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Au revoir

Bé omid é didar
Iran - 2011 - 1h40
Prix de la mise en scène Un certain regard Cannes 2011
film - version originale sous-titrée en français
de

Mohammad Rasoulof

scénario : Mohammad Rasoulof
direction de la photographie : Arastoo Givi
avec : Leyla Zareh (Noura), Hassan Pourshirazi, Benhame Tashakor, Sima Tirandaz, Roya Teymorian, Fariba Jedikar, Shahab Hoseini, Omid Rohani
séances : semaine du mercredi 25 juillet 2012
mercredi 25 jeudi 26 vendredi 27 samedi 28 dimanche 29 lundi 30 mardi 31
18:00
21:45
19:55
18:00
21:45
19:55*
16:30
18:00
21:45
19:55
séance spéciale :
* séance du samedi 28 juillet à 14h30 remplacée par "Holy motors", en présence de Olivier Corbex. Dernière séance mardi 31 juillet à 19:55

synopsis

Dans la situation désespérée de l’Iran d’aujourd’hui, une jeune femme avocate à qui on a retiré sa licence d’exercer, est enceinte de quelques mois. Elle vit seule car son mari journaliste vit dans la clandestinité. Traquée par les autorités, et se sentant étrangère dans son propre pays, elle décide de fuir...

notes de production

Du fait qu’il n’avait pas d’autorisation à l’époque, le précédent tournage de Mohammad Rasoulof avait viré à l’arrestation générale de l’ensemble des membres de l’équipe du film. Accompagné de Jafar Panahi, l’autre cinéaste retenu captif, il était en train de réaliser une œuvre du genre artistique et social. Soudain, des membres du ministère de la Sécurité, sans présenter de mandat officiel, les avaient embarqués sans sommation.

Mohammad Rasoulof est accusé d’avoir eu des actes d’opposition farouche au régime de Mahmoud Ahmadinjad. Les charges qui pèsent sur lui, notamment celle d’avoir effectué de la propagande organisée à l’encontre de la République Islamique d’Iran, en font un rival politique dangereux pour le gouvernement en place. Tout comme Jafar Panahi, arrêté et inculpé sur les mêmes motifs, Rasoulof est placé en détention. Provisoirement libéré en attendant le procès de son appel, il ne peut plus quitter son pays. Abbas Kiarostami a écrit pour demander la libération de ses deux collègues cinéastes. L’appel a été relayé par de nombreux réalisateurs, acteurs et producteurs du monde entier, en vain. Au moment où Au revoir sort en salles françaises, Mohammad Rasoulof est toujours dans l’attente d’un verdict. Il encourt une peine de six ans de prison assortie d’une interdiction de tournage pour vingt années.

Mohammad Rasoulof s’est inspiré du quotidien des membres de son entourage pour réaliser Au Revoir. Le cinéaste iranien souhaitait montrer la dureté des circonstances et la violence morale qui rongent son pays. Il voulait aussi mettre en valeur le décalage croissant entre le mode de vie des Iraniens et celui que l’État tente d’imposer par le biais des lois. Rasoulof précise au passage que la confiance et la bienveillance de la population nationale sont en train de s’étioler à cause des pressions et de la censure dictées par la République Islamique. Un chemin vers l’individualisme et la solitude semble se dessiner.

Soucieux de rester dans un cadre légal pour la réalisation d’Au Revoir, le cinéaste a tenté de se procurer des autorisations de tournage auprès des pouvoirs publics. Pour ne pas heurter la sensibilité des membres constituant la commission de censure, il a donc rédigé un scénario aménagé. Cela ne suffit à obtenir un visa de tournage. Ce n’est que grâce au soutien de la Maison du cinéma, une institution indépendante, qu’il décroche le fameux sésame. Non sans retravailler encore au passage son scénario de base.

Au revoir a été réalisé dans des conditions drastiques, alors que Mohammad Rasoulof était en liberté provisoire et donc surveillée. Le tournage s’est effectué avec un budget extrêmement serré. Mohammad Rasoulof s’est entouré d’une équipe technique très réduite. La caméra numérique utilisée a été achetée à petit prix. Plusieurs comédiens de renom dans le cinéma iranien y ont joué sans toucher de rémunération. Le monteur du film a accepté lui aussi de travailler à titre gracieux.

L’un des traits distinctifs d’Au Revoir concerne l’actrice principale, Leyla Zareh. En effet, la comédienne iranienne est présente dans chaque plan du film.

