette nouvelle génération a atteint une étape supplémentaire : les atouts de l’informatique et des images de synthèse lui ont permis une revitalisation formelle, mais elle s’est aussi tournée vers d’autres techniques d’animation afin d’exprimer sa vision du monde.
La première société à oser concurrencer la vieille école fut Kenges, une maison de production fondée à Zagreb en 1997. Spécialisée dans l’animation 2D, images de synthèse et effets spéciaux, son équipe a toujours produit parallèlement aux films de commande, des courts métrages animés et expérimentaux, qui ont connu un réel succès dans les festivals. Le premier
auteur qui remporta ce succès fut Simon Bogojević Narath, avec ses films Bardo Thodol (1999), puis Plasticat (2003) ; il devint directeur artistique à Kenges. Après plus de 10 années prospères, Kenges a fermé ses portes et deux nouvelles sociétés ont vu le jour fin 2008 : Bonobostudio, sous la direction du producteur Vanja Andrijević, rassemble de jeunes auteurs de films animés et expérimentaux parmi les plus talenteux - Simon Bogojević Narath, Veljko Popović, Darko Vidačković, Vladislav Knežević, Dalibor Barić, Božidar Trkulja – et le studio 3D2D Animatori, qui produit des courts métrages, publicités et effets spéciaux, en 2D, en images de synthèse, mais aussi en volume.
Sanja Bahun affirme dans son essai intitulé L’Animation croate, jadis et maintenant : fabrique d’étincelles ou de juste un peu de fumée ? qu’au milieu des années 2000, après une période pauvre sur le plan financier mais aussi créatif, le financement du cinéma a connu un renforcement important, notamment de l’animation. « Des sociétés de production privées, des Ong et le ministère de la Culture croate avaient decidé à la fois de préserver l’héritage national et de financer de nouvelles productions. Ces acteurs, qui furent jusqu’alors inconciliables, ont surtout realisé qu’ils pouvaient travailler ensemble.
Plusieurs maisons de production ont été créées : Studio Pangolin, Ars Animata studio et Kreativni sindikat, spécialisées dans les films d’auteurs, expérimentaux et multimedia, suivies par le collectif Otompotom qui s’est aussi tourné vers l’animation pour enfants. Les sociétés de post-production Diedra et Bold studio, ainsi que les studios de films de commande Full Animation et Production Service House, ont tous également produit des courts métrages.
Au moment où je clos ce bref panorama, une nouvelle étonnante m’arrive de Zagreb : Simon Bogojević Narath, le premier de la nouvelle génération d’auteurs croates à remporter un succès international, a été nommé directeur artistique du jadis célèbre studio Zagreb Film.
Est-ce un simple hasard ou est-ce le début d’un nouvel Âge d’or de la production de films d’animation en Croatie ? On le saura bientôt.
Igor Prassel
Festival international du film Animateka, Ljubljana

La Croatie s’anime ! est un programme de 9 films qui témoignent de la vigueur et de l’inventivité de cette nouvelle animation croate. Des dessins sur cellulos classiques à la 2D par ordinateur, en passant par la pixilation ou la peinture à l’huile sur verre, cette nouvelle génération use de toutes les techniques en les combinant parfois entre elles ou en y intégrant des prises de vues réelles : outre un résultat plastique réjouissant, c’est un cinéma qui questionne, à sa façon, la société croate actuelle.

The Cat
de Goran Stojnić
Mačka, 2012, couleur, 9’
Une vielle femme, un chat et un corbeau : sont-ils aussi différents qu’il n’y paraît ? L’influence du chat sur les deux autres personnages modifie leur comportement et même leur apparence...

Why elephants ?
de Marko Meštrović
Zasto slonovi, 2012, couleur, 8’
Aux questions simples, pas toujours une réponse simple...

First thing
de Martina Lukanović
2010, couleur, 6’
Une jeune femme prend son café rituel du matin. L’espace qui l’entoure est invisible, caractéristique du passage du rêve à l’état d’éveil. Ce n’est que lorsque sa maison est pleine de l’arôme du café que les objets qui l’entourent prennent pour elle une réalité...

Mobitel mania
de Darko Vidačković
2008, couleur, 5’
Un appel d’un garçon remplit une fille d’énergie et stimule son imagination, mais cela se dissipe quand son portable n’a plus de batterie. Au lieu de recharger sa batterie, elle se recharge elle-même...

Dove sei, amor mio
de Veljko Popović
2011, couleur, 10’
Portrait de d’une vielle dame qui vit dans le souvenir de son défunt mari et a peur de le rejoindre bientôt...

My way
de Svetjan Junaković & Veljko Popović
2010, couleur, 6’
Un petit garçon reçoit sa première paire de chaussures. Au cours de sa vie, il change souvent de chaussures, mais dans chaque paire, il y a un caillou invisible…

I already know what I hear
de Darko Masnec
2012, couleur, 5’
La communication manque. Cela se ressent comme les choses qu’on ne dit jamais vraiment. Mais le manque ne signifie pas un trou noir, c’est un espace qui se remplit lui-même...

Miramare
de Michaela Müller
2009, couleur, 8’
Deux jeunes Suisses s’échappent d’un ghetto touristique méditerranéen aux portes de l’Europe et découvrent que le monde extérieur na’ pas grand chose à voir avec leur vie au camping...

Father
de I. Bogdanov, M. Mayerhofer, A. Petrov, V. Popovic, R. Raleva, D. Yagodin
2012, couleur, 16’
Quand avez-vous parlé pour la dernière fois avec votre père ? L’interrogerez-vous jamais sur ces choses qui vous font mal ?...