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Oslo, 31 août

Oslo, 31. august
Norvège - 2011 - 1h36
Compétition officielle Un certain regard Cannes 2011 Grand prix du jury et prix Jean Carmet Angers 2012
film - version originale sous-titrée en français
de

Joachim Trier

scénario : Joachim Trier, Eskil Vogt
d'après l'oeuvre de : Pierre Drieu La Rochelle
direction de la photographie : Jakob Ihre
musique ou chansons : Ola Fløttum
avec : Anders Danielsen Lie (Anders), Hans Olav Brenner (Thomas), Ingrid Olava (Rebecca), Øystein Røger (David), Tone Beate Mostraum (Tove), Kjærsti Odden Skjeldal (Mirjam), Johanne Kjellevik Ledang (Johanne), Petter Width Kristiansen (Petter)
séances : semaine du mercredi 9 mai 2012
mercredi 9 jeudi 10 vendredi 11 samedi 12 dimanche 13 lundi 14 mardi 15
20:00
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16:30
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séances : semaine du mercredi 16 mai 2012
mercredi 16 jeudi 17 vendredi 18 samedi 19 dimanche 20 lundi 21 mardi 22
20:00
21:50
18:00
14:30
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18:30
19:50

synopsis

C’est le dernier jour de l’été et Anders, en fin de cure de désintoxication, se rend en ville le temps d’une journée pour un entretien d’embauche. L’occasion d’un bilan sur les opportunités manquées, les rêves de jeunesse envolés, et, peut-être, l’espoir d’un nouveau départ…

notes de production

En 1934, Drieu la Rochelle publie un court roman intitulé Feu follet, qui sera adapté par Louis Malle en 1963 sous le même titre (1). Un livre apprécié du réalisateur Joachim Trier : l’intemporalité de cette histoire m’a séduit. C’est l’essence même de l’art de traiter d’un sujet qui résonnera à travers toutes les époques. Les thèmes du roman sont toujours pertinents et contemporains.
(1) avec Maurice Ronet et Jeanne Moreau...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Feu_follet_%28film%29

Oslo, 31 août s’intéresse particulièrement à la réinsertion des anciens drogués. Un sujet de société tabou et pourtant toujours d’actualité tant les trafics illicites redoublent d’intensité en Norvège : j’ai fait beaucoup de recherches sur les drogués et sur la manière dont ils tentaient de se réinsérer dans la vie. A ce moment-là, ils sont aussi vulnérables qu’un bébé : ils naissent une seconde fois à la vie, ils n’en comprennent pas le fonctionnement, sauf qu’ils sont adultes et n’ont pas l’excuse de la jeunesse. En Norvège, l’addiction à la drogue comme la cocaïne et l’héroïne - contrairement à l’alcoolisme - est encore tabou, notamment chez les gens de la classe moyenne. La honte de soi est très forte et les cas de double vie courants, d’après Joachim Trier.

Le film de Joachim Trier nous montre un personnage principal débordé par la solitude, un thème apprécié du réalisateur depuis toujours : je suis intéressé par la métaphore sur la solitude, qui nous concerne tous. Beaucoup de gens ont fait l’expérience de la solitude, du sentiment d’être perdu, par exemple après un chagrin d’amour, une crise professionnelle, la perte de quelqu’un. On se sent alors vulnérable et on est confronté à des interrogations existentielles. Le cinéma français a souvent évoqué la solitude : Robert Bresson avec Mouchette (2) et Pickpocket (3), ou encore Cléo de 5 à 7, d’Agnès Varda (4), qui est l’un de mes films préférés, nous renseigne le metteur en scène, montrant par la même occasion à quel point il a été influencé par le cinéma français.
(2) d’après le roman de Georges Bernanos, avec Nadine Nortier (1967)...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mouchette_%28film%29
(3) avec Martin La Salle, Marika Green (1959)...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pickpocket_%28film%29
(4) avec Corinne Marchand (1962)...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cl%C3%A9o_de_5_%C3%A0_7

Joachim Trier n’a pas choisi le titre de son film par hasard. Le metteur en scène norvégien s’est en effet inspiré du titre d’un film français d’Olivier Assayas : l’un de mes titres de films préférés est Fin août, début septembre (5). En plus, le 31 août marque la fin de l’été en Norvège, les beaux jours sont finis, l’automne approche et puis c’est l’hiver, sombre et froid [...] Ce titre est une invitation claire lancée au spectateur : vous allez vivre une journée dans la vie du personnage !, confie le cinéaste.
(5) avec Mathieu Amalric, Virginie Ledoyen, François Cluzet (1999)...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fin_ao%C3%BBt,_d%C3%A9but_septembre

