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Deep end

ciné répertoire
Gb, Allemagne - 1970 - 1h35
Prix du meilleur second rôle féminin (Jane Asher) Bafta Awards 1972
film - version originale sous-titrée en français
de

Jerzy Skolimowski

scénario : Jerzy Skolimowski, Jerzy Gruza, Boleslaw Sulik
direction de la photographie : Charly Steinberger
musique ou chansons : Can, Cat Stevens
avec : Jane Asher (Susan), John Moulder-Brown (Mike), Karl Michael Vogler (le prof de sport), Christopher Sandford (Chris), Diana Dors (la grosse cliente), Louise Martini (l'entraîneuse), Erica Beer (la caissière des bains), Anita Lochner (Kathy), Erika Wackernagel (mère de Mike)... et Burt Kwouk (le vendeur de hot dogs)
séances : semaine du mercredi 11 avril 2012
mercredi 11 jeudi 12 vendredi 13 samedi 14 dimanche 15 lundi 16 mardi 17
19:30*
19:45
18:00
séance spéciale :
* dans le cadre de "Positif fête ses 60 ans" en partenariat avec la Charente libre, l'Adrc et... Positif source Carlotta films tarif unique 3,5 € le dimanche 15 avril à 19h30

synopsis

Mike vient de sortir du collège et trouve un emploi dans un établissement de bains londonien. Susan, son homologue féminin, arrondit ses fins de mois en proposant ses charmes à la clientèle masculine. Amoureux jaloux de la jeune femme, Mike devient encombrant...

notes de production

Jerzy Skolimowski nous raconte la genèse de Deep end : nous étions en 1969. Je venais de terminer, à Rome, le tournage de mon plus mauvais film : Les Aventures du brigadier Gérard (1). La postproduction de ce film avait lieu à Londres. Je louais un appartement à Kensington, au 73 Cornwall Garden. Au bout de quelques semaines passées à Londres, j’ai commencé à envisager Deep end. On m’a raconté une histoire vraie à propos de quelqu’un qui avait perdu un diamant dans la neige et qui avait dû faire fondre la neige pour le récupérer. Ce petit épisode possédait un certain potentiel. En quelques jours, j’avais écrit une dizaine de pages de notes, tout en polonais. À l’époque, je ne parlais pratiquement pas anglais, mais je suivais des cours auprès d’une jeune Polonaise installée à Londres et qui m’apprenait les bases de la langue. Elle m’a aidé à traduire mes notes et à les mettre en forme comme un scénario. Avec ces quelques pages, je suis allé voir un producteur américain relativement connu, Judd Bernard, qui avait fait de très bons films et vivait à Londres. Judd Bernard a lu le scénario devant moi et l’a trouvé très bon.
(1) d’après sir Arthur Conan Doyle , avec Claudia Cardinale et Eli Wallach dans les rôles principaux. Les puristes ne sont pas tout à fait d’accord avec l’avis de Skolimowski.
Le cinéaste marque ses distances envers un divertissement qui fut aussi un grave échec financier, mais dont il n’a pas à rougir.
Michel Ciment - Positif n° 121 (novembre 1970)

Lorsqu’il entama l’écriture du scénario de Deep end, Jerzy Skolimowski avait comme voisin Jimi Hendrix (2).
(2) ce dernier est décédé le 18 septembre 1970 (il n’a donc pas pu voir Deep end).

Pour le rôle de Mike, l’équipe du film a auditionné plusieurs douzaines de garçons. Jerzy Skolimowski se souvient : à l’instant où John Moulder-Brown est entré dans la pièce, j’ai su que c’était lui. Il possédait un je-ne-sais-quoi dans sa façon de bouger, sa timidité, son comportement, qui m’a convaincu instantanément. Le personnage de Mike ressemble un peu au héros de l’un de mes films précédents, Le Depart. Jean-Pierre Léaud y jouait le rôle d’un jeune homme qui se cherche, pris dans les affres de l’adolescence.

Deep end s’est tourné sans répétitions préalables, comme nous l’explique le réalisateur : nous n’avons pas du tout eu le temps de répéter. Il a fallu sauter dans l’avion tous ensemble et nous sommes arrivés à Munich à la veille du tournage. Impossible de tester l’alchimie entre les deux acteurs : s’ils fonctionnent si bien ensemble, c’est uniquement par chance ! Ils ne se connaissaient pas, ne s’étaient jamais rencontrés auparavant, mais ils étaient très intelligents et se sentaient parfaitement à l’aise dans leurs rôles.

