killer joe - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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killer joe

Usa - 2011 - 1h43
sorti en France le 5 septembre 2012
compétition Mostra de Venise 2011
interdit aux moins de 12 ans avec avertissement
film - version originale sous-titrée en français
de

William Friedkin

scénario : Tracy Letts
d'après l'oeuvre de : Tracy Letts
direction de la photographie : Caleb Deschanel
musique ou chansons : Tyler Bates
avec : Matthew McConaughey (Killer Joe Cooper), Emile Hirsch (Chris Smith), Thomas Haden Church (Ansel Smith), Juno Temple (Dottie Smith), Gina Gershon (Sharla Smith), Scott A. Martin (manager de la pizzeria), Gralen Bryant Banks (patron de la pizzeria), Danny Epper (homme du gouvernement), Marc Macaulay (Digger Soames), Sean O'Hara (Rex), Julia Adams (Adele), Gregory C. Bachaud (le notaire Filpatrick), Jeff Galpin (motard de Digger), Charley Vance (le prêcheur)
séances : semaine du mercredi 5 septembre 2012
mercredi 5 jeudi 6 vendredi 7 samedi 8 dimanche 9 lundi 10 mardi 11
14:30
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séances : semaine du mercredi 12 septembre 2012
mercredi 12 jeudi 13 vendredi 14 samedi 15 dimanche 16 lundi 17 mardi 18
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séances : semaine du mercredi 19 septembre 2012
mercredi 19 jeudi 20 vendredi 21 samedi 22 dimanche 23 lundi 24 mardi 25
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synopsis

Chris, 22 ans, minable dealer de son état, doit trouver 6 000 $ ou on ne donnera pas cher de sa peau. Une lueur d’espoir germe dans son esprit lorsque se présente à lui une arnaque à l’assurance vie. Celle que sa crapule de mère a contractée pour 50 000 $. Killer Joe est appelé à la rescousse. Flic le jour, tueur à gages la nuit, il pourrait être la solution au problème...

notes de production

Killer Joe est l’adaptation d’une pièce de théâtre (1) éponyme écrite par Tracy Letts en 1991. C’est le dramaturge lui-même qui a adapté sa pièce pour le cinéma, et ce n’est pas la première fois qu’il s’adonne à ce genre d’exercice. En effet, il était déjà derrière le scénario de Bug (2) de William Friedkin, d’après l’une de ses pièces. Les deux hommes se sont donc retrouvés sur Killer Joe qui a, lui aussi, été mis en scène par l’incontournable réalisateur de L’Exorciste (3).
(1) https://www.theatreonline.com/Spectacle/Killer-Joe/57207
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Bug_(film,_2007)
(3) http://www.citebd.org/spip.php?film1559

Le réalisateur William Friedkin a comparé son film à Cendrillon (4), classique de Disney (5) ! Avec quelques variations, tout de même : c’est une version un peu tordue de l’histoire de Cendrillon. Juno Temple joue une jeune fille dont le frère et le père monnayent les charmes auprès d’un tueur à gages chargé d’assassiner leur mère. Cendrillon veut se libérer de cette famille, et la seule solution qui s’offre à elle pour y parvenir, c’est de tomber amoureuse de son prince, un flic qui est aussi tueur à gages, explique-t-il.
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Cendrillon_(film,_1950)
(5) http://www.citebd.org/spip.php?film1879

Killer Joe se déroule à La Nouvelle Orléans, dans le sud des États-Unis, et pour l’occasion, tous les acteurs, dont l’Anglaise Juno Temple et les Californiens Thomas Haden Church et Emile Hirsch, ont dû adopter l’accent spécifique de la région. Matthew McConaughey n’a, quant à lui, pas eu besoin de faire beaucoup d’efforts, étant d’origine texane.
Le tournage du film a duré un peu plus d’un mois, et s’est déroulé entre novembre et décembre 2010.

