bullhead - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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bullhead

Rundskop
Belgique - 2011 - 2h09
sorti en France le 22 février 2012
prix du jury et du public festival international du film policier Beaune 2011 - sélection festival du film de Berlin 2011 (section panorama) - nomination à l'Oscar 2012 du meilleur film en langue étrangère - nomination au César 2013 du meilleur film étranger
interdit aux moins de 12 ans
film - version originale sous-titrée en français
de

Michael R. Roskam

scénario : Michael R. Roskam
direction de la photographie : Nicolas Karakatsanis
musique ou chansons : Raf Keunen
avec : Matthias Schoenaerts (Jacky Vanmarsenille), Jeroen Perceval (Diederik Maes), Jeanne Dandoy (Lucia Schepers), Barbara Sarafian (Eva Forrestier), Tibo Vandenborre (Antony De Greef), Frank Lammers (Sam Raymond), Sam Louwyck (Marc De Kuyper), Kris Cuppens (Jean Vanmarsenille), Robin Valvekens (Jacky Vanmarsenille, enfant), Baudoin Wolwertz (Diederik Maes, enfant), David Murgia (Bruno Schepers, jeune), Erico Salamone (Christian Filippini), Philippe Grand'Henry (David Filippini), Baloji (Patrick), Renaud Rutten (Louis Schepers), Jolente De Keersmaeker (détective), Circé Lethem (détective)
séances : semaine du mercredi 11 avril 2012
mercredi 11 jeudi 12 vendredi 13 samedi 14 dimanche 15 lundi 16 mardi 17
21:40
18:45
21:30
21:40
séances : semaine du mercredi 18 avril 2012
mercredi 18 jeudi 19 vendredi 20 samedi 21 dimanche 22 lundi 23 mardi 24
21:45
21:45
21:45
21:45
16:15
21:45
21:45
séances : semaine du mercredi 25 avril 2012
mercredi 25 jeudi 26 vendredi 27 samedi 28 dimanche 29 lundi 30 mardi 1er
21:45
21:40
21:45
18:15
21:40

synopsis

Jacky est issu d'une importante famille d'agriculteurs et d'engraisseurs du sud du Limbourg. A 33 ans, il apparaît comme un être renfermé et imprévisible, parfois violent… Grâce à sa collaboration avec un vétérinaire corrompu, Jacky s’est forgé une belle place dans le milieu de la mafia des hormones. Alors qu’il est en passe de conclure un marché exclusif avec le plus puissant des trafiquants d'hormones de Flandre occidentale, un agent fédéral est assassiné. C’est le branle-bas de combat parmi les policiers. Les choses se compliquent pour Jacky et tandis que l’étau se resserre autour de lui, tout son passé, et ses lourds secrets, ressurgissent…

notes de production

Longtemps critiqué pour sa lenteur et son manque d’originalité, le cinéma belge semble pourtant en belle et grande forme, et ce surtout depuis quelques années (L’Enfant (1), Dikkenek (2), La Merditude des Choses (3), Mr. Nobody (4), et Hasta la vista (5) plus récemment.). En proposant une intrigue mafieuse dans le contexte original du trafic d’hormones, Bullhead confirme clairement cette tendance.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Enfant_(film,_2005)
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Dikkenek
(3) http://www.citebd.org/spip.php?film316
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Mr._Nobody_(film)
(5) http://www.citebd.org/spip.php?film789

A l’origine de Bullhead, il y a un film noir : Les Anges aux figures sales (6) avec James Cagney et Humphrey Bogart. On y voyait deux enfants issus d’un quartier populaire de New-York se retrouver quinze ans plus tard : l’un devenu prêtre, l’autre un caïd. Pour son premier long métrage, Michael R. Roskam reprend le même concept des deux enfants qui, une fois adultes, empruntent des chemins opposés. La morale les sépare mais ce qui les rapproche, c’est un traumatisme qui a déterminé leurs comportements : la propension au mensonge pour le premier et la frustration sexuelle pour le second...
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Anges_aux_figures_sales

Si Bullhead délaisse le point de vue de l’enquête policière, le film s’attarde principalement sur l’organisation des réseaux illégaux du trafic d’hormones dans le milieu de l’élevage bovin. Une pratique qui interpelle les consciences belges depuis 1995 et l’affaire Van Noppen (7), dans laquelle un vétérinaire, soupçonné de participer à des affaires mafieuses, avait été assassiné. Toutefois, le réalisateur Michael R. Roskam a déclaré qu’il ne s’agissait en aucun cas d’une adaptation de l’affaire, mais bien d’une fiction s’en inspirant : Bullhead traite de la mafia des hormones comme Hamlet traitait de la royauté danoise ! , s’amuse-t-il.
(7) https://www.liberation.fr/planete/1995/02/28/un-veterinaire-belge-karel-van-noppen-victime-de-la-mafia-des-hormones_121890