Deep end (grand bain) a été tourné en vingt-huit jours à Londres et à Munich : je travaille assez rapidement, car je m’ennuie très vite. J’ai le sentiment que la première et la seconde prises sont les meilleures. Admettons qu’une journée de travail fasse huit heures ; pendant les premières heures nous tournons une demi-heure et nous passons le reste du temps à discuter, à nous amuser, à boire. Nous ne nous dépêchons pas. L’atmosphère est calme. Mais c’est après le déjeuner que les choses commencent à s’échauffer. Jerzy Skolimowski précise : j’ai d’abord écrit un script, puis j’ai demandé à deux de mes amis de faire une deuxième version. J’avais besoin de quelqu’un avec qui parler. Boleslaw Sulik connaissait très bien Londres et son aide a été très précieuse. D’autre part je ne parle pas assez bien anglais pour pouvoir écrire moi-même. Nous avons d’ailleurs improvisé beaucoup de dialogues sur un magnétophone...
Images et loisirs

A cause du manque de répétitions, les dialogues du film sont largement improvisés. Lors du tournage, Diana Dors a improvisé le tiers, voire la moitié, de ses répliques. Et avec quel talent ! Grâce à son sens de l’humour et à sa générosité, elle s’est laissée diriger dans un registre que beaucoup d’actrices refuseraient, un registre presque grotesque. Ce sont ces improvisations, associées au fait qu’il n’y avait ni répétitions ni scénario fini, qui ont permis à Deep end de paraître si vivant. Cela a déterminé la forme même du film. Je jetais mes idées devant la caméra, j’accueillais les propositions et les solutions alternatives avec bienveillance. C’est à cause de ces choix instinctifs que le film paraît très leste, très libre. Il ne possède pas de lourdeur, confie Jerzy Skolimowski.

Jerzy Skolimowski explique les raisons qui l’ont poussé à choisir Diana Dors, considérée comme la Marilyn Monroe anglaise, pour le rôle de la cliente : je dois avouer que sa participation est entièrement de mon fait. Jeune homme, je l’avais beaucoup admirée dans ses films des années 50. C’était littéralement une bombe sexuelle ! Elle était si belle, si sexy, si attirante, qu’elle m’avait laissé une sacrée impression.

Pour l’une des scènes principales du film, la neige devait tomber à gros flocons. Ce qui aurait pu être un processus compliqué, a finalement était plus facile que prévu. Fin avril, j’étais de retour à Munich, prêt à tourner. Il n’y avait pas la moindre trace de neige. Le printemps s’était installé, les oiseaux chantaient et les feuilles des arbres étaient vertes. Nous avions prévu de commencer par l’épisode du diamant dans le jardin enneigé. Nous avions donc délimité une zone qu’il fallait couvrir de neige artificielle. Soudain, le matin du 27 avril, avec ma chance légendaire, j’ai vu qu’il se mettait à neiger ! Nous avons pu tourner toute la séquence avec de la vraie neige ! Si on regarde la scène de près, on se rend compte que la neige fond très rapidement. Nous avons tourné de 8 heures du matin à 4 heures de l’après-midi, quelque chose comme ça. À la fin de la journée, l’épaisseur de la neige diminuait entre chaque prise. Le film donne l’impression qu’on a vraiment tourné en hiver, raconte le réalisateur.

Bien que Deep end se déroule entièrement en Angleterre, le film a largement été tourné à Munich. Pour des raisons évidentes, l’équipe du film a quand même dû s’envoler pour Londres durant quelques jours, comme l’explique Jerzy Skolimowski : il était important de filmer la façade extérieure des bains publics anglais, car l’architecture des bâtiments en Allemagne ne correspondait pas. Les seuls intérieurs que nous avons filmés dans les bains de Londres sont les scènes autour de la piscine. Nous avons aussi tourné, à Soho, toute la séquence qui a lieu dans la rue avec la devanture peinte en jaune. La scène du métro a dû également être tournée à Londres, pour des raisons évidentes. On voit dans cette scène l’obsession grandissante de Mike et le fait qu’il perd les pédales. Son comportement déraille, il nage en plein fantasme. En tournant cette scène, on ne savait pas jusqu’où ça irait !

Jerzy Skolimowski est peintre, ce qui confère à son œuvre un style pictural très prononcé. Par exemple, dans Deep end, les couleurs sont volontairement criardes et la chevelure de Jane Asher, plus rousse qu’à l’accoutumée.

