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Portrait au crépuscule

Portret v sumerkakh
Russie - 2011 - 1h45
Flèche de Cristal Festival du cinéma européen Les Arcs 2011
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
film - version originale sous-titrée en français
de

Angelina Nikonova

scénario : Olga Dykhovitchnaia, Angelina Nikonova
direction de la photographie : Eben Bull
musique ou chansons : Andrea Feuser
avec : Olga Dihovichnaya (Marina), Sergueï Borissov (Andrey), Roman Merinov (Ilusha), Sergei Golyudov (Valera), Anna Ageeva (Tania)
séances : semaine du mercredi 25 avril 2012
mercredi 25 jeudi 26 vendredi 27 samedi 28 dimanche 29 lundi 30 mardi 1er
21:40
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synopsis

Marina, la trentaine, est psychologue pour enfants. Mais elle se cherche encore, dans son travail comme dans son couple. A l’issue d’une journée d’errance, elle se fait agresser par des policiers. Elle n’a dès lors plus qu’une obsession, se venger. Ses armes ne seront pas celles que l’on croit…

notes de production

Portrait au crépuscule est le premier long-métrage de la jeune Anguelina Nikonova, réalisatrice du court-métrage documentaire Flyover country (2005).

Effectué avec peu de moyens et avec une équipe réduite, le tournage de Portrait au crépuscule s’est avéré très difficile pour la réalisatrice Anguelina Nikonova. Pour raconter son expérience, elle compare sa sensation au film Le Cirque de Charles Chaplin, où Charlot doit marcher sur une corde comme un funambule, entouré de singes qui lui mordent le nez et cherchent à s’introduire sous ses vêtements, tandis qu’il cherche à garder l’équilibre !

Grâce à l’usage récurrent de la caméra à l’épaule, qui permet de suivre au plus près les errements du personnage principal, Portrait au crépuscule profite d’une mise en scène nerveuse. Le directeur de la photographie Eben Bull a par ailleurs préféré ne pas recourir aux éclairages artificiels, de façon à faire surgir du mieux possible la beauté dans des situations naturelles. En découle une atmosphère naturaliste.

Portrait au crépuscule a été conçu et développé par les deux amies Anguelina Nikonova et Olga Dykhovitchnaia, toutes deux scénaristes et productrices du film. Alors que la première a réalisé ce projet, la deuxième a choisi d’en interpréter le rôle principal.

Anguelina Nikonova explique que la situation du cinéma en Russie n’est pas du tout favorable aux femmes. Dans ce pays qu’elle considère machiste, ses scénarios étaient déjà très populaires, mais personne n’a voulu lui donner sa chance pour les réaliser. Les producteurs pensaient qu’elle serait incapable de gérer une équipe majoritairement masculine, et qu’elle pourrait avoir des crises hormonales en plein tournage : il n’y a pas eu moyen de les persuader. J’ai même essayé de colorer mes cheveux en noir, se remémore-t-elle.

En 2011, Portrait au crépuscule a fait le tour des festivals : il a ainsi été sélectionné aux prestigieux festivals de cinéma de Venise, Toronto et Londres. Parmi ses récompenses, le film compte pas moins de six prix, remportés aux festivals de Reykjavik, Varsovie, Cottbus, Thessalonique, Estoril et Honfleur.

Parmi les nombreuses scènes fortes du film, une d’entre elles a en particulier retenu l’attention des spectateurs au cours des différents festivals. Il s’agit du moment où la protagoniste cherche à récupérer son passeport dans un commissariat de police. D’abord indifférente, la policière à laquelle elle s’adresse finit par répondre à sa requête de la manière suivante : mais tu nous obliges à réfléchir ! Tu nous obliges à travailler !. Ce moment tragicomique, cristallisant un des thèmes principaux du film (l’indifférence), a tellement impressionné les critiques que la réalisatrice a été invitée à envoyer cette séquence à la sélection du Festival de Cannes, en tant que court-métrage indépendant.

