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if...

ciné répertoire
Gb - 1968 - 1h51
Palme d'or Cannes 1969
interdit aux moins de 12 ans
film - version originale sous-titrée en français
de

Lindsay Anderson

scénario : David Sherwin, John Howlett
direction de la photographie : Miroslav Ondricek
musique ou chansons : Mark Wilkinson
avec : Malcolm McDowell (Mick Travers), David Wood (Johnny), Richard Warwick (Wallace), Christine Noonan (la fille), Peter Jeffrey (le directeur), Arthur Lowe (M. Kemp), Mary MacLeod (Mrs Kemp), Geoffrey Chater (révérend Woods)
séances : semaine du mercredi 11 avril 2012
mercredi 11 jeudi 12 vendredi 13 samedi 14 dimanche 15 lundi 16 mardi 17
21:00*
séance spéciale :
* dans le cadre de "Positif fête ses 60 ans" en partenariat avec la Charente libre et... Positif source Solaris distribution tarif unique 3,5 € lundi 16 avril à 21h00

synopsis

Dans ce collège britannique, les étudiants doivent se soumettre à des directives très strictes. Sous les regards des surveillants, les nouveaux affrontent les anciens. Trois d'entre eux, Mick, Johnny et Wallace, ne tardent pas à montrer leur contestation mais sont très vite réprimés par les "Whips" (surveillants) qui leur infligent des châtiments corporels. Frappé à coups de canne, Mick organise la résistance...

notes de production

Cette œuvre très polémique a déclenché un scandale en Angleterre lors de sa sortie en salles. Un ambassadeur l’a appelée une insulte à la nation, alors que le Lord Brabourne l’a considérée comme le scénario le plus maléfique et perverti qu’il avait jamais lu, souhaitant ensuite que cette histoire ne voie jamais la lumière du jour. Une fois le film prêt, Les studios Paramount l’ont détesté et voulaient l’empêcher de gagner les salles de cinéma, mais comme les producteurs avaient besoin de remplacer au plus vite le très mal reçu Barbarella (1), If... a finalement été exhibé en salles.
(1) film de Roger Vadim (1968) adaptée de la bande dessinée de Jean-Claude Forest...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Barbarella_%28film%29

Dans un sondage mené par le British film institute en 1999, auprès de mille professionnels du cinéma, If... est considéré comme le douzième meilleur film britannique du XXe siècle. Les trois premiers films de la liste sont, respectivement, Le Troisième homme (1949), de Carol Reed, Brève rencontre (1945) et Lawrence d’Arabie (1962), tous les deux réalisés par David Lean.

If... marque la première collaboration entre Lindsay Anderson et celui qui deviendra son acteur fétiche, Malcolm McDowell. Ils se retrouveront pour Le Meilleur des mondes possibles (1973) et Britannia hospital (1982).

Bien que Malcolm McDowell soit surtout connu pour le rôle principal dans l’emblématique Orange mécanique de Stanley Kubrick, If... constitue la première apparition du jeune acteur au cinéma. En fait, McDowell avait déjà participé à Pas de larmes pour Joy (1967), de Ken Loach, mais la scène a été coupée au montage.

C’est en regardant If... que Stanley Kubrick a eu l’idée d’inviter Malcolm McDowell pour interpréter Alex dans Orange mécanique. Sans savoir comment jouer un rôle aussi complexe, l’acteur a demandé de l’aide à Lindsay Anderson qui lui aurait dit : tu sais la scène de If... où tu ouvres la porte de l’école, pour te faire battre. Tu fais un sourire. C’est avec ce sourire ironique que tu vas jouer Alex.

Dans la fiche technique, on peut voir le nom de Stephen Frears, devenu l’un des plus importants réalisateurs britanniques. Avant de réaliser des classiques comme My beautiful laundrette (1986), Les Liaisons dangereuses (1989) et High fidelity (2000), il participait déjà au tournage de If... en tant qu’assistant réalisateur.

C’est dans If... que l’on retrouve la première longue scène de nu frontal (féminin) à être autorisée par la Commission britannique de classification de films. Pour obtenir cette autorisation, le réalisateur a consenti à supprimer toutes les nombreuses images de sexes masculins sous la douche. La version intégrale a quand même été exhibée dans certains cinémas, avec la classification X. La dernière apparition d’un nu frontal dans un film national avait été une image très courte dans Blow up (1966), de Michelangelo Antonioni.

If... présente une scène qui n’était pas prévue dans le scénario original. L’idée de filmer Mick et sa copine en train de faire l’amour par terre dans un café est issue de l’acteur Malcolm McDowell. Il confesse que son intention était de voir sa collègue de travail, Christine Noonan, nue. Lorsqu’il a demandé lui-même à l’actrice de jouer la scène, elle aurait tout simplement répondu : ça me va.