Jerzy Skolimowski n’a pas hésité une seule seconde lorsqu’il a eu l’opportunité de travailler avec Cat Stevens et Can. Le réalisateur raconte comment s’est déroulée leur collaboration : j’ai rencontré Cat Stevens plusieurs fois à Londres et nous avons parlé du film. Il a composé la chanson-titre exprès pour Deep end. Je lui ai soumis l’idée des paroles "But I might die tonight" ("Je pourrais mourir ce soir"), et il les a brillamment intégrées ! C’est également lui qui a composé les petits intermèdes instrumentaux, ces morceaux presque accidentels. J’étais présent pendant l’enregistrement. Quant à Can, toute la séquence de Soho correspond à une longue piste de leur musique. Je crois qu’ils m’ont présenté plusieurs démos, peut-être seulement des ébauches, et j’ai choisi ce morceau-là, "Mother sky", en leur demandant explicitement de rallonger la piste afin qu’elle dure pendant toute la séquence.

En 2010, Jerzy Skolimowski s’est prononcé sur l’intemporalité du film : en revoyant Deep end après tant d’années, je suis surpris par sa fraîcheur. Le film ne vieillit pas. Avant tout, nous avons bénéficié de beaucoup de chance, d’une bonne alchimie et d’un enthousiasme général. On était persuadés de construire quelque chose de particulier, de spécial. Je crois que je peux être très fier de ce film.

Selon le réalisateur Nicolas Saada (Espion(s)), Deep end est un film virtuose mais jamais poseur, sexy en diable, drôle et désespéré". Une oeuvre "au charme fou dissimule une puissance métaphysique qu’elle ne révèle que dans ses dernières images, affirme-t-il.

Comme son compatriote Roman Polanski, Jerzy Skolimowski n’a jamais vraiment habité en Pologne. A cause de la seconde guerre mondiale puis de la guerre froide, il a passé une grande partie de son existence exilé en Europe de l’ouest et en particulier en Allemagne de l’ouest et en Angleterre.

... Deep end ressort en France quelques mois après la reprise (par le même distributeur) du film de Milos Forman Taking off : tournés à un an d’écart, ils ne sont pas sans rapport. Tous deux parlent de la jeunesse de l’après 68 et sont réalisés par des cinéastes de l’Est, e exil de l’autre côté du rideau de fer. Venu de Tchécoslovaquie, Forman filme la classe moyenne américaine, tandis que le polonais Skolimowski s’intéresse au prolétariat britannique. On est frappé dans les deux œuvres par une vision de l’Ouest terriblement lucide, dénuée de toute enluminure. Le regard de ces artistes venus d’un monde plus sombre et plus dur était sans doute rodé à percer les apparences. Au-delà de la façade criarde d’un rêve américain en toc, Forman devine la vulgarité mais aussi le désespoir d’un peuple déboussolé. Skolimowski filme une Angleterre encore toute bercée de sixties, qui s’aperçoit à peine de son état de décomposition avancée...
Adrien Gombeaud - Positif n° 604 (juin 2011)

Entretien avec Jerzy Skolimowski
Avez-vous eu des problèmes pour tourner "Deep end" dans un pays qui n’était pas le vôtre et pour décrire des personnages qui n’étaient pas vos compatriotes ?
Je n’ai pas rencontré de difficultés particulières. J’ai simplement pris ce qui s’est présenté à moi, et tourner avec des anglais ne m’a pas gêné outre mesure. Parfois j’ai brisé les règles exprès pour me moquer des personnages anglais . Ainsi par exemple pour la scène où des policiers demandent un gin tonic. Certains critiques anglais ont d’ailleurs écrit que c’était un beau film mais qu’il était plein d’erreurs : montrer, par exemple, un flic londonien demander un gin tonic. Ce genre de remarque m’a fait rire parce que les personnes qui l’ont faite n’ont guère d’humour. Bref, je n’avais pas en tête l’idée de faire un film anglais ou non anglais, j’ai surtout essayé de décrire le mieux possible les personnages principaux...
Michel Ciment, Bernard Cohn - Positif n° 135 (février 1972)

Jerzy Skolimowski
Né le 5 mai 1938 à Łódź (Pologne).
Auteur du scénario du premier long métrage de Roman Polanski, Le Couteau dans l’eau...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jerzy_Skolimowski

Jerzy Gruza
Né le 4 avril 1932 à Varsovie.
http://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=pl&u=http://pl.wikipedia.org/wiki/Jerzy_Gruza&ei=0CJZT5-UIonW0QWa2O3kDQ&sa=X&oi=translate&ct=result&resnum=1&ved=0CCkQ7gEwAA&prev=/search%3Fq%3Djerzy%2Bgruza%26hl%3Dfr%26client%3Dfirefox-a%26rls%3Dorg.mozilla:fr:official%26biw%3D1041%26bih%3D577%26prmd%3Dimvnso

