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cinq pièces faciles

ciné répertoire
Five easy pieces
Usa - 1970 - 1h36
sorti en France le 14 avril 1971
film - version originale sous-titrée en français
de

Bob Rafelson

scénario : Carole Eastman, Bob Rafelson
d'après l'oeuvre de : Bob Rafelson, Adrien Joyce
direction de la photographie : Laszlo Kovacs
musique ou chansons : Chopin, Bach, Mozart
avec : Jack Nicholson (Robert Eroica Dupea), Karen Black (Rayette Dipesto), Billy Green Bush (Elton), Fannie Flagg (Stoney), Sally Struthers (Betty), Lois Smith (Partita Dupea), Helena Kallianiotes (Palm Apodaca), Toni Basil (Terry Grouse), Susan Anspach (Catherine Van Oost), Ralph Waite (Carl Fidelio Dupea), John Ryan (Spicer), Richard Stahl (l'ingénieur du son), Lorna Thayer (la serveuse)
séances : semaine du mercredi 25 juillet 2012
mercredi 25 jeudi 26 vendredi 27 samedi 28 dimanche 29 lundi 30 mardi 31
18:00
18:00
18:00
19:00
14:45
18:00
18:00*
21:45*
séance spéciale :
* dernière séance mardi 31 juillet à 21h45

synopsis

Un jeune fils de bonne famille, musicien au grand avenir, a renoncé à sa carrière pour devenir ouvrier et épouser une serveuse de bar. Il retourne au foyer voir son père malade, vit une brève aventure avec la petite amie de son frère et finit par tout abandonner en partant sur la route...

notes de production

Le titre Five easy pieces fait référence à un livre d’exercices au piano que Bobby possédait lorsqu’il était enfant. Le film, un des meilleurs films américains, a pour sujet la distance entre cet enfant, qui s’exerce pour devenir un grand pianiste et le besoin qu’il ressent vingt ans plus tard de se déguiser en foreur pétrolier. Lorsque l’on sent ce garçon, tourmenté et vulnérable, pris au piège dans l’homme adulte, Five easy pieces devient un chef-d’œuvre d’une rare intensité... On suit le héros déambulant dans les bars, pistes de bowling, motels bon marché, se révoltant contre les valeurs de la classe moyenne inférieure, même s’il adopte ces valeurs. Dans une scène magique, il sort de sa voiture prise dans un bouchon et se met à jouer du piano sur un camion de déménagement ; décrite ainsi, la scène pourrait paraître forcée, mais Rafelson et Nicholson ne forcent jamais rien. Robert Eroica Dupea est un des personnages les plus inoubliables du cinéma américain.
Roger Ebert (1)
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Ebert

Cinq pièces faciles est sorti en plein boom du courant cinématographique du nouvel Hollywood (2), soit deux ans après Easy rider (3), le film porte-étendard du mouvement. Inspiré par le néoréalisme italien (4) et la nouvelle vague française (5), ce long métrage s’inscrit pleinement dans l’univers de la contre-culture. De plus, comme dans le film culte de Dennis Hopper (6), Jack Nicholson y tient un rôle central.
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Nouvel_Hollywood
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Easy_Rider
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9or%C3%A9alisme_(cin%C3%A9ma)
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Nouvelle_Vague
(6) http://www.citebd.org/spip.php?film808

Avec Cinq pièces faciles, Jack Nicholson faisait sa première apparition dans un film du metteur en scène Bob Rafelson, et par la même occasion incarnait le premier grand rôle de sa carrière. S’ensuivirent quatre autres collaborations entre les deux hommes, avec les films The King of Marvin gardens (7), Le Facteur sonne toujours deux fois (8), Man trouble (9) et Blood and wine (10). A noter que l’acteur participa également à l’écriture du scénario ainsi qu’à la production du tout premier long métrage de Rafelson, Head (11). C’est en outre aussi grâce au cinéaste que Nicholson put intégrer le casting d’Easy rider en 1969.
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/The_King_of_Marvin_Gardens
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_facteur_sonne_toujours_deux_fois_(film,_1981)
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Man_Trouble
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Blood_and_Wine
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Head_(film)

A l’époque où il tourna Cinq pièces faciles, Jack Nicholson consommait une grande quantité de drogues. Si bien que le réalisateur Bob Rafelson lui aurait prescrit différentes drogues sur le tournage en fonction de l’émotion qu’il devait avoir dans les scènes !