If... est devenu la source d’inspiration pour un jeux-vidéo japonais sorti en 1994, Shin megami tensei if... Petite différence pourtant : au lieu de se battre contre l’ordre social dans l’école, les personnages japonais fréquentent une école hantée par des démons.

"If..." et la censure
... Des versions diverses, variant de diverses manières de l’original circulent actuellement à travers le monde. Les coupures et les modifications demandées par les censures nationales procureraient sans doute des notes intéressantes pour une étude sociale de 1969. En Grande-Bretagne, le "Board of film censors" a établi un précédent en permettant l’apparition rapide de la toison pubienne de Mrs Kemp lorsqu’elle se promène, nue, dans le corridor du dortoir, mais, en compensation, il a exigé la substitution au début de la scène de la douche d’une prise alternative dans laquelle l’utilisation discrète des serviettes empêchait l’équivalent d’un regard franc sur les garçons. Inutile de préciser que le film a été interdit aux moins de 16 ans.
Le American board of censors donna également au film un certificat X, mais sans mutilation. Cependant, les distributeurs n’étaient pas préparés à accepter la classification X en dehors de New york et coupèrent le film (de nouveau Mrs Kemp et la douche) pour une classification A. Ayant lu cela par hasard dans Variety, nous avons insisté pour que les prises de vue alternatives (la même scène de douche et un plan de Mrs Kemp vue de dos) soient remplacées.
Dans ce troisième quart du XXème siècle après Jésus Christ, l’image de la nudité est toujours l’objet d’une crainte profonde. De même, la réaction sociale, le puritanisme, le "philistinisme" sont étroitement liés. L’Australie coupa le film dès sa première apparition au festival de Sidney et l’Italie refusa qu’il clôturat celui de Taormina. L’interdiction de l’Italie fut plus tard abrogée grâce aux vigoureuses protestations de la presse.
L’Irlande fut effrayée par les diverses références sexuelles dans la scène du studio de Johnny. Quant aux citoyens sud-africains, il ne leur est pas permis de voir Wallace lécher sa pin-up ou d’entendre Mick rêver de marcher avec elle, nus dans la mer, de faire l’amour une fois, puis de mourir.
Le seul exemple de censure politique (mis à part le Portugal où le film est complètement interdit) semble venir des "colonels" d’Athènes où, pour autant que l’on puisse l’établir, le film a été présenté amputé de toute sa séquence finale.

Lindsay Anderson - L’Avant-scène cinéma n° 119 (novembre 1971)

Lindsay Anderson et son scénariste David Sherwin ont fréquenté ce type de collèges qu’on appelle en Angleterre les Public schools. Lindsay Anderson se défend d’avoir réalisé un film autobiographique , mais il a tout de même utilisé des souvenirs de son passage au collège de Cheltondale en 1936. Avant les prises de vues de If..., les deux auteurs se sont fait projeter le fameux Zéro de conduite de Jean Vigo (2). Selon leurs dires, c’était pour se donner du courage. Comme le directeur de la photographie ne pouvait garantir l’uniformité des couleurs, à cause de l’insuffisance du budget et des impératifs de plan de travail, Lindsay Anderson décida d’alterner les plans en Eastmancolor et ceux en noir et blanc (parfois teintés de magenta et de sépia). Les différentes censures nationales mutilèrent le film et pas forcément aux mêmes endroits. If... a même été présenté dans la Grèce des colonels amputé de la séquence finale. Pour le rôle de Mick, Lindsay Anderson engagea un jeune acteur qui jouait au Royal court theatre de Londres, Malcom McDowell. La scène de son audition a été reconstituée dans O lucky man (3) qu’Anderson tourna en 1973...
Images et loisirs
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Z%C3%A9ro_de_conduite_%28film%29
(3) sorti en France sous le titre Le Meilleur des mondes possible...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Meilleur_des_mondes_possible

... D’aucun penseront sans doute que les indécisions formelles de If... servent admirablement le propos de son auteur qui a choisi de peindre l’angoisse d’un âge indécis dans la vie de l’homme, d’une période de la vie où tous les possibles ont droit de cité sans que rien vraiment soit possible. Il se peut aussi qu’on y voie le symbole des aspirations révolutionnaires de la jeunesse occidentale, lesquelles seraient encore dans l’adolescence et fort loin d’être pures de tout regret des systèmes établis. Pour moi, If... est infiniment plus représentatif de l’adolescence artistique de son auteur, ce qui en fait une œuvre attachante et irritante à la fois. Il est dommage que le verdict cannois contribue maintenant à lui donner un renom de mauvais aloi qu’elle ne méritait certes pas. If..., encore une fois, n’est pas un film opportuniste, il y entre beaucoup trop de sincérité pour que sa maladresse puisse être prise pour roublardise de commerçant avisé.
Michel Pérez - Positif n° 107 (été 1969)