Avec Killer Joe, William Friedkin nous fait part d’une vision plutôt sombre de notre existence : avec tous leurs travers, les personnages de Killer Joe nous offrent une sorte de peinture sociale tragique. Le film délivre des vérités immuables, même si elles sont gênantes. Il se passe dans le monde d’aujourd’hui où plus rien ne me choque. Nous maîtrisons si peu les choses qui nous arrivent dans la vie ; en fait, tous les personnages de Killer Joe cherchent à contrôler leur existence, sans y parvenir, déclare-t-il.

Tracy Letts, qui a écrit la pièce de théâtre d’origine et le scénario de Killer Joe, a été très présent pour l’équipe du film. Il a notamment rédigé un mémo détaillé qu’il a fait parvenir aux acteurs et à tous les membres de la production. Chacun a ensuite eu l’occasion de s’entretenir avec lui, ce que le réalisateur William Friedkin a fait avec plaisir : nous avons suivi les indications de Tracy à la lettre, tant elles constituaient une véritable révélation sur les motivations profondes de ce dont nous traitions, déclare-t-il.

Chaque réalisateur a une politique différente sur le nombre de prises qu’il fait faire à ses acteurs lors du tournage d’un film. William Friedkin est de ceux qui font le moins de prises possible, comme l’explique le producteur Nicolas Chartier (6) : Billy Friedkin sait ce qu’il veut et comment l’obtenir. Le plus incroyable sur le tournage, c’est sa règle des "deux prises, c’est tout". Il permet aux acteurs de se plonger à fond dans leurs personnages. Avec une caméra qu’il souhaite "invisible", il offre aux acteurs une atmosphère qui leur permet de donner le meilleur d’eux-mêmes.
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Chartier

Matthew McConaughey interprète le rôle-titre du film, Killer Joe, policier le jour, tueur à gages la nuit. Un personnage ambigu, donc. Le comédien raconte : la première fois que j’ai lu le scénario, je n’arrivais pas à bien cerner mon personnage. Ensuite, j’ai rencontré Billy Friedkin, et son enthousiasme pour l’histoire d’amour et l’humour irrévérencieux de cette famille méchamment dysfonctionnelle m’a aidé à l’envisager sous un angle plus drolatique.

Dans Killer Joe, Emile Hirsch interprète le jeune dealer Chris Smith : il est bourré de défauts, mais il a aussi de grands rêves et des aspirations. Je dirais qu’il est à la fois un entrepreneur et un perdant magnifique, déclare le comédien à propos de son personnage. Ce que confirme le producteur Nicolas Chartier : il manque de sens moral, et il est très, très malchanceux. Mais au fond je ne pense pas qu’il soit malveillant… si l’on omet le fait qu’il essaye de tuer sa mère, de prostituer sa sœur et de vendre de la drogue à son père !

Juno Temple déclare à propos de son personnage, l’innocente Dottie : elle a un côté très enfantin, mais elle est aussi incroyablement mûre pour son âge. J’ai rarement incarné un personnage aussi honnête. On dirait une poupée de porcelaine prise dans un tourbillon de violence et de folie.

Matthew McConaughey parle de son personnage, le policier et assassin Joe : de toute évidence, Joe a depuis longtemps perdu toute notion de ce qu’est une famille, et son travail est la seule structure qui lui reste. Il ajoute à propos de la relation qui se crée entre son personnage et la jeune Dottie (Juno Temple) : sa famille s’est servie de Dottie comme d’une vulgaire prostituée (...). Au fond, Joe trouve cet acte abject. Il veut donc aider la jeune fille à se libérer, et réalise qu’il pourrait se sauver lui-même par la même occasion. Il n’agit pas ainsi par suffisance, mais plutôt dans l’esprit de l’Ancien Testament (7), d’une façon quasi apocalyptique, pour donner une leçon à Chris, à Ansel, et surtout à Sharla.
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Ancien_Testament

