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Nana

France - 2011 - 1h08
Prix du meilleur premier film Locarno 2011
film - film francophone
de

Valérie Massadian

scénario : Valérie Massadian
direction de la photographie : Valérie Massadian, Leo Hinstin
avec : Kelyna Lecomte (Nana), Alain Sabras (Pappy), Marie Delmas (la mère)
séances : semaine du mercredi 23 mai 2012
mercredi 23 jeudi 24 vendredi 25 samedi 26 dimanche 27 lundi 28 mardi 29
19:35
18:00
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synopsis

Nana a quatre ans et vit dans une maison de pierres par delà la forêt. De retour de l’école, une fin d'après-midi, elle ne trouve plus dans la maison que le silence. Un voyage dans la nuit de son enfance. Le monde à sa hauteur...

notes de production

Nana (1) est le premier long-métrage de Valérie Massadian, sélectionné au festival de Locarno 2011 : Nana est mon premier long, et pourtant, je n’ai pas le souvenir d’avoir voulu faire autre chose. Tout n’a été qu’une série de détours pour y arriver, pour le cerner. On apprend en faisant, mais aussi à travers une série de biais, des métiers satellites, en regardant, en expérimentant , explique Valérie Massadian.
(1) ne pas confondre avec Nana, film japonais de Kentarô Ôtani (2005), adapté du manga Nana d’Ai Yazawa.

Toutes les scènes du film sont nées sous le signe de l’improvisation de la toute jeune Kelyna Lecomte, la réalisatrice Valérie Massadian s’étant évertuée à ne donner aucune consigne de jeu à la petite comédienne : à aucun moment, je n’ai donné d’ordre à Kelyna, lui ai demandé de dire une phrase ou imposé un geste. Il était impératif que le film naisse chaque jour, à chaque moment, de notre dialogue. Après, bien sûr, il y a des instants qui lui échappent, des propos où elle part dans ses propres jeux et rêveries, ou des colères, même, qu’elle m’adresse. Elle peut faire mine d’oublier un temps le film, pour ensuite revenir à la situation ou au personnage, confie la cinéaste.

Nana a entièrement été tourné dans la région du Perche, laquelle s’étend sur les départements de l’Orne, d’Eure-et-Loir, de la Sarthe et du Loir-et-Cher. Un parc naturel régional du Perche a notamment été créé en 1998 : depuis vingt ans, le Perche est ma cachette, et c’est naturellement dans cette région que j’ai rencontré Kelyna. Une évidence, explique la réalisatrice Valérie Massadian.

C’est une volonté de la part de la réalisatrice Valérie Massadian d’avoir tourné son film en pleine nature : la nature est le premier monde que je connais, mon terrain. Pour l’instant, je ne peux pas imaginer filmer dans un environnement urbain. Cela me semble très violent, et trop étriqué. Je préfère recueillir le bruit des abeilles que ceux d’un couple dans un appartement, confie la cinéaste.

Malgré un scénario bien fourni, c’est au montage que l’histoire de Nana s’est peu à peu formée, comme nous l’explique Valérie Massadian, la réalisatrice : à partir du moment où j’ai rencontré Kelyna (Nana), je n’ai plus ouvert le scénario, ces vingt-cinq pages que j’avais écrites pour obtenir le financement et qui m’ont permises d’avoir l’avance sur recette [...] Je n’ai jamais raconté ni à Kelyna, ni à personne l’histoire précisément, car il y en a une infinité : ce sont toutes celles que le spectateur se raconte.

Nana s’inscrit indéniablement dans la lignée de ces films qui n’auraient pas pu voir le jour sans l’invention du numérique. De longs rushes, sans coupures, ni timings, ont été nécessaires afin de filmer le quotidien de la réalité : le mot maître est de ne pas se donner de limite, quand la caméra tourne. Je n’ai jamais fait plus de deux prises mais toujours très longues, parfois quarante minutes. Lorsque Kelyna décide de faire un feu, d’aller ramasser du bois et qu’elle est très soigneuse, précise dans ses gestes, c’était ce détail là qui m’émerveillait et que je cherchais, confie la cinéaste.

Entretien avec Valérie Massadian
Quel a été votre parcours avant la réalisation de ce premier film ? En quoi vos diverses expériences vous ont-elles préparée ou aidée pour ce projet ?
J’ai longtemps travaillé avec des gens en dehors, en marge d’un certain système, que ce soit en photo, en installations, ou même dans le cinéma. En photographie, principalement avec Nan Goldin, dont j’admirais le travail, dont je sentais l’absolue nécessité, et l’absence totale de "fabrication". Nan photographie comme elle vit, et ce n’est pas du tout une pose que d’affirmer ça. Son rapport à la photographie vient de quelque chose de très intime, qui lui a été enlevé, interdit, d’une douleur qu’on lui a niée. Elle a commencé à photographier presque par défi, pour que personne ne puisse lui dire que cette histoire d’amour, cette désolation, cette tristesse, cet ami cher, cet instant d’harmonie... n’existent pas...
http://www.filmdeculte.com/people/entretien/Entretien-avec-Valerie-Massadian-13615.html

Valérie Massadian
http://fr.wikipedia.org/wiki/Val%C3%A9rie_Massadian
http://www.unifrance.org/annuaires/personne/133399/valerie-massadian
http://www.allocine.fr/personne/filmographie_gen_cpersonne=157531.html
http://www.commeaucinema.com/personne/valerie-massadian,56868

Leo Hinstin
http://www.unifrance.org/annuaires/personne/333711/leo-hinstin
http://www.allocine.fr/personne/filmographie_gen_cpersonne=102191.html

Marie Delmas
http://www.mariedelmas.fr/Cv.html

extrait(s) de presse

Critikat - Un premier film rude et rugueux, pas très aimable, mais assez impressionnant...
Les Inrocks - Entre Pialat et Perrault, un conte brutal sur une petite enfance en forêt...
L'Humanité - Au spectateur de lier l’un à l’autre les épisodes de cette découverte de la vie au plus près de la nature. Telle est la secrète beauté de ce film.
Libération - Valérie Massadian laisse une petite fille de 4 ans apprivoiser la caméra et inventer, pour un public de peluches et d’animaux morts, un drôle de conte...
Positif - On croit au film comme à une promesse, celle de voir s'épanouir et s'approfondir un talent rare pour capter des sensations minuscules qui sont l'essence de la vie humaine...
Télérama - Un film très personnel, qui invente un drôle de ton, entre Grimm et Depardon.
Chronic'art - Ce qui semble en premier lieu fasciner Valérie Massadian, c'est qu'une force immense puisse s'abattre sur une force dérisoire, qu'il puisse se trouver, dans la vie, de ces affreuses simplicités-là...
Le Monde - Une poésie dont on ne sait à qui tendre les lauriers, tant elle donne l'impression de s'être jetée d'elle-même dans le piège visible, par amour pour la petite fille qui en est l'appât.