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The Hole

Usa - 2009 - 1h30
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
film - version originale sous-titrée en français
de

Joe Dante

scénario : Mark L. Smith
direction de la photographie : Theo van de Sande
musique ou chansons : Javier Navarrete
avec : Nathan Gamble (Lucas Thompson), Teri Polo (Susan), Haley Bennett (Julie Campbell), Chris Massoglia (Dane Thompson), Bruce Dern (Creepy Carl)
séances : semaine du mercredi 10 octobre 2012
mercredi 10 jeudi 11 vendredi 12 samedi 13 dimanche 14 lundi 15 mardi 16
21:00*
séance spéciale :
* mardi fantastique : Joe Dante inferno tarif préférentiel 2 films = 7€ (avec "Gremlins" à 18:30) soirée organisée en partenariat avec Hidden circle

synopsis

Quand Dane et son petit frère Lucas quittent New York pour suivre leur mère dans la petite ville de Bensonville, ils pensent que rien ne pourrait être pire. Mais tout va changer lorsque Lucas, en explorant les recoins de leur nouvelle maison, découvre dans la cave un mystérieux trou sous une trappe verrouillée. Alors qu’ils font différentes expériences pour savoir jusqu’où il va, ils s’aperçoivent avec effroi que le trou semble continuer sans fin. C’est le début d’une aventure qui va les obliger à affronter leurs peurs les plus enfouies...

notes de production

Spielberg et Dante sont deux enfants de la télévision. Une fenêtre cathodique qui éduque en partie leur rapport à l’imaginaire et qu’ils intègreront dans leurs propres réalisations à titre d’hommage. Un extrait de programme télévisé, d’un film ou d’un dessin-animé diffusé dans la lucarne s’insère aussi bien dans la diégèse comme simple élément crédibilisant le décor que pour en illustrer le propos.
Dante est également un enfant des drive-in et de la banlieue. Une triple origine qui a façonné son cinéma et que l’on retrouve au cœur de deux de ses films les plus remarquables, Panic sur Florida beach et Les Banlieusards. Son amour du cinoche d’exploitation et ses doubles programmes articule Panic… et se retrouve parfaitement illustré et mis en valeur par le film dans le film Mant ! que le producteur-harangueur Laurence Woosley est venu présenter. Si Dante utilise une structure narrative et des dialogues similaires à ce genre de production en vogue dans les années 50, il ne sacrifie en aucun cas la forme, soignant ses cadres et effets spéciaux. Soit en retrouver l’essence mais sans se contenter d’un hommage bon marché. Un cinéma drive-in également à l’honneur de Runaway daughters, téléfilm de 1994 reprenant le film éponyme de 1956 réalisé par Edward C.Cahn, où trois amies, dans l’Amérique des fifties, poursuivent jusqu’à Las Vegas le petit copain de l’une d’elles refusant les responsabilités de la paternité. Le mauvais garçon interprété par Paul Rudd renvoie au jeune loubard de Panic… mais en offre une version plus bienveillante. Une sorte de James Dean de banlieue plus effrayé que véritablement mauvais. Dépeignant une époque caractérisée par le développement du nucléaire, de la Guerre froide, et le racisme, Runaway daughters s’avère être un véritable périple initiatique pour ces trois jeunes filles confrontées à la vie hors de leur banlieue protectrice.

The Hole est une fantaisie fantastique renvoyant aussi bien à la série Eerie, Indiana dont Dante a produit et réalisé des épisodes qu’à La Quatrième dimension, par le délitement de la réalité et son basculement progressif dans l’irrationalité. La seule volonté de Dante est de susciter l’effroi de son audience. Et sans être aussi tétanisant qu’Insidious, il réussit à créer une véritable tension grâce à des effets de mise en scène sans recourir à de faciles effets de surgissement dans le cadre : une silhouette, une ombre fugace aperçue dans le champ, une forme aux contours indéfinis apparaissant sur une bande vidéo, une plongée dans l’obscurité et/ou un resserrement du cadre autour des protagonistes dès que le danger menace. L’inquiétude provient en premier lieu de l’indétermination de la nature du danger puis des différentes incarnations de l’altérité.

Même si le métrage n’a pu être découvert en 3D, certaines séquences et plans laissent deviner une exploitation efficiente du procédé par Dante, que ce soit le jeu de cache-cache, dans une cave encombrée, entre Lucas et une poupée maléfique, les contre-plongées imposantes vers l’abîme sans fond et surtout le climax situé dans le monde du trou où le jeu sur les échelles de taille et de plans, déjà efficace, doit voir son effet décuplé.
Les films de Dante n’ont jamais été caractérisés par une complexité narrative et une fois encore, l’intrigue se révèle minimaliste. Une évolution linéaire mais qui n’est pas sans aspérités. Car même si les personnages apparaissent comme d’augustes clichés, ils sont marqués par de profondes blessures mentales révélant des failles épaississant leurs caractères. Cet abîme sans fond situé dans les soubassements de leur demeure est une ouverture béante sur leurs peurs enfouies. Les choses en sortant matérialisent des traumas refoulés dont ils vont devoir affronter les incarnations. En décadenassant la trappe dissimulant ce trou, ils ouvrent inconséquemment leur subconscient. La progression dramatique est ainsi intensifiée par le crescendo de ces confrontations, partant d’une frayeur purement enfantine (le pantin démoniaque s’en prenant au petit frère) en passant par l’expression d’une terrible culpabilité (les liens unissant la voisine et le fantôme de la gamine de onze ans la tourmentant) pour aboutir à une horreur domestique déformée et décuplée par les pouvoirs fantastiques du trou.