Bien qu’il soit considéré comme ennemi public en Iran, Mohammad Rasoulof refuse d’être considéré comme un politique : je crois que c’est une erreur de croire que mes films sont politiques. Mes films peignent la vie et les situations complexes qui nous entourent. C’est l’intolérance et la précipitation des autorités du cinéma iranien qui donnent une dimension politique à ces situations simples.
Néanmoins, Rasoulof admet que l’on peut voir dans son cinéma quelque chose de l’ordre du politique, du fait que dans un régime totalitaire, chaque réaction, chaque critique est considérée comme un geste politique.

Au revoir est présenté en Sélection officielle du Festival de Cannes 2011, dans la section Un Certain Regard. Mohammad Rasoulof n’a pas été autorisé à se rendre sur la Croisette. Il y a obtenu le prix de la mise en scène, qui lui a été remis par procuration.

La récompense qu’Au revoir a reçu à Cannes a été très mal vécue par le régime iranien. Les médias nationaux, rattachés à l’État, ont estimé que ce prix résultait d’un geste politique de la part des festivaliers cannois. Le film risque donc d’être complètement censuré en Iran, là où il a été réalisé, d’autant plus qu’il n’a pas obtenu de visa d’exploitation.

Les médias iraniens ont eu recours à plusieurs tentatives pour boycotter le film de Mohammad Rasoulof. Des critiques très négatives ont circulé sur cette œuvre, la qualifiant de trahison vis-à-vis du pays. Rasoulof a été accusé d’avoir cherché à transmettre une vision pessimiste de l’Iran par le biais d’Au revoir afin d’obtenir notoriété et succès. Un faux synopsis a été éggalement publié et diffusé de façon à décourager les spectateurs d’Iran qui souhaiteraient voir le film.

Le réalisateur iranien Mohammad Rasoulof, dont le dernier film Au revoir est présenté au Festival de Cannes, a été autorisé à voyager à l’étranger par les autorités de Téhéran...
http://next.liberation.fr/cinema/01012337926-mohammad-rasoulof-autorise-a-quitter-l-iran

Cinéma iranien
L’industrie cinématographique voit le jour en Iran dès 1900, quand la cour rapporte un cinématographe de France...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cin%C3%A9ma_iranien
http://fr.wikipedia.org/wiki/Censure_cin%C3%A9matographique_en_Iran
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nouvelle_Vague_iranienne

Entretien avec Mohammad Rasoulof
Vous n’avez pas eu l’autorisation du gouvernement iranien de vous rendre au Festival de Cannes où "Au revoir" a reçu un excellent accueil et a été récompensé du Prix de la Mise en Scène dans la section Un Certain Regard. Comment avez-vous vécu cette période ? Étiez-vous informé en temps réel des évènements ?
Ce ne fut pas une période facile pour moi. En général, je parle cinéma et j’évite tout sujet qui brouille la réception des films. Mais en ce moment et en raison de la situation sensible en Iran, on parle, hélas, beaucoup plus de ce qui entoure les films et pas assez des films eux-mêmes. Je veux être considéré comme un cinéaste qui exerce tout simplement son métier. Mais dans mon pays, les conditions de travail pour les cinéastes indépendants ne sont pas réunies. Au début, je suivais de loin les événements de Cannes, mais quand j’ai constaté que nous étions sans cesse confrontés à des questions qui n’avaient rien à voir avec le film, j’ai cessé de suivre les événements...
http://www.cinemovies.fr/fiche_info-22524-prod.html

Mohammad Rasoulof
http://www.evene.fr/celebre/biographie/mohammad-rasoulof-17970.php
http://www.allocine.fr/personne/filmographie_gen_cpersonne=126920.html

extrait(s) de presse

Critikat - Mohammad Rasoulof n’en est pas à son premier coup de boutoir contre la rigidité de la République islamique...
Excessif - Un regard acéré et sans concession...
Le Monde - "Au revoir" est un film d'une noirceur totale, éclairé seulement par le beau visage de son actrice, Leyla Zareh...
Positif - On trouvera peu de films sur la violence de l'oppression qui soit aussi... oppressant que celui-ci !
Télérama - C'est un réquisitoire glaçant contre la république islamique, monde menaçant, mortifère, où émigration rime fatalement avec évasion...
Chronic'art - Mohammad Rasoulof n'est pas militant frénétique, ni activiste idéologue...