A l’origine, la pièce (1) de Tracy Letts se déroulait au Texas, mais la production du film a décidé que la Louisiane, et notamment la ville de La Nouvelle-Orléans, serait plus appropriée pour un long métrage de cinéma : le décor devait refléter l’ambiance et le ton de l’histoire, et La Nouvelle Orléans a tellement de facettes différentes que c’était la toile de fond parfaite pour notre film, déclare le producteur Scott Einbinder (8).
(8) https://www.imdb.com/name/nm0251809/

Trouver l’actrice pour incarner la jeune et innocente fille de la famille Smith a été une tâche ardue. Le choix du réalisateur s’est finalement porté sur la jeune actrice britannique Juno Temple. La comédienne n’en est pas à son premier rôle au cinéma, même si elle n’a que rarement été vue en tête d’affiche. En 2012, elle a donc tenu un rôle clé dans le modeste Killer Joe, mais a également participé, dans un rôle mineur, à la superproduction The Dark knight rises (9).
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Dark_Knight_Rises

2012 a définitivement été l’année de Matthew McConaughey. Présent à Cannes (10) avec deux films en compétition (Mud (11) et Paperboy (12), qui se déroulent tous deux dans le sud des États-Unis), le comédien a passé l’été dénudé dans Magic Mike (13) avant de retrouver la moiteur du sud des États-Unis pour Killer Joe, laissant ainsi son accent texan s’exprimer pleinement.
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_de_Cannes_2012
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Mud_:_Sur_les_rives_du_Mississippi
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Paperboy_(film)
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/Magic_Mike

Killer Joe a été présenté en compétition à la Mostra de Venise 2011 (14), d’où il est reparti bredouille. Sur le continent nord-américain, l’avant-première du film s’est tenue lors du festival de Toronto (15) de la même année. En 2012, il a été présenté, en avant-première toujours, lors du festival de Deauville (16), qui rendait également un hommage spécial à son réalisateur, William Friedkin.
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/Mostra_de_Venise_2011
(15) https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_international_du_film_de_Toronto_2011
(16) https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_du_cin%C3%A9ma_am%C3%A9ricain_de_Deauville_2012

Dans la première scène du film, Gina Gershon porte une merkin (17).
(17) https://fr.wikipedia.org/wiki/Merkin

On se rapproche de l’univers glauque de The Killer inside me (18), excellent polar de Michael Winterbottom, adapté d’un roman de Jim Thompson (l’écrivain qui a inspiré Série noire (19) pour Alain Corneau).
Souvenez-vous : il y a une séquence quasi-insoutenable avec la pulpeuse Jessica Alba qui commence comme une pub Loréal mais qui se termine franchement comme une pub pour Charal.
Gilles Marchal - la Cité
(18) http://www.citebd.org/spip.php?film444
(19) https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9rie_noire_(film,_1979)

(...) A l’inverse de Bug (2), qui était conçu comme un huis-clos, et autorisait de nombreux effets de mise-en-scène pour accentuer son côté claustro-malade, Friedkin plante le décor entre trailer-park (20) sous la flotte et chien qui hurle à la mort, terrains vagues et constructions à l’abandon écrasées de soleil, et adopte une mise-en-scène discrète, avec une science du découpage qui lui permet d’éviter les écueils du théâtre filmé, en restant entièrement au service d’acteurs savamment choisis. Emile Hirsch est désarmant de naturel en natural born loser qui foire absolument tout ce qu’il entreprend, petit frère spirituel du Sean Penn (21) de U-Turn (22), Thomas Haden Church également épatant en nigaud de service qui semble ne strictement rien capter de tout ce qui se trame autour de lui, Gina Gershon compose courageusement un personnage en forme de Daisy Duck (23) version radasse de compétition, se baladant en nuisette sans culotte, suintant le calcul et la mauvaiseté, et face à eux, en contre-emploi total de ses rôles de séducteurs de rom-com du samedi soir, Matthew McConaughey se régale, avec force accent traînant, et démarche tranquille, jouant avec ses nouveaux amis comme un serpent noir à qui on aurait offert trois belles souris blanches et dodues. Et surtout, rayonnant doucement au-dessus des autres, il y a Juno Temple, qui achève de faire de Dottie le personnage le plus complexe, mais surtout le plus beau ; une petite chose ingénue, infantilisée et instrumentalisée par les siens, qui se métamorphose dans le regard de Joe, et que la jeune comédienne incarne à la perfection, tout en nuances, l’affranchissant de son statut de victime, à mesure qu’elle se découvre...
Mais plus important encore, c’est surtout la confirmation que Bug n’était pas un happy accident et que le talent William Friedkin est toujours intact, en espérant simplement qu’il ait encore beaucoup d’histoires à nous raconter.
http://www.filmdeculte.com/cinema/film/Killer-Joe-3923.html
(20) https://fr.wikipedia.org/wiki/Parc_de_maisons_mobiles
(21) http://www.citebd.org/spip.php?film720
(22) https://fr.wikipedia.org/wiki/U-Turn_(film)
(23) https://fr.wikipedia.org/wiki/Daisy_Duck