Le réalisateur Joachim Trier a écrit et développé le personnage d’Anders uniquement pour le comédien Anders Danielsen Lie qu’il avait déjà dirigé sur son premier en film en 2006, intitulé Nouvelle donne. (6)
(6) Reprise (2006)... voir fiche du film sur le site de la Cité http://www.citebd.org/spip.php?article11&id_film=103&alpha=14&a=2012&m=4

Certains acteurs de Oslo, 31 août ont conservé et attribué leurs vrais prénoms aux personnages qu’ils interprètent dans le film. Une anecdote amusante que développe le réalisateur Joachim Trier : cela semble un peu pervers, mais c’était plutôt pour garder un aspect documentaire et non pas symbolique ou allégorique. Ce n’est pas une démarche d’observateur naïf : je voulais provoquer les choses et les confronter à la réalité. Lorsque j’ai tourné dans la rue, je laissais les gens marcher et réagir spontanément, je voulais capter l’interaction entre Anders et les passants, l’environnement, la nature, etc.

70, c’est le nombre de scénarios qu’a reçu sur son bureau le réalisateur Joachim Trier après sa première réalisation, Nouvelle donne (2006). Pas de quoi chambouler le cinéaste norvégien, qui a décliné toutes les offres dont certaines provenaient de grandes maisons hollywoodiennes : jouer avec le matériel de quelqu’un d’autre ne me convient pas, même si c’est pour devenir plus célèbre ou gagner plus d’argent. En ce moment, je peux encore tourner en Norvège donc j’en profite, explique-t-il.

Entretien avec Joachim Trier
"Oslo, 31 août" et "Nouvelle vague" parlent l’un comme l’autre de la construction de l’identité à travers le passage du temps, peut-on dire qu’en cela ils se rapprochent des films de Duras ?
Peut-être. Il y a chez Duras, notamment dans Le Ravissement de Lol V.Stein et Moderato cantabile, des personnages qui sont coincés dans un système répétitif de très forte attente émotionnelle, à la recherche de transcendance. Ses personnages ont en apparence tout leur libre arbitre, mais sont incapables de vraiment ressentir les émotions après lesquelles ils courent. C’est une sorte de piège qui a quelque chose de très touchant. Ça me parle beaucoup...
http://www.filmdeculte.com/people/entretien/Entretien-avec-Joachim-Trier-14873.html

Joachim Trier
Né en 1974 à Copenhague.
http://www.evene.fr/celebre/biographie/joachim-trier-36848.php
http://www.commeaucinema.com/personne/joachim-trier,113936

Eskil Vogt
http://www.ecrannoir.fr/entrevues/entrevue.php?e=209
http://www.commeaucinema.com/personne/eskil-vogt,113952

Pierre Drieu La Rochelle
Né le 3 janvier 1893 à Paris et décédé dans la même ville le 15 mars 1945.
Proche des surréalistes dans les années 1920, particulièrement d’Aragon, avec qui il se brouillera pour une femme...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Drieu_La_Rochelle

Anders Danielsen Lie
http://www.evene.fr/celebre/biographie/anders-danielsen-lie-36849.php
http://en.wikipedia.org/wiki/Anders_Danielsen_Lie

Hans Olav Brenner
http://no.wikipedia.org/wiki/Hans_Olav_Brenner

Ingrid Olava
Née le 18 Mars 1981.
http://en.wikipedia.org/wiki/Ingrid_Olava

extrait(s) de presse

Les Inrocks - Beau film d’un réalisateur inspiré par "Joy division"...
Ecran large - Le cinéaste propose une oeuvre brute au montage sec et au formalisme minimal...
Le Monde - La mise en scène de Joachim Trier refuse toute complaisance morbide...
Fiches du cinéma - Un film sincère, sans artifice et touchant...
L'Humanité - Oslo, 31 août : un été tout aussi norvégien que fatal...
Libération - Joachim Trier signe une évocation sensible d’une génération angoissée...
Positif - Un beau film triste...
Excessif - Des adieux aux larmes retenues, tout en finesse...