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Les Femmes du Bus 678

678
Egypte - 2011 - 1h40
Prix du public et du jeune public Festival du cinéma méditerranéen Montpellier 2011
film - version originale sous-titrée en français
de

Mohamed Diab

scénario : Mohamed Diab
direction de la photographie : Ahmed Gabr
musique ou chansons : Hani Adel
avec : Nahed El Sebaï (Nelly), Bushra Rozza (Fayza), Nelly Karim (Seba), Omar El Saeed (Omar), Bassem Samra (Adel), Ahmed El Fishawy (Sheriff), Maged El Kedwany (Essam), Sawsan Badr (mère de Nelly)
séances : semaine du mercredi 30 mai 2012
mercredi 30 jeudi 31 vendredi 1er samedi 2 dimanche 3 lundi 4 mardi 5
18:00
21:45
18:00*
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séance spéciale :
* séance prévue le jeudi 31 mai à 21h45 annulée en raison de l'avant-première du film "Le Grand soir"
séances : semaine du mercredi 6 juin 2012
mercredi 6 jeudi 7 vendredi 8 samedi 9 dimanche 10 lundi 11 mardi 12
18:00
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séances : semaine du mercredi 13 juin 2012
mercredi 13 jeudi 14 vendredi 15 samedi 16 dimanche 17 lundi 18 mardi 19
19:30
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16:15
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synopsis

Fayza, Seba et Nelly, trois femmes d’aujourd’hui, aux vies totalement différentes, s’unissent pour combattre le machisme impuni qui sévit au Caire dans les rues, dans les bus et dans leurs maisons. Déterminées, elles vont dorénavant humilier ceux qui les humiliaient. Devant l’ampleur du mouvement, l’atypique inspecteur Essam mène l’enquête. Qui sont ces mystérieuses femmes qui ébranlent une société basée sur la suprématie de l’homme ?

notes de production

Après avoir suivi des études de commerce, Mohamed Diab décroche un premier emploi dans une banque au Caire. Féru de cinéma, le jeune banquier ne cesse d’inventer des sujets de films et de les raconter à ses clients qui appartiennent pour la plupart au milieu du show-business, jusqu’au jour où l’un d’entre eux lui conseille de quitter la banque et de se lancer dans le septième art. Mohamed Diab saute le pas et vend son premier script en 2004. Il écrit ainsi quatre films puis se lance pour la première fois dans la réalisation avec Les Femmes du Bus 678.

Les Femmes du bus 678 est un film basé sur des faits réels. En effet, en 2008 a eu lieu le premier procès pour harcèlement sexuel en Égypte. C’est Noha Rushdi, une victime agressée par un inconnu dans les rues égyptiennes, qui a osé pour la première fois affronter son agresseur et porter plainte contre lui. Elle a d’ailleurs réussi à le faire condamner à trois ans de prison. Mohamed Diab s’est beaucoup inspiré de ce procès pour la partie du film concernant le personnage de Nelly, interprété par Nahed El Sebaï. Quand j’ai commencé le script, Noha Rushdi ne voulait plus parler aux médias ; je ne l’ai rencontrée que plus tard, elle a vu le film chez moi, elle était très émue confie-t-il.

Il s’agit ici du premier film en Égypte qui traite le sujet du harcèlement sexuel de manière aussi ouverte. Le réalisateur souligne l’audace de son film en citant One-zero (1), le film de Kamla Abu Zekry, qui aborde le sujet mais sans en faire sa problématique centrale. Il rajoute : c’est un grand non-dit, et je le répète, le sujet fait peur !
(1) http://www.africultures.com/php/index.php?nav=film&no=9061

Au départ, l’idée de Mohamed Diab était de réaliser un court-métrage qui traite uniquement de l’histoire de Fayza, telle qu’on la voit dans le film terminé. C’est grâce aux encouragements de Bushra Rozza, que le réalisateur transforme son script en long métrage en rajoutant les deux histoires de Nelly et Seba. Très intéressée par le sujet, la chanteuse populaire se propose pour produire le film et offrir ainsi l’occasion au réalisateur de passer un message important à travers les destins croisés de trois femmes.

Bushra Rozza est une chanteuse très populaire en Égypte qui se transforme complètement dans le film de Mohamed Diab. La séduisante chanteuse que les Égyptiens ont connue en paillettes, incarne ici le rôle d’une femme voilée issue d’un milieu très modeste et qui souffre énormément de sa situation. Le réalisateur affirme que son rôle et son apparence l’ont tellement changée dans le film que beaucoup ne l’ont pas reconnue sur l’affiche.