Avec ce film, on sent que Dante s’est bien amusé, comme le garnement qu’il n’a finalement jamais cessé d’être. Pour autant, ce n’est pas un produit calibré de plus, le réalisateur n’omettant pas d’imprégner son film de sa patte personnelle. Ainsi, il développe un de ses motifs récurrents, la figuration et la substitution du père. Un archétype au mieux immature (le père de Billy dans Gremlins) et au pire absent (Explorers, Panic…), qui se dessine ici sous une forme inattendue et particulièrement choquante voire même subversive pour ce genre de train fantôme tous publics. Bien qu’invisible, la figure paternelle fait d’abord peser une chape de plomb sur Dane et sa famille (c’est à cause du patriarche qu’ils déménagent sans cesse) avant de se concrétiser de manière dégénérée.
Alors bien sûr, The Hole n’est pas d’une viscéralité estomaquante, d’une puissance d’évocation dévastatrice, encore moins le meilleur film de son auteur ou le plus personnel. Il n’en reste pas moins que c’est un petit plaisir sans prétention à la mécanique narrative parfaitement huilée et maîtrisée dont on aurait tort de se priver. Mais en ces temps où pour s’imposer il faut redoubler d’outrages visuels robotisés ou de cabotinage outrancier (suivez mon regard à roulement à billes), il est particulièrement appréciable de voir des cinéastes s’en remettre encore à leur intégrité artistique et au respect des spectateurs. Pas sûr que cela suffise pour que Dante puisse sortir du trou d’une confidentialité atterrante.
http://blog.revueversus.com/2011/08/05/au-fond-du-trou-the-hole-de-joe-dante/

Entretien avec Joe Dante
Retrouve-t-on le ton très incisif, de satire politique brutal de vos films récents, comme ceux que vous avez faits pour la série "Masters of horror" par exemple ?
Non. The Hole est un film assez intimiste. C’est un film sur les peurs. Les peurs des enfants, les peurs des adultes. Ca se passe principalement dans une cave. Il y a ce gamin déménage d’une grande ville à une petite, on ne sait pas pourquoi. Dans la cave il trouve une porte avec des cadenas, qui ouvre sur le sol, et ce qu’il y a derrière cette porte recèle vos peurs les plus profondes. Quelles que soient ces peurs. Je spoile, mais bon... Il n’est pas question de guerre, ni de politique, ni de gouvernement répressif. Dans ce film, l’horreur est plus personnelle...
http://cinema.blog.lemonde.fr/2012/01/02/joe-dante-la-tele-et-the-hole-34/

Joe Dante
voir fiche du film Gremlins.
http://www.citebd.org/spip.php?page=cinema&id_film=928#film

Theo van de Sande
Né le 10 mai 1947 à Tilburg (Pays-Bas).
http://www.commeaucinema.com/personne/theo-van-de-sande,24987
http://www.imdb.fr/name/nm0005856/

Javier Navarrete
Né en 1956 en Espagne.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Javier_Navarrete

Nathan Gamble
Né le 12 janvier 1998.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nathan_Gamble

Teri Polo
Née le 1er juin 1969 à Dover (Delaware).
Débute comme danseuse avant d’entamer une carrière de mannequin...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Teri_Polo

Haley Bennett
Née le 7 janvier 1988 à Fort Myers (Floride).
Chanteuse américaine, auteur-compositeur et interprète...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Haley_Bennett

Chris Massoglia
Né le 29 mars 1992 à Minneapolis.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Chris_Massoglia

Bruce Dern
Né le 4 juin 1936 à Chicago.
Une filmographie à faire pâlir n’importe quel acteur ; père de l’actrice Laura Dern qu’il a eue avec l’actrice Diane Ladd (son ex-femme)...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bruce_Dern

extrait(s) de presse

Clone web - Si par miracle votre cinéma passe un jour le film en 2D, privilégiez ce format très amplement suffisant...
Ciné géouf - "The Hole" est donc un vrai film d’horreur, une de ces bonnes bandes horrifiques qui provoquent la peur en jouant sur la suggestion et l’ambiance plutôt que sur les effets gore...
Scifi universe - "The Hole" rappelle tous ces films de maison hantée abritant une porte ouverte sur les ténèbres et les peurs enfouies...
My screens - Joe Dante sait encore faire preuve d’une grande efficacité en offrant un divertissement intelligent...
Abus de ciné - "The Hole" ne réinvente pas l’œuvre de Dante mais prolonge cette divine comédie qu’il construit, cercle après cercle, depuis sa naissance symbolique dans l’écurie Spielberg...
Tortilla films - Il y a là une recherche picturale qui s'inscrit dans le prolongement des tableaux du Louvre dans lesquels les personnages de Looney Tunes pénétraient...
The Circé zone - "The Hole" est un film de Joe Dante… donc un bon film !