(...) Avec une maestria hallucinante, Killer Joe conjugue le plaisir coupable de Baby doll (24) et le polar sang pour sang (25) coenien (26), façon Fargo (27). Mais le tour de force est d’avoir confié le rôle principal au has been (28) Matthew McConaughey qui livre une prestation absolument époustouflante, dans la même veine que celle accomplie dans Lone star (29). La soixante-dizaine bien entamée, Friedkin semble avoir retrouvé une seconde jeunesse pour notre plus grand bonheur, fruit de sa collaboration avec le formidable scénariste Tracy Letts, amorcée il y a cinq ans avec le démentiel Bug (2). Il se pourrait bien que Killer Joe soit son chef-d’œuvre définitif, rien de moins ! Chapeau bas l’artiste !
https://www.avoir-alire.com/killer-joe-la-critique
(24) https://fr.wikipedia.org/wiki/Baby_Doll_(film)
(25) https://fr.wikipedia.org/wiki/Sang_pour_sang_(film)
(26) http://www.citebd.org/spip.php?film1188
(27) https://fr.wikipedia.org/wiki/Fargo_(film)
(28) https://fr.wikipedia.org/wiki/Has-been
(29) https://fr.wikipedia.org/wiki/Lone_Star_(film,_1996)

(...) On sait depuis longtemps que la filmographie de William Friedkin ne ressemble en rien à ses faux airs d’ennuyeux comptable. Il s’agit d’abord de cinéma américain dans ce qu’il a de meilleur, c’est-à-dire parcouru par une énergie vitale et un élan électrisant qui prend par le col, pas plus tard que le premier plan. À ce titre, on peut prendre cet aspect pour un gage de fidélité à l’essence du classicisme hollywodien : le rythme. Il faut d’ailleurs remarquer combien ce cinéma s’oppose à la politesse ronronnante de la fiction démocrate deceptive, notamment incarnée par les films de George Clooney (30), dont le dernier : Les Marches du pouvoir (31). À ce titre, William Friedkin - qui ne peut être catalogué comme un passionné de progressisme, L’Enfer du devoir (32) fut notamment brocardé pour son sous-texte idéologique réactionnaire - n’a que faire des bonnes manières, et Killer Joe répond bien à l’univers de l’auteur de L’Exorciste (3) et La Chasse (33) : détraqué, outrancier, marqué par une violence suscitant le malaise du fait de son imperturbable impolitesse morale...
Si le film de Friedkin s’avère moins sage que celui des frères Coen, on pense néanmoins à No country for old men (34), pas seulement du fait de la présence de cet ange de la mort. S’établit notamment un parallèle frappant lié à une perpétuelle perméabilité au danger. Nul refuge : l’exposition des corps à la violence est perçue comme une sorte de fatalité ; cloisons minces du mobile-home ou d’un motel, horizontalité du paysage, finesse des peaux d’où le sang ne demande qu’à jaillir allègrement. William Friedkin fait ainsi des États-Unis une terre condamnée aux ravages de la violence, dans le sillage d’un Samuel Fuller (35). L’entrée de Joe au sein de cette famille tient également de la visitation, et si l’attelage peut sembler un brin singulier, il est tentant de se tourner vers Théorème (36) - même si, contrairement au film de Pier Paolo Pasolini (37), l’apparition est ici justifiée. Comme le personnage interprété par Terence Stamp (38), Joe constitue un révélateur des apories existentielles, mais il agit avant tout tel l’agent d’un ordre à rétablir - le visiteur de Théorème invalide quant à lui le paradigme bourgeois d’une famille milanaise. Policier et tueur, Joe réunit en une même personne la loi et sa transgression, d’où cette morale bien à lui, c’est-à-dire passant par les voies les plus troubles et retorses.
https://www.critikat.com/actualite-cine/critique/killer-joe/
(30) http://www.citebd.org/spip.php?film384
(31) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Marches_du_pouvoir
(32) https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Enfer_du_devoir_(film)
(33) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Chasse_(film,_1980)
(34) https://fr.wikipedia.org/wiki/No_Country_for_Old_Men
(35) http://www.citebd.org/spip.php?film1365
(36) https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9or%C3%A8me_(film)
(37) http://www.citebd.org/spip.php?film247
(38) http://www.citebd.org/spip.php?film1839