- certaines scènes du film, tournées en patois régionaux flamands dans un but d’authenticité, ont suscité un sous-titrage de dialogues entiers pour le reste de la Flandre.
- 22 versions du scénario ont été rédigées par Michael R. Roskam avant qu’il soit satisfait de l’histoire finale.
- Matthias Schoenaerts a pris plus de 27 kilos de muscles pour se glisser dans la peau de son personnage, le baraqué Jacky Vanmarsenille.
- le compositeur belge Raf Keunen et le réalisateur Michael R. Roskam signent ici leur premier long métrage après avoir travaillé ensemble sur deux courts métrages : Carlo (8) et Une seule chose à faire (9).
(8) https://www.imdb.com/title/tt0428295/
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Une_seule_chose_%C3%A0_faire
- pour les besoins du film, Matthias Schoenaerts et les autres comédiens ont dû étudier différents dialectes de la petite ville de Saint-Trond (10) et de Flandre Occidentale qu’ils ont, au final, parfaitement assimilés.
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Trond
- sorti en Belgique en février 2011, Bullhead a créé la surprise au box-office flamand en cumulant pas moins de 460 000 spectateurs.
- Bullhead a été sélectionné aux Oscar 2012 (11) dans la catégorie du meilleur film étranger.
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/84e_c%C3%A9r%C3%A9monie_des_Oscars

(...) Sans vouloir déflorer le lourd secret que porte le personnage principal, le spectateur peut constater que celui-ci ressemble de plus en plus au cours du film au bétail qu’il élève. Effectivement, lui aussi prend des hormones de croissance en se piquant régulièrement, lui aussi semble enfermé dans une cage et lui aussi se trouve pris dans une spirale qui le conduit inévitablement à l’abattoir. N’évitant pas toujours les digressions drôlatiques inutiles (l’épisode avec les deux garagistes wallons complètement abrutis, symptomatique de l’état de déliquescence des relations entre communautés belges), Bullhead prend rapidement le spectateur à la gorge grâce à un éprouvant flashback intervenant après vingt minutes de film. Ce retour en arrière nous plonge irrémédiablement dans une véritable tragédie personnelle, tout en permettant de mieux comprendre les agissements des différents personnages.
Parfois très violent, psychologiquement éprouvant et d’une noirceur totale, ce tout premier essai témoigne d’une réelle maîtrise du récit (pourtant assez emberlificoté), ainsi que d’un réel sens de l’atmosphère. Soutenu par un casting trois étoiles emmené avec un talent fou par le très charismatique Matthias Schoenaerts (vu dans le Black book (12) de Verhoeven), tendu comme un garrot, parfois franchement étouffant, Bullhead est une véritable découverte qui devrait faire de Michael R. Roskam un cinéaste à suivre de très près.
https://www.avoir-alire.com/bullhead-la-critique
(12) http://www.citebd.org/spip.php?film1865

(...) A vrai dire, si Bullhead est l’histoire d’un déséquilibre, d’une rupture, c’est d’abord dans le décor que cette dernière s’incarne à l’image, au sein des étendues grises et floues, dans la terre et le vent de la campagne flamande. Bien que le genre induit par le synopsis supposait un cadre beaucoup plus urbain, la délocalisation qu’opère le réalisateur et la rugosité qu’imposent d’emblée les corps de fermes et le crissement des bottes en caoutchouc confèrent au film de mafieux un grain presque qu’inédit, figurent indéniablement la conquête d’un nouvel espace. Il souffle, dans ce premier film, un vent de western malade, où traine une odeur sale et lourde de conflits, de venin, de viscères. La poésie et la douceur avec laquelle Roskam filme la Belgique, ses couleurs pâles et ses terres mortes contrastent sans cesse avec l’âpreté de son sujet, et surtout avec la violence qui lui permet de décrire les conflits de frontières qui gangrènent son pays depuis bien longtemps. Cette relecture d’un mythe cher au cinéma américain (le mythe de la frontière donc) permet au cinéaste d’induire par l’espace une rupture formelle plus intime. Il ne s’agit pas tant ici de conquérir la terre, mais plutôt de sonder les genres, de s’en emparer pour les tordre, pour les peler comme des oignons et révéler leurs chairs putrides et sanglantes. C’est comme si, en voulant rendre les hommes à la terre, on avait rendu l’homme au cinéma...
C’est donc à l’aune de cette dynamique de l’introspection qu’il faut comprendre et appréhender Bullhead. Plus qu’un moyen de faire avancer son intrigue, le mouvement de chute, structurant, sert à révéler un personnage dont les stigmates et les traumatismes permettent le déploiement du film tout entier. Il n’y a jamais ici de prétexte. L’inhérence et la cohésion qui existent entre l’image et son sujet, entre le récit et ses composantes fondent la viscéralité du long métrage, car elles en sont l’unique raison d’être. Le film ne peut s’envisager que dans la chair - celle du héros bien sûr, mais également celle du lieu (la terre) et celle du récit (le temps) - et se mesurer à la lumière de la souffrance de son personnage principal. Toute réponse, chez Roskam, est organique et dès lors, le lieu maudit, pour Jacky, n’est plus seulement le corps. C’est aussi le film, cet autre carcan dont on ne peut sortir et qui, du fait de ce qu’il rappelle, condamne et anéantit, dans le même temps, ce à quoi il avait donné naissance...
http://cinemafantastique.net/Bullhead.html