... Ecrite et réalisée, paraît-il, avant mai 68, l’œuvre a un aspect prophétique, mais cette prémonition n’est pas sans ambivalence. Anderson semble développer involontairement ce propos d’Oscar Wilde : chaque homme tue ce qu’il aime. Anderson passe du constat réaliste à l’onirisme mais ne conclut pas. Le film se termine par une phrase interrogative : si cela arrivait, qui choisiriez-vous ?. If... est, en fait, par le truchement d’adolescents, dont Anderson saisit admirablement les contradictions, les complexités, beaucoup plus un film de politique-fiction qu’une dénonciation résolue...
Jacqueline Lajeunesse - La Saison cinématographique 1970

Invité par "Positif" à écrire sur un film qui m’ait particulièrement impressionné, je fouille dans mes agendas pour établir une liste de mes titres préférés. Il y en a beaucoup, et je me rappelle les avoir aimés pour des raisons diverses. La fin des années 60, le début des années 70, cette période, qu’en incorrigible citoyen de Calcutta je n’oublierai jamais, peut-être à bon droit qualifiée de désespérée. Curieusement, le désespoir en question était ressenti dans le monde entier. C’était un phénomène planétaire. Il y avait de la contagion dans l’air et il était difficile à l’homme moyen d’y échapper. Lindsay Anderson a su capturer l’atmosphère de l’époque en faisant un film qu’il a richement doté d’esprit et d’humour et, bien sûr, de la colère qui fermentait à l’intérieur. Je tire donc du lot If... pour "Positif". Et, en faisant ainsi, je revis cette époque du passé...
If... demeure proche de mon cœur et continue à stimuler le fonctionnement de mon cerveau. C’est un film que j’aime pour son irrévérence, pour l’amertume et la provocation qu’il exprime comme en se joant, et, sur le strict plan de la forme, pour son éblouissante structure anticonformiste.

Mrinal Sen - Positif n° 400 (juin 1994)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mrinal_Sen

Lindsay Anderson
Né le 17 avril 1923 à Bangalore (Inde), décédé le 30 août 1994 à Angoulême.
Fils d’un général écossais de l’armée des Indes, il suit des études à Oxford avant d’être mobilisé aux Indes...
http://cinema.encyclopedie.personnalites.bifi.fr/index.php?pk=11188
http://www.imdb.fr/name/nm0000755/
http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=80.html

David Sherwin
Né le 24 Février 1942.
http://www.allocine.fr/personne/filmographie_gen_cpersonne=58710.html

Miroslav Ondricek
Né le 4 novembre 1934 à Prague.
Etudie à l’école des Studios Barrandov et travaille son premier film avec un certain Miloš Forman...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Miroslav_Ond%C5%99%C3%AD%C4%8Dek

Mark Wilkinson
Né le 27 juillet 1929 à Paris.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Wilkinson

Malcolm McDowell
Né Malcolm John Taylor le 13 juin 1943 à Leeds (Yorkshire).
Le rôle emblématique de sa carrière demeure celui d’Alex DeLarge, personnage principal d’Orange mécanique...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Malcolm_McDowell

David Wood
Né le 21 février 1944 à Sutton (Gb).
http://fr.wikipedia.org/wiki/David_Wood_%28acteur%29

Peter Jeffrey
Né le 18 avril 1929 à Bristol, décédé le 25 décembre 1999 à Stratford-upon-Avon.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Peter_Jeffrey

extrait(s) de presse

Chroniques du cinéphile - Lindsay Anderson fait preuve d'une audace de tout les instants, dans la forme comme le fond...
Culturopoing - Si vous êtes jeune aujourd’hui, c’est une bonne raison pour aller voir "If…"
Critikat - Critique brillante et ironique de la société anglaise, "If..." est un film au propos bien plus universel...
Il était une fois le cinéma - Une fable onirique et libertaire à la Vigo sur un pensionnat britannique...
Tv classik - Anderson oriente peu à peu son film vers une allégorie presque fantasmagorique qui s’achève sur une ultraviolence inattendue...
Dvd classik - "If..." fut une œuvre satirique symbolique d’une époque marquée par de profondschangements sociaux avant d’acquérir,avec les années, un statut de film culte...
Le Jdd - A découvrir ou à revoir sans modération.
aVoir-aLire - Entre pamphlet et cri de rage, "If..." est tout bonnement un chef d’œuvre, à revisiter régulièrement...