(...) On célébrera longtemps encore le cinéaste du Mal, de la corruption, au sens religieux du terme, de la perte d’identité et des affres du désir, dont le dernier opus fait un peu pâle figure en regard des grandes symphonies tragiques des années soixante-dix et quatre-vingt, mais ne boudons pas notre joie de retrouver un vrai réalisateur en pleine possession de ses moyens, à l’heure du silence des grands Anciens, de l’exil des hérauts du nouvel Hollywood (39) et de la déroute des anciens enfants prodiges, sans parler de l’état du cinéma occidental contemporain. Friedkin appartient à cette lignée dont les œuvres faibles ou même les francs ratages parviennent à contenir quelques trésors (la présence palpable de la mort dans La Nurse (40), par exemple). Renvoyons pour finir à Bug (2), son précédent effort, grand film claustrophobe sur la déréliction, la paranoïa, la sécession volontaire du monde, mais aussi sur l’amour fou, sur la détresse d’une mère (thème central de L’Exorciste (3), et magnifique Ashley Judd, encore mieux révélée que Matthew McConaughey), sur tous ces insectes en chacun de nous, là sous notre peau, qui la tendent comme Regan implorait de l’aide en lettres de chair sur son ventre nu. Art du mouvement et de l’image, du temps et du son, le cinéma, grâce à lui et à quelques autres, se réalise pleinement aussi art du mystère et de l’incarnation, art du feu des démons et du sourire des anges.
https://www.citizenpoulpe.com/killer-joe-william-friedkin/
(39) https://fr.wikipedia.org/wiki/Nouvel_Hollywood
(40) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Nurse

(...) Comme dans L’Exorciste (3), le diable refait à nouveau surface - et cette fois sous des traits plus séduisants que ceux qu’il arborait dans la chambre de la petite Regan. C’est Matthew McConaughey qui l’incarne ; un beau diable, tout en noir, qui souffle la discorde au sein de la famille Smith. Croulant sous les dettes, Chris (Emile Hirsch) - surveillé par les prêteurs sur gage qu’il n’a toujours pas remboursés - n’envisage qu’une solution : récupérer l’héritage de sa mère. Mais pour cela, cette dernière doit passer l’arme à gauche. Killer Joe entre alors en scène, monnayant ses services plein tarif ; ce qu’il veut en échange de la vie qu’il ôte, c’est Dottie, la sœur blonde et virginale de Chris. Sang contre sang (25). Fallait pas l’inviter comme dirait Muller (41)…
Car une fois le pacte scellé, la mécanique infernale s’engage, et Killer joe maintient sous son joug chaque membre de la famille avec laquelle il a signé. Embarquement immédiat pour l’enfer ; un voyage empreint de fracas et de violence. La caméra filme alors, une à une, les coutures qui explosent ; elle saisit le mouvement, qui va crescendo, de la violence - ce mal qui se propage tel le cancer chez les Smith. Délestée du fantastique, couleur de peau qu’elle prenait dans L’Exorciste, l’horreur se manifeste ici dans son plus simple appareil. C’est en effet sur la naturalisme que Friedkin mise, faisant glisser le rideau de la distance, exposant la violence dans ce qu’elle a de plus barbare, mais aussi ce qu’elle a de plus beau...
Porté par un casting sensationnel, Killer Joe marque, au fer rouge, le retour de Friedkin, déclinant le célèbre refrain l’enfer, c’est les autres avec un mordant vivifiant. Jamais plus vous ne pourrez manger du poulet en famille de la même manière, c’est certain…
http://www.lesecransterribles.com/killer-joe/1843
(41) https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Muller_(humoriste)