Intitulé d’abord en France Un Homme se cherche, ce qui aurait peut-être mieux défini le film, Cinq pièces faciles a finalement conservé la traduction fidèle de son titre original qui se réfère à une œuvre pour piano de Robert Schumann (12).
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Schumann

Jack Nicholson souhaitait que le rôle de l’auto-stoppeuse écolo-hippie Palm Apodoca revienne à la chanteuse et compositrice Janis Joplin (13). Il n’en sera finalement rien.
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/Janis_Joplin

On aperçoit à un moment donné un homme prendre l’ascenseur dans le studio d’enregistrement. Il s’agit d’un caméo (14) du réalisateur Bob Rafelson en personne !
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/Cam%C3%A9o

Dans le scénario original, le personnage Catherine Van Oost était supposé être une vieille femme. Mais Bob Rafelson transforma finalement le rôle de façon à ce qu’il revienne à une jeune et jolie jeune femme : Susan Anspach.

Avec Cinq pièces faciles, Jack Nicholson accède pour la première fois de sa carrière au haut de l’affiche. Mais bien que le long métrage fasse pour lui figure de tremplin, l’acteur y adopte un jeu discret. Difficile, à vrai dire, d’imaginer plus anti-héroïque que son personnage de Bob Dupea. Indifférent à sa petite amie, au monde qui l’entoure, il n’est là pour personne et traverse un vide existentiel dont il ne semble que très vaguement conscient. L’artiste, stupéfiant d’abnégation dans son non-jeu, est à contre courant des rôles qui cimenteront par la suite sa célébrité (Vol au-dessus d’un nid de coucou (15), Shining (16), Batman (17), etc.).
(15) https://fr.wikipedia.org/wiki/Vol_au-dessus_d%27un_nid_de_coucou
(16) https://fr.wikipedia.org/wiki/Shining_(film)
(17) https://fr.wikipedia.org/wiki/Batman_(film,_1989)

(...) Bob Rafelson épouse le regard que porte Bobby sur la société. Il décrit le monde ouvrier et le monde bourgeois avec ce même ton à la fois bienveillant et critique. Il ne juge pas, ne prend pas partie pour l’un ou pour l’autre, mais montre simplement qu’il y a un tel écart entre ces deux univers que l’idée d’un peuple unifié, d’une Amérique réconciliée ne peut plus être. Pour Rafelson, il n’y a pas de modèle à suivre (il se moque dans une séquence très drôle de la mode hippie), juste le constat d’une société éclatée. Bobby, qui critique le côté superficiel et faux de son milieu d’origine mais se sent supérieur aux prolétaires qu’il côtoie dorénavant, est ainsi très loin d’être présenté comme un exemple. Rafelson dépeint un personnage irascible, égoïste, méprisant, égocentrique, et l’on peut imaginer une forme d’autocritique de la part du cinéaste qui, selon Peter Biskind (18) dans son nouvel Hollywood (2), est connu pour son agressivité et son esprit d’insubordination qui le rendent souvent détestable. On ne sait jusqu’à quel point Rafelson se projette dans Bobby, mais il y a dans sa manière de mettre en scène ce personnage quelque chose de très ambigu, le cinéaste ne cachant rien de son côté égocentrique et de sa misanthropie quasi maladive tout en étant d’évidence fasciné par sa flamboyance et ému par sa profonde solitude.
Le film, qui repose en grande partie sur Bobby, ne pouvait fonctionner qu’à condition de trouver un acteur capable d’endosser les contradictions du personnage. C’est peu dire que Nicholson est impérial dans le rôle de Bobby. Aussi saisissant dans ses emportements que par la manière dont il nous donne à ressentir les douleurs rentrées de son personnage, il impose à chaque minute du film une présence incroyable. Par son jeu à la fois très physique et intériorisé, il confère une profondeur, une complexité, une densité rare au personnage de Bobby. S’il nous agace souvent, nous terrifie parfois, c’est sa douceur et sa mélancolie qui in fine nous submergent. Five easy pieces est un film triste, dépressif, mais mis en scène par Bob Rafelson avec beaucoup d’humour, de tendresse et de retenue. Loin des grands éclats et des effets de manche, c’est une œuvre subtile et délicate, l’un de ces films qui l’air de rien nous travaillent en profondeur et s’installent dans notre panthéon cinéphile.
http://www.dvdclassik.com/critique/cinq-pieces-faciles-rafelson
(18) https://fr.wikipedia.org/wiki/Peter_Biskind