Le sujet du harcèlement sexuel est très délicat en Égypte, voilà pourquoi il a fallu tout un travail d’investigation pour aborder le problème comme il se doit. Le réalisateur a tenté de suivre de très près le procès de Noha Rochdy. Il a également conduit plusieurs interviews dans son entourage pour se rapprocher le plus possible de la vision féminine. Il avoue lui-même que sa plus grande peur était d’écrire un film sur les femmes avec le regard d’un homme. Mohamed Diab, en parlant de la difficulté de briser l’omerta, souligne le fait que même sa mère et sa sœur ont gardé le silence car il est très facile de nier l’importance de ce type d’agression.

Les scènes de harcèlement sont des scènes clés qui scandent le film et consolident le lien entre les destins croisés des trois personnages principaux. Pour la partie du film qui concerne Nelly (Noha Rushdi), l’agression filmée est très proche de celle qui s’est passé dans la réalité. Quant à la scène où le personnage de Seba se fait attaquer à la sortie du stade, après la victoire de l’équipe de foot de l’Égypte, il a fallu faire appel à une doublure. Le mari de l’actrice Nelly Karim a en effet, refusé que sa femme prenne le risque de tourner une scène pareille. Le réalisateur rapporte que ce soir là, la foule réunissait des millions d’Égyptiens et qu’elle était si dense et si excitée que la doublure a réellement failli se faire violer.

Chacune des trois femmes appartient à un milieu social différent de l’autre. Le réalisateur justifie son choix par la volonté de minimiser les critiques en élargissant le cadre sociologique de l’histoire. Il choisit alors de suivre les parcours respectifs de Fayza, une femme voilée qui vient d’un milieu très modeste, Seba, une bourgeoise qui peut se permettre de vivre seule et Nelly qui incarne la jeunesse audacieuse.

Le réalisateur se défend des interprétations de son film qui voient dans l’Islam une cause principale du harcèlement sexuel en Égypte. Mohamed Diab, étant lui-même musulman pratiquant, montre que les pays qui souffrent le plus de ce fléau sont l’Inde et le Mexique et que le point commun entre ces pays et le sien est plus économique que religieux. Par ailleurs, il explique l’attitude des personnages masculins dans le film comme Sheriff, le mari qui refuse de voir sa femme après son agression, par le côté traditionnel : là encore, cela n’a rien à voir avec l’Islam, mais remonte à une tradition plus ancienne. L’image de la masculinité est faussée, déformée. Rien ne doit arriver à votre femme, même si ce n’est pas de sa faute.

Le film de Mohamed Diab a suscité plusieurs débats. D’aucuns en parlaient en continuant à nier la situation et d’autres se félicitaient du changement des mentalités. En s’attaquant à un sujet aussi épineux, le réalisateur a dû affronter plusieurs procès dans lesquels il était accusé, entre autres, d’appel à la violence et d’atteinte à l’image du pays. On a même tenté de lui interdire l’exportation du film mais il a gagné tous les procès.

En Égypte, Mohamed Diab est plus connu comme activiste et analyste de la Révolution que comme cinéaste. Son rôle dans les réseaux sociaux pendant les évènements lui a même valu un Webby award comme récompense. Toutefois, le réalisateur considère qu’il est encore trop tôt pour faire un film sur la Révolution qui n’est en réalité qu’un mouvement inachevé. Il préfère ainsi réaliser un film qui attise la flamme révolutionnaire à partir de faits concrets qui touchent le quotidien des gens.

Tout au long du film, les parcours des différents personnages ne cessent de se croiser. Le réalisateur justifie cette approche par son penchant pour la structure des films de la nouvelle vague mexicaine et en particulier ceux d’Iñarritu.

Mohamed Diab
http://www.africine.org/?menu=fiche&no=26477

extrait(s) de presse

Libération - Mohamed Diab signe un film engagé corps et âme dans le soutien aux femmes victimes de harcèlement sexuel...
aVoir-aLire - Dans la droite ligne du formidable "Une séparation", "Les Femmes du bus 678" bouscule le spectateur, l’obligeant à prendre fait et cause pour ces victimes d’un système de valeur intolérant...