William Friedkin
Né le 29 août 1935 à Chicago.
Pur produit de l’école de Chicago, William Friedkin fait ses armes comme réalisateur de directs, puis de fictions et de documentaires pour la télévision...
http://fr.wikipedia.org/wiki/William_Friedkin

Tracy Letts
Né le 4 juillet 1965 à Tulsa.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Tracy_Letts

Caleb Deschanel
Né à Philadelphie le 21 septembre 1944.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Caleb_Deschanel

Tyler Bates
Né le 5 juin 1965 à Los Angeles.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Tyler_Bates

Matthew McConaughey
Né le 4 novembre 1969 à Uvalde.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Matthew_McConaughey

Emile Hirsch
Né Emile Davenport Hirsch le 13 mars 1985 à Topanga canyon.
C’est le film Into the wild de Sean Penn, qui va lui ouvrir de nombreuses portes...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Emile_Hirsch

Thomas Haden Church
Né Thomas Richard McMillen le 17 juin 1961 à Fort Worth.
Méchant de Spider man 3, succédant à Willem Dafoe et Alfred Molina...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_Haden_Church

Juno Temple
voir fiche du film Wonder wheel
http://www.citebd.org/spip.php?film2056

Gina Gershon
Née le 10 juin 1962 à Los Angeles.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gina_Gershon

Scott A. Martin
Né le 22 février 1967 à Princeton.
https://www.imdb.com/name/nm0553047/

Gralen Bryant Banks
http://www.imdb.fr/name/nm2505507/

Danny Epper
https://www.imdb.com/name/nm0258342/

Marc Macaulay
https://www.imdb.com/name/nm0531333/

Sean O’Hara
https://www.imdb.com/name/nm4278560/

Julia Adams
https://www.imdb.com/name/nm2305508/

Jeff Galpin
https://www.imdb.com/name/nm0303316/

Charley Vance
https://www.imdb.com/name/nm4463494/

extrait(s) de presse

Ecran large - On est fasciné par la liberté avec laquelle l'auteur continue de manier l'ambiguité de son propos, l'ironie avec laquelle il retourne systématiquement les valeurs et symboles du monde occidental, et de l'Amérique en particulier...
aVoir-aLire - Avec une maestria hallucinante, "Killer Joe" conjugue le plaisir coupable de "Baby doll" et le polar sang pour sang coenien, façon "Fargo"...
Requiemovies - Après un retour discret mais efficace en 2006 avec "Bug", William Friedkin revient par la grande porte...
Cinéma fantastique - Un film qui fait mal, très mal, et qui n’est pas sans nous rappeler le choc récemment provoqué par un certain "Killer inside me" de Michael Winterbottom...
Sueurs froides - William Friedkin nous livre avec "Killer Joe" un film triomphal, à la fois dément, sombre et bizarre...
Ciné chronicle - William Friedkin est l’un des rares vétérans réalisateurs à parvenir encore à nous prendre aux tripes et à nous maintenir sous pression...
Filmosphère - Un film absolument immoral qui repousse les limites du politiquement correct...
Critikat - La tentation de faire de William Friedkin l’héritier de Samuel Fuller est d’autant plus grande avec "Killer Joe"...