Boleslaw Sulik
Né le 8 avril 1929 à Torun (Pologne).
http://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=pl&u=http://pl.wikipedia.org/wiki/Boles%25C5%2582aw_Sulik&ei=mSNZT8jpF4bM0QWCv9HrDQ&sa=X&oi=translate&ct=result&resnum=1&ved=0CC0Q7gEwAA&prev=/search%3Fq%3Dboleslaw%2Bsulik%26hl%3Dfr%26client%3Dfirefox-a%26rls%3Dorg.mozilla:fr:official%26biw%3D1041%26bih%3D577%26prmd%3Dimvnso

Charly Steinberger
Né le 3 novembre 1937 à Schalchen (Autriche).
http://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=de&u=http://de.wikipedia.org/wiki/Charly_Steinberger&ei=riRZT_LCIMPZ8gPaqsX3Dg&sa=X&oi=translate&ct=result&resnum=2&ved=0CDkQ7gEwAQ&prev=/search%3Fq%3Dcharly%2Bsteinberger%26hl%3Dfr%26client%3Dfirefox-a%26rls%3Dorg.mozilla:fr:official%26biw%3D1041%26bih%3D577%26prmd%3Dimvnso

Can
Groupe allemand de rock expérimental fondé en 1968 à Cologne...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Can_%28groupe%29

Cat Stevens
Né Steven Demetre Georgiou le 21 juillet 1948 à Londres.
Après avoir rencontré un grand succès dans les années 70, se convertit à l’islam et prend le nom de Yusuf Islam...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cat_Stevens

Jane Asher
Née le 5 avril 1946 à Londres.
Lors du tournage de Deep end, son petit copain s’appelait Paul McCartney...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jane_Asher

John Moulder-Brown
Né le 3 juin 1953 à Londres.
Commence sa carrière à l’âge de 5 ans...
http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Moulder-Brown

Karl Michael Vogler
Né le 28 août 1928 à Remscheid (Allemagne), décédé le 9 juin 2009 à Seehausen am Staffelsee (Allemagne).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Michael_Vogler

Diana Dors
Née Diana Mary Fluck à Swindon (Gb) le 23 octobre 1931, décédée à Windsor le 4 mai 1984.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Diana_Dors
http://en.wikipedia.org/wiki/Diana_Dors

Erica Beer
Née le 19 janvier 1925 à Munich.
http://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=de&u=http://de.wikipedia.org/wiki/Erica_Beer&ei=STFZT-PwOpC00QXH8LHrDQ&sa=X&oi=translate&ct=result&resnum=9&ved=0CE4Q7gEwCA&prev=/search%3Fq%3DErica%2BBeer%26hl%3Dfr%26client%3Dfirefox-a%26rls%3Dorg.mozilla:fr:official%26biw%3D1041%26bih%3D577%26prmd%3Dimvnso

Anita Lochner
Né le 24 avril 1950 à Francfort.
http://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=de&u=http://de.wikipedia.org/wiki/Anita_Lochner&ei=CTJZT-eqL4nb0QXj0rThDQ&sa=X&oi=translate&ct=result&resnum=6&ved=0CDsQ7gEwBQ&prev=/search%3Fq%3Danita%2Blochner%26hl%3Dfr%26client%3Dfirefox-a%26rls%3Dorg.mozilla:fr:official%26biw%3D1041%26bih%3D577%26prmd%3Dimvnso

Burt Kwouk
Né le 18 Juillet 1930.
A joué dans James Bond mais est surtout connu pour son rôle de Cato aux côtés de Peter Sellers dans La Panthère rose...
http://en.wikipedia.org/wiki/Burt_Kwouk
http://www.allocine.fr/personne/filmographie_gen_cpersonne=50108.html

extrait(s) de presse

Critikat - Le film est un étrange mélange, resté trop rarement visible...
Excessif - Chef-d'œuvre pop et déchirant...
Les Inrocks - Chef-d’œuvre de mélancolie et de cruauté, ancêtre pas si lointain des teen-movies sensibles signés Gus Van Sant...
Culture et débats - "Deep end" est avant tout un drame de l'adolescence...
Libération - La ressortie de ce film était un événement attendu et nous étions quelques-uns à trépigner...
Culturopoing - "Deep end" est un petit miracle...
Artistk rezo - "Deep end" dissimule un drame cruel de l’adolescence qui navigue entre thriller psychologique et tragédie romantique...
Silence... action ! - La magie de "Deep end", c’est d’atteindre, en douceur, une profondeur insoupçonnée sur l’adolescence avec tant d’habileté. Du grand cinéma.