(...) Or ce seront là premiers signes du désenchantement à venir. Par la suite, dans la demeure familiale, Bob Rafelson ne fera qu’épingler l’impossible entente des corps et des classes. Le repli mortifère des bourgeois empêtrés dans leurs stéréotypes face à la légèreté populaire de Rayette renverra tout le monde dos à dos. Au centre de ce tiraillement, Jack Nicholson incarne (avec une tempérance qui lui fera un peu défaut par la suite), l’âme torturée par laquelle cette double identité demeure irréconciliable. Et c’est bien en se frottant à ces divisions que le récit de Rafelson parvient lui, dans son déroulement, à saisir les enjeux de crise (d’identité, d’image) qui contamine l’Amérique d’alors. À l’image de l’embarcation qu’il faut franchir pour passer d’un monde à l’autre (l’Amérique / l’Europe, le Sud / le Nord à défaut d’un Ouest / Est), son film, tel un cousin de Portrait d’une enfant déchue, a l’intelligence (la prescience ?) de réfléchir le nœud d’une décennie, où s’entremêleront constamment identité américaine et poids (entendre conscience) de l’Ancien Monde. Malgré cela, il ne faudrait pas s’y tromper : Rafelson semble bien se garder de voir dans ces échanges un horizon salutaire. Lorsqu’au terme du film, Nicholson affronte au miroir cette image où se dispute la mythologie d’un dehors (américain) à celle d’une introspection (européenne), la fêlure de l’homme apparaît comme déjà consumée et largement indécidable. Et de ce mystérieux frottement que Cinq pièces faciles n’a cessé d’interroger, il est finalement remarquable qu’il soit symbolisé par le romantisme d’une figure plongée ici dans ses tourments et d’un individu fuyant là, tel un cowboy fordien (19), le champ d’une existence que rien, plus même sa femme principale victime de l’histoire, ne semble alors conduire.
https://www.critikat.com/actualite-cine/critique/cinq-pieces-faciles/
(19) https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Ford

Bob Rafelson
Né le 21 février 1933 à New York.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bob_Rafelson
http://en.wikipedia.org/wiki/Bob_Rafelson

Carole Eastman alias Adrien Joyce
Née le 19 février 1934 à Glendale (Californie), décédée le 13 février 2004 à Los Angeles.
A travaillé aussi sur Portrait d’une enfant déchue...
http://www.citebd.org/spip.php?page=cinemarecherche&id_film=800&alpha=16&a=2012&m=6#film
http://www.toutlecine.com/star/biographie/0005/00050469-carole-eastman.html
http://www.imdb.fr/name/nm0247628/

Laszlo Kovacs
Né le 14 mai 1933 dans le village de Cece (Hongrie), décédé le 22 juillet 2007 à Beverly Hills.
Rencontre Vilmos Zsigmond, avec lequel il filmera au jour le jour l’insurrection de Budapest de 1956...
http://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A1szl%C3%B3_Kov%C3%A1cs_%28chef_op%C3%A9rateur%29

Jack Nicholson
Né John Joseph Nicholson) le 22 avril 1937 à l’hôpital Saint Vincent à New York.
Connu pour ses personnages sombres et névrosés qu’il a incarnés dans une multitudes de classiques du cinéma...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jack_Nicholson

Karen Black
Née Karen Ziegler le 1er juillet 1942 à Park Ridge (Illinois).
Fait ses débuts au cinéma dans Big boy de Francis Ford Coppola...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Karen_Black

Billy Green Bush
http://www.allocine.fr/personne/filmographie_gen_cpersonne=6275.html

Fannie Flagg
Née Patricia Neal le 21 septembre 1944 à Birmingham (Alabama).
http://www.univers-l.com/personnalite_fannie_flagg.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fannie_Flagg

Sally Struthers
Née le 28 juillet 1947 à Portland.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sally_Struthers

Lois Smith
Née le 3 novembre 1930 à Topeka (Kansas).
http://www.cinemovies.fr/perso-Lois+Smith-1-2-0.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Lois_Smith

Helena Kallianiotes
Née en 1938 à Los Angeles.
http://www.imdb.fr/name/nm0436001/

Toni Basil
Née le 22 septembre 1943 à Philadelphie.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Toni_Basil

Susan Anspach
Née le 23 Novembre 1942 à New York.
http://www.allocine.fr/personne/filmographie_gen_cpersonne=11518.html
http://www.imdb.fr/name/nm0000769/filmotype

extrait(s) de presse

Critikat - "Cinq pièces faciles" est un road-movie qui ne se révèle pas d’emblée comme tel...
Les Inrocks - Retour d’un des plus beaux films américains des années 70...
Ecran large - "Five easy pieces" est un film musical en ce sens qu'il est parcouru par la musique...
Dvd classik - "Five easy pieces" est un film triste, dépressif, mais mis en scène par Bob Rafelson avec beaucoup d'humour, de tendresse et de retenue...
Tcm - "Cinq pièces faciles" ne démontre ni ne raconte rien, mais soumet au spectateur des protagonistes en proie à un vide existentiel dont eux-mêmes ne semblent que vaguement conscients...
aVoir-aLire - Bob Rafelson signe avec Cinq Pièces Faciles une œuvre inspirée, iconoclaste, et dont la puissance musicale est portée d’un bout à l’autre par des acteurs magistraux...
I love cinema - "Cinq pièces faciles" est un film où la musique à une importance primordiale...