Avec Portrait au crépuscule, Anguelina Nikonova a cherché à exposer de manière crue les problèmes de la société. Elle révèle sa vision très pessimiste sur l’état actuel des choses : on ne peut pas faire semblant, ignorer que la situation sociale n’est pas bonne. Beaucoup de Russes aujourd’hui, s’ils le peuvent, créent leur propre petit monde : ils font des travaux dans leur appartement, s’achètent une voiture, portent de belles chaussures. Mais quand tu sors de chez toi et que tu mets les pieds dans la rue, il n’y a que des tas de merde.

La réalisatrice avoue que les réactions au film ont été extrêmes, et que plusieurs spectateurs russes ont été énervés par cette forme très agressive d’art, d’après la cinéaste. Le moment le plus controversé de l’histoire est celui où la protagoniste, après avoir été violée, cherche à avoir des rapports sexuels fréquents avec son agresseur, comme forme de service social, parce qu’elle estime que cet homme est juste un gamin élevé dans une famille instable.

Anguelina Nikonova est persuadée qu’elle n’aurait jamais pu faire Portrait au crépuscule avec des conditions aussi limitées, si elle n’avait pas accumulé tant de désespoir dans son parcours. Elle affirme aussi qu’il est hors de question de rester assise et d’attendre à nouveau, et c’est dans cette optique qu’elle prépare déjà un nouveau projet, une comédie qu’elle compte tourner à New York.

Le film a été tourné à Rostov-on-Don, ville au sud de la Russie où est née la réalisatrice Anguelina Nikonova.

Festival de cinéma européen des Arcs 2011
Le jury, présidé par le réalisateur et comédien italien Michele Placido, avec à ses côtés l’écrivain Tonino Benacquista, les comédiennes Olivia Bonamy et Joséphine de la Baume, le musicien et compositeur André Manoukian, le comédien danois Thure Lindhardt et la productrice franco-danoise Marianne Slot a salué la qualité de la sélection qui lui a permis de découvrir de vrais films d’auteurs intransigeants et magnifiques.
Au terme d’une semaine consacrée au cinéma européen le jury a décerné la Flèche de Cristal au long-métrage Portrait au crépuscule d’Angelina Nikonova.

La réalisatrice russe Angelina Nikonova revient sur les manifestations qui ont eu lieu en décembre dernier en Russie suite aux fraudes électorales lors des élections législatives.
http://www.franceinter.fr/emission-l-actu-dans-le-retro-angelina-nikonova-et-les-manifestations-anti-poutine-de-decembre-redif

Entretien avec Angelina Nikonova
L’attitude de la police, la corruption qui y règne, c’est un reflet de la réalité ?
À une époque pas si éloignée, les policiers se rendaient coupables de choses terribles. Ils étaient intouchables et pouvaient tout se permettre. Il n’y avait pas de recours, c’était très effrayant. Heureusement, cela change aujourd’hui. La milice n’existe plus d’ailleurs, aujourd’hui nous n’avons que la police...
http://www.cine-region.fr/news/angelina-nikonova-r%C3%A9alisatrice-de-portrait-au-cr%C3%A9puscule-22

Anguelina Nikonova
Née le 27 février 1976 à Rostov (Urss).
http://www.toutlecine.com/star/biographie/0025/00259546-anguelina-nikonova.html
http://www.franceinter.fr/personne-angelina-nikonova

extrait(s) de presse

Excessif - Un crépuscule qui fout les jetons...
La Croix - "Portrait au crépuscule", un cri d’effroi dans la Russie d’aujourd’hui...
Le Monde - Ce sentiment étrange, qui vous poursuit après la fin de la projection, est le signe de sa réussite artistique.
L'Humanité - Premier film étonnant de maîtrise, "Portrait au crépuscule" nous présente Moscou sous son jour le plus sinistre...
Positif - Du travail remarquable.
Télérama - Ce n'est pas un criminel à l'intelligence dévoyée que croise l'héroïne de ce premier film, mais un citoyen de Poutine...
Critikat - "Portrait au crépuscule" projette le monde en un purgatoire, forgé par une indifférence portée à un degré kafkaïen...
Tout le ciné - "Portrait au crépuscule" fait l'effet d'un vieux pull qu'on enfile lorsque, en sortant de la douche, la peau n'est pas encore sèche...