Entretien avec Michael R. Roskam
La culture et le démon !
Il faut donner aux gens l’occasion de gérer le diable, le démon. Pour mois, c’est la fonction presque biologique de la culture, de l’art. On en a besoin : après avoir mangé, dormi, s’être défendu avoir du feu, on se regarde et on commence à expliquer les choses. Ça fait partie de notre condition...
https://cineuropa.org/fr/video/197440/

Michaël R. Roskam
Né Michaël Reyndersen le 9 octobre 1972 à Saint-Trond.
S’inscrit à l’École supérieure des arts Saint-Luc à Bruxelles et choisit la bande dessinée...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Micha%C3%ABl_R._Roskam

Nicolas Karakatsanis
https://www.imdb.com/name/nm1785999/

Raf Keunen
https://www.imdb.com/name/nm1743738/

Matthias Schoenaerts
Né le 8 décembre 1977 à Anvers.
Monte sur les planches pour la première fois à l’âge de 8 ans...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Matthias_Schoenaerts

Barbara Sarafian
Née à Gand le 16 Avril 1968.
Débute sa carrière cinématographique avec Peter Greenaway...
https://www.imdb.com/name/nm0764774/
voir aussi fiche du film Moscow, Belgium
http://www.citebd.org/spip.php?film138

Jeroen Perceval
voir fiche du film Borgman
http://www.citebd.org/spip.php?film1176

Jeanne Dandoy
Née le 1er novembre 1974 à Liège.
https://www.imdb.com/name/nm4278439/

Tibo Vandenborre
https://www.imdb.com/name/nm2146938/

Frank Lammers
Né à Mierlo le 10 avril 1972.
https://www.imdb.com/name/nm0483576/

Sam Louwyck
voir fiche du film Les Garçons sauvages
http://www.citebd.org/spip.php?film2112

Kris Cuppens
Né à Neeroeteren le 22 mai 1962.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Kris_Cuppens

Robin Valvekens
https://www.imdb.com/name/nm4311378/

David Murgia
voir fiche du film Les Premiers, les derniers
http://www.citebd.org/spip.php?film1648

Erico Salamone
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/693268-erico-salamone.html

Philippe Grand’Henry
https://www.imdb.com/name/nm0334740/

Baloji
https://www.botanique.be/artiste/baloji

Renaud Rutten
voir fiche du film Alleluia
http://www.citebd.org/spip.php?film1349

Jolente De Keersmaeker
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jolente_De_Keersmaeker

Circé Lethem
Née le 30 janvier 1976 à Braine-l’Alleud.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Circ%C3%A9_Lethem

extrait(s) de presse

Positif - L'art du cinéma consiste ici à montrer du désir véhément et sans objet défini...
Charlie hebdo - "Bullhead" est le premier film puissant et ultra-maîtrisé d'un cinéaste flamand qu'il faudra désormais suivre de près...
Ecran large - La force de "Bullhead" réside également dans sa construction...
La Croix - "Bullhead" mêle avec brio le polar, la description du monde paysan en Belgique flamande avec ses dialectes et ses immenses fermes de briques rouges, et le drame intimiste lié à l’enfance et au lourd passé de Jacky...
Le Parisien - Avis aux amateurs de viande rouge : ce film est du genre à vous dégoûter du tartare...
Fiches du cinéma - Virtuose et touchant à la fois, "Bullhead" représente le meilleur de deux mondes...
L'Humanité - Arrivant de Belgique, un premier long métrage d’une puissance stupéfiante, qui déploie la tragédie sur une trame de thriller et révèle un grand acteur...
Télérama - A mi-chemin entre le thriller et le western, le premier film de Michaël R. Roskam parvient à donner au fait divers une ampleur scorsésienne...